Grey de Lisle dédicace son disque à Johnny Cash et June Carter, couple légendaire aujourd’hui réuni au paradis des artistes qui ont changé la face de la country du XXe siècle. Grey de Lisle n’a certes pas le talent de ses idoles, mais sa country fantomatique pourrait plaire aux fans du genre. A condition d’aimer davantage le rose que le noir ! Parce que si Grey parle beaucoup de fantômes, sa voix mutine et son goût pour la supercherie cow-boy lui donnent plus des airs de gentille fille de saloon. L’ambiance surannée de ce disque carte postale (« La country, ses airs de rodéo, ces trains qui sifflent trois fois, ses chevauchées fantastiques ») devrait laisser les jeunes d’aujourd’hui plutôt stoïques. Mieux vaut écouter le dernier Loretta Lynn, produit par Jack White. Du bon boulot, pêchu sans être opportuniste. Parce que sans blague : vivre parmi des fantômes n’a rien de très captivant.