Musiczine recherche des collaborateurs.

Tu as une très bonne connaissance musicale et tu souhaites participer à l’aventure Musiczine.net ? Tu es passionné, organisé, ouvert, social, fiable et appliqué ? Tu as une bonne plume ? Alors n’hésite plus : rejoins-nous ! Vu l’ampleur prise par Musiczine et…

logo_musiczine

Farfouiller dans la Pure Carrière…

Après des années de chaos et de réinvention, Pure Carrière revient avec « Farfouiller », une ode brute, étouffante mais libératrice à l'ennui, au chaos et à la mort. Née des racines du slacker punk, cette pièce marque un nouveau départ et un retour en force.…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

giaa_kavka_zappa_09
Gavin Friday - Het Depot
Stéphane Reignier

Stéphane Reignier

Ibrahim Maalouf dévoile un peu plus de son onzième album S3NS, sorti le 27 septembre dernier. Entouré de quinze musiciens, Ibrahim rend sur ce disque hommage à la culture latine et à la musique afro-cubaine… en mode Maalouf !

De Lhasa, à Raul Paz, en passant par Tito Puentes ou Omar Sosa, Ibrahim Maalouf a déjà collaboré à de nombreuses reprises au cours de sa carrière avec des artistes sud-américains.

Ni vraiment jazz, pas exactement pop, et quelquefois rock, Ibrahim Malouf invite le public à partager sa musique métissée, et toujours aussi inclassable.

Sur cet elpee, on entend des cuivres chauffés à blanc, des percussions énergiques et une rythmique taillée dans le roc. Les sessions ont impliqué de nombreux invités : d'abord trois pianistes majeurs de la nouvelle génération cubaine de jazz : Harold Lopez Nussa, Alfredo Rodriguez et Roberto Fonseca, mais également le saxophoniste Irving Acao et la violoniste Yilian Cañizares.

Après « Happy Face », découvrez « Una Rosa Blanca » ici, un extrait du nouvel opus d'Ibrahim Maalouf.

samedi, 24 août 2019 10:52

Les Solidarités : samedi 24 août 2019

La chaleur persiste et signe. Pire que la veille ! Pour preuve, les pompiers arrosent vaillamment les dizaines de milliers de personnes qui ne se sont pas laissé décourager par cette météo décidément bien rieuse. Cette journée est sold out. Il faut pousser des coudes pour faire le moindre pas. Vu l’offre si alléchante, pas étonnant que les festivaliers se soient donnés rendez-vous en masse à la lueur de l’été pour y découvrir une affiche de choix…

En guise d’encas, Juicy, un patronyme derrière lequel se cache Julie Rens et Sacha Vok.

Les gonzesses n’ont pas encore trente balais qu’elles rentrent déjà dans le palmarès restreint des Belges qui s’illustrent en France. Leurs reprises déjantées de tubes hip hop des années 90 aux paroles misogynes, à l’instar du « Work it » de Missy Elliott ou encore du « Partition » de Beyoncé, ont pesé lourd dans la balance, épousant ainsi la même courbe de popularité que Damso ou encore Romeo Elvis. Léger dans le ton, mais profond dans le fond, les compos abordent des sujets comme le sexisme ou encore les agressions sexuelles et s’enracinent dans un style hybride entre rap et r&b…

Le théâtre de Verdure offre un panoramique exceptionnel. L’endroit est idéal pour y faire des (re)découvertes. Sur le coup de 17h15, Claire Laffut débarque.

Originaire de Moustier-sur-Sambre (entre Namur et Charleroi), la jeune fille connaît un succès croissant depuis la sortie d’un premier Ep, paru en automne 2018. Multifacettes, l’artiste pousse non seulement des vocalises, mais se consacre aussi à la peinture, la mode, le mannequinât ou encore la création de bijoux de peau éphémères. Et la liste n’est pas exhaustive. Un personnage tout en douceur dont la fragilité est perceptible dans les paroles. Le maître mot des compos sera l’amour. Pas toujours celui que l’on rêve et que l’on idolâtre. Parfois, celui qui blesse et rend morose. Mais pas que ! Elle porte un regard amusé dans le rétroviseur de la vie à travers notamment « Gare du Nord », chanson écrite à l’époque où son père disait qu’elle y finirait pute à la si ses résultats scolaires n’étaient pas suffisants… Charmant ! Si pour d’aucuns, les mots peuvent être le reflet d’une réalité atroce, elle s’exerce avec un naturel désopilant pour s’en servir comme source d’inspiration. Bref, elle dispose du talent nécessaire pour tourner un mélodrame en dérision. Ses influences sont multiples, son style parfois coloré et percussif (« Mojo ») ou même rythmé et sauvage (« Vérité »).

Le chapiteau de la FGTB (un endroit féministe paraît-il), accueille Célénasophia, un duo né de la fusion entre deux prénoms.

Elles accusent une bonne demi-heure de retard, leur matos s’est perdu dans les coulisses du festival. Une première ! En 2015, elles gravent un premier Ep baptisé « A l’Aventure » ; ce qui leur permet d’écumer les premières grosses scènes en Belgique (Botanique, Francofolies de Spa, BSF, ...) et à l'étranger (Suisse, France, Canada, Côte d'Ivoire). Soutenues par un drummer, les sœurs à la ville comme à la scène, commencent leur tour de chant par « On s’en souviendra plus », une chanson qui communique le ton à un étrange concert, dont les textes semblent tiraillés entre la plume d’un Gaëtan Roussel et celle de Saez à la rage faussement contenue. Issues de Chapelle-lez-Herlaimont, elles proposent un folk rageur tout en dressant un regard contemplatif, exhaustif et ciselé sur la vie. La préposée au chant possède un grain de voix proche de celui de Cœur de Pirate. Sa sœur, plus timorée et distante semble constamment s’effacer pour mieux s’auto-protéger. Armée d’une gratte électrique, cette dernière produit un léger voile sonore le temps de quelques chansons lorsqu’elles ne s’acharne pas sur ses backing vocaux plutôt inaudibles. L’univers du duo est nettement plus urbain qu’à ses débuts. Franchir un cap et s’affranchir davantage constitue là le pas du signe d’une maturité grandissante. De « Seul Hôtel », évoquant la solitude à « Je te vengerai », morceau écrit en hommage à la madré, les frangines se retrouvent là où elles ont commencé en faisant fi de la popularité qui les guette dorénavant et s’extériorisent des sentiments néfastes. L’ingé son fait de son mieux dans un environnement difficile : le set rencontre quelques problèmes techniques ; et puis l’écoute est rendue difficile à cause du brouhaha ambient. Pourtant contrarié par ces difficultés, CélénaSophia s’en tire(nt) joyeusement dans cette noce biblique.

Histoire de s’aérer les poumons, direction la main stage (NDR : c’est à l’extérieur !) pour Caballero & JeanJass. Les gaillards qui ont pratiquement terminé leur prestation ne font décidément pas toujours dans la prose philosophique. Et c’est un euphémisme ! Ils se sont offerts le luxe de faire venir une voiture sur la scène (un décor ??) histoire d’agrémenter leur nouvelle tournée. Le temps de cerner les nouveaux porte-drapeaux de la scène hip-hop belge, que « Bruxelles arrive » sonne le glas. Une manière de visiter la capitale tout en restant chez soi.

Au théâtre de Verdure, la surprise du jour viendra de Jeanne Added, une compositrice et interprète française. Un patronyme qui s’inspire de ses origines algériennes et plus précisément de son grand-père, ‘Hadded’. De formation musicale classique (NDR : elle a suivi le cours de violoncelle), elle s’oriente ensuite vers le jazz, mais ne commence à envisager un projet personnel qu’à l’approche de la quarantaine. Elle entre alors activement dans l’univers de la musique et décide de se forger un nom dans le milieu. Blonde platine et de petite taille, son côté androgyne (sa marque de fabrique) renvoie inévitablement à Annie Lennox. Après un premier Ep en 2011, c’est « Be Sensational » quatre ans plus tard qui va la révéler au grand public. Un album de l’ordre de la nécessité dira-t-elle. C’est dans la langue de Shakespeare qu’elle se sent le mieux pour interpréter ses chansons. « Radiate », son dernier opus en date a été doublement récompensé aux Victoires de la musique 2019 dans les catégories ‘Artiste féminine’ et ‘Album rock’. Accompagnée par deux préposées au clavier électronique et un batteur, son électro pop rafraîchissante et positive fait vraiment du bien à l’image de la Rémoise d’origine qui nous réserve un set au cours duquel elle affirme son talent pour les mélodies fortes et les sonorités harmonieuses. « Mutate » propulse des ondes vocales basses et voilées à la Björk vers les sommets de la Citadelle. Alors « Look at them ». Si l’ensemble des compos embrasse un côté pop atmosphérique, Jeanne ne peut s’empêcher de cacher son petit côté rock lorsqu’elle s’empare de sa basse tout en y laissant entrevoir son rapport aux autres et au monde qui l’entoure. Bref, le succès de cette jeune femme à l’avenir prometteur est manifestement sur une courbe ascendante.

A l’esplanade, c’est Angèle Van Laeken qui clôturera ce festival dans le chef de votre serviteur.

Fille du chanteur Marka et de la comédienne Laurence Bibot (fondateurs du duo pop-rock-électro Monsieur et Madame), mais aussi frangine d’une figure bien connue dans le milieu du rap (Roméo Elvis), son ascension a été fulgurante. Elle n’a pourtant commis qu’un seul album, à ce jour. Et son « Brol », gravé en octobre 2018, est en effet certifié triple disque de platine et s’est écoulé à plus de 300 000 exemplaires, six mois après sa sortie. A l’issue d’une très brève intro, armée d’une (fausse) mitraillette en main, elle se lance dans une incantatoire dénonciation jubilatoire, son esprit espiègle stigmatisant les réseaux sociaux, bien qu’elle se considère comme une reine du crime.

