Carmen Miranda est la première artiste brésilienne à avoir conquis un public international. Ses travaux musicaux, exécutés entre 1930 à 1950, sont ici compilés et résument son évolution artistique. Depuis la période brésilienne (en gros de 1930 à 1939) jusqu’à l’hollywoodienne, au cours de laquelle Carmen tourna une dizaine de films aux titres pour le moins évocateurs : « Week-End in Havana » ou encore « That Night in Rio ». L’époque brésilienne est caractérisée par une simplicité de bon aloi. Les guitares, les flûtes et les percus s’y taillent la part du lion dans un style qui prélude la musique brésilienne moderne. L’américaine se révèle plus clinquante et évoque l’exotisme bon marché en vigueur dans le cinéma américain d’alors. Entendre Carmen Miranda chanter « Week-End in Havana » fait à peu près le même effet que Dean Martin qui s’époumone sur « Arrivederci Roma »… C’est d’ailleurs cette compromission artistique qui perdra la chanteuse, puisque son public brésilien finira par la bouder, lui reprochant de s’être trop américanisée… Reste quelques chouettes chansons, qui plairont surtout à ceux qui ont craqué sur les disques calypso de Robert Mitchum.