L’école d’art de Library Card

Library Card a beaucoup joué en live à travers l'Europe et les États-Unis. Son nouveau morceau, "Art School", est devenu un favori du public lors de ses concerts. Ce titre marque un nouveau chapitre pour la formation, qui est rapidement devenue l'un des…

logo_musiczine

Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Gavin Friday - Het Depot
Suede 12-03-26
Béber

Béber

Dans le cadre des Sessions Coca-Cola, l’Ancienne Belgique recevait, dans son antre, le duo Eriksson Delcroix, concepteur de la bande originale du film belge, tant loué –et à raison– ‘Broken  Circle Breakdown’ (ou ‘Alabama/Monroe’). Bjorn Eriksson s’était déjà illustré, dans le passé, chez Zita Swoon et Admiral Freebee, alors que Nathalie Delcroix milite au sein du groupe folk, Laïs. La rencontre de ces deux personnalités a donné naissance, récemment, au superbe album de country/folk « For Ever ». Une véritable pépite. Alors que les tickets pour assister aux concerts de Broken Circle Breakdown sont épuisés depuis belle lurette, ce spectacle est une belle occasion d’accomplir un périple virtuel au pays de l’Oncle Sam.

La première partie est assurée par You Raskal You. Le groupe anversois réunit trois guitaristes (deux acoustiques et un électrique), un bassiste et un drummer. A premier abord, sculptée essentiellement dans le folk, l’expression sonore paraît intéressante. La gratte électrique charge les compos de nuances et insuffle de l’énergie aux compositions. Les deux préposés aux grattes sèches poussent, chacun leur tour, la chansonnette. Mais aucun de ces deux vocalistes ne jouit d’un timbre susceptible de faire la différence. Finalement, c’est lorsqu’ils chantent en chœur que les vocaux passent le mieux la rampe. Au fil du set, on se rend compte que les morceaux sont coulés dans un même moule. S’étirant même sur un low tempo bien paisible. Les accès d’électricité sont beaucoup trop rares pour secouer un auditoire, alors au bord de l’assoupissement…

Vu la formule minimaliste adoptée par leurs compos sur disque, on pouvait craindre que la transposition en ‘live’ des chansons de Eriksson Delcroix se solde par un échec. Aussi brillantes soit-elles, des folk songs peuvent se révéler particulièrement emmerdantes, lorsqu’elles sont interprétées, face à un auditoire, brutes de coffrage. Heureusement, nos inquiétudes se sont rapidement estompées, en constatant la présence de nombreuses chaises sur le podium. Et, lorsque les musiciens y montent, on a le pressentiment que la soirée sera bonne. Le moustachu Bjorn Eriksson (chant/guitare) et Nathalie Delcroix (chant/autoharpe) sont vêtus d’une superbe chemise à floches, dans un style cow-boy du plus bel effet ! Ils s’installent au milieu de l’estrade. A leur droite, un préposé à la sèche et un banjoïste coiffé d’un magnifique chapeau se partagent l’espace. A leur gauche, se plante le guitariste solo. Le bassiste et un percussionniste s’installent derrière eux. On est donc très loin du format minimalisme tant redouté. Il ne faut que quelques notes et surtout quelques mots pour se rendre compte du talent de toute la troupe. Manifestement tous ces musiciens sont de véritables chevronnés. Les deux voix sont splendides. Que ce soit en solo ou conjuguées. Les sonorités du bottleneck émanant du manche électrique sont bien mises en évidence. Les compos oscillent du folk au country, à l’instar de « Nashville Tennessee », et des titres les plus bruts aux plus progressifs, comme sur « Riding on a Snake with a Bottle of Tequila in My Hand », compo écrite pour un side project précédent d’Eriksson, avec une facilité déconcertante. On ne peut s’empêcher de penser à Calexico voire à Mark Lanegan & Isobel Campbell. Et si le ton est plus froid, en début de parcours, notamment lorsque le combo interprète « Home is where the Angels Roam », au fil du temps, l’ambiance va se réchauffer et le tempo des compos s’élever. Avant d’entamer le single « Walking », Bjorn Eriksson invite sa fille à monter sur les planches pour l’accompagner au chant. La demoiselle est moins à l’aise que papa, mais elle ne s’en sort pas trop mal. Et le climat va même devenir propice à la danse, lorsque le préposé au banjo –également moustachu– va se lever pour chantonner un air, dans la bonne humeur générale.

