Le rire de Will Paquin

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Miossec simplifie…

Miossec, le poète du Finistère, reprend la route avec "Simplifier", un album vibrant de sincérité et d’émotions brutes. Entre coups de cœur, coups de gueule et coups de blues, il continue de chanter la vie comme personne, avec cet amour immuable pour sa…

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Bernard Dagnies

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lundi, 09 mars 2015 12:57

Sleepless nights

Thee Marvin Gays est un quatuor tournaisien réunissant trois gars et une fille. Avant d’enregistrer cet elpee, le groupe avait publié un opus éponyme en 2011 et un Ep (« It’s easier to be dumb »), l’année suivante. « Sleepless nights » constitue donc son second long playing. Fondé en 2006, il s’est forgé une excellente notoriété en ‘live’.

Si l’essentiel des plages de cet album trempe dans le garage/punk échevelé, frénétique ou vindicatif, certaines d’entre elles révèlent certaines spécificités. Caractérisé par son refrain contagieux, « Upright » lorgne vers les Feelies. En outre, ce titre recèle ce fameux riff subtilement discordant, qui est la marque de fabrique TMG. Un riff qu’on retrouve sur le superbe « Ten feet high », une plage plus pop, devenue le cheval de bataille du band, sur les planches. Mais encore sur « Inside my heat », toujours aussi accrocheur. Les cordes de grattes deviennent gémissantes sur « Confusion », un morceau qui me fait étrangement penser à un groupe insulaire qui a sévi à la fin des sixties, The Gun (NDR : en 1968, son « Race with the devil » avait décroché un hit). « I want you » est un titre différent de l’ensemble. Il est d’ailleurs plus long. Les drums sont syncopés. Les sonorités de guitares, effilées. Baignant dans un climat psyché, il lorgne davantage vers le Grateful Dead que les Byrds. Et la piste qui clôt le disque s’écarte également de la ligne de conduite générale. Evoluant sur un mid tempo, « Not the food one anymore » parvient à conjuguer une tonalité de gratte garage et l’autre surf. Et le résultat est vraiment bluffant.

Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes, si les deux voix (masculine et féminine) n’étaient pas constamment réverbérées. Or, tant alternativement que conjointement, elles passent particulièrement bien la rampe, sans le moindre artifice, en concert. Dommage ! C’était pas vraiment une bonne idée.

 

lundi, 09 mars 2015 12:52

The Scrap Dealers (Ep)

Huit titres, dont un caché sur cet Ep éponyme de près de 35 minutes. Si le bonus track est délicatement sculpté dans le folk, les autres plages sont toutes alimentées par un flux électrique continu. Le disque s’ouvre par l’enlevé « No sense in your eyes ». La rythmique est hypnotique et fédératrice, presque krautrock. Cinglantes, les guitares parviennent même à dessiner des arabesques. C’est toujours cette rythmique qui balise la mélodie sur le psyché/garage « I’m so proud », une compo qui aurait pu naître d’une rencontre entre les Warlocks et les Dandy Warhols, même si la voix tourmentée évoque plutôt Perry Farrel, époque Porno For Pyros. Une occurrence qui se reproduit sur « For another day », tramée cependant, sur un tempo languissant. Les cordes des grattes sont guillerettes, tintinambulantes, tout au long du plus pop « Evil ride », une piste qui lorgne vers House Of Love. « I need you tonight » baigne au sein d’un climat garage/punk malsain, aride. Un punk qui devient frénétique sur « Stepmother ». La ligne de basse obsessionnelle procure le tempo au sauvage et ravageur « If I were your only son », une composition évoquant Spacemen 3 voire Loop. Et si souhaitez en savoir davantage sur ce groupe liégeois, qui devrait bientôt publier son véritable premier album, je vous invite à (re)lire l’interview que le quintet a accordée au grand complet, ici

 

La nouvelle vidéo de The Experimental Tropic Blues Band est on line. Elle a été réalisée par Pascal Braconnier des SauvageSauvage, et elle est digne du film de Marco Ferreri, sorti en 1973. Jugez vous-même ici 

Le groupe accordera des 'Belgian Shows'* aux endroits suivants dans les jours/semaines suivantes

