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The Fall

Middle Class Revolt

Aussi prolifique qu'imprévisible, Mark E Smith a enregistré la bagatelle de dix-huit albums depuis 1976. Soit une moyenne d'un elpee par année. Une performance hors du commun pour un artiste qui ne s'est jamais laissé submerger par l'évolution du temps ou des modes. Mieux encore, ces paramètres, il les a toujours anticipés, pour ne pas dire prophétisés. Et pourtant sa musique complexe, radicale, répétitive est toujours aussi reconnaissable. A cause de cette sensibilité chaotique qui transpire de ses mélodies. De sa voix laconique, impénétrable, glaciale, sorte de monologue ésotérique qui lui permet de marmotter ses lyrics merveilleusement enchevêtrés. Mais chaque elpee exhibe une nouvelle facette de son rock kaléidoscopique. Pour "Middle Class Revolt", il a ainsi recours tantôt aux cordes de guitares acoustiques fastueuses, capricieuses, tantôt aux claviers fluides, volatiles. Une œuvre fatalement difficile à décoder. Mais tellement fascinante et hypnotique, qu'il est inutile de lui résister...

 

Failure

Magnified

Non content de se partager la basse, la guitare et la batterie, Greg Edwards et Ken Anderson ont également produit leur deuxième album. Un musicien de studio est bien venu donner quelques coups de baguettes en studio, mais seulement pour quatre titres. Si ce duo yankee trahit quelques affinités avec le grunge, côté vocal surtout (NDR : qui a parlé de Kurt Cobain?), son expression est "Magnified" par le post punk et la pop. Drums tribaux (Magazine?), cordes de guitare effilées, scratchées, filandreuses (Siouxsie & The Banshees), basse menaçante (Stranglers?) scellent un excellent profil mélodique, cold pop, réminiscent de Killing Joke, quelque temps avant qu'il ne se sépare, et surtout de Psychedelic Furs...

 

Front 242

Religion

Six versions différentes du titre maître et deux de "Crapage" recyclés tour à tour par Andy Wallace, J.G. Thirwell, Lion Howlett et par The Orb. Huit remixes qui dénotent quelque peu par rapport à "Off" et "On", les deux excellents albums gravés par la bande à Daniel B et Patrick Codenys au cours de l'année 1993. Ce n'est donc pas la peine d'en faire une religion...

 

Front 242

Off

Deuxième album en moins de quatre mois pour Daniel B et Patrick Codenys, alias Front 242. Et comme prévu, Jean Luc et Richard se sont effacés pour une chanteuse. Une certaine 99 Kowalski du trio transylvanien Spill. Une chanteuse dont le timbre voluptueux, translucide, campe un hybride entre celui de Cossey F Tutti et de Sarah Cracknell (Saint Etienne). Malgré l'une ou l'autre intervention plus musclée, plus rageuse, plus virile (!), "Off" privilégie les atmosphères instrumentales. Ce qui le différencie de son précédent opus "Up evil", jaugé alors pour deux mesures d'électro hardcore yankee (Ministry, Rage Against The Machine, Nine Inch Nails) et une d'acid techno (The Orb, Sunscreem et consorts). Le nouvel opus ne se contente pourtant pas d'inverser les doses. D'abord, il limite les samplings de guitares. Ensuite, il revient à des formes synthétiques plus originelles (Throbbing Gristle?), voire contemporaines (Terry Riley?). Bien sûr, Front continue de sculpter sa matière première sur un tempo viscéral. Mais cette substance cybernétique n'est plus systématiquement martyrisée, torturée, militarisée. Elle épouse des pulsions climatiques d'une manière plus instinctive. En outre, le disque recèle trois fragments qui débordent du contexte rituel. "Serial killers don't kill the girlfriend" flirte avec la cold wave gothique de Daniel Ash, "Skin fur coat" sanctifie la techno pop de Depeche Mode, alors que l'envoûtant (quoique trop bref) "Animal Gate" transcende la phase la plus féconde de Shamen ("Progen", "LSI").