Ce soir, nous étions (presque) à Nashville Tennessee…

(Organisation AB)

 

 

samedi, 15 mars 2014 00:00

PiaS Nites 2014 : samedi 15 mars

Des PiaS Nites, il y en a aujourd’hui un peu toute l’année et même en France. Celles qui se déroulent à Tour & Taxis, en mars, en sont à leur cinquième édition. Deux jours au cours desquels le label met en vitrine les formations phares de son catalogue. Et comme on ne change pas une formule qui gagne, pas de modification majeure n’est à constater dans les aménagements des lieux. Faut dire que les deux dates affichent à nouveau sold out. Consacré à l’électro, le vendredi soir a bénéficié du concours de grosses pointures comme Paul Kalkbrenner, Vitalic VTLZR, The Magician ou encore Tiga. Le samedi est réservé au pop/rock.   

Pour cette nouvelle édition, les organisateurs ont tout misé sur deux des formations belges les plus illustres. En l’occurrence dEUS et Girls in Hawaii. Mais également sur plusieurs découvertes, dont le projet solo du chanteur de Balthazar, Anderlecht, et la jazzwoman, Mélanie De Biasio. Un désistement, celui de Baxter Dury. A charge de John Grant (NDR : qui avait fait sensation quelques mois plus tôt au Botanique), du duo allemand Milky Chance ou encore de l’Anglais d’East India Youth de pallier à son forfait, The Spectors et Champs complétant l’affiche.

Les hostilités débutent vers 18h30, mais il faut attendre le set du duo teuton Milky Chance pour que les choses sérieuses commencent. Quoique responsable d’un tube intitulé « Stolen dance », il faut bien avouer que la paire ne jouit pas d’une grande célébrité. L’un est armé d’une guitare acoustique et l’autre se charge des claviers. Leur cocktail d’électro/folk/reggae est plutôt plaisant, mais hormis les singles, il ne parvient qu’en de trop rares occasions à enthousiasmer l’auditoire…

Après ce concert sympathique, on avait hâte de découvrir la jazzwoman Mélanie De Biasio dans un contexte qui ne lui était pas forcément favorable. C’est la petite salle qui accueille la jeune Belge. Elle prend bien le temps de construire les atmosphères. Son dernier opus recèle de subtils morceaux, de véritables pépites. Sa voix est simplement magnifique et les arrangements particulièrement soignés. Le set baigne au sein d’un climat feutré. Malheureusement, il ne correspond pas à l’événement. Le public, principalement venu pour se défouler, ne prend pas la peine de s’en imprégner. Trop bavard il rompt même le charme qui émane de l’atmosphère ambiante…

La première tête d’affiche débarque à 21h45. Pourtant, pour accueillir les Wallons de Girls in Hawaii, l’énorme hangar de Tours & Taxi n’est pas comble. Ce qui va d’ailleurs porter préjudicie à la qualité du son ; mais le groupe est en forme. Tous leurs titres majeurs sont interprétés. « I’m not Dead » est attaqué en début de parcours. « Sun of the Sons » figure également sur la setlist. Qui ne néglige pas pour autant le plus ancien répertoire. Dont l’indétrônable « Found in the Ground ». Si rien d’exceptionnel ne se produit au cours du spectacle, c’est toujours avec un grand plaisir que l’on assiste à un concert de Girls in Hawaii.

