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Bubblegum

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Véritable antithèse de l’idole pop, Mark Lanegan en est aujourd’hui à son sixième opus solo. Une carrière qu’il semble aujourd’hui vouloir aujourd’hui privilégier, après avoir sévi chez Sreaming Trees et Queens Of the Stone Age. Pour enregistrer ce « Bubblegum », il a reçu le concours de quelques grosses pointures, et en particulier Greg Dulli (Afghan Whigs et Twilight Singers), Izzy Stradlin et Duff Mc Kagan des Guns n’ Roses, Josh Homme et Nick Oliveri des Q.O.T.S.A., ainsi que PJ Harvey. Cette dernière y échange un duo particulièrement réussi sur le très groovy « Hit the city », et puis sur le blues maladif et sensuel « Come to me ». Du blues, cet elpee n’en manque pas. Mais un blues urbain, contemporain, abordé un peu à la manière d’un Nick Cave. Il rend même un hommage aux pionniers de ce style sur « Like Little Willie John », qu’il interprète dans un registre très proche d’un John Renbourn, Bert Jansch, voire encore Roy Harper. Faut dire que son baryton ravagé par le whiskey et la drogue se prête bien à ce type de musique. C’est d’ailleurs la voix de Lanegan qui est le point central de l’expression sonore. Et pas seulement sur « Bombed », composition minimaliste limitée à son chant, une guitare sèche et quelques backing vocals féminins, un peu comme chez Léonard Cohen. Tout au long de ce disque, Mark confronte ses propres démons, en traitant des horreurs existentielles, du désespoir de l’âme tourmentée, des ruptures, de sexe malsain et même de mort, pour les assassiner (ses démons !) de sa langue effilée comme la lame d’un poignard. Une œuvre sombre, riche, abrasive, qui recèle des plages plus musclées, voire imprévisibles. A l’instar du tribal et stoogien « Sideways in reverse » (NDR : parlerait-il du cunnilingus ?), du tempétueux « Metamphetamine blues » (NDR : imaginez un Tom Waits qui aurait décidé de voyager en Zeppelin !), du velvetien « Driving death valley blues », et de « Can’t come down », mélange de frénésie et de drum’n bass qui aurait pu naître d’une rencontre entre Tricky et Nick Cave. Un Cave qui hante encore et toujours Lanegan, sur la prière lancinante « When your number isn’t up » et le douloureux « Wedding dress », titre sur lequel il échange un duo avec son ex épouse Wendy Rae Fowler (NDR : l’enregistrement avait sans doute eu lieu avant la séparation !), une ballade meurtrière qui aurait pu figurer sur l’album « Murder ballads » (NDR : c’est malin !). Un must !

Informations supplémentaires

  • Band Name: Mark Lanegan
  • Genre: Pop/Rock
  • Label Prod: Beggars Banquet/V2
  • Date: 2004-12-31
  • Rating: 0
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