Tim Christensen n’est pas connu chez nous, et pourtant c’est une rock star au Danemark, son pays d’origine. Depuis dix ans il écume les charts scandinaves de ses chansons pop-rock joliment troussées, construites en général sur un gimmick simple mais accrocheur, une mélodie « facile à chanter » où les sentiments priment. Avec son deuxième album solo, le Danois espère maintenant conquérir de nouveaux marchés, à coups de tubes certifiés or qui titillent gentiment l’oreille. A l’instar d’un Damon Cough (Badly Drawn Boy) en moins lo-fi, d’un Elliott Smith en moins suicidaire, d’un Neil Finn en moins ringard, Tim Christensen se fait l’apôtre fidèle de la cause pop-rock (folk), n’hésitant pas à presser la touche lacrymale si le besoin s’en fait sentir (« Right Next to the Right One », ballade beatlesienne en tête des hit-parades maritaux au Danemark, comme « Angels » de Robbie Williams en Angleterre). Mais le Danois sait aussi renverser la vapeur et durcir le ton (« Jump the Gun », « Isolation Here I Come », le poussif « Don’t Leave Me But Leave Me Alone », limite Incubus), parce qu’il faut donner son lot de rock pépère à la ménagère. Il n’empêche que question mélodies, Christensen est loin d’être un manchot : « Honeyburst » s’écoute avec plaisir, malgré ses tics romantiques, ses refrains rock ampoulés, ses montées de fièvre en total décalage (« No Easy Key », joli jusqu’à l’arrivée des guitares). A écouter au compte-gouttes, et selon l’humeur du moment.