A l’instar des Thrills, cette formation irlandaise semble être tombée sous le charme de la musique californienne de la fin des sixties et du début des seventies ; et en particulier celle des Beach Boys, des Mama’s & Papa’s et de Buffalo Springfield. C’est en tout cas l’impression que nous laisse leur premier opus. A cause des harmonies vocales, tout d’abord. Soignées, sophistiquées, célestes. Echangées, la plupart du temps, entre les frères Dave et Paul Allen. Et puis du sens mélodique contagieux, ensoleillé, qui brille à travers toutes les chansons. 11 en tout. Dont une (« Play the hits ») a bénéficié du concours d’Edwyn Collins à la production. Pas pour rien qu’on y retrouve cette ligne de basse nerveuse, fruitée (Orange Juice ?) et ce tempo ‘motown’. Des castagnettes aussi. Plusieurs compos sont enrichies, en outre, d’arrangements symphoniques particulièrement impressionnants. ‘Philspectoresques’ même. A l’instar de « My eyes are sore ». Balayé littéralement de cordes et de cuivres, mais également d’instruments insolites comme les clochettes et les timbales. Une chanson qui aurait pu figurer sur la face B de l’elpee Abbey Road. Si, si, ce pot-pourri où figurait « Here comes the sun », « Because » ou encore « Carry that weight ». Du single « Worry about the wind ». Un hommage à Rick Danko du Band. De « Satisfied », ballade qui met bien en exergue la slide, un peu comme chez Poco (NDR : à vos encyclopédies !). De « Keep love as your golden rule ». Qui adresse manifestement un clin d’œil à Simon & Gardfunkel. Et le reste de l’œuvre est tout aussi rafraîchissant. J’avouerai cependant un petit faible pour « Fools by your side », sorte de valse revue et corrigée par les Sparks. Et si vous cherchez l’origine de leur patronyme, n’imaginez surtout pas que le groupe s’intéresse aux problèmes communautaires en Belgique (NDR : qui a parlé de BHV ?) ; simplement le groupe a emprunté le nom de l’ordinateur fou qui avait pris la maîtrise du vaisseau spatial dans le célèbre film de Kubrick, « 2001, odyssée de l’espace ».