Il est loin le temps où les musiciens de Mudhoney se préoccupaient surtout de leurs matos et de leurs casiers de bières. C’était en 1988, lorsque le groupe est né. Inspiré par les Ramones et les New York Dolls, le combo ne se prenait alors pas très au sérieux. Pourtant, il deviendra une des figures emblématiques du grunge, dès le début des 90’s, à l’instar de Nirvana, Pearl Jam, Soundgarden et Alice in Chains. Sans pourtant en récolter un même succès, il faut le préciser. Ce n’est qu’en 2006, que la pensée sociopolitique de la formation s’est éveillée, l’album « Under a Billion Suns » révélant cette nouvelle prise de conscience. De garage/punk primaire, sa musique aura donc baigné dans le mouvement grunge qui a baigné Seattle, avant de se reconvertir au garage/punk engagé, davantage inspiré par les Stooges voire le MC5. Depuis, il respecte une même ligne de conduite à travers des lyrics aussi critiques qu’ironiques. Et ce « Digital garbage » en est une belle démonstration. Les textes dénoncent le régime néo-capitaliste qui sévit aux States, un système sanctifié par Donald Trump. Ils stigmatisent également la détention des armes responsable, à leurs yeux, des tueries de masse (« Please Mr. Gunman »), le suprématisme des blancs (« Next mass extinction »), les gourous profiteurs du désœuvrement (« Messias’s lament »), les chrétiens qu’ils jugent, pour la plupart, incapables de faire preuve de charité (« 21st century Pharisees ») ou encore les dérives des réseaux sociaux (« Kill yourself live »). Parfois, la démarche est très susceptible de rappeler The Clash. Bref, si vous appréciez la musique proposée par Mudhoney depuis un peu plus d’une décennie, vous n’aurez pas de mauvaise surprise ; elle est toujours aussi solide, sauvage, menaçante, bien métallique, même si on y croise des interventions aussi inattendues d’harmonica ou de farfisa…
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