Une ribambelle de danseurs l’accompagne histoire de marier au mieux ses propos enchanteurs. Sans crier gare, elle expose « La loi de Murphy », un premier single publié fin 2017, un morceau qui lui a permis de poser les jalons de son futur succès et montré qu’elle n’était pas juste la ‘fille de’ ou ‘la sœur de’, mais une artiste à part entière. Engagée, féministe et féminine, son « Balance ton quoi » se réfère au sexisme dénoncé par le mouvement ‘BalanceTonPorc’. Elle l’entame au piano avant que la foule ne reprenne le refrain en chœur comme dans une communion solennelle. La prestation d’Angèle ressemble davantage à une forme de ‘best of’ incluant notamment des titres largement diffusés sur les ondes radiophoniques comme « Je veux tes yeux », « Flemme » ou encore « Flou ». Quoiqu’il en soit, ses compos font mouche. Angèle démontre ainsi que son avenir est prometteur et qu’en outre, aujourd’hui, elle est devenue une artiste à part entière au même titre que son frangin qui s’invite insidieusement et de manière virtuelle sur les écrans géants, de quoi « Tout oublier ».

Une heure et demie de show visuel mêlant musique, danse (NDR : la troupe s’investit et accomplit une prestation irréprochable) et projections, mais aussi textes bien ciselés aux thématiques contemporaines. Bref, le talent, c'est une histoire de famille chez les Van Laeken…

Il est temps pour votre serviteur de quitter cette citadelle, lieu féerique dominant des paysages tout en couleur, qui témoigne de plus de mille ans d'histoire. Une première pour votre serviteur, mais assurément pas une dernière !

(Organisation : les Solidarités)

Pour cette septième édition des Solidarités, les organisateurs ont étalé les festivités sur trois jours, empruntant, au passage, la formule adoptée l’année dernière. Une exception qui confirme la règle : en lieu et place de l’Agora des Solidarités et des débats, le vendredi fait la part belle aux groupes ou artistes confirmés.

Une des particularités de cette manifestation est de combiner sur un même site, culture (dont bien sûr la musique), cinéma et théâtre…

Le soleil s’est dévoilé à la grande surprise de tous, forçant les plus téméraires à prendre quelques mesures de prévention comme le port du chapeau, de la casquette, des lunettes de soleil et le recours à la crème solaire.

Tout est pensé pour se sentir bien et profiter pleinement des spectacles. Comme cette ‘Cité des enfants’ pour que les bambins puissent s’adonner aux activités ludiques pendant que papa et maman s’en mettent plein les portugaises. Ou encore un ‘Urban Village’, un espace ‘Rencontres’ et une tyrolienne. Sans oublier la grande roue qui trône fièrement au milieu de l’esplanade.

Orchestrées par la mutualité Solidaris, ces festivités, dont la vocation première est familiale, constituent une exemplarité en la matière. Elles souffrent néanmoins de la période choisie pour son déroulement, car fin août, la plupart des artistes qui s’y produisent, l’ont déjà souvent été aux quatre coins du pays. Si pour certains, cette situation n’est qu’un détail dans l’histoire, les festivaliers les plus fidèles digèrent plus difficilement ce bis repetita…

L’accès au site est lui aussi singulier. Des dénivelés importants incitent le lambda à emprunter des navettes de bus qui circulent à intervalles réguliers. Pas une obligation, sauf si le but est d’atteindre l’entrée du festival la langue pendue.

Bien que les hostilités proprement dites ne commencent qu’à partir de 18 heures, votre serviteur a eu la bonne idée de s’y prendre suffisamment tôt. Il a quand même fallu s’armer de patience pour atteindre sa destination avant de recevoir son précieux sésame. Plus de deux heures entre la sortie de l’autoroute et le parking de délestage, vu les embouteillages !

Passé les traditionnels contrôles, Fabienne Demal commence son tour de chant sur la main stage. Son nom ne vous dit rien ? Normal ! Plus connue sous le pseudo Axelle Red, la chanteuse belge ne semble pas trop captiver un auditoire davantage occupé à bavarder et se désaltérer. Présente dans le paysage audiovisuel depuis une bonne vingtaine d’années, celle qui a accompagné Mister Renaud le temps d’une magnifique chanson, est certainement l’une des artistes les plus prolifique de sa génération. Vêtue d’une tunique bleue, l’ambassadrice du ‘Fonds des nations unies pour l’enfance’ livre une jolie prestation teintée de pop, en y ajoutant cette pointe de soul ou de blues lorsque c’est nécessaire. Alors que le socle de la mélodie se pose à merveille sur celui de la poésie, elle livre malheureusement un show sans grande surprise. C’est propre et gentillet, mais sans plus.

Armée d’une batterie de tubes séculaires comme « Sensualité » ou « Puisque c’est toi », la jolie rousse, malgré une proposition musicale, certes fort intéressante et authentique, manque cruellement d’authenticité, d’énergie et de créativité. Vraiment dommage pour un set dont on attendait beaucoup.

Behind The Pines constitue sans doute la découverte la plus improbable de ce festival. Constituée en 2017, la formation a déjà bien bourlingué : de nombreuses invitations dans différents festivals et des récompenses à n’en plus finir ! Un Ep intitulé « Secret » fraîchement sorti en mai de cette année, véritable carton médiatique et populaire, lui a permis de se produire aux côtés de Hooverphonic, Puggy, Typh Barrow, Mustii ou encore Birdpen. Etablir une comparaison alors que le propre d’un band est justement de se démarquer n’est pas chose aisée. Les puristes admettront que le grain de voix d’Andrea Battisti, lorsqu’il est poussé dans ses retranchements, rappelle à s’y méprendre celui de Caleb Followill. Lorsque ce n’est pas la chanson elle-même et ses contretemps à la guitare, « Blue sun » évoque Kings of Leon voire le mythique Stereophonics, groupe de rock britannique drivé par Kelly Jones. Pétillant et vivifiant comme un glaçon dans une boisson rafraîchissante en été, son pop/rock, un peu convenu, il faut l’avouer, trace cependant des lignes mélodiques ravageuses, ce qui le rend fort accessible et apprécié des aficionados. Atmosphérique, « What do we choose » résume à lui seul toute la rage et la ténacité d’un groupe qui pourrait, à la surprise générale poser les jalons d’un succès qui dépasserait celui de ses pairs…

Le concert de Gaëtan Roussel sera traduit en langage des signes. Un travail remarquable qui a nécessité six mois de préparation en étude des textes. Après une brève intro, le chauve grimpe sur l’estrade et entame son set par « Eolienne », un extrait de l’elpee « Orpailleur », apportant en même temps une légère brise rafraîchissante bienvenue qui se prolonge immédiatement par « Dis-moi encore que tu m’aimes », nous rappelant déjà toute l’étendue de son talent de compositeur. Roussel, c’est d’abord une voix remarquable, éraillée, qui titille vos tympans, sans les effrayer. Une richesse absolue dans la recherche d’émotion. C’est une plume également. Unique, incisive, touchante, légère et accrocheuse. Autant de qualificatifs qui procurent à l’ensemble de ses chansons une beauté simple, mais tellement sincère. Influencé par la musique anglo-saxonne, c’est pourtant dans la langue de Voltaire qu’il dispense ci et là ses incantations jubilatoires. Gaëtan Roussel est parvenu à exploiter le succès engendré par Louise Attaque, pour se forger une carrière solo décomplexée et d’une grande liberté. Racontant perspicacement le quotidien et ses faiblesses, l'ancien frontman de L.A. livre un set d’une puissance inouïe et emmène la foule dans un mouvement tourbillonnant, grâce à sa pléiade de tubes tellement inclassables, comme « Ne tombe pas », qu’inoubliables, à l’instar de ce duo échangé avec Vanessa Paradis dont il fera par ailleurs des éloges (« Tu me manques (pourtant tu es là) ». Tout est dans la nuance, la subtilité et l’intensité. Sans en faire des tonnes, l’artiste aux multiples facettes parvient à fédérer simplement, en injectant cette dose d’humanité qui lui est propre.

Bref, de Louise Attaque (« Ton invitation », « Léa ») à sa carrière solo (« J’entends des voix », « Inside Outside » et son refrain entêtant ‘Help Myself’ ou encore « Hope »), l’homme au grand cœur brasse avec conviction, réalisme et passion un florilège de chansons destinées à procurer un plaisir immense...

Pascal Obispo est le dernier à se produire ce soir. Trop peu pour votre serviteur ! A défaut d’Obispo, ce sera direction le bistrot. Rien de tel après cette période caniculaire.

Demain est un autre jour…

(Organisation : Les Solidarités)

Axelle Red + Behind The Pines + Gaëtan Roussel + Pascal Obispo

jeudi, 15 août 2019 16:59

Park Rock 2019 : jeudi 15 août

De nouveau-né, le Park Rock est aujourd’hui devenu un bel adolescent de seize ans. Alors, en guise de cadeau, les organisateurs ont misé sur une pléiade de covers bands tentant de réincarner Iron Maiden, Guns N' Roses, Led Zeppelin, Motörhead et Thin Lizzy, mais également des artistes pluralistes émergents ou confirmés.

On ne peut pas dire que le public se soit pressé au portillon, en ce jeudi du 15 août, pourtant jour férié. Une affiche trop éclectique ? La pluie venue jouer les troubles fêtes ? C’est vraiment dommage !

C’est à la suite des prestations de Fitz, Stand for et Dr Voy que votre serviteur débarque sur la plaine du parc de Baudour, un endroit superbement boisé et verduré.

Une seule scène trône au milieu du site. Des jeux pour enfants ont été dispersés afin de laisser papa et maman s’en foutre plein les portugaises sans avoir le fiston sur le paletot. Fûté quand même !

Les personnages en jupons noirs qui se produisent à ce moment-là ne sont pas des gonzesses, mais Les Black Tartans. Gros bras, tatouages, et poils sur le menton, constituent grosso modo le profil type de ces musicos.

Des habitués des lieux, puisqu’ils avaient déjà été programmés, lors d’une précédente édition. Un changement dans le line-up a été opéré en 2017. Une première pour le batteur, aujourd’hui, qui semble avoir focalisé la dizaine de paires d’yeux sur sa personne...

Les BT sont à la musique, ce que Maïté est à la cuisine, un savoureux mélange de punk rock mélodique épicé par des instruments traditionnels celtiques. Vous secouez le tout et vous obtenez un punk rock explosif et particulièrement remuant, histoire de réveiller la vitalité des plus réceptifs...

