Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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The 44s

Twist the knife

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Issue de Los Angeles, The Forty Fours est une formation fondée en 2007. Au départ, elle était drivée par l'harmoniciste d'origine japonaise, Tex Nakamura, et le chanteur/guitariste Johnny Main. Depuis le départ du premier cité, Johnny se réserve le leadership.

"Twist the knife” fait suite à "On the 13th", un opus qui remonte déjà à quatre longues années. Entretemps, le batteur originel, JR Lozano, a cédé le relais à Gary Ferguson, et Eric Von Herzen se charge de la musique à bouche, un musicien qui drive également son propre band, The Atomic Kings. Le bassiste Mike Hightower est cependant, toujours au poste.

Instrumental, "Cuttin' deep" ouvre les hostilités, une compo signée par le band. Un r&b attaqué dans l’esprit de Harpo, qui bénéficie du concours d’un invité de luxe. En l’occurrence le gratteur californien Junior Watson. Et sa présence bonifie l’ensemble. En outre, bonne nouvelle, ce guitariste exceptionnel participe à la quasi-totalité des plages du long playing. A contrario, on regrettera la carence en compos personnelles. D’ailleurs, les sept plages chantées sont toutes des reprises. Dont "Sugar you", un titre écrit et interprété par Richard Berry en 1957. Watson s’éclate sur ses cordes tout au long de ce r&b old school. Le "Howlin'" de Howlin' Wolf (of course) est imprimé sur un tempo assez alerte. La voix forcée de Main adopte celle, rauque et ravagée, du géant du blues, alors que Van Herzen souffle dans son harmo à la manière de James Cotton. Blues lent, "Champagne and reefer" est issu du répertoire de Muddy Waters. La voix est aussi ravagée que celle de Wolf, alors que Van Herzen se réserve de nouveau une brillante intervention. Le "Too many drivers" de Lightnin' Hopkins se distingue par son rythme explosif, mais également par le déchaînement de Watson sur ses cordes, vite rejoint par son collègue souffleur. Dans un autre style, la version du "Rosie" de Doyle Bramhall II (NDR : il a longtemps milité au sein du backing groupe d’Eric Clapton), est imprimée sur un tempo répétitif, une piste caractérisée par un seul envol ; en l’occurrence celui de Johnny Main, particulièrement élaboré, créatif et surtout très réussi. En outre, l’intervention finale de Van Herzen est un réel bonheur et rappelle le regretté Lester Butler, une légende qui nous a quittés voici déjà 21 ans. Blues lent, "Helsinki blues" est signé par l’harmoniciste James Harman (NDR : issu de Los Angeles, ce vétéran est également un de leurs potes). Ce morceau permet encore aux deux solistes de briller de mille feux. Et cet LP ‘artisanal’ s’achève par le "44's Shuffle" de T-Bone Walker, un final sont The 44s s’acquitte avec passion et brio…

Ally Venable

Texas Honey

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Ally Venable est issue de Kilgore, dans le Texas. Un patelin sis pas très loin de la Louisiane. Cette disciple du blues/rock contemporain a commencé à chanter à l'église. Un début de parcours courant, outre-Atlantique. Au cours des dernières années, elle a collectionné les citations locales : meilleure guitariste, meilleur blues band et meilleur album ! Son backing group se résume à une section rythmique réunissant le bassiste Bobby Wallace et le batteur Elijah Owings. Avant de graver "Texas Honey", elle avait déjà publié "No glass shoes", en 2016, et "Puppet show", l'an dernier. A l'instar d'autres jeunes talents féminins, Ally a été signée par le label allemand Ruf. Quant à la production, elle a été confiée au talentueux blues rocker texan Mike Zito. Bien qu'elle soit à peine âgée de 20 printemps, elle signe la majorité de son répertoire.