Accusant un léger retard, John Grant prend le relais. La petite salle est loin d’être bondée. Certains spectateurs ont choisi ce moment pour s’hydrater ou se sustenter, d’autres ont décidé de squatter les premiers rangs pour assister au set de dEUS. Tant pis pour eux ! Barbu, l’artiste est toujours aussi charismatique. Et il va nous livrer une prestation digne de celle accordée au Botanique, l’an dernier. Il est vêtu de noir, tout comme la troupe qui l’accompagne. Le set s’ouvre par les morceaux les plus paisibles de ses deux albums, dont le superbe « I Wanna go to Marz ».  Son électro/folk séduit les mélomanes présents. A mi-parcours, il change de registre et propose des titres plus dansants, aux rythmes syncopés mais communicatifs. Il est plus ou moins 23 heures, lorsque l’Américain nous réserve « Queen of Denmark ». Un final rituel. C’est également l’apothéose de ce concert. La puissance et l’émotion réunies en une seule chanson !

Vingt ans après la publication de leur majestueux « Worst Case Scenario », dEUS était invité aux PiaS Nites pour conclure en beauté la soirée. Les Anversois étaient attendus de pied ferme. La grande salle est alors quasiment remplie. Vu le 20ème anniversaire de la sortie de leur premier elpee, on s’attendait à retrouver quelques titres de cet opus dans la set list. Un seul nous sera accordé, « Suds and Soda ». Dommage ! A la place, le show s’est concentré sur le dEUS aux six cordes. En fait, le combo a essentiellement puisé dans le ‘best of’ de son répertoire. Dont « Roses », « Instant Street » ou encore « Little Arithmetics ». Les années se suivent et se ressemblent. En ‘live’, on ne constate plus vraiment de grande évolution chez le band, même si Tom Barman et sa troupe continuent d’assurer sur les planches.

La cuvée 2014 des PiaS Nites est plus qu’honorable. Les découvertes et les têtes d’affiche ont honoré leur contrat. Mais si les prestations étaient de bonne facture, il faut reconnaître qu’il a manqué un grain de folie. Baxter Dury avait sans doute la carrure pour nous l’apporter ; mais comme il a brillé par son absence…  

Organisation PiaS

(Voir aussi notre section photos ici)

 

vendredi, 14 mars 2014 11:42

To live alone in that long summer

Barzin Hosseini n’est pas un artiste prolifique. Il y a quasiment 20 ans que son projet existe et le Canadien n’a sorti, en tout et pour tout, que quatre albums y compris ce dernier, soit au rythme d’un long playing tous les cinq ans. Il prend son temps et il a raison.

Depuis le début de sa carrière, Barzin a toujours pris soin de bien s’entourer. Ainsi, même s’il fixe le socle de chaque morceau, lorsqu’il les élabore, il est épaulé par des musicos chevronnés. Lors des sessions de « To live alone in that long summer », il a ainsi pu compter sur la collaboration de Tony Dekker, le leader de Great Lake Swimmers, dont le timbre vocal ressemble à s’y méprendre à celui de Barzin, ainsi que Daniela Gesendheit de Snowblink et Tamara Lindeman de Weather Station, ces derniers se chargeant des chœurs. Et le résultat est vraiment épatant. L’instrumentation est riche sans pour autant tomber dans l’excès et judicieusement pensée. Les compos baignent au sein d’un océan de sérénité, des berceuses empreintes de mélancolie qui se détachent de l’horizon brumeux afin de laisser naturellement filtrer les émotions véhiculées par la voix de Barzin. Et fatalement, on finit par tomber sous le charme de ces plages, même « To live alone in that long summer »…

 

vendredi, 14 mars 2014 11:40

Screens

Remarqué en 2011 lors de la sortie de l’excellent « Staring at the X », Forest Fire n’est pas parvenu à récolter le succès qu’il aurait amplement mérité. Pourtant, cet album constituait une des meilleures surprises de l’année. Surprenant, pétillant, leur indie-rock aurait certainement mérité un meilleur accueil sur le Vieux Continent.

