La pochette de « The Island Moved In The Storm » annonce la couleur. Avec Matt Bauer, on ne va pas beaucoup rigoler. Et à juste titre, puisque son second essai est inspiré de la découverte, en 1968 au Kentuckly, du corps d’une jeune inconnue rebaptisée ‘Tent Girl’ par la presse locale. D’aucuns pourraient donc s’attendre à une œuvre morbide au-dessus de laquelle plane le spectre d’un être abandonné à son sort et en quête de justice. Mais Matt Bauer prend le parti de relater un conte sombre avec la délicatesse et le cœur d’un folkeux pour qui l’histoire d’une âme dévoyée ne s’arrête pas forcément au dernier souffle rendu.
Entouré de la grande famille folk de Brooklyn et San Fransisco (Alela Diane, Mariee Sioux, ainsi que des membres de St. Vincent, Last Of The Blacksmiths ou Dirty Projectors), Matt Bauer publie une œuvre évoquant certains des meilleurs travaux de Iron & Wine, agrémentée d’une pointe parfaitement dosée de mélancolie et hantée par un banjo omniprésent. Les folkeux barbus savent caresser dans le sens du poil, et Matt Bauer le prouve une fois encore.

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