Pas fainéants pour un kopeck au cours des dernières années, les Melvins se paient le luxe d’assurer le backing band d’une des figure de proue de la scène punk hardcore californienne : à savoir Biafra, ex-leader des Dead Kennedys. Habitué au concept, Biafra avait déjà par le passé vampirisé ces vieux briscards de NoMeansNo et de D.O.A.. Pour un résultat à la hauteur de l’aura du patron d’Alternative Tentacles : à sens unique. Aujourd’hui remonté plus que jamais en ces jours d’élections américaines, activiste jusque dans la moelle, Jello - qui affiche au moins quarante balais - crache et vitupère comme par le passé son engagement politique. Et même si la griffe des Melvins est bien palpable tout au long de ces 8 titres, l’ombre de Biafra prédomine pour accoucher finalement d’une plaque old school, enlevée et nerveuse. Je ne vais pas vous faire l’affront de cacher ma vénération pour les Melvins ; mais je ne puis m’empêcher d’essuyer une petite larme en contemplant ce résultat peu probant ; d’autant plus que sur papier, ce projet aurait dû déboucher sur un événement (NDR : Entre parenthèse, je vous conseille l’album de Venomous Concept, side project de Buzz. Voire le Melvins + Lustmord). Et pour que l’info soit complète sachez que cet elpee a bénéficié du concours de l’infortuné Adam Jones (Tool), guitariste intermittent des derniers projets melvinesque. Pour le reste Osama McDonald se réserve chante, Saddam Disney la batterie et Jon Benet Milosevic à la gratte. Un humour très particulier qui n’empêche pas de manifester un respect certain à Jello, mais bon...