Quitte à rester dans le bruit, autant y aller à ‘donf’ en compagnie des métalleux de Bukowski. Ils nous viennent d’outre-Quiévrain. De Paris exactement. Le patronyme se réfère, bien évidemment, à Henry Charles Bukowski, romancier et poète américain.

Survolté, le combo livre un rock aux accents stoner mais également hardcore. La fougue démentielle manifestée tout au long de « Brother forever » ne draine hélas que quelques courageux, le temps d’un pogo sans précédent…

A charge de Z-Band de calmer quelque peu les esprits.

Fondé en 2015, il réunit le drummer Jerry ‘Jay’ Delmotte, le guitariste Morgan ‘Dweez’ Tuizir, le bassiste Michel Vrydag et le chanteur Matthieu Van Dyck.

Le combo est venu défendre son second opus, « Apocaliquids », tombé dans les bacs depuis quelques mois déjà, un disque qui succède à « No Loose Behavior », essai qui avait été propulsé dans le top 50 belge.

Camouflé par un ersatz de bonnet sur la tête surmonté de cornes estampillées ACDC, le guitariste s’en donne à cœur joie. Quant au bassiste, ses cheveux longs et ses yeux complètement révulsés en disent long sur son degré d’implication dans le set.

Déjà à l’affiche, lui aussi, il y trois ans, le groupe puise ses influences majeures au sein des 90’s, aussi bien dans le rock, le funk que le métal, Alice in Chains, Audioslave, Incubus et Extreme, en tête. Et « Yyyy’Id » en est une belle illustration. Cependant, il est également apte à torcher des compos plus douces mais sulfureuses, comme « Do Need Love ».

Autre style et autre ambiance pour Blond, responsable d’un electro/rock survitaminé. Mais la faim commence à tenailler l’estomac de votre serviteur depuis quelque temps déjà. Il est donc urgent de se remplir la bedaine et de se désaltérer au sein de l’espace VIP, situé derrière la grande scène.

La pénombre s’invite doucement pour LYS. Logique lorsqu’on sait que la programmation accuse environ trente minutes de retard.

Quatuor breton, LYS jouit maintenant d’une authentique crédibilité outre-Manche. Un premier long playing remarquable lui a permis de se produire en Europe, et notamment à Londres, mais également aux Etats-Unis, au travers de grands festivals comme le SXSW d’Austin ou le CMJ de New York, en 2013, ainsi qu’en Chine au MIDI de Shanghaï et Beijing, en 2014.

Cerise sur le gâteau, le dernier LP en date a bénéficié du concours du fameux producteur anglais Paul Corkett (The Cure, Björk, Nick Cave, Radiohead, Fiction Plane, Placebo…) ainsi que de Craig Walker (Archive, The Avener).

Repéré par une grande marque de vêtements qui a sorti une ligne à son nom (‘LYS by IKKS’) en 2012, il a profité de cette opportunité pour se produire en showcase dans les magasins de cette enseigne ; ce qui lui a valu d’élargir encore un peu plus sa cote de popularité.

Le line up a beaucoup changé depuis ses débuts. La préposée à la basse, qui attirait autrefois tous les regards, est désormais remplacée par (la charmante) Manon. Brunette et toute menue, c’est la troisième à se consacrer au plus long manche, depuis la constitution du groupe, en 2008. Que les fans se rassurent, après 2013, les musiciens sont… plus ou moins les mêmes…

Autant y aller tout de go, c’est essentiellement Steve Hewitt (ex-batteur emblématique de Placebo), derrière les fûts, qui polarise la curiosité des spectateurs. On dirait, à s’y méprendre, un cousin de Biolay !

Les premiers riffs de « Redbud » baignent au sein d’un climat festif et communicatif ; une musique plus rock et plus mature que sur le précédent opus.

La capacité à concocter des hymnes pop/rock bien ‘british’ est confirmée par « One Day », dont la ligne mélodique est proche de celle tracée par Placebo. Et si LYS en devenait le digne successeur ?

Très loin des premières répétitions dans ce vieil hangar breton, les compos interprétées dans la langue de Shakespeare sont biberonnées au rock alternatif, aussi bien issu des années 80 que contemporain, et se distinguent par leur rythme obsédant (« Look in your ass », « Last night ») ou ses mélodies très pop (« Falling Apart », « The mistake »).

Armé de sa gratte électrique, Anthony communique à l’ensemble une couleur particulière et chaude, tout en cherchant à créer une certaine intemporalité dans les sons et les arrangements, comme chez les valeurs confirmées insulaires auxquelles ils se réfère…

Un set trop court qui s’achève par « In my mind », premier jet prometteur du leader, Nicolas, qui venait tout juste, sans le savoir, de hisser le drapeau tout en haut du mât.

Au tour de Romain Humeau et sa clique de poindre le bout du nez. Il y a enfin du peuple ! A vue de nez, il doit y avoir 2 ou 3.000 personnes à tout casser. Pas assez, pour un band de cette envergure. Mais, n’est-ce pas suffisant finalement ? Ne vaut-il pas mieux jouer devant une poignée de passionnés que face à 150 000 pèlerins dont les trois quarts sont bourrés ? La messe est dite !

« Stupor machine », le dernier elpee d’Eiffel –dont le patronyme est inspiré d’un titre (« Alec Eiffel ») qui figure sur l’album « Trompe le monde » des Pixies– est paru en avril dernier. Il a quand même fallu attendre 7 longues années avant qu’il ne se décide à enregistrer son septième opus. Une longue absence qui a alimenté bien des rumeurs, dont celle de l’arrêt définitif de l’aventure du band.

Durant tout ce temps, Humeau ne s’est pas assis sur ses lauriers, gravant trois albums, malheureusement moins médiatisés, son nom restant sans doute associé à celui de l’ensemble.

Son leader charismatique porte une marinière complètement démodée, tandis que sa comparse à la ville et à la scène, Estelle, arbore une chevelure en forme de poulpe. C’est la préposée à la basse.

Bien entendu, la formation est venue défendre son dernier LP.

L’électrique « T’as tout, tu profites de rien » donne le ton d’une prestation qui restera dans les mémoires. Un jeu où guitare survoltée et basse puissante viennent épouser à merveille une rythmique tonitruante sur une ligne mélodique soignée et des lyrics pour le moins engagés. Y en a dans le pantalon !

« Il pleut » (doux euphémisme), incarne à lui seul le talent d’écriture de Romain, digne de la bonne chanson française. Espérons toutefois qu’au vu des nombreux nuages sombres qui menacent, il ne transforme pas l’eau en « Cascade ».

Caractérisé par son sifflotement à la Micheline Dax, « À tout moment la rue » entraîne l’auditoire dans une sorte de ‘(chasse) Spleen’ pour le moins déroutante. Les puristes se souviendront que Bertrand Cantat assurait les chœurs dans la version studio.

Chez de nombreux artistes émergents, les chansons se construisent, en grande partie, en fonction des arrangements. Chez Eiffel, le renouvellement ou la modernité ne passe pas par l’outil mais par la manière dont on s’en sert. Le tubesque « Chocho » en est la preuve la plus éloquente.

La formation évoque tour à tour des thématiques fortes et incisives. Quel est le propre de l’artiste aujourd’hui ? Conscientiser, bousculer ou simplement divertir ?

Que ce soit par les sonorités acides et les textes surréalistes de « À tout moment », « Abricotine », « Le Quart d'heure des ahuris » ou encore « Stupor Machine », une compo qui décrit notre mode de vie tout en peignant en sombre notre avenir, le combo continue à entretenir la flamme chez les fidèles aficionados…  

Aucun doute, Eiffel et son poète maudit, entre passion et idéologie, est fin prêt pour grimper sur le haut de la tour.

Les Fatals Picards ont la délicate charge de clôturer cette édition. Fondé en 2000, ces joyeux lurons mêlent humour au second degré et engagement, en se servant d’une multitude de genres musicaux, oscillant de la chanson française au punk, en passant par le rock.

Un genre qui passe mal chez votre serviteur. Il préfère prendre ses jambes à son cou plutôt que s’infliger cette (mauvaise) plaisanterie.

Bref, un festival qui n’aura certainement pas brillé ni la présence du soleil, ni par celle de sa programmation trop légère et disparate, malgré quelques moments forts, s’achevant fatalement (ou tristement selon) par un candidat à l’Eurovision de 2007…

(Organisation : Park Rock)

Fitz + Stand for + Dr. Voy + Black Tartans + Bukowski + Z-Band + Blond + Lys & Steve Hewitt + Eiffel + Les Fatals Picards

samedi, 17 août 2019 14:54

Renan Luce

Si pour certains, rupture amoureuse rime avec tristesse et désespoir, pour d’autres, elle constitue le premier pas d’une résurgence.

Renan Luce a choisi cette seconde option. Son aventure déchue avec Lolita Séchan, après sept ans de mariage, lui aura été au moins bénéfique sur le plan artistique.

Pourtant absent depuis quelque temps, il était parvenu à nous faire sautiller grâce à des titres plein d’entrain et de bonne humeur, notamment sur un premier album intitulé « Repenti », duquel « La Lettre » a été expédiée manu militari dans les charts radiophoniques.

Le Parisien met en mots l’entrebâillement d’une porte ouverte sur un quatrième exercice éponyme très intimiste.

Une mise à nu dans les propos sur fond de sincérité musicale richement intéressante, digne des plus grands tauliers de la chanson française comme Aznavour et Brel.

Onze chansons introspectives où Luce laisse mûrir ses pensées sur papier à travers une orchestration symphonique, un vieux rêve qu’il a enfin pu réaliser !

Un synoptique de textes poignants : "On s'habitue à tout", « Le vent fou », par lesquels le jeune homme évoque son histoire entre bois, vents, cordes et percussions accentuant la crédibilité du phrasé. De la douleur il y est question, certes, mais pas que ! Le disque se veut positif. De l’espoir d’une reconstruction pour soi « A bientôt, renouveau », à celui de sa fille Héloïse pour qui il a composé « Berlin », après un voyage dans la ville allemande.

