Emidio Clementi se cache derrière ce pseudo à l’espagnole. Au cours des années nonante, il a sévi chez Massimo Volume, groupe rock influent de l’underground italien des années nonante. Désormais en solo, il s’est mis en tête d’enregistrer un long format dans une chambre d’hôtel de Tangers où la légende dit que William Burroughs a écrit son « Festin Nu ». Un projet un peu fou qu’il a mis deux ans à compléter en compagnie de ses acolytes Massimo Carozzi (samples) et Dario Parisini (guitares). Plus parlé que chanté, ce disque mystérieux baigne au sein d’une atmosphère sombre qui n’est pas sans rappeler les quelques elpees enregistrés par le vieux Burroughs en son temps. Evidemment, il vaut mieux comprendre la langue de Dante pour pleinement apprécier les sombres ruminations de l’ami Emidio. Côté musique, on a droit à un savant mélange d’ingrédients rock et d’electronica assez inspiré qui, malgré les inévitables moments faibles, parviendra à garder éveillé l’intérêt du plus courageux des auditeurs disposé à s’aventurer dans les vers arides de Clementi. Néanmoins, les fans de post-rock exotique devraient y trouver leur compte.