« Screens » constitue le troisième album du groupe new-yorkais ; et, une nouvelle fois, Forest Fire éclabousse la concurrence de toute sa classe. A contrario du précédent opus, les mélodies atteignent immédiatement leur cible. Les accès noisy se sont raréfiés, même si les cordes de guitare sont toujours aussi cristallines et la ligne de basse caoutchouteuse. Mais le point fort du groupe demeure sans conteste la voix langoureuse de Mark Trescher. L’univers sonore de Forest Fire peut également se teinter de psychédélisme. A l’instar du morceau phare de l’album, « Annie ». Une piste de plus de 10 minutes balisée par un riff de basse hypnotique, sur laquelle les autres instruments viennent se greffer au fil de l’inspiration. Et lorsque le band se frotte au psyché folk, comme sur « Alone with the Wires », ce sont les spectres des groupes US du style issus des 60’s qu’il ressuscite… un envoûtement qui se prolonge sur « Fixation », une plage caractérisée par un motif de clavier hypnotique.

Entre hallucinations et exaltations, « Screens » exerce ces charmes… auxquels vous ne pourrez que succomber…

 

vendredi, 07 mars 2014 11:01

Adiós I'm a ghost

« Adios I’m a ghost » constitue le troisième album de Moondoggies. Originaire de Seattle, ce groupe est signé chez Hardly Art, un label créé initialement par Sub Pop. Malgré ces signes distinctifs, Moondoggies n’est pas un autre combo de grunge. Inspirée par de grands songwriters américains comme Bruce Springsteen et Neil Young, sa musique baigne dans l’americana. Et sent donc bon les States. Kevin Murphy en est le chanteur, mais également le leader. Il explique ainsi que les thèmes de ses compos traitent de la mort et de ou des renaissances. Le titre de l’elpee, « Adios I’m  a ghost », est d’ailleurs suffisamment évocateur. Suivant les sujets abordés, la musique change de ton et même de style. De climat aussi. Léger, à l’instar de « One more chance », mais aussi ténébreux, comme en début de parcours. Certains morceaux psychédéliques lorgnent carrément vers Midlake. D’autres aux sonorités de gratte plus grasses adoptent un profil plus traditionnellement yankee (« Red Eyes »). Inévitablement, l’opus recèle quelques compos acoustiques (« A Lot to Give », « Start me Over »). Un dénominateur commun : le soin apporté aux harmonies vocales, « Stop Signs » constituant l’illustration la plus parfaite de ces dispositions.

Malgré cet éclectisme, « Adiós I'm a ghost » se révèle cohérent, guidé par un seul fil conducteur philosophique, mais surtout agréable à écouter. A conseiller aux fans de Midlake, Wilco, My Morning Jacket ou encore Crosby, Stills, Nash & Young. 

 

vendredi, 07 mars 2014 10:57

The place (Ep)

Musicalement, hormis le sirtaki, les B.O. de films composées par Mikis Theodorakis ainsi que Demis Roussos et Vangelis (NDR : avec ou sans leurs Aphrodites Child), il faut avouer que la musique grecque ne jouit pas d’une grande notoriété à travers le monde. Et rares sont les groupes rock qui sont parvenus à sortir de la péninsule (NDLR : deux bands de hard rock quand même, The Elysian Fiekds et Nightfall). Originaire d’Athènes, Afformance est parvenu à se faufiler entre les mailles du filet et à chatouiller nos oreilles. Un combo né en 2005, néanmoins.

« The Place » constitue leur premier enregistrement. Faut avouer que le groupe a pris son temps. Un disque qui adopte un profil post-rock ‘typique’. La première plage est atmosphérique. De quoi planter le décor. Et les autres compos épousent une construction en longs crescendos. Rien de bien original donc… En outre, on a du mal à s’immerger dans leur solution sonore. Les progressions sont trop brèves et communiquent un sentiment de frustration. Seule réelle éclaircie à l’horizon, « Stride », une plage caractérisée par des riffs post-metal puissants qui rappellent Isis voire Cult of Luna. Dommage que tout l’Ep ne soit pas de cette trempe…

 

jeudi, 27 février 2014 00:00

What we loved was not enough

Ce jeudi 27 février, le Botanique accueillait la dernière déclinaison de A Silver Mt. Zion, en l’occurrence le Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra. Le groupe montréalais venait présenter son dernier opus, sorti l’année dernière, sobrement intitulé « Fuck Off Get Free We Pour Light on Everything ». Jouissant d’une excellente réputation en live, la formation avait attiré un nombreux public. L’Orangerie affichait même sold out !

