Voilà du rap bien crétin, qui tourne en ridicule les beats old school à la KRS-One, le phrasé limite des Beastie Boys et les hymnes moustache de l’électropop : un disque pastiche pour rire, mais qui réussit la gageure de faire tourner la tête et les jambes, comme de faire du breakdance après avoir cuvé trois casiers de Jupiler. Les Goldie Lookin Chain s’amusent à pirater le bon goût en rappant comme des toupies qu’on trouve aujourd’hui dans les paquets de chips : on doit toutes les manger avant de trouver la surprise, mais après on a encore faim et on s’en fait un deuxième. Entre deux rôts on délire sur nos mères (« Your Mother’s Got A Penis » (sic)), les robots (« Half Man Half Machine ») et le rap gangsta de chez les Amerloques (« Guns Don’t Kill People, Rappers Do » : tubesque), puis on sniffe de l’hélium et on se tape un bon vieux Monty Python. Goldie Lookin Chain, c’est un peu les Dirty Sanchez (les Jackass gallois, ndr) du rap à la va comme je te pousse : c’est très con mais c’est drôle, bref c’est le genre de groupe qu’on aime faire écouter à ses potes, un soir de ‘guinze’ entre deux parties de ‘Burger Quiz’». Qu’ils fassent partie de l’équipe mayo ou de l’équipe ketchup, ces gaillards-là gagnent à chaque fois, sans même qu’on les traite de tricheurs. Le Trivial ? Avec un nom pareil ils doivent aussi être balèzes. Tant pis : on les laissera jouer tous seuls, puis nous on écoutera leur disque. Les dés sont jetés !