> 05/03/2015 TETBB Present THE BELGIANS - Reflektor - Liege - BE
> 06/03/2015 TETBB Present THE BELGIANS - ABBota - AB - Bruxelles - BE
> 11/04/2015 TETBB Presents THE BELGIANS - Durbuy Rock - Durbuy - BE
> 18/04/2015 TETBB Presents THE BELGIANS - Le Salon - Silly - BE
> 01/05/2015 TETBB Presents THE BELGIANS - Les Aralunaires - Arlon - BE

> Et voici quelques prochaines dates à l'étranger

> 15/03/2015 Archiv - Basel - CH
> 10/04/2015 Urban Rock Fest. - Lille - FR
> 24/04/2015 L'Escale - Le Havre - FR
> 25/04/2015 Le Galion - Lorient - FR
> 26/04/2015 Le Bootleg - Bordeaux - FR
> 27/04/2015 La Source - Le Mans - FR
> 28/04/2015 Sous Off Fest - Bourges - FR
> 30/04/2015 L'Olympic - Paris - FR

 

 

mardi, 24 février 2015 00:00

Percutant !

Après avoir réalisé l’interview de Miles Michaud, le leader d’Allah-Las, l’an dernier, il me semblait logique d’aller vérifier ce que le band avait dans le ventre, en ‘live’. Et comme, il se produisait à l’Aéronef de Lille, pas trop loin de mes pénates, la circonstance était idéale. Pas besoin de chercher une place de parking pendant des heures ou d’en choisir une qui vous coûte la peau des fesses, de se farcir les embouteillages ou de devoir dormir dans une gare, si vous manquez votre train du retour. Pour les provinciaux, Bruxelles devient de plus en plus inaccessible…

Bref, revenons à nos Allah-Las, responsable d’un second album d’honnête facture, paru l’an dernier. Un disque de psyché/garage/lo fi particulièrement cool, intitulé « Worship the sun ». Et un peu de soleil dans le cœur des mélomanes, à cette époque de l’année, ne fait de tort à personne…

Le combo californien a entraîné la formation néerlandaise Eerie Wanda dans sa tournée européenne, comme supporting act. Il s’agit du projet de la Marina Tadic, qui milite également chez Earh Mk. Sur les planches, elle est entourée de trois mecs. Un drummer, un guitariste et un drummer. Le combo pratique une sorte de pop/rock alternatif plutôt élaboré mais mélodique, parfois teinté de folk. Les compos ne sont pas trop mal ficelées, mais hormis la dernière du set, au cours de laquelle le percussionniste de tournée des Allah-Las viendra prêter main forte, l’ensemble manque quand même de relief. Et la voix un peu trop linéaire de Marina, qui se réserve la guitare rythmique, accentue cette impression. En outre, les balances ont été mal réglées. Ou alors, c’est le bassiste qui les a complètement bousillées, à force de monter le volume de son ampli. Un déséquilibre qui nuit aux interventions, pourtant joliment ciselées, du soliste. Un album est en préparation et devrait sortir en 2015. En attendant, il y a encore du pain sur la planche (NDR : qui a dit du gouda ?)

Lorsque Allah-Las monte sur l’estrade de l’Aéronef, disposé en mode club, mais suivant une orientation en largeur, soit en laissant le podium principal, séparé par une immense tenture noire, dans le dos (NDR : ce qui n’est pas une mauvaise idée, malgré des haut-parleurs d’ambiance qui vous massacrent les tympans avant le concert), on remarque la présence d’un musicien supplémentaire. Un percussionniste. Celui-là même qui avait rejoint Eerie Wanda, en fin de show. Et franchement, son concours va manifestement apporter un plus à la musique du band. Outre ses deux congas, il va se servir d’une panoplie de percus, suivant les titres : maracas, tambourin, cloches, hochets et j’en passe… Spencer Dunham affiche une attitude particulièrement cool, mais sa basse doit avoir cumulé les kilomètres, vu l’état d’usure de la caisse. Pedrum Siadatian, le guitariste soliste, est mince et grand. Sa tête campe un hybride entre Richard Ashcroft et Liam Gallagher. Matthew Correia, le drummer, c’est le sosie de Terence Hill. Celui qui avait joué dans le western spaghetti de Sergio Leone, ‘Il était une fois dans l’Ouest’. Enfin, chaussé de bottes blanches, chemise boutonnée jusqu’au col, Miles Michaud a dans le regard quelque chose de Jim Morrison.

