Le groupe espagnol se réinvente à chaque nouvel album : après le très country-slowcore « Restos de un Incendio » (2002), Migala renoue ici avec le post-rock épique qui fît sa réputation il y a quelques années… La seule différence, c’est qu’Abel Hernandez et ses potes évitent cette fois les effusions soniques à la Godspeed, lassantes à force de répéter la même formule (montée, descente, et ainsi de suite). « La Increible Aventura » sonne ainsi comme un disque de post-rock pur jus, mais sans l’emphase épique pleine de tics. Sur « El Tigre Que Hay En Ti », de gros riffs entêtants montrent même un Migala rageur et rock’n’roll, avant l’interlude et « Your Star, Strangled », premier des deux titres chantés par Abel, en anglais. Réminiscences des Red House Painters et de Piano Magic (l’ombre de Cure, tenace), ces deux morceaux sont l’oasis au milieu d’un désert suffocant de guitares ardentes et de cordes qui blessent. Mais au bout du voyage (l’excellent « Lecciones de Vuelo con Mathias Rust »), on respire, contents quand même d’avoir participé à cette aventure tout bonnement… incroyable. Le meilleur disque de Migala ? En tout cas le plus varié, le plus mûr, et c’est déjà beaucoup.