Il revenait à Eric Chenaux d’assurer le supporting act, un autre artiste signé sur le célèbre label canadien Constellation. Il est seul sur l’estrade et dispense un set sculpté dans le folk expérimental. Et vraiment pas facile d’accès. Sa prestation va durer une demi-heure. Et c’est bien assez ! Pour apprécier ce type de musique, il faudrait pouvoir connaître la discographie de cet artiste sur le bout des ongles Et s’y plonger intégralement. Ce qui explique pourquoi une certaine forme de lassitude va rapidement envahir le public… 

Vers 21h00, Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra monte sur les planches. Suivant le même rituel, le band est disposé en arc de cercle. Les deux violonistes s’installent à l’avant du le podium et derrière elles, se plante le leader et co-fondateur de Godspeed You Black Emperor, Efrim Menuck ainsi que le bassiste. Dernier débarqué au sein du line up, le drummer siège derrière ses fûts, en retrait. Dès les premiers accords, on se rend compte que la formation transpire de classe. Efrim Menuck porte dorénavant la barbe. C’est aussi le porte-parole du groupe. Personnage charismatique, il présente chaque compo, sans se servir du micro ; une technique qui lui permet de directement briser la glace qui pourrait s’ériger entre l’auditoire et les musicos.

La setlist s’ouvre par « Fuck Off Get Free », plage maîtresse du dernier elpee. Et ce sont les compos de cet opus, que la troupe va privilégier au cours de ce show. A l’instar de ce long playing davantage rock que les précédents, le son est plus intense, plus puissant, plus luxuriant. Issu de « Kollaps Tradixionales », « Piphany Ramblerest » est une des seules plages issue d’un autre long playing, reprise dans la setlist ce soir. Pas vraiment convainquant ! Le timbre vocal d’Efrim est plaintif et communique naturellement ses émotions. Le groupe prend également le soin d’éliminer les extensions de certains morceaux studio pour les rendre plus percutants en ‘live’. Après une heure de spectacle, le combo quitte l’estrade, pour y revenir quelques minutes plus tard afin de nous réserver un long rappel, que va conclure un magistral « What We loved Was Not Enough ». Un excellent concert, même si on aurait voulu en avoir davantage…

(Organisation Botanique)

 

jeudi, 27 février 2014 16:57

Dunes

Le premier elpee de Gardens & Villa remonte à 2011. Un opus éponyme dont l’électro-pop efficace n’était pas passé inaperçue outre-Manche. Depuis, le groupe a pas mal tourné et a intégré le label prestigieux Secretly Canadian (Damien Jurado, Jens Lekman, Yeasayer,…)

Pour enregistrer leur deuxième long playing, le quintet a voulu se remettre en question. Il n’a d’ailleurs pas choisi la facilité, en désertant sa ville de Santa Barbara, pour se rendre dans un studio au Michigan. Mais afin de mettre tous les atouts dans son jeu, la formation californienne a confié la mise en forme de ce nouvel essai à Tim Goldsworthy, producteur et cofondateur du label DFA.

Première constatation, il règne une morosité bien palpable sur la plupart des plages de ce disque. A l’instar du précédent long playing, l’électronique demeure une composante essentielle chez Gardens & Villa. Les claviers 80’s sont omniprésents, tout comme les rythmes électroniques. Deux exceptions qui confirment la règle : « Chrysanthemums » et « Minnesota », deux chansons uniquement tramée sur des accords de piano. Parfaite, la voix androgyne de Chris Lynch est, plus que par le passé encore, chargée d’émotion. Il y a bien quelques pistes plus entraînantes voire dansantes (« Bullet Train »), mais en général, « Dunes » privilégie les atmosphères bien structurées. Recouvert de nappes de claviers atmosphériques, « Purple Mesas » finit même par envoûter. Si l’ensemble tient bien la route, et nécessite davantage d’attention que le précédent LP pour être apprécié à sa juste valeur, il faut reconnaître que le recours massif aux claviers 80’s finit parfois par agacer, rappelant même un aspect kitsch qui colle encore à cette décennie…

