Tanya Donnelly est surtout connue pour avoir sévi chez Throwing Muses et les Breeders (NDR : avant qu’elle ne parte fonder son propre groupe, Belly). Son soprano séraphique, aussi riche que le chocolat, se mariait à merveille avec le timbre gémissant de sa demi sœur, Kristin Hersh. « Whiskey tango ghost » constitue déjà son troisième elpee. Et inévitablement, on ne peut qu’émettre des comparaisons avec le dernier opus de Kristin, « The grotto ». Deux œuvres minimalistes qui font la part belle à l’instrumentation acoustique et à la voix. Deux disques dont les thèmes évoquent le mariage, mais en des termes bien différents. Cependant, si Kristin semble bien enracinée dans le folk appalachien, Tanya puise davantage son inspiration dans la country basique de Nashville (NDR : pensez à Loretta Lynn, Emmylou Harris et Lucinda Williams), la pop romantique (Carole King, Suzane Vega) et la country alternative (Neko Case et Wilco). Le titre de l’elpee est même une réponse codée au dernier long format de la bande à Jeff Tweedy. Pour enregistrer ce « Whiskey tango ghost », Tanya a reçu le concours de son mari Dean Fisher. L’ex membre du groupe de Juliana Hatfield, y joue de la guitare, de la basse et des drums. Rich Gilbert (Frank Black & the Catholics) à la steel et Elizabeth Steen (Nathalie Merchant) au piano, complétant le line up. Et Tanya a le bon goût de ne pas sombrer dans la mélancolie maladive, injectant dans sa solution sonore, tantôt un zeste de jazz, des percus tribales ou évoluant même sur un mid tempo (NDR : l’excellent « Butterfly thing »). Mais les plus belles chansons sont tramées sur un piano sonore. Et je pense tout particulièrement au bouleversant et envoûtant « Golden mean » ou encore au fragile « Divine sweet divine ». Un superbe album !