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Meridian

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Shawn est originaire de l'Oklahoma. Il vient de fêter ses 35 ans. Il rejoint la liste de cette jeune génération qui se réclame de l’héritage laissé par feu Stevie Ray Vaughan. A l’instar de Sean Costello, Nick Curran, Joni Lang ou encore Mike Welch. Très jeune, il prend goût au blues à l'écoute de maîtres comme John Lee Hooker, Jimmy Reed, Lightnin' Hopkins et Elmore James. Puis tombe sous le charme des exploits forgés par Anson Funderburgh et Mike Morgan. Il part s'établir à Dallas pour y assouvir sa nouvelle passion. Il perfectionne sa technique au contact de Hash Brown. Il transite par les Icemen, auprès de Jason Moeller (Fabulous Thunderbirds) et Paul Size (ex-Red Devils). En 97, il sort son premier album : "Burnin' up". Puis embraie par "Something's gotta give". Deux opus édités chez Cannonball. En 99, il se fixe à Austin. En 2001, il édite "Full circle", un disque pour lequel il reçoit le concours de Double Trouble et des frères Moeller. En 2005, il concocte "Stay", avant de se retirer de la scène musicale, afin d’exercer un job dans le privé. Mais en 2007, il participe à un projet collectif baptisé "Texas Northside Kings" (Dialtone). Il s’y réserve quatre plages. Depuis, il a repris goût au blues. Et pour cause, il vient d’enregistrer un nouvel elpee. Onze nouvelles compos sculptées dans un Texas blues parfaitement assimilé. Une œuvre autoproduite, dénuée de la moindre sophistication : la voix et les cordes de Shawn sont uniquement secondées par une section rythmique classique, basse/batterie.

"Edge of the world" ouvre la plaque. L’effervescence est bien palpable. Un blues saignant, percutant. Le jeu aux cordes de Shawn est nerveux, franc, direct. Digne des meilleurs moments de Jimmie Vaughan. La voix est en retrait, mais demeure très musicale. C'est manifestement du vécu. Du ‘live’! La rythmique est lancinante. A l’instar du "Spoonful" de Dixon revus et corrigés par Howlin' Wolf et Cream (NDR : c’était il y a une éternité) ; mais en y incorporant des cordes bien plus éloquentes. Et cette approche aux cordes reste très personnelle tout au long de la ballade quasi éthérée, ‘hendrixienne’, "Fortune and fame". Le style rugueux et contemporain de Pittman colle parfaitement au blues venu du Mississippi voisin. Et "Make the world stop turnin'" en est une belle illustration. Les percussions sont placées bien à l'avant. Les accords de gratte sont très réverbérés. Répétitive, la rythmique produit ses effets hypnotiques escomptés. En fermant les yeux, on imagine facilement être transporté au cœur d’un de ces juke joints poisseux, dans les collines du Nord du Mississippi. Shawn nous entraîne alors vers Chicago. Celui du blues urbain des fifties. Primaire, mais parfait, le riff de slide est emprunté à Elmore James, tout au long du contagieux "My luck has changed". Shuffle saturé de groove, "No such of a thing" est imprimé sur un rythme proche du géant Howlin' Wolf! Les différents éléments de l'ensemble s'emboîtent à la perfection. Autre shuffle par excellence, mais texan, "Mr Dime Dropper" lorgne manifestement vers Mike Morgan & the Crawl. Blues rocker à la Chuck Berry, "Make people dance" nous invite à roller sur la piste de danse. Transpiration garantie ! Le tempo adopté sur "Let's blow this joint" est plus intense encore. Très T-Birds de la grande époque. Sur rails, la machine est alors propulsée à plein régime. Blues indolent, généreux, très downhome, "High maintenance woman" épouse une tonalité de guitare proche de Lightnin' Hopkins. On croirait presque entendre celle du vieux Texan. Son fantôme, peut-être ! De toute bonne facture, cet opus s’achève par "Hurricane", une plage instrumentale très électrique, impitoyable. Sachant l’épilogue proche, Pittman s'y libère. Shawn a également commis une autre galette cette année, "Movin' & groovin'", sur le label italien Feelin' Good.

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Shawn Pittman
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Autoproduction
  • Date: 2009-12-29
  • Rating: 4
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