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Epica - 18/01/2026

Red

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« Red » constitue le quatrième album des Healers en dix années d’existence. La formation avait marqué une pause en 2001, après le départ du second guitariste, Jérôme Boquet. Fred avait alors tenté une nouvelle expérience l’année suivante : X3. Pour la circonstance, il avait recruté une section rythmique de luxe composée de René Stocks et Willie Maze. Le projet avait même accouché d’un album et d’une tournée.
 
Le retour des Healers est cependant marqué par l'arrivée du drummer célèbre et semi légendaire, Bruno Castelucci. Habillée d’une pochette rouge, "Red" va au-delà de la progression affichée lors de la sortie d’"Electerrified". Un elpee au caractère bien trempé, même si la voix se cherche encore. Le jeu de guitare s’est diversifié et emprunte même au jazz. La faiblesse, jusqu’alors perçue dans les percussions, est devenue un point fort. A cause de la puissance et de l’inventivité manifestées par le jeu magistral de Bruno. Fred Lani est aujourd’hui le seul soliste. Et Papa Jean-Marie a conservé le poste de bassiste.
 
La photo du trio reproduite sur la pochette en dit long. Très concentré, Fred part d'un pas décidé pour quitter l'écran. Le regard amusé, Bruno Castelucci est prêt à lui emboîter le pas. Immobile, Jean-Marie ne réalise pas encore ce qui lui arrive. Attention, si "Red" constitue le meilleur album des Healers, il n’est pas facile à assimiler. Il nécessite même une écoute attentive et répétée pour pouvoir en découvrir toutes les richesses. Une chose est sûre, on ressent la liberté de mouvement dont a bénéficié le trio, tout au long de l’enregistrement ; mais en même temps un souci du détail traduit par l'emploi d'artifices sonores et du rerecording.
 
Les cinq premières plages manifestent ainsi toute leur amplitude. Dès l'ouverture d’"I wanna hold you", on est sous le choc. Une claque ! Ce qui manquait aux Healers, dans le passé, est comblé. Une plage incendiaire construite sur un riff rock, musclée par la section rythmique. Changement de décor : Fred empoigne sa guitare acoustique pour aborder "So good". Une ballade soft rock dont le chant est bien mis en valeur et que ponctue parcimonieusement Fred, d’un superbe solo. Autre ballade soft rock, "In your dreams" séduit par sa mélodie accrocheuse. Le vocal de Fred n'a jamais été aussi bon. L'introduction de "Little moon' passe de nouveau à l’offensive. Placée très en avant, la guitare libère des sonorités contagieuses. La réverbération communique une touche d'intensité dramatique, à la limite de l’oppression. L'effet est saisissant ! Cocktail de styles divers - funk, swing, jazz, blues et rock -, "Almost blind" épouse un profil très contemporain. La guitare est torturée. Castelucci doit certainement apprécier cette forme musicale peuplée d’une multitude de trésors cachés. Une fusion qui alimente d'autres plages. A l’instar de "The last song", un titre balayé par les cordes swing jazz, et dont la densité de la trame rythmique est le fruit d’un mariage très réussi entre la basse et la batterie pugnace. "Extreme dance" également. A cause de cette structure de free jam totalement délirante. "Never too late" enfin. Clin d’œil adressé à Django, il est le produit d’un savant mélange entre blues, jazz et swing un peu surannés. Le tout filtré dans l’acoustique la plus pure. Sur "Red gunhand", Fred développe un des thèmes qui le tourmente le plus dans le monde d'aujourd'hui : les conflits entre l’oppresseur et l’oppressé, le riche et le pauvre. Le bien et le mal quoi ! Cette plage ne respire pas la joie. Les cordes empruntent au blues avec une certaine limpidité, avant de poursuivre dans le jazz. Le blues d'un jeune musicien qui se redécouvre en 2004 ! En fin de fragment, il adresse un nouveau clin d'œil ; mais à John Lee Hooker. Très roots, l'intro de "Freedom" clame un cri de liberté avant de virer à la slide. Son phrasé est hypnotique. La rythmique métronomique. Une harmonie s’installe entre l'acoustique et le son amplifié. Une plage qui mérite une écoute attentive, tant elle cultive de richesses. Le nonchalant "Grandad's song" évolue dans un univers proche du blues. Les notes lacérées se détachent des accords rythmiques. Une plage très personnelle, nostalgique, dont se dégage un sentiment de profonde tristesse. L’opus recèle, bien sûr, encore quelques tracks percutants, fouettés par des riffs rock. Tout d’abord "Change". Probablement la plage la plus immédiate de l’opus. Puis les deux derniers morceaux de l'album : "Hold on", caractérisé par son intro trash/surf ; et le très accrocheur "Pay the price". A l’instar du fier lycaon reproduit sur la pochette, scrutez l’horizon et ouvrez toutes grandes vos oreilles! Les sensations sont garanties. Car vous allez prendre le train en marche pour le meilleur Fred & The Healers…

Informations supplémentaires

  • Band Name: Fred & The Healers
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Oompah Beat / Bang!
  • Date: 2004-12-31
  • Rating: 0
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