Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Un diptyque pour Then Comes Silence

Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

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Didier Deroissart

Didier Deroissart

vendredi, 22 juillet 2016 03:00

Boomtown 2016 : vendredi 22 juillet

Lors de cette édition 2016 du Boomtown, de nombreux concerts se déroulent à l’Opéra de Gand, une salle somptueuse au sein de laquelle le son est vraiment nickel. Et puis particulièrement confortable. Votre serviteur ne s’en plaindra pas. Ce vendredi 22 juillet, le festival accueille Gabriel Rios. Pas de supporting act.

Gantois d’adoption, Gabriel Rios est considéré comme le plus belge des Portoricains. Il est particulièrement populaire au Nord du pays. Son dernier elpee, « This Marauder's Midnight », remonte à 2014. En fait, il avait compilé tous les singles, gravés depuis l’automne 2013, à raison d’un exemplaire chaque troisième lundi du mois.

Depuis quelques années, il tourne au sein d’un trio acoustique. Il est ainsi soutenu par la contrebassiste Ruben Samama et la violoncelliste Amber Docters Van Leeuwen. Mais pas seulement, puisque le line up est régulièrement renforcé par un trio de cuivres (bugle, cor de chasse, trombone à coulisse) et un percussionniste. Ce dernier est même particulièrement sémillant. Musiczine avait déjà pu le constater lors de l’avant-dernière édition du Cactus et puis l’an dernier, au sein d’un Cirque Royal plein à craquer. Chaque musico apporte sa contribution à une musique classieuse et empreinte d’émotion. Gabriel Rios communique beaucoup avec l’auditoire et semble transcendé par la configuration des lieux.

Evidemment, le public féminin craque face à la gueule d’ange de Rios. Tiens, le set ne s’ouvre pas par la reprise du « Voodoo Chile » de Jimi Hendrix. En fait Gabriel débarque seul, sur l’estrade, pour interpréter une nouvelle compo. D’ailleurs, la set list va mêler ancien et nouveau répertoire. Ruben fait son apparition avant « Straight Song » (« The Dangerous Return »). Il empoigne et relève dignement sa contrebasse. Il a constamment le sourire aux lèvres. Rios et Samana tapotent subtilement sur la caisse de leur instru en guise de percus. Ce duo à deux voix et quatre mains ravit un public déjà conquis. Amber les rejoint pour la troisième chanson. Toujours aussi jolie et souriante, elle a coiffé ses cheveux en chignon. Elle s’installe sur son siège haut, derrière son violoncelle. Des spots blancs illuminent les artistes tout au long de « Skip The Intro », un morceau dont le feeling mélancolique est entretenu par  le violoncelle, avant qu’elle ne s’autorise un bel envol, en fin de parcours.  

Les nouvelles compos sont douces. Lorsque le percussionniste débarque, c’est pour frapper sur une calebasse retournée en bois. Et dans cet exercice, il est vraiment brillant. Les interventions du trio de cuivres sont remarquables. Au cours des 90 minutes de concert, on aura bien sûr droit aux inévitables « Gold » et « Police Sounds ».

En rappel, la troupe va notamment nous réserver « El Raton » et « El Carretero », deux titres particulièrement latino. Un final qui m’a fait penser, à un certain moment, à Buena Vista Social Club. Quelle belle soirée !

(Organisation : Boomtown Festival)

Gabriel Rios

 

samedi, 30 avril 2016 03:00

De quoi laisser sans voix…

Pour accueillir The Heymoonshaker, l’Alhambra est sold out. Faut dire que depuis plus ou moins 3 ans, il ratisse large. Un duo réunissant le guitariste/chanteur Andy Balcon –un barbu sympathique, par ailleurs– et Dave Crowe, le Human Beat Box. Vous savez un type qui joue de tous les instruments à l’aide de sa bouche. Ce soir, la paire va nous servir du blues, du rock’n’roll et du rock alternatif.

Il revient à Solkins de chauffer la salle. Solkins ou Konoba, c'est le même combat. La formation réunit Maxime Honhon (Electric Chateau, Konoba) à la guitare et au chant, Grégory Bourguignon aux drums, Maxime Simon (Whylanders, Konoba) aux synthés et aux machines (NDR : c’est celui qui arbore une moustache qui ferait pâlir de jalousie les Brigades du Tigre) ainsi que Thomas Maisin à la basse. A son actif trois Eps : « The Descent » (2012) « The Ascension » (2013) et bien sûr « Gold », un disque découpé en 5 pistes que le band qualifie de ‘gold pop’.

