De toute évidence, les membres du groupe Taliesyn ont dû écouter en boucle les albums d’Ange et de son mentor Christian Descamps pour enregistrer un elpee de cette trempe. Le quatuor belge vient en tout cas de sortir un premier opus éponyme recelant toutes les qualités pour charmer les amateurs de prog ‘à la française’.
Fin 2005, le combo signe un contrat de coproduction chez Rox Records, la maison bruxelloise dirigée par le tandem Guccio/De Greef (Machiavel). Dix titres on été mis en boîte au studio Hautregard de Battice ; et c’est aujourd’hui le célèbre label prog Musea qui assure la distribution de cette première plaque aux accents médiévaux.
Théâtral et emphatique, « Taliesyn » aborde des thèmes décalés sur une structure musicale complexe, caractérisée par le son divin de l’orgue Hammond, mais aussi tapissée de chœurs et accessoirement balayée d’interventions de flûte et de cordes. Des titres comme « Le Dragon », « L’homme aux Sandales », « Sorcières » ou « Les galériens » reproduisent indéniablement l’ambiance mystérieuse, tantôt tragique, tantôt comique, de « Au-delà du Délire », chef-d’œuvre incontestable du père Descamps et de ses laquais d’Ange. Ici encore, les paroles s’enchaînent et coulent paisiblement. Si les lyrics baignent au sein d’un univers de contes et de légendes, ils ne sont pas toujours aussi inoffensifs qu’ils n’y paraissent. Quant à la musique, elle s’inspire autant du rock que du jazz, trahissant même des accents empruntés à la Renaissance. Le tout est enrichi de trouvailles absolument ingénieuses au niveau des arrangements. A l’heure où vous lirez ces lignes, les titres du deuxième CD de Taliesyn seront probablement déjà enregistrés. Un concert au Spirit ou à l’Auberge de jeunesse de Tournai ne serait pas pour nous déplaire.

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