En concoctant « Gorilla Manor », Local Natives, combo originaire de Los Angeles, vient de rejoindre la grande famille de ces formations indie-rock inspirées qui, à peine débarquées, fracassent tout sur leur chemin. Et s’offrent ainsi une œuvre à la hauteur des incontournables « Yellow House » et « Veckatimest » de Grizzly Bear, des éponymes de Fleet Foxes, Arcade Fire et Vampire Weekend ou du « Family » de Le Loup. Emmené par le terrible « Sun Hands », pépite pop qui débute par de superbes harmonies vocales avant de se transmuter en feu d’artifice distordu, ce premier ouvrage est l’exemple même du disque quasi-parfait. « Gorilla Manor » est une galette, percussive, mélodique, euphorique, dégoulinante de cohésion. Oui, rien que ça !! Les sublimes « Cards & Quarters », « Wide Eyes », « Stranger Things » ou la manière dont ils s’approprient, retournent, pilonnent et reconstruisent le « Warning Sign » des Talking Heads méritent à eux seuls le respect.
Les harmonies à trois voix parcourent le disque de part en part, lui accordant une atmosphère éthérée que la formation retranscrit à la perfection lors de ses prestations ‘live’. « Gorilla Manor », baptisé du nom de la demeure que se partagent les cinq musiciens, est un disque exemplaire, même si l’on peut leur reprocher une trop grande proximité mélodique avec les artistes mentionnés plus haut. Mais nul doute que Local Natives est une formation qui tend à devenir l’une des valeurs sûres de la scène indie-rock. A condition que les cinq gaillards exploitent leur potentiel comme il se doit.

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