En toute modestie, j’avoue parfois être déconcerté par la prolifération de groupes et d’artistes qui militent au sein des différentes scènes musicales. Un sentiment qui doit certainement également vous envahir régulièrement. Donc, soyez rassurés, je partage votre point de vue. Cependant, il faut reconnaître, qu’au sein de cette foultitude, le meilleur côtoie régulièrement le pire. Et très souvent, pour une découverte jouissant d’un potentiel certain, on décèle cinq projets sans grand intérêt.
Combo français, issu de Lille très précisément, DLGZ rock 5tet appartient donc à la catégorie des bonnes surprises. D’autant plus que ce quintet (NDR : d’où leur patronyme) crèche à une vingtaine de kilomètres de mon domicile. Juste de l’autre côté de la frontière. Paresse quand tu nous tiens…
Leurs aventures ont commencé il y a quatre ans. Par un premier Ep, suivi deux ans plus tard, d’un second. Pas la peine de chercher une biographie à leur nom, à l’époque, la formation s’appelait Daddylonglegz. On présume que par souci de facilité (NDR : et d’efficacité), ils ont préféré changer de dénomination.
« New tricks for old dogs » constitue leur premier elpee. Un disque pour lequel le combo a reçu le concours du drummer de Tortoise John McEntire (NDR : son énorme réputation de producteur lui a déjà permis de mettre en forme des œuvres d’une multitude d’artistes, parmi lesquels figurent Stereolab, The Sea and The Cake, et la liste est loin d’être exhaustive), à la production. Et c’est au sein des studios chicagolais de Soma que la troupe a réalisé ses sessions d’enregistrement. En écoutant, bien sûr, les sages conseils du personnage notoire.
Découpé en 10 morceaux, « New Tricks For Old Dogs » évolue dans un univers sonore qu’on pourrait qualifier (NDR : et encore, l’analyse est risquée) d’electro-rock-progressif. Complexe, inventif, leur style évolue à la croisée des chemins de Radiohead (NDR : période « Bend » voire « Ok Computer »), des Norvégiens de Jaga Jazzist et du Pink Floyd. Oscillant autour des 6 minutes, les titres ont le bon goût de ne jamais s’enliser dans la récurrence. Les variations sont multiples, même au sein d’un même morceau. Et « Hit me three times » en est une belle illustration. Une voix hip hop se fraie d’abord un chemin sur un courant atmosphérique, avant que la compo ne mue progressivement en post-punk. J’épinglerai également le splendide « Hurry ». Dix minutes au cours desquelles, DLGZ Rock 5tet met en exergue un bel éventail de son potentiel. Structurée en crescendo, cette compo est magnifiquement contrôlée par le timbre oppressant du chanteur.
Pour un premier opus, la formation nordiste vient de réaliser un véritable coup de maître. Et je conseille d’ailleurs aux mélomanes de l’écouter à plusieurs reprises ; car à chaque fois, on en décèle de nouvelles subtilités. Pour notre plus grand plaisir…

Nederlands
Français 