Des riffs bien ancrés dans le blues/rock amorcent l'elpee. La voix d'Ally est empreinte de douceur. Privilégiant la slide, ses interventions aux cordes sont subtiles. "Broken" révèle son potentiel vocal qui recèle une réserve de puissance évidente. Elle construit progressivement son envol qui finit par faire mouche. Carré et rageur, le titre maître flaire bon le Texas. Véhiculant des accents dramatiques, "Blind to bad love" met bien en exergue l'amplitude vocale d'Ally. Dans le même registre, l'excellent "Come and take it" bénéficie du concours de d'Eric Gales (NDR :  ce blues rocker compte déjà 18 albums à son actif). Les deux musicos se partagent les vocaux et les envols, en toute complicité. La cover dynamique du "Love struck baby" de feu Stevie Ray Vaughan n'est pas vraiment une surprise. La gratte rythmique en slide de Mike Zito alimente l'épopée southern vécue par "One sided misunderstanding". Puissant, le riff de "White flag" évoque le "I love rock'n'roll" de Joan Jett. Une compo qui conjugue une belle dose de panache et de réalisme. "Running after you" concède une dernière chance à Ally d'étaler sa technique en slide ! Et de bonne facture, cet LP s'achève in "Careless love", une piste dont la rythmique est implacable...

Joost De Lange

Lonesome Wolf

Écrit par

Drivé, vous vous en doutez, par Joost De Lange, ce power trio fondé il y a une dizaine d’années est issu d’Anvers. Il implique également le drummer Ramses Donvil et le bassiste Mitchell Goor. Son blues/rock classieux s’inspire de légendes comme Jimi Hendrix, Rory Gallagher ou Stevie Ray Vaughan. Joost est natif de Middelburg, en Zélande, et s'il aime le blues, il revendique aussi sa passion pour le hard rock. Son premier elpee, "Outlaw" remonte à 2010. "Lonesome wolf" constitue son sixième et fait suite à "Live in Antwerp", paru en 2017. Les onze plages sont signées Joost ! Et la musique baigne bien au cœur d’un hard rockin' blues qui ne manque pas de détermination, il faut l'avouer !

Dès les premières plages, on en est d’ailleurs totalement convaincus. La construction est solide et puissante, le sens mélodique soigné et la section rythmique très soudée. "Drifting away" et "Best shot" en sont de belles illustrations. Joost est un gratteur doué, inspiré, dont le rock flirte quelquefois avec le métal. Plusieurs plages affichent ouvertement les références aux mythiques guitaristes disparus du blues rock. Et tout d’abord à Stevie Ray Vaughan sur l’indolent "The river", quand le maître retravaille le classique du blues "Tin Pan Alley" ; cependant, confessons-le, Joost ne possède par la voix du Texan disparu ! Et puis "Lonesome wolf", une piste caractérisée par sa rythmique implacable et sa guitare conquérante. Toujours bien blues, "Dreams" se distingue par son envol de cordes tout en finesse. Le rock refait surface en fin de parcours. Et notamment tout au long de "Soul on fire" et lors de la finale "The Rambler", des morceaux qui lorgnent carrément vers Deep Purple. Enfin si la plage pop/rock "I'll be waitin" ne manque pas de charme, "Rock'n'roll radio" porte bien son titre, une compo accrocheuse rappelant le célèbre trio texan, Z.Z. Top. Ambiance!

Joost De Lange Band

Bjørn Berge

Who else?

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Agé de 50 balais, Bjørn Berge jouit déjà d'une belle expérience. Ce Norvégien est un spécialiste de la gratte acoustique à douze cordes. Chanteur et guitariste, il se produit le plus souvent en solitaire. Lors des sessions de ce treizième opus, il a reçu le concours d'un backing group impliquant un bassiste et un drummer. En outre, il a opté pour un blues très marqué par le rock amplifié.