Le set s’ouvre par « Busmans », un titre qui me rappelle quelque par Them (« Calm me down », proposé en fin de parcours adopte un même profil, à moins que ce ne soit celui des Fleshtones). Le son est excellent. Les quatre musicos participent aux vocaux. Et les harmonies vocales sont superbes. Réminiscentes du mouvement west coast. Seul Spencer se contente de participer aux choeurs. Claire, la voix de Miles est légèrement chargée de reverb. Celle de Pedrum est plus insulaire et me fait parfois penser à Noël Gallagher. Enfin, Matthew chante à la manière d’un Brian Eno, sur « Sandy ». Et lors du rappel, Miles et Matthew permutent de rôle. Le premier siège derrière les fûts et le second s’approprie le micro principal pour attaquer « Long journey », tout en agitant ses maracas de couleur rouge. Des maracas dont il se sert également parfois, tout en martelant ses peaux. Et franchement, je n’avais plus vu de batteur capable d’imprimer 3 cadences différentes à la fois, depuis Jonathan ‘Butch’ Norton (Eels). Les accords de gratte surf, sinusoïdaux ou discordants dispensés par Pedrum colorent les compos de sonorités délicieusement surannées, parfois même surf. Ceux dispensé par Miles sont plus rythmiques et chatoyants. Par rapport au denier elpee, les titres son bien plus allègres ou offensifs, très souvent même davantage percussifs. Les interventions de Matthew et du 5ème larron sont manifestement complémentaires et terriblement efficaces. Certaines mélodies sont aussi hymniques que chez les Dandy Warhols (« Buffalo nickel », « Had it all »). Le combo concède deux morceaux instrumentaux, bien évidemment ; « Sacred Sands » et l’irrésistible « Ferus gallery ». C’est d’ailleurs à partir de cet instant que la fièvre va commencer à gagner le public et provoquer le crowdsurfing. Le lightshow est sobre. Parfois de petites lumières bleues ou rouges apparaissent en arrière-plan. Et deux cylindres placés à gauche et à droite de l’estrade vont prodiguer des lumières blanches pendant « Catalina ».

Lors du rappel, les musiciens d’Eerie Wanda rejoignent Allah-Las sur les planches pour exécuter un « Every girl » qui met l’auditoire en transe. Et, le combo ne reviendra plus, malgré l’insistance des spectateurs conquis. Pour un premier concert en 2015, je suis comblé…

Setlist : “Busman’s holiday”, “Follow you down”, “Buffalo nickel”, “No voodoo”, “Standing”, “Sandy”, “De Vida Voz”, “Sacred Sands”, “Had it all”, “Catalina”, “Tell me (“What’s on your mind)”, “Ferus gallery”, “501-415”, “Calm me down”, “Better tha mine”, “Autumn dawn”, “Artifact”, “Catamaran” – Rappel : “Long journey”, “Every girl”.

(Organisation Aéronef) 
samedi, 21 février 2015 18:20

The Apartements a retrouvé les clefs…

Trente ans après avoir gravé « The Evening Visits... And Stays For Years », le mythique groupe australien The Apartments sort un nouvel album. Il s’intitule « No Song, No Spell, No Madrigal » et sa date de publication est prévue pour le 13 avril 2015.

Pour écouter « Please don’t say remember », extrait de ce nouvel opus, c’est ici

 

 

samedi, 21 février 2015 18:20

Les classiques de Van Morrison revisités…

Van Morrison publiera ce 20 mars, son 35ème album studio. Il s’intitule : “Duets: Re-Working The Catalogue”.

Van Morrison a retravaillé ses classiques en compagnie d’invités de prestige : Bobby Womack, Steve Winwood, Mark Knopfler, Taj Mahal, Mavis Staples, Michael Bublé, Natalie Cole, George Benson, Gregory Porter, Clare Teal, P.J. Proby, Joss Stone, Georgie Fame, Mick Hucknall, Chris Farlowe, et sa fille Shana Morrison.