 

Front 242

Live Code

Il existe chez Front 242 deux dimensions diamétralement différentes. La première, vous vous en doutez, répond à des normes de haute technologie et de synthétisation du son. Elle s'élabore exclusivement en studio. La deuxième transmet des pulsions viscérales dans un environnement visuel épileptique. Elle se consomme ‘live’. Alors, un enregistrement public, reproduit sur disque, sans son support optique et énergétique souffre inévitablement d'une carence d'efficacité. Bien que bénéficiant d'une remasteration studio, ce set accordé à la radio néerlandaise VPRO3 le 25 octobre 93 a davantage une valeur documentaire, voire sentimentale, qu'artistique. Pour fans exclusivement !

 

Robert Fripp & Brian Eno

The Essential Fripp and Eno

Vingt ans plus tôt, Eno venait de quitter Roxy Music alors que Fripp assistait impuissant à l'agonie de son premier King Crimson. Leur rencontre va déboucher sur des expérimentations avant-gardistes, totalement révolutionnaires pour l'époque, que seul jusqu'alors le compositeur américain Tery Riley était parvenu à déflorer. Ces applications feront l'objet d'un album en 1973, "No Pussyfooting". Deux longues faces partagées entre les lamentations de la guitare de Bob et les perspectives synthético-atmosphériques imaginées par Brian. La firme de disques, major en l'occurrence, va très mal prendre la chose... sauf lorsque l'elpee atteindra le top 30 aux Iles Britanniques. En 1975, le duo décide de remettre le couvert avec "Evening Star". Eno y prépare (in)consciemment ses observations dans le domaine de l'‘ambient’, observations qu'il concrétisera sur "Discret Music" et "Another Green World" un peu plus tard; alors que Robert traite les cordes de sa Les Paul à la manière d'une symphonie électrique post "Lark's Tongue In Aspic". Ce recueil résume en quatre fragments la quintessence de ces deux œuvres. Une compilation enrichie de quatre versions différentes de "Healthy Colours", quatre adaptations d'un même thème. Probablement imaginé à la même époque cet inédit préfigure les travaux menés début des eighties par Cabaret Voltaire dans le domaine de la manipulation des voix. Un document !

 

Frente !

Marvin The Album

Bien que jouissant d'une énorme popularité aux Antipodes, cet ensemble australien a dû attendre fin 1993 pour faire son entrée sur la scène internationale. Grâce au hit "Accindently Kelly Street", superbe chanson qui envahit les ondes radiophoniques depuis quelques semaines. Et qui figure bien évidemment sur ce "Marvin The Album". Malheureusement, hormis "Labour Of Love", dont la gravure en single ne devrait tarder, les onze autres fragments s'égarent dans une sorte de soft pop feutrée de folk, de jazz ou de bossa nova, mais sans grand relief ni originalité. Même la superbe voix d'Angie, dont le timbre rappelle tantôt Harriett (Sundays) tantôt Suzanne Vega, ne parvient pas à arracher ces compositions d'une certaine morosité, voire d'un certain ennui... Contentez vous donc du single !

 

Frankie Goes To Hollywood

Reload ! The Whole 12 inches

Les plus gros succès de FGTH remixés pour les besoins de la ‘dance’. Soit "Relax", "Two Tribes", "Welcome To The Pleasure Dome", "Rage Hard" et "Warriors Of The Wasteland" dans des versions qui jusqu'à présent n'étaient disponibles qu'en 12 inches. Dispensable !

 

Robert Forster

I had a New York girlfriend

Pour enregistrer son troisième album solo, cet ex-Go Betweens a voulu se faire plaisir. Puiser dans le répertoire d'autres artistes pour y interpréter ses chansons préférées. Depuis "Nature's way" de Spirit à "Look out here comes tomorrow" de Neil Diamond, en passant par "Echo Beach" de Martha & The Muffins, "Tell me that it isn't true" de Dylan, "Locked away" de Keith Richards et "2541" de Hüsker Dü. Une composition de Grant Hart qui a d'ailleurs bénéficié d'une gravure en single. Une œuvre pour laquelle il s'est fait épauler par Graham Lee des Triffids ainsi que par Mick Harvey et Conway Savage des Bad Seeds. Des reprises auxquelles Robert parvient, par son audace, sa spontanéité et sa délicatesse, à sculpter de nouveaux angles. Des chansons qu'il caresse d'une voix tourmentée, poignante, à la manière d'un Simon Bonney ou d'un David McComb...