Une chose est certaine, lorsqu’il troque sa guitare pour le piano, Renan Luce dévoile et se dévoile sans pareil par le biais d’accents musicaux finement dispersés ici et là comme pour poser des balises et montrer le chemin aux couples qui se reconnaîtront dans ces histoires.

Et si comme le laisse fantasmer la plage titulaire « Au début », l’histoire se répétait ?

samedi, 17 août 2019 14:45

Les plus belles années d’une vie

Lelouch et Calogero s’étaient rencontrés sur le tournage du clip "Fondamental", traduit de l’album à succès, "Liberté chérie".

La magie opère et le premier propose au second de participer à la réalisation de la bande originale du film ‘Les plus belles années d'une vie’ (la suite de ‘Un homme et une femme’) en compagnie du regretté Francis Lai, compositeur et musicien français, spécialiste de musiques de films, de génériques et de chansons, tragiquement disparu le 7 novembre 2018.

Quatre compos sont déclinées en différentes versions (chantées ou acoustiques) dont l’excellent "Le moulin de la galette". Pour le reste, le disque n’a pas grand intérêt en soi si ce n’est de susciter un tantinet de curiosité.

Notons tout de même que le chanteur s’offre un duo plutôt réussi avec Nicole Croisille sur un titre éponyme. Celle qui accuse maintenant 82 piges éveille autant d’émoi sur cette composition de Didier Barbelivien que lorsqu’elle avait participé à l’habillage musical du premier volet, il y a maintenant 53 ans déjà.

Dans tous les cas, cet opus aura au moins permis à l’interprète du séculaire « En apesanteur » de s’approprier un nouveau terrain de chasse.

Et si la musique de films devenait clairement son nouveau fer de lance ?

Les jours se suivent et… décidemment, se ressemblent beaucoup à Ronquières… A la différence près que le soleil s’est invité. Shorts et t-shirts ont remisé au placard, pantalons et gilets.

A peine commencé, le festival se la joue déjà ‘star’ et déroule son tapis… vert (enfin, ce qu’il reste d’herbe) pour accueillir le peuple venu en masse se rincer les portugaises...

L’échafaudage mis en place pour étançonner le plan incliné n’a pas bougé ; de quoi rassurer les inquiets ! Il continue néanmoins de causer bien des tracas lors des déplacements entre les scènes, faut-il le répéter…

Le line up du jour est très riche. Eclectique aussi ! Du rock, du rap, de la pop, de la chanson française, du connu et du très connu. De quoi satisfaire le plus de mélomanes possibles.

Grandgeorge (et c’est un euphémisme) achève son set lorsque votre serviteur débarque enfin sur le site. 

Cet ancien ingénieur a préféré conserver sa gratte plutôt que son costume/cravate pour embrasser une nouvelle carrière.

C’est surtout « So Logical » qui lui a permis de se tailler un nom dans le milieu, se forgeant ainsi une véritable crédibilité.

Il s’était produit, ici en 2015, se rappelle-t-il, avant d’entamer un « So fine » qui démontre déjà toute sa capacité à torcher des mélodies imparables que ce soit au sein d’un univers acoustique ou contemporain.

Une black bien en chair assure le backing vocal soulignant impeccablement des sonorités pop et afro, tandis que Xavier Bouillon au clavier (qui militait notamment chez Lemon Straw), communique cette petite touche électro à l’ensemble...

Bref, une prestation chargée de bonne humeur communicative…

RO X Konoba prend le relais. Deux jeunes gaillards qui ne doivent pas avoir plus d’une vingtaine d’années, à tout casser !

Originaire de Wavre, Raphael Esterhazy est à l’origine du projet. Suite à une collaboration avec Olivier Rugi (le compositeur et producteur R.O), initiée en 2015 sur « On our Kness », et une aventure partagée lors du Sziget Festival, à Budapest, en 2017, les deux artistes décident de poursuivre cette coopération et publient « 10 », un elpee recelant (comme s’il était évident de le dire) dix chansons, dans dix pays différents, pendant une période de dix mois, Projet réalisé grâce à la générosité de la sphère internet. Merci qui ?

Le voyage commence par la Géorgie, ancienne république soviétique riche en villages caucasiens et plages qui bordent la mer Noire, à mi-chemin entre l'Europe et l'Asie. Un pays qu’il invite à visiter et que reflète « Till we get there », une ballade empreinte de nostalgie…

La paire d’as s’envole ensuite vers les Pays-Bas pour composer « I need you with me », un morceau à la fois rafraichissant et dansant.

En guise d’escale, la cover du « Rockstar » de Post Malone est bien difficile à distinguer, si ce n’est en prêtant une oreille plus qu’attentive. On est très loin de l’univers du rappeur et réalisateur artistique originaire de Dallas…

Ensuite, direction vers est l’Asie de l’Est, quelque part entre l’océan Pacifique et la mer du Japon, à l’est de la Chine, de la Corée et de la Russie, et au nord de Taïwan. Pour un « I could be » sautillant, une compo particulièrement énergique. Besoin d’aide pour résoudre l’énigme ? Il s’agit du Japon bien sûr !

Bref, de la France à l’Australie, en passant par la Pologne et la Roumanie, le périple R.O et Konoba ressemble à une carte postale qui permet à l’auditoire de rêver les yeux ouverts…

En quittant ses invités, il se murmure que le clip de leur nouvelle chanson sera filmé dans l’enceinte du festival pas plus tard qu’en fin de journée. Mais motus et bouche cousue, les murs ont des oreilles…

Cheveux hirsutes, un petit bonhomme déboule à tribord : Adam Naas. Un Parisien qui s’est révélé en 2016, grâce à son titre « Fading Away ».

Malgré son côté rebelle, se cache un personnage sensible et touchant. Sa maîtrise de la voix, aussi bien dans les aigus que les graves est impressionnante.

Malheureusement ses frasques verbales ne plaisent pas nécessairement au plus grand nombre et surtout aux oreilles chastes. Pourquoi privilégier les propos salaces quand on a suffisamment de talent pour se faire remarquer ?

En tout cas, votre serviteur n’attend pas la réponse à la question posée : ‘Qui aime le cul ici parce qu’elle –en parlant de la jeune musicienne plantée derrière lui– ‘mane’ du cul tous les jours’…

Et si ces propos n’étaient que le pendant d’un traité philosophique ?

Pourtant souffrante (elle aurait chopé une gastro), Clara Luciani a réussi le pari de rester sur (la) les planche(s) (NDR : désolé pour le mauvais jeu de mots !)

Elle est manifestement heureuse de retrouver le sol belge. En s’adressant à leurs citoyens, elle déclare que sont les meilleurs, devant une foule en délire.

Après une tournée de plus de deux ans et au moins cent dates au compteur, Clara semble avoir envie de se livrer totalement et de profiter du moment présent, comme s’il s’agissait à la fois de la première et de la dernière de son périple...

Lorsqu’elle se met « Nue », la chanteuse dévoile (une partie seulement) de son intimité hors des projecteurs. Inutile de préciser que seuls les hommes prennent leur pied (mais pas leurs jambes à leur cou !)

Quelque part entre chanson française, rock sophistiqué et pop mélancolique, la Marseillaise d’origine n’improvise pas ; elle bouscule les conventions et défend ses idéaux en signant le combat d’une femme qui peine à trouver sa (juste) place, dans une société qui privilégie l’inégalité des sexes…

Sa voix grave et chaude est souvent comparée à la regrettée Nico (NDR : une véritable icône du rock qui assurait les vocaux sur le premier elpee du Velvet Underground) ou à Françoise Hardy, une identité vocale devenue aisément reconnaissable…

L’univers qui la hante surprend et nous offre une belle palette de sentiments, tantôt graveleux, tantôt atmosphériques. Avec ceux qu’elle admet bien vouloir partager le temps d’un soir avant que sa vulnérabilité ne la rattrape insidieusement comme conjuré par un sort indélébile.

« La dernière fois », limité au piano/voix souligne une courbe particulièrement déchirante, cette chanson s’immisçant dans une (de ses) rupture(s) amoureuse(s).

Direction « La baie », une reprise de « The Bay » de la clique à Joseph Mount (Metronomy). Un véritable travail de réappropriation artistique.

Elle martèle imparablement le refrain de « Grenade », une compo qui s’impose désormais comme un hymne révolutionnaire féministe par excellence. Une manière explosive de s’étendre et surprendre.

En filigrane de cette prestation, on discerne le combat d’une femme dans un monde encore dominé par les hommes à travers des textes incisifs et sexués qui, s’ils parviennent à émouvoir, voyager et danser, suscitent la réflexion sur l’égalité hommes/femmes.

Biberonné par Brel, Brassens ou encore Barbara, Eddy de Pretto a depuis le début ce pouvoir extraordinaire d’utiliser les mots pour fédérer et inviter l’auditeur à s’interroger sur le monde et toutes les vicissitudes de la vie.

L’espace scénique est très épuré. Comme l’individu ! Seul élément envahissant, une batterie, bien achalandée. Les fûts et les cymbales foisonnent...

Casquette vissée sur le crâne, Eddy entame son tour de chant par « Kid », titre qui fustige la virilité abusive et l’homosexualité refoulée par le conservatisme sociétal. Le public connaît par cœur ce titre multi radiodiffusé.

Après s’est rendu quasi-coupable d’assurer sa dernière de l’été, « Jimmy » s’invite dans une playlist aléatoire sur « Ramdom » pour embrayer par « Mamère », une manière pour lui de régler ses comptes avec celle qui semble ne pas lui avoir donné le sein : ‘Si seulement j’avais bu ton lait, ma mère, ma mère’ souligne-t-il avec regret.

Si cette bande son, ressemblant davantage à un ‘best of’, ravit le plus grand nombre, elle frustre les plus exigeants qui regrettent la trop grande prévisibilité du show.

Alors que d’habitude, son ‘smart’, objet de toutes les convoitises, ne le quitte jamais, il semble s’y être désintéressé ce dimanche. Signe des temps qui changent ou est-ce dû à la distance tout simplement trop importante qui me sépare du podium ?