"Monkey ship" pénètre au sein de l'univers de Berge. Sa voix est sombre et caverneuse. Solide, la rythmique s'intègre dans l'ensemble alors que la slide du leader s'en détache... La voix grave (un peu comme celle de Nick Cave) poursuit inlassablement cette croisière sur "Lost pearl", bientôt rejointe par la choriste Dany Christophersen. Accrocheuse et nerveuse, la slide porte bien l’empreinte du Scandinave. Très roots, "Mr Bones" adopte une démarche semblable. La voix vous pénètre profondément, alors que les interventions à la slide sont tout bonnement hallucinantes. "It just ain't so" conjugue parfaitement la voix rocailleuse et celle de la choriste. Soutenu par une solide rythmique, ce funk est à la fois primaire, obsédant voire hypnotique. Chargée de feeling, "Bitter sweet" est une ballade lente et paisible, aux arrangements simples, mais d'où émergent des interventions de cordes d'une beauté insoupçonnée. Dynamisé par un riff rythmique caustique, le tempo s'affole sur "Speed of light". La face sobre de l’artiste s'efface le temps de "Ginger Brandy wine", une compo boogie/blues digne de Z.Z Top, la slide gouailleuse emportant tout sur son passage...

Paula Harris

Speakeasy

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Originaire de la Caroline du Sud, Paula Harris vit désormais dans la baie de San Francisco. Cette chanteuse est désormais intégrée à la scène blues de cette ville californienne, depuis 2012. Dans le passé, elle a atteint la finale de l'International Blues Challenge de Memphis.

Pour enregistrer « Speakasy », Paula a reçu le concours d’un trio réunissant le pianiste Nate Ginsberg (ex-Herbie Hancock, Sly and the Family Stone), le bassiste Rich Girard (Mose Allison, Lou Rawls) et le batteur Derrick Martin (Little Richard). Aucune trace de guitare sur cet album qui baigne au sein du jazz et du blues savoureusement désuet… ou si vous préférez d’une atmosphère des bars de nuit…

En ouverture, "Nothing good happens after midnight" plante bien le décor. Puissante et harmonieuse, la voix est très présente. Conduite par le piano face à la basse acoustique et le drumming léger, l’instrumentation est classieuse, Nate Ginsberg se réservant un envol superbe aux ivoires. Un trio dont les interventions sont toujours aussi élégantes sur le funk bien rythmé "I wanna hate myself tomorrow". La voix de Mrs Harris est empreinte de tendresse et de feeling, tout au long du blues lent dépouillé "Haunted". Elle emprunte des accents à Etta James lors du r&b dansant "Soul sucking man" ainsi que "Trouble maker". Bill Ortiz, le trompettiste de Santana coopère sur trois plages, dont le bien jazz "Round midnight" et l'éclatant "Something wicked", une piste ponctuée par l'intervention au micro de Big Llou Johnson, un citoyen issu de Chicago dont le baryton est vraiment singulier. 

L’elpee est censé être terminé ; mais quatre bonus tracks figurent encore sur la plaque, dont le merveilleux titre lent "Have you more than you'll ever know", une compo signée Al Kooper, au cours de laquelle la performance vocale de Paula est impressionnante. Et Bill Ortiz opère son retour à la trompette sur le délicieux "Forever and a day". Excellent !

La Jungle

Past // Middle Age // Future

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Qui a vu la furieuse bête bicéphale en live, connaît la puissance phénoménale dégagée par le duo belge. Mais ces énervés montois allaient-il parvenir à la retranscrire sur un 3ème album énigmatiquement baptisé « Past // Middle Age // Future » ? La réponse est en tout point positive tant son écoute se révèle euphorisante ! Après une introduction quasi-atmosphérique (« You Say Amen I Say Sword »), le ton est donné par l’épileptique « The Invisible Child » et ne baissera jamais d’intensité jusqu’aux soubresauts finaux. Le groupe décrit sa musique comme un cocktail électrique entre techno, krautrock, transe et noise… Difficile, en effet, de mieux définir le style de La Jungle, un style unique en son genre et diablement chamanique (« The Knight Doom ») ! Un pied dans le passé et un pied dans le futur, sa furie bestiale est ici toute médiévale…