 

Flipper

Album Generic Flipper

Alors qu'en 1977, Sid Vicious créait le pogo, de l'autre côté de l'Atlantique, Flipper inventait, le ‘worm’, technique qui consistait à s'effondrer sur le sol, en essayant d'entraîner le plus de monde avec soi. L'aventure de cet ensemble californien cessera pourtant le 9 décembre 1987. Dramatiquement. Will Statter succombant à une overdose d'héroïne. Après cinq années de silence, Flipper vient de se reformer. "Album Generic Flipper" ne constitue pourtant pas le nouvel opus du combo yankee, mais une réimpression en CD d'un elpee paru en 1982. Le nouvel album serait déjà sorti aux States. Mais pour le Vieux Continent, il faudra probablement encore attendre quelques semaines. "Album Generic Flipper" reflète la partie la plus pure de l'esprit hardcore propagé outre-Atlantique. Celui que développera au cours des eighties des groupes comme Black Flag, Hüsker Dü ou Meat Puppets. Mais également début des nineties, des formations comme Nirvana ou les Melvins. Un véritable document dont l'expression filandreuse, corrosive, désespérée, nous permet juste de patienter jusqu'à la sortie du futur CD: "The Light, The Sound..."

 

The Fleshtones

Forever

Fondé à New York, à la fin des seventies, The Fleshtones a forgé sa réputation sur les planches. Là ils y manifestait une vitalité bien crade, bien rauque, bien ‘speed’ en pratiquant un style musical mi-garage, mi-psychédélique, inspiré du rock des Yardbirds, de Count Five, de Sam The Sham ou de Question Mark & The Mysterians, et saupoudré de rhythm’n’blues. Un cocktail détonnant qui lui permettra de devenir un véritable groupe culte. Aujourd'hui le combo semble s'être assagi, et on ne parle plus guère des sempiternelles altercations entre les deux leaders du groupe, Keith Streng et Peter Zaremba. Zaremba s'intéresse d'ailleurs de plus en plus à la production. Ce qui ne l'a pas empêché de faire appel à Peter Buck, son pote de toujours, pour produire cet album; et puis d'inviter Mike Mills autre REM pour assurer les claviers. Bref, on comprend mieux pourquoi les Fleshtones diluent aujourd'hui leur agressivité dans un garage pop. Même le titres les plus remuants n'ont plus rien de dérangeant. "Forever Fleshtones" macère ainsi dans une solution légèrement cuivrée de r&b, solution filtrée successivement par les vertus les plus mélodiques des Kinks, de Van Morisson, d'XTC et des Stones.

 

The Fleshtones

Beautiful Light (Ep)

Titre maître de cet Ep, "Beautiful Light" reflète l'aspect le plus pop, le plus soft du dernier album de cet ensemble new-yorkais. C'est peut-être la raison pour laquelle, il a été pressé en single. Une jolie chanson qui aurait pu tout aussi bien appartenir au répertoire de REM. Normal, lorsqu'on sait que l'album a été produit par Peter Buck. Le deuxième titre, ne figure pas sur "Forever Fleshtones", mais bénéficiant de la participation de Mike Mills aux claviers, ne s'éloigne pas tellement du climat général du CD. Finalement, c'est le troisième fragment de ce maxi qui nous semble le plus intéressant. Mixé par Jim Ball et le combo au studio RPM de New York, il recèle un son beaucoup plus crade, plus punk, qui correspond beaucoup mieux au style garage auquel le groupe nous a toujours habitués, et qu'il manifeste si bien sur les planches...