Quoiqu’il en soit, sa « Fête de Trop », sorte de quatrième de couverture, exorcise muqueuses, amants de passage, mecs chopés ou encore rails de coke enfilés. Si cette recette n’est pas à mettre entre les mains de n’importe qui, elle reste néanmoins taillée pour le live !

Bigflo et Oli commencent mal. Un problème technique s’est malencontreusement invité.

En attendant, les spectateurs peuvent contempler un plateau bien assorti. Au centre, un bâtiment couleurs pastel laisse apparaître deux grandes portes au-dessus desquelles est mentionné l'inscription ‘La vie de rêve’, un titre tiré de leur dernier opus.

Après dix bonnes minutes, émergent sur deux écrans géants latéraux, plusieurs personnalités, sur fond de conseils et de moralité. Que du beau monde ! De Jamel Debbouze à Will Smith, en passant par Michel Drucker et… Didier Deschamps. Moment choisi par la fosse pour copieusement huer le personnage pendant de nombreuses secondes, manifestement furieuse de ses choix tactiques, lors de la dernière coupe du monde de football...

Les lascars ont acquis une certaine célébrité chez nous en devenant jurés dans une célèbre émission de télé crochet.

Ils sont heureux de (re)venir en Belgique. Alors que les avis divergent pour connaître quelle est la meilleure ville belge, l’hymne improvisé ‘Quand on vient en Belgique, tout est magique’, vient semer le doute quant aux lieux les plus accueillants. Liège, Namur ou Bruxelles ? Mons se positionne en outsider. 

Le premier disque des frangins, « La Cour des grands », gravé en 2015, est certifié disque d'or moins de quatre mois après sa sortie, puis de platine en France. Le second format « La Vraie Vie », tornade musicale, devient disque d’Or après seulement trois semaines d’existence...

Fumigènes et feux de Bengale éclatent dès les premières notes de « Nous aussi 2 », mettant en lumière un show qui visiblement sera grandiose.

Tandis qu’« Alors alors » confirme ô combien, loin des clichés du genre, le discours du combo est authentique, « Bienvenue chez moi » éloigne les frangins du prisme critique et de la provocation à tout prix.

De la famille, il en sera évidemment question tout au long de ce « Papa », qui symbolise chez eux la loi, l'ordre, le guide, le pôle complémentaire à la fonction maternelle, mais surtout celui qui a toujours été là malgré tout, son pilier... C’est alors que des images de leur passé défilent retraçant l’échelle du temps d’une courte, mais intense vie.

Ersatz d’essai philosophique « Plus tard », leur ouvrira les yeux sur le monde qui les entoure en se plongeant dans l’enfance. C’est un truisme, mais le futur, n’est-ce pas ce qui est à venir ? Et l’avenir, qu’est-ce donc, sinon ce qui se produira ? C’est tellement évident !

« Sur la lune » dévoile une autre facette de leur personnalité, plus fragile, sous forme de bilan à la lueur de plusieurs dizaines de milliers de smartphones.

Après s’être exercés à battre le record du monde de rapidité dans le rap, « Dommage » rappelle combien il est important de réaliser ses rêves : ‘Il vaut mieux vivre avec des remords qu’avec des regrets’.

Et si les deux avaient enfin découvert le secret de « La vie de rêve » ?

A 22 heures, la pénombre s’est invitée aux côtés de Hooverphonic.

Le duo formé par Alex Callier et Raymond Geerts a donc déniché une nouvelle chanteuse. Elle s’appelle Luka Cruysberghs. Elle a remporté la version flamande de The Voice.

Celle qui pourrait être leur fille (leur petite fille ??), apparaît toute menue. Timide, elle succède à Noémie Wolfs, qui s’est barrée en 2015. Ce n’est pas la première fois que le tandem rencontre ce problème. Mais comment garder un navire à flots lorsqu’on change si souvent de figure de proue ? Faudrait peut-être demander à Esther Lybeert, Liesje Sadonius, Kyoko Baertsoen ou encore Geike Arnaert…

« 2 Wicky » ouvre les hostilités. Imprimé à contretemps, le drumming est assuré par un batteur plutôt grassouillet. Morceau sympa, mais un peu mou du genou pour une entrée en matière…

Luka est en retrait et éprouve des difficultés à appréhender les milliers d’yeux jetés sur elle, telle une proie…

Ce n’est qu’à partir d’« Eden » (NDR : non, non, pas Hazard !) et son mode down tempo que la donzelle exploitera au mieux son potentiel vocal.

Passant d’une cape noire à une jolie robe rouge sexy, « Vinegar&salt » démontre toute la faculté d’adaptation chez ce petit bout de femme.

Pas question de querelle linguistique ou politique chez Hooverphonic. Issu du Nord de la Begique, il se porte volontiers porte-drapeau d’un pays tout entier, peu importe la langue dans laquelle on s’exprime. Un peu ‘bateau’, certes, mais qui fait mouche auprès des festivaliers.

Les refrains entêtants de « Hiding in a song » et « Mad About You » alimentent des excellentes compos qui et mettent en exergue le degré d’exigence des fondateurs.

Les langues de Voltaire et de Shakespeare s’opposent ensuite lors d’un superbe « Badaboum » aux relents électro pop.

Enfin, quoi de mieux pour terminer un show par « Amalfi », pour Hooverphonic ? Un titre composé par Alex Callier pour sa femme en hommage à la Commune du même nom située dans la province de Salerne, dans la région de Campanie, en Italie.

Le clou du spectacle se joue à tribord ! Dire que dans quelques heures, il n’y aura plus âme qui vive. Tout ce beau monde sera rentré sagement chez lui, des rêves et de jolis souvenirs en tête…

A 23 heures pétantes, Zazie apparaît sous un rideau tantôt rouge, tantôt bleu. Les lights se chargeant d’en changer régulièrement…

Elle est en quelque sorte une habituée des lieux. Elle était déjà à l’affiche, il y a trois ans déjà…

L’ambiance est électrique. La chanteuse se démène pour faire vivre sa passion aux quelques 48 000 festivaliers qui se sont pressés pour entendre celle qui a eu le cul posé le fauteuil rouge de ‘The Voice’ version française.

Grande et élancée, la belle n’a pas pris une ride. Ses compos virevoltent, frétillent et percutent…

Le son est plutôt rock et brut. Parfois un zeste d’électro communique un sentiment de mélancolie douce. La setlist alterne entre anciens succès et nouvelles chansons. De quoi clouer le bec aux critiques les plus acerbes qui affirment que son écriture n’est plus aussi irréprochable et qu’elle aurait perdu de sa qualité au fil du temps.

Même s’il fait bien admettre que la courbe de sa carrière est irrégulière, ces allégations sont bien évidemment fausses…

Preuve en est qu’après plus de 25 années de parcours riche en succès et plus de trois millions d’albums vendus, Isabelle Marie-Anne de Truchis de Varennes parvient encore à surprendre et à se tailler une place de choix dans un univers où les jeunes ont pourtant les dents longues…

La chanteuse a quand même la bonne idée de ne pas négliger les standards de son répertoire, à l’instar de « Rue de la Paix », pour chauffer l’ambiance au sein d’un public de plus en plus enthousiaste.

Sa voix éraillée s’étend sur des kilomètres lorsqu’elle interprète « Nos âmes sont » issu de « Essenciel », un titre qui lui vaut de s’extirper d’une zone de confort relative.

Incisif plus que jamais, « J’étais là », dénonce les travers de la société actuelle...

Ses textes reflètent une expérience vécue et posent un regard introspectif pour s’enrichir d’un vent libérateur de créativité, sans emprunter une prose exagérément égoïste.

Le spectacle est populaire, mais parfaitement huilé, efficace et nerveux. Pas de doute, Isa est une vraie baroudeuse dans le domaine.

Grâce à une grande maîtrise dans la voix, la bourgeoise s’embourgeoise et s’imprègne d’une culture continue, simple et chaleureuse. Humaine, « Zen » et sans « Larsen ».

Une artiste parfois excessive dans ses propos, mais qui mérite vraiment que l’on s’y intéresse…

Il est près de minuit déjà. La fin du concert est annoncée à minuit trente. Dilemme cruel. Rester ou partir ? Ou comment faire le choix entre la raison et la passion…

La première option sera celle qui sera retenue. Non mais, se glisser dans son lit à deux heures du mat’ et se lever 4 heures plus tard, vous y parvenez, vous ? Moi pas !

Le festival de Ronquières aura tenu toutes ses promettes. Une organisation de qualité, familiale et à taille humaine.

Et si demain, ces superlatifs disparaissaient ?

(Voir aussi notre section photos ici)

(Organisation : Ronquières Festival)

Circus Cafe + Ykons + Novastar + Grandgeorge + Ro X Konoba + Adam Nass + Clara Luciani + Eddy de Pretto + Eagle-Eye Cherry + Bigflo&Oli + Hooverphonic + Zazie + Daddy K

A ses débuts, le festival de Ronquières accueillait seulement 12 000 âmes. C’était en 2012.

Depuis 2014, il décrète systématiquement un sold out. Et cette année, il a dépassé la barre de 48 000 festivaliers. Un record d’affluence absolu !

Un succès pressenti sur la route. D’interminables embouteillages se forment plusieurs kilomètres à la ronde et contraignent les organisateurs à prendre des mesures exceptionnelles pour contenir cet afflux massif.

Quelques changements notables sont à épingler lors de cette huitième édition. La première, et non des moindres, concerne le bracelet d’entrée (ou le précieux sésame si vous préférez). Il est maintenant doté d’une puce électronique et d’une application à télécharger afin de faciliter les échanges lorsqu’on souhaite se ravitailler en boissons et nourriture.

Un impressionnant échafaudage préoccupe les visiteurs. De gros travaux ont été entrepris afin de consolider la structure globale. Même si elle ne risque pas de s’effondrer, ils revêtaient un caractère aussi nécessaire qu’impérieux.

Si cet ouvrage ne gâche finalement en rien le déroulement des spectacles, il cause pas mal de tracas lorsqu’on veut se déplacer d’une scène à l’autre…

Le festival de Ronquières, malgré sa popularité, n’en oublie pas pour autant ses origines et veut rester un évènement familial, en proposant une programmation susceptible de ravir les plus jeunes.