Pour écouter, “Real Real Gone”, un premier extrait avec Michael Bublé, c’est ici 

http://www.vanmorrison.com/
https://twitter.com/vanmorrison
https://www.facebook.com/vanmorrisonofficial

 

samedi, 21 février 2015 18:20

Un nouvel album pour Blur!

Blur publiera un nouvel album ce 24 avril 2015. Il s’intitule « The Magic Whip ». « Think Tank », le précédent, remontait déjà 2003. 

Tracklisting

Lonesome Street
New World
Towers
Go Out
Ice Cream Man
Thought I Was a Spaceman
I Broadcast
My Terracotta Heart
There are Too Many of Us
Ghost Ship
Pyongyang

Ong Ong

Mirror Ball

Pour voir la video du premier extrait, « Go Out here », c’est ici 

 

samedi, 14 février 2015 11:05

La voix de Visage s’est éteinte…

De son véritable nom Steven John Harrington, Steve Strange est décédé ce jeudi 12 février, à l’âge de 55 ans, des suites d’un infarctus, en Egypte. C’est en 1979 qu’il avait opté pour ce patronyme de scène, fondant alors Visage en compagnie des membres des Rich Kids, Rusty Egan et Midge Ure (futur Ultravox) ainsi que de Magazine, Barry Adamson (futur Bad Seeds), John McGeoch (futur Banshee auprès de Siouxsie Sioux) et Dave Formula. En 1980, le second single « Fade to grey » devient un énorme tube, ouvrant alors la voie à un mouvement qui sera qualifié de néo-romantique et donnera naissance à des groupes comme Spandau Ballet, Japan, Duran Duran, A Flock of Seagulls ou encore Ultravox. Un mouvement qui va associer image, mode et musique. Steve avait d’ailleurs commencé, fin des seventies, par organiser des soirées dans des clubs tels que le Blitz ou le Camden Palace, des soirées au cours desquelles les convives étaient maquillés et vêtus de costumes extravagants. Un univers qui s’inspirait de la période glam et décadente de David Bowie. Harrington avait d’ailleurs participé comme acteur au clip de Bowie, « Ashes to ashes ». Visage publiera quatre albums, entre 1980 et 1986, sous des line up différents, mais toujours sous la houlette de Steven. Mais faute de succès, il était retourné dans l’univers organisationnel d’événements. R.I.P.    

vendredi, 06 février 2015 16:55

Marre du garage…

Ce 13 décembre 2014, la formation liégeoise The Scrap Dealers se produisait au Water Moulin de Tournai. Précédant le set de The Marvin Gayes et The Shivas. Avant de monter sur les planches, le quintet nous a accordé une interview. Au grand complet. Pendant leur collation. Seul souci au moment de rédiger cet article, c’est qu’en retranscrivant cet entretien, difficile de déterminer si les propos émanent de Hugues (guitare, chant), Régis (guitare, chant), Justin (basse), Cédric (guitare) ou Antoine (drums). Heureusement la plupart de leurs avis sont partagés. Et quand ils sont plus nuancés, votre serviteur tachera de le préciser.

La conversation débute par une boutade, puisque ‘The Scrap Dealers’ se traduit par ‘les ferrailleurs’. Or, à Kain, près de Tournai, le long de l’Escaut, est implanté, un énorme chantier de recyclage de métaux. Je leur demande donc si avant de débarquer au Water Moulin, ils y ont fait un crochet. L’allusion semble les perturber avant que l’un d’entre eux ne retombe sur ses pattes : « Faut demander à Hughes. Fallait trouver un nom. Ben, c’est vrai qu’il n’est pas très intelligent, alors on ne préfère pas en parler… » L’occasion d’embrayer par une question bateau (?!?!?), pour connaître le parcours musical des membres du groupe. Ainsi, Antoine a milité au sein de Pirato Ketchup et les autres, Local Fourmost Band, qu’ils ont quitté pour raisons personnelles, afin de rebondir chez The Scrap Dealers. « Un nom plus intelligent », embraie le même interlocuteur… Et en remontant ce nouveau projet, les musicos ont décidé d’y insuffler un nouvel esprit et d’écrire de nouvelles compos.  