 

Five To One

Liquid Sky

Pour être aussi obnubilés par le rock de la fin des sixties et du tout début des seventies, il faut croire que les musiciens de ce quintet liégeois sont allés fureter dans la collection de vinyles de leurs parents. Pas seulement parce que ce "Liquid Sky" recèle la cover classique des Doors, "Riders On The Storm" ou des ballades post Kansas voire sub Kayak. Ni à cause des claviers (Hammond?) qui recouvrent d'une belle couche de poussière toutes les mélodies. Mais surtout parce que " Five To One " ose pasticher "In-A-Gadda-Da-Vida" d'Iron Butterfly sur la place publique. Pardon sur "Public Place". Même qu'au beau milieu du morceau on y retrouve un semblant de solo de batterie. Le délit prémédité dans toute sa splendeur/son horreur! (biffez la mention inutile).

 

Fish

Suits

Nouvel album solo pour cet ex-Marillion qui flaire le fil(et) de col(l)in à cent miles. Une merluche sonore insipide qui nage exclusivement dans les eaux troubles de la ban(de) FM. Le single "Lady Let It Lie" donne d'ailleurs le t(h)on de cette bouillabaisse douteuse au sein de laquelle le célèbre producteur/ingénieur du son James Cassidy est venu se noyer...

 

Erasure

I Say I Say I Say

Pour mettre en valeur son huitième album, Erasure n'a pas lésiné sur la qualité de l'emballage. Une pochette qui figurera, sans aucun doute, au panthéon des plus belles illustrations graphiques dans l'histoire de la pop et de la rock music. Présentée sous la forme d'un double 30 cm, elle laisse apparaître, lors de son ouverture, la reproduction d'un château hanté digne des plus beaux cartoons de Walt Disney... Il ne suffit heureusement pas de présenter un bel apparat pour être transporté (!) Pourtant, il faut reconnaître que le contenu de ce disque est soigné, raffiné. Et baignant dans les mêmes eaux troubles que Jimmy Sommerville, KD Lang, Pet Shop Boys et Boy George, il recèle quelques hits en puissance. "Man In The Moon", "Run To The Sun" et "Miracle", par exemple. Mais peu réceptifs aux sonorités computarisées, superficielles et inoffensives de ce duo ambigu, ni au vocal falsetto, androgyne d'Andy Bell, nous ne pouvons qu'émettre un avis très subjectif au sujet de ce disque. Et pas la peine de le répéter trois fois!

 

Eloy

Chronicle II

Le deuxième volume compilateur consacré à la formation germanique Eloy couvre la période qui se situe entre 1986 et 1992. Soit celle au cours de laquelle, la destinée du groupe ne reposait plus que sur les seuls Frank Boremen et Michael Gerlach. Ensemble d'Eurock dans toute sa splendeur, Eloy s'adresse essentiellement aux babas cools qui continuent de sanctifier les Barclay James Harvest, Sad Cafe, Kansas et autres Yes. Même le graphisme de la pochette rappelle un certain Roger Dean. Et pourtant, une écoute plus attentive permet d'y remarquer des nuances technologiques beaucoup plus sophistiquées. Probablement empruntées à Tangerine Dream et à New Musik. Mais notre avis n'a pas nécessairement forme d'Eloy...

 

Eleventh Dream Day

Ursa Major

Cocktail de blues urbain et de country électrique, la musique d'Eleventh Dream Day libère une énergie savoureuse, vivifiante, soulignée de lyrics ironiques et profonds. Une énergie essentiellement alimentée par les cordes de guitare psychotiques, turbulentes, incisives, sauvages et hydratées par le vocal aigre-doux de Janet Bean. Si on ne tient pas compte du premier mini elpee éponyme gravé en 1987, la formation de Chicago en est aujourd'hui à son cinquième album. Un opus constitué de neuf titres tempétueux, purulents, inspiré comme ses prédécesseurs par l'élite du rock américain. Depuis Neil Young à Velvet Underground, en passant par Gun Club, Dinosaur Jr et Dream Syndicate. Et si l'intensité des mélodies se révèle quelque peu plus languissante, elle n'en est pas moins demeurée aussi percutante...