Il semblerait toutefois qu’afin d’optimiser (rentabiliser ?) le site, les organisateurs envisageraient d’ajouter un jour et une scène supplémentaire. A mettre au conditionnel ! Gageons que l’équipe du RF ne tombe pas dans la surenchère, à l’instar du Dour Festival…

Direction Tribord pour cette première journée. C’est Claire Laffut qui s’y colle. La jeune fille, plutôt grassouillette, doit avoir trente balais tout au plus.

Féminine jusqu’au bout des ongles, elle a chaussé des godasses à hauts-talons. Pas évident pour se mouvoir ! Du coup, elle restera statique tout au long de son set.

Le détail qui tue : ses aisselles sont garnies d’une touffe de poils disgracieux. Chewbacca (‘Star Wars’) aurait-il une fille ?

Artiste belge, elle devient, à ses moments perdus, peintre, directrice artistique, mannequin, chanteuse, actrice mais surtout créatrice de bijoux de peau éphémères. Bref une touche à tout !

Une gonzesse sensible aussi. Un personnage tout en douceur dont la fragilité est perceptible dans les paroles. Le maître mot des compos sera l’amour. Pas toujours celui que l’on rêve et que l’on idolâtre. Parfois, celui qui blesse et rend morose.

Mais si on doit lui reconnaître une belle plume, son portrait d’une adolescente en mal d’amour qui pour mettre à mal ses blessures, exulte ses faiblesses dans un carnet rose, discrédite totalement ses fondamentaux. C’est gnangnan, frise le ridicule et l’attrait se mue rapidement en ennui abyssal.

Il faudra finalement attendre « Mojo » pour réveiller quelque curiosité.

Last Train est un combo originaire d’Altkirch, en Alsace. Il a forgé sa notoriété grâce à ses prestations ‘live’, avant de graver un premier LP intitulé « Weathering », en 2017, un disque qui succédait aux Eps « The Holy Family » (2015) et « Fragile » (2016). Et la sortie du nouvel elpee, « The Big picture », est prévue pour le 13 septembre.

Jean-Noël Scherrer (chanteur et gratteur), Julien Peultier (guitariste), Timothée Gerard (bassiste) et Antoine Baschung (batteur), nous réservent un son bien rock lorgnant sur les seventies, tout en adhérant à la forme garage. On est donc à mille lieues de la prestation précédente…

La musique est planante voire atmosphérique. L’expression sonore du combo s’enflamme vite lorsque la basse laisse vibrer ses cordes sur ces riffs de guitare tonitruants. La voix rauque du singer à la Kelly Jones du groupe Stereophonics souligne, en outre, cette rock attitude…

On est clairement là dans l’expectative du live le plus punchy du jour. Une programmation qui étonne et surprend même compte tenu du line up global. Mais qui fait du bien, en tout cas. Une bien belle découverte qui en aura ravi plus d’un.

Et si Last Train se produisait en tête d’affiche d’ici dans quelques années ? Une utopie ? Pas certain !

Cœur de Pirate prend le relais. A Tribord moussaillons ! Tiens, étrangement pour un pirate, elle ne porte ni barbe rousse, cache-œil et jambe de bois. Espérant toutefois qu’elle ait du cœur…

Béatrice Martin à la ville possède la singularité d’être recouverte de multiples tatouages sur le corps.

De petite taille et toute menue, la Canadienne s’avance affranchie d’une tunique banche, bas et jupon à la Thierry la Fronde, un rôle autrefois tenu par Jean-Claude Drouot.

Vu le matraquage opéré sur les ondes radiophoniques généralistes, difficile d'ignorer la jeune femme originaire de la partie Est du Canada. Elle se rappelle compter déjà dix années de carrière musicale avant d’embrayer par « Golden Baby », un tube intemporel.

Mais, c’est surtout derrière son piano que Béa excelle véritablement. Elle y brille avec splendeur et raffinement. Difficile de résister au charme qui opère.

Alternant chansons douces et plus rythmées, la pirate atteint l’apothéose sur « Oublie moi ».

Sa voix sonne comme une évidence. « Comme des Enfants » et son refrain permet au public de jouer le backing vocal en scandant ‘Mais il m'aime encore / Et moi je t'aime un peu plus fort’

Ironiquement, la belle prévient qu’un concert de Cœur de Pirate n’existe que lorsque les choses se compliquent et prend alors le risque de se livrer à une prestation (semi) acoustique.

Sans dire mot, elle contemple d’un air que l’on devine désabusé, le parterre venu l’entendre. Elle ne s’attendait visiblement pas à un tel engouement.

En un battement de cil, la transformation de la rebelle vers la belle opère et relègue aux oubliettes la dualité qui existe entre le bien et le mal chez ce petit bout de femme et son désir manifeste de dissocier ces tendances et de redorer son image.

Pour terminer, une dernière compo : « Ne m’appelle pas ». Et si le message, le vrai, était celui-là ?

Une prestation conventionnelle, oui, mais réalisée avec une âme d’enfant et sans artifice superflu. Très différente au final de celle qu’elle avait accordée, l’année dernière, dans le cadre du LaSemo.

Très bien !

Typh Barrow, tunique fleurie style hawaïen sur le paletot, lui emboîte le pas, pour le plus grand bonheur d’une bonne frange des festivaliers. Le dress code des musiciens est du même acabit.

Elle plaît à coup sûr ! Faut dire que son minois et ses yeux bleu azur appartiennent désormais au paysage audiovisuel depuis qu’elle milite au sein de l’équipe de The Voice.

Le grain de voix de la trentenaire, sis à une encâblure de celle de Amy Winehouse et Selah Sue, colle parfaitement à ce mélange entre pop et soul aux accents jazz et blues. Ce coffre puissant et cette tessiture lui permet de descendre allègrement dans les basses et procure à l’ensemble un côté ouaté, chaleureux, mais particulièrement intense...

Barrow, c’est un style, un esprit, une culture alternative qui prône un retour aux racines. Mais pas que !

C’est aussi, un moment introspectif lorsqu’elle passe aux ivoires pour interpréter « The Whispers », une chanson qui traite de la manière dont elle a été harcelée à l’école. Bref, une compo plus que jamais d’actualité issue de « Raw », un premier opus gravé en 2018.

Un florilège d’ambiance laissant transparaitre en filigrane une angoisse perpétuelle du temps qui passe et la peur de l’échec, mais dont le seul but est de satisfaire un public présent depuis le début pour la soutenir.

Maintenant pieds nus, elle attaque un « Taboo », de manière à jouer la trouble-fête ; un morceau sautillant et plein d’entrain qui trahit une personnalité complexe. Ou comment Docteur Barrow devient Miss Tyff !

Elle nous parle de sa sœur à qui elle voue une attention sans faille. Pas facile d’être la petite dernière…

Sa version de « Gangsta's Paradise » est lumineuse. A l’époque, son adaptation lui avait valu la reconnaissance d’un certain… Coolio.

Elle quitte la scène en dévoilant la plante de ses pieds ! Noirs, mais petits !

Boulevard des Airs se produit côté tribord.

Alors que les précédents groupes ou artistes peinaient à remplir naturellement l’espace scénique, le collectif s’y case sans la moindre difficulté. Un exploit vu la taille du podium.

Si le premier opus, « Paris-Buenos-Aires », était très cuivré, « Je me dis que toi aussi », son dernier, emprunte une forme plus électro, une formule plus contemporaine mais qui nécessitait une transposition en ‘live’. Ce qui explique sans doute pourquoi, sur les planches, la formation a décidé d’emprunter un style plus folk/rock.  

Elle va nous réserver une suite de morceaux dansants, festifs et enchanteurs, dans l’esprit d’un certain Vianney, un ami de longue date, en compagnie duquel BDA voulait absolument réaliser un duo.

Pour la petite histoire, alors que l’elpee était encore en friche, c’est « Allez reste » qui va retenir l’attention du genre parfait. Le public ne s’y trompe pas et reprend le refrain à tue-tête.

Un concert à la hauteur de ses promesses, même si votre serviteur a dû l’écourter, la faim tenaillant son estomac.

Pour une prochaine fois peut-être…

Mustii est annoncé à bâbord. Avec deux ‘i’ insiste-t-il ! La plaine est bondée. Il y a les curieux impatients d’élargir une culture musicale et puis ceux pour qui le son electro/pop addictif prodigué par le gaillard sonne comme une évidence.

En préambule, il se rappelle être venu il y a deux ans déjà et constate avec effroi que le public n’a pas changé d’un iota. Contrairement à lui…

Le beau gosse fait saliver une fois de plus les jeunes femmes qui se pressent devant le front stage pour l’admirer de plus près encore.

Au fond de la scène, un grand drap blanc laisse entrevoir un imposant « 21st Century Boy », titre du dernier LP, tissu qui vogue au gré du vent, lorsque la bise se met à souffler…

Etrangement vêtu d’une cape dénichée probablement aux chiffonnières, il prend le public en otage grâce à un fougueux « What a day » rythmé par une chorégraphie dont lui seul a le secret. Ses mimiques renvoient parfois au regretté Freddie Mercury.

Après avoir livré une volée de titres issus de son répertoire, il foudroie le tube « Tainted Love » de sonorités électroniques.

Autre style, autre ambiance, « Safety Zone », au piano/voix, révèle toute la sensibilité et la fragilité de l’artiste face aux lumières allumées par des dizaines de milliers de smartphones. Un moment magique !

Thomas Mustin maîtrise les codes de la scène : il séduit son public, tant par ses regards langoureux que ses danses contemporaines improvisées, démontrant combien les années d’expériences scéniques (et d’acteur) lui ont été profitables.

Il s’adresse aux VIP, non sans la pointe d’humour et d’ironie qui le caractérise en balançant : ‘ Vous êtes toujours en vie ?’

Malgré toute la bonne volonté affichée pour le rendre unique, son show devient de plus en plus prévisible. Et pour cause, votre serviteur assiste à un parfait copié/collé de la prestation exécutée la semaine dernière. Résultat, il n’en profite qu’à moitié.

Au final, « Feed Me » sonne le glas d’un concert un peu trop convenu.