 

jeudi, 27 février 2014 16:52

Kid Face

Décidemment, pour l’instant, le label anglais Full Time Hobby a le nez creux. Après nous avoir permis de découvrir la formidable Angel Olsen, dont l’album a été chroniqué dernièrement, il révèle une nouvelle pépite. Elle émane du pays de l’Oncle Sam et se prénomme Samantha. Mrs Crain nous vient très exactement de Shawnee, dans l’Oklahoma. Une nouvelle ‘songwritrice’ aux origines indiennes qui ne manque pas de talent !

« Kid face » constitue pourtant déjà son troisième elpee. Pour enregistrer cette œuvre, la demoiselle au visage de poupon a fait appel à John Vanderslice. Sage décision puisque le résultat final est tout simplement remarquable. Si son folk est teinté d’accents country, jamais il ne reproduit de clichés. Tout simplement parce que Samantha prend la peine de varier les ambiances et l’instrumentation.

« Never Going Back » ouvre l’elpee sur une note country entretenue par une mandoline et un violon subtilement intégrés. Plage suivante, « The Pattern has Changed » est tramée sur des accords de piano. Les morceaux s’enchaînent et ne se ressemblent pas. Peu importe les instruments, Samantha Crain les exploite à bon escient. Tout l’attirail du parfait ‘songwriter’ américain y passe et ce, toujours, pour servir des mélodies aussi délicates qu’efficaces. En outre, elle maîtrise parfaitement son sujet. Et cerise sur le gâteau, la voix tient parfaitement la route. Elle me fait même parfois penser à celle de Joanna Newsom, lorsque l’expression sonore devient lyrique, à l’instar de « Paint ».

« Kid Face » est un disque envoûtant, captivant. Bref, une excellente surprise ! 

 

samedi, 22 février 2014 11:01

Siberia

Actif de 1990 à 1998, Polvo est un groupe étasunien considéré comme source du mouvement math-rock. Ce qui lui a permis d’entrer dans l’histoire du rock. Lorsqu’il décide d’opérer son come-back en 2009, après plus de dix années de silence, on craint alors que cette reformation soit purement lucrative. Les pauvres gars de Chapel Hill sont certainement sans le sou et cette décision est une manière de mettre un peu de beurre dans les épinards. Seulement, Polvo n’est pas un band mercantile ; et il le démontre en publiant dans la foulée, un nouvel album, « In Prism ». La critique est unanime. Si Polvo est de retour, il a de la suite dans les idées.

Cinq ans plus tard, le quatuor version 2000 nous propose un nouvel opus. Et à nouveau, Polvo nous démontre que sa nouvelle aventure n’était pas que du vent. « Siberia » constitue une nouvelle étape dans leur évolution. Leur style s’est quelque peu apaisé (NDR : quoique !) pour embrasser un indie-rock accrocheur qui fleure toujours les 90’s, tout en alliant sens mélodique et intensité. Si leur musique semble à premier abord plus accessible, elle demeure quand même plutôt complexe et regorge de subtilités. La structure des 8 compos de l’opus est certainement le fruit d’élucubrations démentielles. Mais si le chant d’Ash est davantage posé qu’auparavant, le moment opportun, il est capable de montrer les crocs. Les riffs de guitares sont particulièrement efficaces, et certains solos méritent de rentrer dans l’histoire (« The Water Wheel »). Des claviers s’intègrent parfois dans l’ensemble et le climat peut prendre une coloration orientale, à l’instar d’« Old Maps ». Quant au batteur, on se demande comment il parvient à retrouver ses jeunes. Et comme si son drumming n’était pas assez périlleux, il y introduit des contretemps.

Mon analyse peut sans doute vous paraître succincte, mais c’est parce que ce « Siberia » est tout simplement un des meilleurs albums écoutés depuis quelques mois. Je le conseille même vivement à tout artiste qui voudrait se lancer dans l’aventure d’un groupe. Un exemple à suivre. L’album parfait de A à Z !

 

Page 54 sur 98