Terry Robb

Confessin' my dues

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Terry Robb est considéré comme un joyau de la scène blues issue de Portland, une ville sise au Nord-Ouest des Etats-Unis. Tant sur les cordes acoustiques qu’amplifiées, c’est un guitariste exceptionnel. Agé de 52 balais, cet artiste est pourtant originaire du Canada, de Vancouver, très exactement. Sa rencontre avec John Fahey a été déterminante sur la carrière et le style développé par Terry, qualifié de fingerpicking. Il est aussi compositeur et producteur. Sa discographie est particulièrement conséquente. "Confession' my dues" constitue déjà son quinzième album solo. Il y signe la quasi-intégralité du tracklisting.

Hormis sur 5 plages, pour lesquelles il est soutenu par une section rythmique, Terry interprète les morceaux en solitaire. Comme lors des trois premiers titres de l’opus, dont "Butch Holler stomp", joué en fingerpicking et "Still on 101", une piste imprimée sur un tempo bien blues. Doué d’une remarquable technique, l’artiste n’en oublie pas pour autant le feeling. Epaulé par sa section rythmique, il attaque "It might get sweaty", une compo au tempo spasmodique, au cours de laquelle les cordes acoustiques se mêlent au martèlement percussif de Gary Hoobs. Blues classique, "Heart made of steel" nous réserve de superbes envols de cordes aux sonorités particulièrement métalliques. Il adapte "Now Vestapol" en solo, une plage co-écrite en compagnie de ses vieux potes, John Fahey et Robert Wilkins. Il chante autoritairement "Darkest road I'm tod", en s’accompagnant à la Resonator. Une véritable perle ! Un blues personnel qui restitue un passé glorieux… Ses musiciens le rejoignent pour aborder de "Three times the blues", un exercice de style instrumental caractérisé par ses changements de tempo et les interventions de Dave Captein sur sa lourde contrebasse. "High desert everywhere" est un autre sommet du long playing. Glaciale et trempée dans la reverb, la Resonator creuse profondément jusqu’aux racines du Delta... Adam Scramstad, son pote issu de Portland, apporte son concours à la guitare rythmique amplifiée, alors que basse et batterie sont à nouveau au poste pour l’énergique "Keep your judgment". 

James Yorkston

The route to the Harmonium

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James Yorkston et King Creosote constituent certainement les meilleurs ambassadeurs du folk écossais. Enfin, depuis une quinzaine d’années. Ces songwriters ont l’art de jouer sur l’imaginaire, en brossant, à l’aide de leurs mots et de leur musique, les paysages abrupts et les ports de pêcheurs de la patrie de William Wallace. A près de cinquante balais, James n’a plus rien à prouver. Faut dire qu’il compte une discographie particulièrement abondante… et de qualité…  Et il vient de nous livrer son album le plus personnel depuis longtemps. Pour enregistrer “The Route to the Harmonium, il s’est retiré dans un studio de Cellardyke, un petit village de pêcheur et a confié la mise en forme à David Wrench (qui a notamment travaillé avec Caribou, Four Tet, Frank Ocean, FKA Twigs et David Byrne).

Sculpté dans le folk minimaliste, ce neuvième elpee recèle de nombreuses pépites. Des chansons mélancoliques bercées par des rythmes fluctuants. Bien sûr, l’instrumentation est en retrait, mais est bien plus complexe qu’elle n’y paraît. Ainsi, elle est notamment enrichie de cuivres sur les excellents “Shallow” et “Like Bees to Foxglove”, et même de cithare sur ce dernier. D’ailleurs chaque plage est alimentée par une instrumentions spécifique. Ce qui fait leur charme. En outre, les compos révèlent un sens mélodique parfaitement développé chez l’artiste. Et la superbe ballade romantique “Oh Me, Oh My” en est certainement le plus bel exemple…

A écouter, de préférence, au coin du feu, en hiver, en sirotant un verre de whiskey, élevé en fût de chêne, comme en Ecosse…

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