Leur premier Ep s’étale sur plus de 33 minutes. Pourquoi donc n’a-t-il pas été considéré comme album ? Le groupe le considère comme tel, mais c’est JauneOrange qui a décidé de lui coller l’étiquette d’Ep. La plupart des critiques du disque que le band a pu lire soulèvent la même remarque. « On pense que la manière et la longueur y sont. On ne croit pas qu’il soit vraiment courant qu’un Ep réunisse 8 titres en près de 35 minutes. C’est même plutôt rare… » Un disque qui recèle un morceau caché. Comme pas mal de cds gravés au cours des nineties. Mais dans un style différent. Plus folk. Minimaliste même. Et sans titre. C’est Hugues qui s’exprime : « Il nous a quand même demandé une journée d’enregistrement. En fait, je voulais composer une chanson pendant les sessions et la travailler en compagnie du groupe. Mais cela n’a pas marché. Comme je l’avais écrite, on l’a enregistrée uniquement avec une guitare et quelques effets et on l’a ajoutée au tracklisting… » Une compo beaucoup plus paisible. « Effectivement, on voulait calmer le jeu. Que ce morceau surprenne. Et on l’assume à 200%. On est satisfait du choix d’ailleurs. » Oui mais alors pourquoi trois guitares sur scène ? « Parce que s’il ne tenait qu’à nous, on en mettrait davantage. Le problème en ‘live’, c’est qu’il faut de la place pour les caser. Et en général, sur les planches, il manque d’espace… »

Etonnant, mais vu leur jeune âge, les musiciens n’ont pas une mauvaise connaissance de l’histoire de la musique pop/rock. Et surtout sont conscients de leurs influences. Intentionnelles ou pas. Un titre comme ‘No sense in your eyes’ est imprimé sur une rythmique hypnotique qui pourrait faire penser aux débuts de Hawkwind. Ou alors a des combos issus du mouvement krautock comme Can ou Faust. Hugues reconnaît écouter beaucoup de rock allemand. Et bien sûr apprécier ce style musical. « On voulait créer un mur de son, en y ajoutant de la distorsion. Mais que ce soit en même temps ‘motorik’. Et c’est facile à jouer tout en y injectant de l’énergie afin de faire passer un simple message. Nous ne sommes pas des rockeurs progressifs comme Hawkwind. D’ailleurs on est moins doués. On essaie cependant de rester cohérents dans la structure des morceaux. Et puis, on ne connaît pas trop bien Hawkwind. M’enfin chacun a le droit de discerner, dans notre musique, ce qu’il ressent. Certains y décèlent du Count Five, du Blue Cheer ou du Blues Magoos… » Avis qui n’engage que votre serviteur, les mélodies d’‘Im so proud’ et de ‘For another day’ lui semblent aussi hymniques que chez les Dandy Warhols. « Davantage dans l’esprit de Brian Jonestown Massacre », me rétorque-t-on. Pourquoi pas ?

Abordons maintenant l’aspect plus garage de leur musique. A l’instar du morceau ‘I need you tonight’. Plus aride, plus malsain, mais dans l’esprit des Pink Fairies, voire des Deviants, deux groupes énormément portés sur les excès en tous genre. Justin prend la parole : « Deviants, j’adore. C’est même carrément mon groupe préféré. A cause du climat au sein duquel leur musique baigne. Sur cette chanson, la voix est particulièrement torturée. Et c’est en même temps lo fi. Très lo fi. Mais le thème de la chanson n’est pas particulièrement ‘harshé’. Elle demeure malgré tout sentimentale. Mais on a mixé très, très vite. Peut-être un peu trop. Pink Fairies ? J’aime un peu moins. Toujours aussi garage, mais plus pop… » Quant à ‘Evil ride’, il affiche une très jolie ligne mélodique. On pourrait même ajouter dans l’esprit du garage sixties cher aux compiles ‘Peebles’ et ‘Nuggets’. Ces anthologies figurent-t-elles dans leur discothèque ? « En fait, c’est une de nos plus vieilles chansons. Elle a même un petit côté post punk. La mélodie accroche facilement, c’est vrai. C’est aussi une des plus courtes. Une ballade de 2’30. » Mais le garage, ils en en ont tous un peu marre qu’on leur en parle et surtout qu’on les enferme constamment dans ce cadre. « Il faut savoir que depuis le début, on nous confine dans une cave. En nous comparant aux Black Lips, par exemple. On en a plein le c** ! Nous ne souhaitons pas être cloîtrés dans un genre,  à tout prix. Correspondre à une image prédéfinie. On a commencé comme formation de garage punk. La critique a essentiellement retenu cet épisode. Et elle continue à nous comparer aux Black Lips, aux Seagulls ou encore à Oh Sees. Ces analogies nous collent encore à la peau comme un chewing-gum pourri. Notre musique est en évolution constante ! Et le public est étonné de voir que le nouveau répertoire est totalement différent du single. En fait nous sommes encore un jeune groupe. Il n’a pas trois ans d’existence. Et au début, on a dû cravacher pour écrire des morceaux. Il était donc plus simple d’adopter le punk garage. Aujourd’hui, on a un peu plus de disponibilité pour travailler notre musique et rendre nos compos plus élaborées. Ce n’est pas qu’on change vraiment de style, mais on consacre plus de temps à les réaliser. Et puis on n’a pas envie de toujours reproduire la même chose. On a envie de toucher à des tas d’autres trucs. En fonction des humeurs… »