 

The Elastic Purejoy

The Elastic Purejoy

Dave Allen s'est surtout illustré au cours des eighties au sein de Gang Of Four et de Shriekback comme bassiste. Depuis, il a tâté au journalisme, fondé son propre label ‘World Domination’, et puis tenté de monter l'un ou l'autre groupe, mais sans grand succès. Sa dernière aventure au sein de Low Pop Suicide est d'ailleurs toujours d'actualité. The Elastic Purejoy n'est donc pas le nouveau combo de Dave, mais un album solo, pour lequel il s'est entouré de quelques potes et de musiciens de studio. Première surprise, il a délaissé sa basse pour se consacrer au chant. Enfin presque, puisque sur trois titres, il n'a pas pu s'empêcher de s'emparer de son instrument de prédilection. Deux fois sous forme acoustique et une fois dans son style traditionnel. Question de renouer avec le funk blanc de son prestigieux passé. Produit par Ian Caple (Tindersticks), ce disque est tout à fait remarquable. Et si les deux covers ("Soul And Fire" de Lou Barlow et "Stiff" de Brian Eno), le floydien "Witness" ainsi que les lancinants, savoureusement électriques, presque ‘crazyhorsiens’ "An Element Of Doubt" et surtout "You Are My PFM", tiennent le haut du pavé, les autres compositions qui flânent dans le jardin secret de Sebadoh, Private Idaho voire de Go Betweens ou se penchent sur la littérature de Samuel Beckett et de Robert Hughes, ne manquent pas d'éloquence...

Echobelly

Everyone´s got one

Morrissey a avoué récemment être tombé sous le charme de ce groupe ; et le Melody Maker ne rate pas une occasion pour lui consacrer un papier. Passé quintet depuis que l'ex-guitariste de Curve, Debbie Smith, est venu complété le line-up initial, Echobelly n'en est pourtant pas à son premier album. Disque aux lyrics particulièrement engagés, nés de la plume de Sonya Aurora-Madan, " Everyone's got one " traite de sujets aussi épineux que la traite des femmes asiatiques et arabes, l'avortement, la discrimination sexuelle ou raciale, l'abus de consommation de drogue. Sonya est de souche asiatique. Ce qui explique sans doute pourquoi elle accorde une telle importance au contenu de ses messages. Ce qui ne veut pas dire que l'expression musicale soit négligée pour autant. Au contraire. Sonya possède une voix claire, malicieuse, glamour, dont le timbre rappelle parfois Martha des Muffins, une voix qui hydrate des mélodies excitantes, contagieuses, dont les vagues vibrantes, mordantes, abrasives ou tourmentées de cordes de guitare évoquent tantôt Oasis, tantôt les Buzzcoks, voire les Photos...

 

The Earthmen

The fall and rise of my favourite sixties girl (Ep)

Quintet australien, The Earthmen semble surtout avoir été marqué par la musique britannique. C'est en tous cas l'impression que nous donne ce mini CD constitué de cinq titres. Un disque qui affiche une richesse mélodique tout à fait étonnante. Tramée basiquement sur l'électricité crépitante, écorchée, geignarde des cordes de guitares, secouée par des accès de basse sourds, ondoyants, éclaboussée tantôt de claviers fluides, traversée tantôt d'un violon ou d'un violoncelle déchirant ou romantique, voire de bandes passées à l'envers, elle embrasse à la fois la fraîcheur d'un Teenage FanClub, le délire menaçant ou le classicisme éthéré de King Crimson ainsi que l'audace de Boo Radleys. Superbe!

 

Executive Slacks

Repressed: The best of Executive Slacks

Avant toute chose, il est absolument nécessaire de replacer ce groupe yankee dans son contexte temps. Sans quoi, ce CD vous paraîtra complètement ridicule. Ce trio pennsylvanien (Philadelphie) a marqué de son empreinte la musique post industrielle entre et 82 et 86. Nous aurions presque tendance à préciser post industrielle à caractère punk. Car son univers obsédant, nauséeux, tribal avait plus à voir avec des groupes comme Alex Sex Fiend ou Killing Joke que Cabaret Voltaire. Douze titres, parmi lesquels figure une cover de Gary Glitter ("Rockn'roll), composent cet opus. Douze fragments de heavy mental dangereusement hypnotiques, perversement reptiliens, traités électroniquement avec une précision satanique, triturés par les accords de guitare sableux, sauvages, et recouverts de vocaux sulfureux qui palpitent au rythme cardiaque de la ferveur païenne...