Il vient à peine de fêter ses vingt ans, et compte déjà la bagatelle de 18 albums différents à son actif. Ainsi il rejoint, voire dépasse, Conor Oberst au panthéon des jeunes folkeux prolifiques. Il est canadien et se nomme Eamon Mcgrath. Le natif d’Edmonton vient cependant de réunir sur « 13 Songs of Whiskey and Light », ses treize meilleurs morceaux publiés entre 2006 et 2009, c’est-à-dire au sein d’un répertoire de plus de 100 chansons. Excusez du peu !
Mais le plus étonnant procède de son timbre vocal, vu son jeune âge. Un timbre ravagé, nicotiné, imbibé de whiskey, comme s’il était rongé par le tabagisme et avait passé de folles soirées à siroter du bourbon. Et pourtant, ce n’est ni le fils de Tom Waits, ni le frère cadet de Ben Weaver…
Eamon pratique une forme de folk-blues évoquant tantôt Bruce Springsteen voire Neil Young ; néanmoins quand les compos s’électrifient, à l’instar de « Big River » ou encore « Cadillac Rosetown », c’est plutôt du côté de Kings Of Leon que son inspiration semble s’orienter. Enfin, « Last Man Standing » aurait parfaitement pu figurer sur la bande originale du film des frères Cohen, « O’brothers ». A cause de cette mélodie indolente, rythmée par les sonorités de chaînes qui s’entrechoquent, projetant l’image d’une colonne de prisonniers, déambulant le long d’une longue route sèche et poussiéreuse du Sud des USA…
Multi-instrumentiste, McGrath glisse allègrement du piano à l’harmonica, en passant par la guitare acoustique et électrique. Paisibles, plus enlevés ou chargés d’une grande sensibilité, ses compos ne cherchent jamais à surprendre. Mais tout simplement à flatter l’oreille. Bref, un elpee agréable à écouter ; mais surtout une bonne occasion de découvrir ce jeune Canadien, dont le futur est plus que prometteur. Mais chaque chose en son temps. En 20 années d’existence, Eamon Mcgrath a déjà montré toute l’étendue de son talent. Il ne lui reste plus qu’à confirmer. Vivement la suite !

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