Ça tangue vachement à Ronquières, les temps de déplacement d’un podium à l’autre doivent être chronométrés au plus juste si l’on veut profiter de tous les spectacles !

Cap donc à tribord ! C’est maintenant à Lomepal d’assurer.

Le gaillard sait entretenir la surprise et ne fait pas dans la demi-mesure.

L'impressionnante structure où sont installés ses musiciens (batterie, claviers, guitare) est surplombée par un élément circulaire impressionnant servant de projecteur qui ne cessera par ailleurs de se mouvoir sur lui-même tout au long du show.

Sur fond de bruits d’orage, il surgit de nulle part pour aborder « Mômes », titre issu de son album « Jeannine », qui à lui seul induit ce qui risque d’être la suite (‘Ma bande m'attend encore en bas/Ça tombe mal je suis à deux doigts/De les faire glisser à l'intérieur d'une fille’). On ne peut pas dire que l’on fasse dans la fine dentelle !

Mais paradoxalement, Antoine Valentinelli peut se révéler politiquement correct, quand il torche des compos sujettes à réflexion, à l’instar du touchant mais intransigeant « X- Men ». « Plus de larmes » dévoile même un personnage introspectif « Evidemment » ou devenir carrément fébrile lorsqu’il interprète « Le vrai moi » en piano/voix.

Entre rap, pop urbaine et chanson française, Lomepal est un artiste qui casse tous les codes du genre.

Après avoir faussement protesté ‘J’ai l’impression que vous participez au premier concert de la journée’, Il teste quelques festivaliers en les invitant à monter sur l’estrade durant quelques trop courtes minutes pendant « Ma cousin », avant de revenir aux fondamentaux à travers tes « Yeux disent ».

Lompepal est un artiste, un vrai. Au-delà du show proprement dit, il soigne la forme et impose un fond, sans tricher, dévoilant plus de faiblesses que de forces, au travers de compos entêtantes mais surtout interpelantes.

« Trop beau » marque la fin d’un concert grandiose ! Trop beau pour être vrai ?

En quittant le site, on entend la programmation d’un jeune DJ. Trop, c’est trop ! Car demain, la journée s’annonce aussi longue...

(Voir aussi notre section photos ici)

Organisation : Ronquières Festival)

Le loup + Glauque + Juicy + Claire Laffut + Last train + Cœur de pirate + Typh Barrow + Boulevard des airs + Mustii + Lomepal + Todiefor + 2manydjs + Kid noize

 

Le temps qui règne sur la petite ville post-industrielle d'Aulnoye-Aymeries (NDR : c’est dans le nord de la France), sise à 18 km de Maubeuge et nichée au creux du bassin de la Sambre, est décidément bien maussade. Il pleut comme vache qui pisse depuis ce matin et les gros nombreux nuages bas ne laissent présager rien de bon…

Paradoxalement, les gens se sont pressés en masse malgré tout. On doit assurément frôler le sold out…

Les Nuits Secrètes constituent le fleuron de cette bourgade de quelques centaines d’habitants. Le festival devient une véritable machine de guerre et propose une affiche de plus en plus pointue. Faut dire qu’avec ses 18 berges, le petit est devenu un adulte déterminé. La preuve par M qui, pas plus tard que la veille, tenait la chandelle ici…

Il y a peu de temps encore, la plupart des ‘live’ étaient gratuits. Aujourd’hui, il faut désormais mettre la main au portefeuille si on veut se faire plaisir et dorloter ses acuités auditives. Nécessairement les cachets des artistes et les coûts inhérents à la sécurité ont fait grimper les budgets relatifs à l’organisation.

Les rues jalonnent d’artistes qui jouent encore gratos pour stimuler leur popularité ; mais vu la flotte abondante qui s’abat, pas sûr que le succès soit au rendez-vous.

Pas de changements importants pour cette nouvelle édition. Il existe toujours une grande scène ouverte à bâbord et un espace couvert à tribord. Baptisé l’‘Eden’, il s’agit d’une infrastructure métallique initialement conçue pour accueillir le pôle régional des musiques actuelles. Pas vraiment le paradis, mais de quoi s’abriter en cas de mauvais temps ; ce qui n’est déjà pas si mal…

Les organisateurs ont aussi pensé à celles et ceux qui souhaitent remuer le popotin jusqu’aux petites heures. C’est le seul écueil à éviter, les vieux os de votre serviteur lui rappelant gentiment que l’arthrite frappe dès l’âge mûr…

Le live de Blood Red Shoes est quasi terminé lorsque votre serviteur débarque sur le site ; et c’est bien dommage… Un réel regret !

Il s’agit d’un groupe de rock originaire de Brighton, en Angleterre, réunissant Steven Ansell (voix et percussions) et Laura-Mary Carter (voix et guitare).

Le duo compte plusieurs années d’expérience scénique et déploie sur les planches une énergie débordante pour faire vivre une musique déjà bien punchy à l’état brute.

La distorsion des guitares de Carter s’adoucit au contact des sonorités des claviers ; ce qui rend l’ensemble moins punk-rock qu’il n’y paraît sur certaines compos.

Autre style, autre genre en compagnie d’Odezenne, un groupe français (NDR : il est originaire de Bordeaux, en Gironde) alternatif.

Formé par Alix Caillet, Jacques Cormary et Mattia Lucchini, le combo s’est taillé une place de choix dans le monde du rap et du hip hop. A son actif, onze années de carrière et quatre albums.

Son approche stylistique lui permet de décomplexer une musicalité hybride entre nappes de synthé vintage, rythmes saccadés et expressions narratives nonchalantes. Ce qui les différencie peut-être de leurs pairs et leur confère une empreinte reconnaissable entre toutes.

La manière dont il parvient à fédérer une ligne mélodique souvent monocorde et des textes un peu simplistes comme « James Blunt » ou « Au Baccara » est surprenante. Des centaines de badauds marmonnent les refrains.

L’éventail des thématiques est varié, mais tombe souvent dans des clichés vulgaires très premier degré, à l’instar de « Je veux te baiser » (‘Ton cul, ton cul, ton cul / À la limite ta chatte / Mais toujours à quatre pattes / A dada sur mon bide’).

Un spectacle destiné à un public averti, mais une belle découverte quand même.

Flavien Berger est programmé à l’Eden. Un chançard vu du temps qui se dégrade…  

Curieux, mais sans grande motivation, votre serviteur pousse une pointe jusque-là.

Il s’agit d’un artiste français sont la musique hybride agrège électro et psychédélisme, un mariage de sons qui peut surprendre, mais interpelle assurément.

Pour la petite histoire, Berger découvre la composition musicale sur sa Playstation 210 avec Music 2000. C’est dire… Son univers est très particulier. Difficile de le cataloguer. Entre le bidouilleur de bruits et le manipulateur de machines. En parfait autodidacte, il (ré)invente un genre à la Kraftwerk, ponctuant ses compos de jeux de mots incompréhensibles du style ‘faut-il parler pour ne rien dire ?’ Question inutile ! Mais qui suscitera tout de même son flot de réponses chez les quidams…

C’est sympa dix minutes, mais l’ennui guette votre serviteur qui n’a que faire d’un saltimbanque.

La pucelle de va bientôt faire son entrée. N’y voyez là aucune insulte ou insinuation, il s’agit tout bonnement de la signification danoise de son nom de scène.

A même pas trente berges, la blonde platine possède un joli curriculum vitae. Son succès décollera en flèche en 2015 grâce à Major Lazer qui lui demande d’y poser sa voix sur un titre.

On est bien loin de MOR (‘mère’ en Danois), un groupe punk qu’elle a drivé.  Karen Marie Ørsted, à l’état-civil, arbore un look sporty-vintage qui lui va comme un gant.

Aux premières nappes atmosphériques, les soubresauts envahissent son corps qui s’emballe follement à chaque mouvement ondulatoire de ses quatre membres, tel un pantin désarticulé. Elle bouge, sautille et court dans tous les sens.

Son univers est souvent comparé (à juste titre d’ailleurs) à celui de vocalistes electro/pop tels que Grimes, Purity Ring ou Twin Shadow.

Sa présence aux Nuits suscite un engouement sans précédent. La foule est compacte et il est impossible d’atteindre le frontstage depuis plus de trente minutes déjà.

Un podium trône au centre du parterre côté public. Elle s’y lance tout à coup, affranchie d’une pinte dans la main droite. Elle y monte d’un pas décidé, accompagné d’un comparse, et danse alors frénétiquement en éclaboussant les convives qui ne demandaient rien.

Son corps félin exulte, ravive la senteur de l’été et procure des sensations brûlantes dans le bas ventre. Pour une personne issue des pays nordique, on peut affirmer qu’elle n’a pas froid… aux yeux.

Elle devient femme lascive et ténébreuse lorsque ses doigts flirtent avec l’ivoire pour chantonner un « Mercy » d’une sensualité forte, soulignée par une voix douce et suave. Le paroxysme est atteint à cet instant.

L’étincelle finement perceptible dans ses yeux se transforme alors en un brasier géant sur « Blur », dont l’intro et les riffs de gratte ne sont pas sans rappeler le lointain « Where is my mind » des Pixies, pour ensuite déclencher un véritable feu d’artifice à travers « Leon On ».

Après un show d’une bonne heure, quoi de mieux pour achever un set qui restera l’un des meilleurs de cette journée ? « Final song » bien évidemment …

Fils du chanteur Marka et de la comédienne Laurence Bibot, Roméo Elvis s’est affranchi de son pote Le Motel et fait désormais cavalier seul. Une époque bien révolue. Mais, il n’en oublie pas ses origines « Lenita ».

Aujourd’hui, sa renommée s’étend au-delà des frontières. La rançon de la gloire…

L’artiste a bien bourlingué depuis ses débuts en multipliant des collaborations aussi nombreuses qu’internationales : Todiefor, Vladimir Cauchemar, Matthieu Chedid, Témé Tan ou encore Damon Albarn (Blur). Pas étonnant puisque le gaillard a acquis une certaine expérience en côtoyant, notamment, L’Or du Commun, Caballero & JeanJass, Angèle (évidemment), Lomepal, Thérapie Taxi ou encore HER…

Il aime rappeler, qu’il y a dix ans, il figurait au milieu des festivaliers. Comme quoi, il ne faut jamais abandonner ses rêves les plus fous… La messe est dite !

