On ne présente plus ce bon vieil Horace, désormais bien connu du public rock suite à sa participation aux albums de Massive Attack. Comme la plupart des artistes jamaïcains, Andy sort des albums plus vite que son ombre. Parmi cette pléthorique production (plus de 50 albums), le sublime côtoie inévitablement l’horrible ou l’anecdotique. On peut dire que ce « From the Roots », concocté en compagnie du Mad Professor, rencontre un peu des trois adjectifs mentionnés plus haut. Quelques ‘rootseries’ anodines mais de bonne facture : « Babylon Bridge », « Runaway », « Rasta Business », « Rise Up Now », « Zion The Only Land ». Des chansons où Horace a le trémolo facile et le professeur prodigue ses habituels et spatiaux effets dub qui plairont aux mordus finis de roots reggae. D’autre part et dans des thématiques plus politiques ou simplement amoureuses, le timbre mystérieux du chanteur et les solides riddims du professeur parviennent à créer une certaine magie. Et ce sur des chansons comme « The Bingy Man », « Vanity », « For Me », « Don’t Beat Her », toutes excellentes et vivement recommandées. Enfin, un album de reggae n’en serait pas un sans les habituelles déconnades et autres bizarreries propres au genre. Le polisson « Gimme What Me Want ! ! » au cours duquel le bon Horace réclame son dû aux femmes qu’il croise vaut largement l’écoute. Mais la palme de l’étrangeté revient à « Girl Don’t Come », un country western digital aux chœurs doo woop tellement décalés qu’il touche au génie. En conclusion, si cet opus s’avère hétéroclite donc, il vaut largement l’écoute.