Originaire de Palo Alto, en Californie, Julia Shapiro milite au sein de Chastity Belt, Childbirth et Who Is She. Mais elle mène, en parallèle, une carrière solo. Et « Zorked » constitue son second elpee individuel. Un disque qu’elle a enregistré à Los Angeles, où elle s’est installée, peu de temps avant la pandémie, après avoir quitté Seattle, où elle faisait pourtant partie de la scène locale.
Introspectif et personnel, « Zorked » (NDR qui peut se traduire par défoncé ou hors de soi) reflète sa crise existentielle vécue pendant le confinement. Et pour en composer les chansons, elle a puisé ses influences chez Elliott Smith, l’herbe, les rêves lucides, L.A. ainsi que le tarot, à travers le livre d’Alejandro Jodorowski, « The way of the tarot ». Et tout particulièrement sur le titre qui ouvre l’opus, « Death XIII », un morceau qui baigne au sein d’un climat shoegaze avant qu’une nouvelle ligne de guitare ne vienne ouvrir une autre perspective sonore. Un shoegaze qui peut s’avérer sinusoïdal, brumeux ou carrément noisy. D’ailleurs les spectres de My Bloody Valentine et de Pale Saints planent tout au long de l’album. D’autant plus que diaphanes, limpides ou éthérées, les harmonies vocales sont particulièrement soignées. Dans cet esprit, le titre maître constitue, sans doute, la compo la plus aboutie du long playing et s’autorise même un changement de mélodie en milieu de parcours. Les sonorités de grattes tourbillonnent, bourdonnent et se chargent de larsen, alors que celles d’un mellotron s’immiscent dans le décor…
Le long playing recèle l’une ou l’autre plage plus pop, mais aussi plus acoustique. A l’instar du contemplatif « Reptile ! Reptile ! ». Julia y déclame ses paroles ; et on entend, en filigrane, des chants d’oiseaux ainsi qu’un soupçon de trompette. Ou encore du paisible « Hall of mirrors », joué en picking.
Un bien bel album !

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