« Chocolat » résonne que déjà la foule comprend ce rapport particulier que le zinneke et cette friandise entretiennent...

Rien de tel pour se chauffer les esprits que « Pogo », une plage chantée en duo en compagnie de M, sur disque, qui provoque inévitablement une danse des plus viriles dans la fosse. Pourquoi pas, selon ses dires, profiter du moment pour mettre son nez dans le trou du cul de sa voisine…

Grâce à des compositions qui sentent bon la bonne humeur et la joie de vivre, le frère d’Angèle s’offre le luxe de proposer un live varié et (réellement) engagé en dispensant des compos satiriques (parfois) ou introspectives lorsqu’il s’agit d’évoquer les ruptures qui rendent « Malade ». Une chanson paradoxalement pétillante, reprise en chœur par des milliers des personnes. C’est dire la popularité du petit Belge dans l’Hexagone !

Sur le fond, la plupart des compositions n’apportent en réalité pas grand-chose. Sur la forme elles provoquent un raz-de-marée collectif. Et c’est sans doute le plus important. Les chansons existent davantage pour être vécues que pour être entendues.

Un concert chargé d'intensité au cours duquel le ket va multiplier les comportements excentriques, tout en remerciant chaleureusement les musiciens.

Quoi de plus normal enfin que de mettre en exergue la belle capitale lors d’un « Bruxelles » ravageur qui laisse un goût de trop peu.

En guise d’happy end, il encourage le peuple à acheter son album deux fois… Pourquoi faire simple lorsqu’on peut faire compliqué ?

Le reste du festival ne sera qu’une suite de prestations électroniques.

Il est temps de rejoindre ses pénates. En espérant que la prochaine édition soit au moins aussi bonne que celle-ci

(Organisation : Les Nuits Secrètes)

Blood Red Shoes + Odezenne + Flavien Berger + MØ + Romeo Elvis

dimanche, 28 juillet 2019 17:23

Les Gens d’Ere 2019 : dimanche 28 juillet

Le paysage d’Ere a bien changé. Rien à voir avec celui de l’avant-veille. L’herbe verte a laissé place à une gadouille monumentale. La faute aux pluies torrentielles qui se sont abattues en fin de soirée.

Côté température, pareil. Si vendredi, les festivaliers suaient comme des cochons, la brise de ce dimanche a de quoi faire regretter la canicule.

Après un vendredi riche en émotions, place à une programmation orientée vers les plus jeunes en compagnie d’artistes aux univers très variés.

Sur la scène ‘Plein Ere’, Beautiful Badness est à l’affiche. Quatre musiciens : Olivier à la guitare, Gilles à la batterie, Antoine au clavier et Raphaële à la basse et aux cordes, autour de l'auteur, compositeur et chanteur, Gabriel Sesboué.

Autant de personnes hyper connectées autour d’un même et unique pôle, celui d’une musique enivrante et envoûtante.

En puisant son inspiration aussi bien chez Radiohead que Queen, la formation est parvenue, avec tact et intelligence, à réaliser une forme d’équilibre entre noirceur et légèreté.

Le tout sublimé par une palette de polyphonies hallucinantes proposées par Sesboué ; que ce soient dans les graves ou dans les aigus haut-perchés. Cet équilibre entraînant vite l’auditeur dans un univers fantasmagorique où règne la volupté et la bienveillance, à l’instar du somptueux « Sunny Morning ».

Un talent et une imagination sans limite donc ! Pour s’en convaincre, il suffit de s’attarder à la reprise magistrale de « I’ll be there for you », un titre de Rembrandts mieux connu pour avoir figuré dans le générique de la série ‘Friends’.

Les fans de l’artiste Cascadeur devraient s’y retrouver.

Sous le chapiteau, se produisent Les déménageurs. A voir les dizaines de bambins qui frétillent d’impatience, les compos du band doivent probablement s’adresser aux gosses de pas plus hauts que trois pommes.

Effectivement, accoutrés comme des lutins, les joyeux lurons, drivés par la charmante Lilli, s’en donnent à cœur joie pour émoustiller un parterre qui ne doit pas dépasser à tout casser les 8-10 ans, grâce à des chansons telles que « Pas la peine d’aller au zoo », « Un hippopoquoi », ou encore « Grasse matinée »

Votre serviteur observe quelques instants et déménage courageusement…

Place ensuite à Naya qui va nous réserver une excellente prestation. Probablement l’une des meilleures surprises du jour. Vêtue d’un rouge rappelant la couleur du rubis (comme la couleur de son album s’amuse-t-elle à rappeler), la belle a récolté un succès certain, grâce à un duo partagé auprès de Tom Grennan, pour « Quelque chose de toi »…

De sa voix tantôt légèrement éraillée, tantôt nasillarde à la Zaz, cette fausse timide révèle une maturité et une franchise impressionnantes pour quelqu’un âgé d’à peine dix-neuf ans.

Son « Great Ocean Road » donne le ton de ce qui va devenir une suite de jolies chansons sur fond de légèreté et de nostalgie.

Plus punchy, « Belunivers » révèle une couleur différente. Avant que la suite du set ne rencontre une succession d’incidents techniques, son MAC lâchant prise et la privant d’accompagnement.

Courageuse, elle mène, malgré tout, la barque dans une atmosphère bon enfant à travers des titres comme « Ego KO », « Cat Song » (en hommage à son chat) ou encore « Une fille de la lune », dont le clip a été réalisé par l’équipe du Temple Caché qui a notamment bossé pour Rive, un duo électro pop belge.

Il y a des rencontres qui ne s’oublient pas et celle-ci en fait assurément partie !

Typh Barrow ramène manifestement du peuple. La popularité de la jeune femme acquise dans le télécrochet ‘The voice’ y est certainement pour quelque chose…

C’est toute fleurie qu’elle intronise un concert qui restera intimiste. Les musiciens qui l’entourent ont eux aussi arboré des chemises à courtes manches aux motifs hawaïens.

Jouer dans cette partie du pays est une première pour elle. Elle s’installe devant le piano spécialement acheminé et de ses doigts posés délicatement sur l’ivoire, enflamme un « The Whispers » des plus surprenants.

Son grain de voix, proche de Amy Winehouse, lui confère un côté chaleureux et se marie parfaitement à un style pop et soul lorgnant vers le jazz et le blues.

A vrai dire, hormis l’une ou l’autre chanson, le live est plutôt gnangnan et ne décolle pas des masses, sauf lorsqu’elle s’agite comme un shaker pieds nus « Taboo ».

Finalement, on ne retiendra que cette compo et la reprise du « Gangsta's Paradise » de Coolio….

L’une des personnalités les plus en vogue ces derniers temps est la Saint-Ghislainoise Alice on the roof.

Remarquée dans le cadre de The Voice Belgium, où elle atteint la demi-finale, Miss Dutoit peut se targuer aujourd’hui d’être devenue une artiste à part entière…

Drivée par Marc Pinilla, le charmeur du groupe Suarez, la jeune femme a réussi à imposer un style qui n’appartient qu’à elle, notamment grâce à un premier opus baptisé « Higher », largement diffusé sur les ondes noir-jaune-rouge...

L’évidente qualité des compositions lui a permis de conquérir une critique médiatique et populaire unanimes bien utiles pour oser et acquérir un crédit scénique auprès des puristes.

Flanquée d’un masque, elle s’avance tambour battant dans une robe rose trop ample pour ses menues hanches tout en insistant sur le fait que sa grand-mère se trouve dans le public. C’est alors qu’elle chantonne « Madame », ode à la femme sans verser dans un féminisme primaire.

Le temps de troquer sa tenue pour un bleu paillettes, son « Mistery Light » défroqué confirme que les compos de la belle ont acquis en maturité. « On My Own » qu’elle enchaîne immédiatement en est la preuve formelle. Comparaison n’est pas raison paraît-il…

L’humour (un peu facile) est devenu une nouvelle qualité chez celle qui était encore une grande timide il y a peu de temps. Elle se rappelle de son inexpérience lorsqu’elle s’était produite à la Maison de la Culture de Tournai, il y a trois ans à peine…

S’accordant une pause bien méritée, elle interroge ensuite l’auditoire pour s’enquérir de la présence de célibataires. Evidemment, la gente masculine ne tarde pas à se manifester en masse. Même son petit copain, à la grande surprise de l’artiste… Ou encore, lorsqu’elle se remémore se regarder dans le miroir et se trouver la plus belle.

Bref, plus qu’une suite de chansons, on assiste à une véritable mise en scène au cours de laquelle une Alice versus ‘2.0’ s’émancipe enfin et se livre sans concession dans un exercice de style qui lui va comme un gant, finalement…

Sa voix éthérée et candide se pose pudiquement sur chacun des textes, comme pour les épouser. La plume est devenue plus incisive, joviale et sautillante grâce à Vianney qu’elle connaît bien, aime-t-elle à souligner.

Assurément, le Français permet d’ajouter une dimension supplémentaire fort intéressante sur « T’as quitté la planète ». Gageons qu’elle exploite davantage ce terrain dans le futur…

Madame Dutoit n’oublie pas pour autant l’anglais qu’elle pose parfaitement (elle a vécu une année en Oregon) ci et là sur des lignes mélodiques parfois parfumées d’une électro-pop léchée par « Easy come easy go ».

Ces quelques années à s’essayer et à s’apprivoiser lui ont été manifestement bénéfiques et lui ont procuré une certaine crédibilité en s’appropriant les codes du genre, malgré une prestation cousue de fil blanc.

Au loin, un tout autre jeune homme s’épanche sous les bâches tentaculaires. Il s’agit de Amir, encore un gars issu de la télé-réalité qui s’est illustré en gravant notamment « J’ai cherché », un morceau extrait de l’elpee « Au cœur de moi ».

Trop peu pour votre serviteur qui préfère se rincer le gosier avant de reprendre la route …

Pour les photos, c'est

(Organisation : Les Gens d’Ere)

Beautiful Badncess + Les déménageurs + Naya + Typh Barrow + Alice on the roof + Amir