Inévitablement, quand on touche au psychédélisme, on pense au recours à des instruments insolites, indiens ou orientaux, notamment. Ou alors à l’utilisation de l’électronique comme Animal Collective, MGMT et il y a quelques années Ozric Tentacles. Alors, tenté par cette vision plus électro ? « On verra bien. Dans le futur, on va essayer de nouveaux types de synthés. Il y aura certainement des choix à poser. Ce sera une décision commune. Si tout le monde est d’accord, pourquoi pas ? Sans culpabilité aucune. On ne va cependant pas aller sur la voie du rock expérimental électronique ou post rock avec énormément de moog. Mais en ce qui concerne un tel recours, dans certains morceaux, à l’avenir, c’est possible. Tout est envisageable. On n’est fermé à rien du tout. Mais ce n’est pas sûr que ce soit en live. Plutôt en studio. Et puis on est plutôt réticent par rapport à l’électro pure. On veut conserver l’aspect hypnotique et psychédélique de notre rock alternatif. Ce qui ne nous empêchera pas d’évoluer. » Un concept hypnotique qui soudain évoque pour votre serviteur –et je me lance alors sans filet–Loop et Spiritualized... En plein dans le mille ! Surtout pour Hugues. « Personnellement que ce soit à travers Spacemen 3 ou Spiritualized, Jason Pierce est un dieu. A cause de la personnalité et de la sensibilité de sa musique. Bien sûr, je ne cautionne pas tout ce qu’il a fait, mais pour moi son œuvre est remarquable. Par contre, Loop adopte un profil plus aride et nonchalant. Plus shoegaze… » Comme Jesus & Mary Chain et Black Rebel Motorcycle Club ? « On apprécie la musique de Jesus & Mary Chain, mais pas vraiment l’attitude de poseurs des frère Reid. BRMC est responsable de quelques bons titres, mais les ¾ ne nous accrochent pas vraiment. Le leader joue bien de la guitare, il chante bien, il est beau, et il le sait. C’est une attitude qui fait c*****… »

Intéressant de savoir quand même si un nouvel et véritable elpee (?!?!?) serait en chantier. « Il est terminé. Il est au mixing. Mais il n’a plus rien à voir avec ce qu’on a fait sur le premier. Pas mal de monde va se poser des questions… »  

 

dimanche, 01 février 2015 16:15

Tour de Chauffe #10 : les lauréats

Plus de 140 formations musicales avaient postulé cette année un accès au dispositif Tour de Chauffe. Et les lauréats Tour de Chauffe 2015 sont...

MOHDD, Folk world percussif
CAYMAN KINGS, Surf-rock 60's
JELLY BEAN, Pop acidulée
LIAM-KI & ONCL' PHIL, Hip hop Electro
LOW BATS, Lo-fi shoegaze
LE FOND & LA FORME, Rap
HERE'S TO THE LION, Rock Folk
KIDS FROM ATLAS, Rock atmosphérique
EVRST, Electro pop
FLAT SCREEN RADIO, Indie pop psyché
BATHERNAY (B), Indie Rock
MEGAMOTO (B), Noise Rock
SENDAK, Chanson Folk
SPERWER (B), Pop Rock

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