Septième album du quintette américain, et toujours rien de neuf à l’horizon : de l’indie pop à la Guided By Voices, pleine de gentilles guitares et de guili-guili rythmiques, qui chatouilleront les fans transis de ritournelles collégiennes, s’il en reste. Sympa donc, mais pas sensationnel : Elf Power, c’est le groupe pop de seconde division, qui joue sans se poser de question au lieu de prendre l’option musculation. Le syndrome « Guided By Voices », c’est certain : comme Pollard, Andrew Rieger (chant, guitare) est un très bon songwriter, capable de ciseler de petits tubes pop sans se froisser le lobe occipital… mais voué à rester dans les marges fangeuses de l’underground pop-rock. Dommage, mais c’est la vie : dans dix ans Elf Power sortira sans doute encore des disques, dans l’indifférence générale. On n’y peut rien, et eux non plus… Cette persévérance a tout de même quelque chose d’attendrissant. Mais cela suffit-il pour espérer les voir un jour rencontrer le succès, voire tout au plus l’estime, de leurs pairs et du public ? Les bourlingues, le système D : c’est malheureusement le lot des groupes trop honnêtes, comme Elf Power… C’est moche à dire, mais c’est la vie.