Ancien journaliste pour Rock’n Folk, Dimi Dero a sévi successivement chez les Grooves, Ghost Train, Chatterbox ou encore les New Bones, avant de fonder Dimi Dero Inc. Une formation au sein de laquelle figurent des vétérans de la scène toulousaine. Pour enregistrer son deuxième opus, le groupe a reçu le concours de quelques invités. Tout d’abord Miss Tallulah X (de Lady Godiva), dont la voix est empreinte de douceur ou de frénésie, suivant les circonstances. Apportant ainsi davantage de contraste au timbre de Dimi, dont les inflexions peuvent osciller d’Iggy Pop à Stan Ridgway, en passant par Peter Murphy. De Sébastien Moly, également. Sur « Dandy’s daughter », sa trompette aux accents mariachi suggère une rencontre hypothétique entre Wall of Voodoo et Calexico. Découpé en 11 fragments, « Greetings from Trauma » carbure le plus souvent au punk rock énergique, urgent, torturé, menaçant, réminiscent des Stooges et des New York Dolls. Il est alors assez facile d’imaginer que les vocaux de Dero, à l’instar de James Osterberg, se font rageurs, possédés ou féroces. Mais certains fragments paraissent plus complexes ou encore semblent véhiculer des énergies malsaines, comme hantées par un rite vaudou. Et je pense tout particulièrement à « You shallow grave », tramé sur un piano délicat et énigmatique (Nick Cave ?). A « Deep sleep », dont l’intensité électrique fiévreuse, rappelle les Scientists. Au sauvage et métallique, mais aux accents orientalistes « Koursk » (Tea Party ?). Et puis au tribal « Down in hell », que balaie des cuivres jazzyfiants. L’opus recèle deux morceaux relativement plus calmes. Tout d’abord « The good things that I’ve done » et la valse britpop « Two sentences a day ». Ce n’est plus une surprise, mais une confirmation !