Le set s’ouvre par « It Never Comes », dernière plage de l’Ep. Les deux Max conjuguent leur voix. Ce qui est intéressant chez ce quatuor, c’est que de concert en concert, il parvient à proposer différentes versions de ses compositions. « People Want Gold » est un titre sculpté pour la bande FM. Ce morceau est né d’une collaboration avec un vidéaste allemand qui réalise des vidéos 'timelapse' (NDR : un effet spécial né de l’accélération du flux des images, réalisé lors de la prise de vues ou en postproduction, spécifique au cinéma). Nous fermons les yeux. On imagine des étoiles, un coucher de soleil et des nuages qui  défilent. On quitte la planète pour la stratosphère. La voix est aérienne et le touché de guitare précis. Installé en fond de scène, le drummer focalise tous les regards, à cause de ses mimiques si caractéristiques qui accompagnent ses mouvements de frappe. Une forme de mise en scène  naturelle. Bien souligné par les claviers, « Small Things » est un morceau plus dansant. Deux nouveaux titres : « Myself » et « Flowers ». Et avant de clore la prestation par « Old tree », le groupe ne va pas oublier d’interpréter son single, « Someone To Blame »…

L'aventure Heymoonshaker a débuté en 2005. A cette époque Andrew Balcon choisit déjà ce patronyme comme nom de scène. En 2008, il part en Nouvelle-Zélande. Il y rencontre alors le Human beat boxer Dave Crowe. Paradoxe, ils sont tous les deux britanniques. Et partagent une même passion pour le blues et l’‘electronic drum bass’. D’abord artistes de rue, ils écument ensuite les bars. Mais le duo se sépare et chacun décide de suivre son propre chemin. Ils se retrouvent cependant en Suède, où ils décident de reprendre l’aventure ensemble. Et s’installent même en France. Un premier elpee, intitulé « Beatbox Blues », paraît en 2012. Il est suivi d’un Ep (« Shakerism ») et d’un deuxième opus, baptisé « Noir », publié en 2015, un disque sombre, presque tribal, qui plonge au sein des racines du blues et du rock.

En ‘live’, Heymoonshaker impressionne par ses gros riffs, ses rythmes lourds, couplés à la voix sableuse, rocailleuse même, d’Andy. Le spectre de Led Zeppelin et Muddy Waters plane constamment.

Les cheveux noués en chignon, Balcon a le regard incendiaire. Très électriques, ses riffs sont viscéraux et nerveux. Dave approche le micro de ses lèvres et entame son multivocalisme. « Street of England » est bombardé de beats frénétiques. Dave impressionne déjà par ses percus vocales. Et il le démontre à nouveau tout au long de « Best of my love ». Tout comme lors du plus rock « Wheels In Motion », au cours duquel il s’inspire carrément du drumming de John Bonham. De quoi laisser sans voix !

La scène est plongée dans une semi pénombre, mais le light show, de couleur blanche, se focalise sur les artistes.   

Les sonorités de gratte sont bien primitives, basiques voir animales sur « Take The Reins ». Dave se charge, bien entendu, des bruitages. Andy empoigne son dobro et attaque le blues lent « Amandine », un morceau aux sonorités métalliques, qui nous entraîne à l’orée du Bayou, là où il n’y pas encore d’alligators.

La suite du spectacle va se révéler bien plus humoristique. Dave (NDR : il s'exprime très bien en français), fait le pitre lors des présentations. Andy reste en retrait et se concentre pour la chanson suivante « Lazy Eye », compo au cours de laquelle, seul, il se prend pour Mike Rosenberg (Passenger). Peu à peu on pénètre de plus en plus profondément dans le marais du bayou. Le climat est plus sombre. Ces marécages sont infestés d’alligators…

Dave va nous faire de nouveau son ‘one man show’ en mode Beat Box. Entraînant, « Fell Love » est bien cuivré par sa voix. Avant que le set ne s’achève par « Devil In Mind », histoire de rappeler sans doute, le pacte signé entre Robert Johnson et le diable ; enfin c’est ce que la légende raconte…

(Organisation : Alhambra)

 

mercredi, 20 juillet 2016 20:06

Elégie

Katel a déjà pas mal bourlingué. Jusqu'en 2002, elle était une des deux chanteuses du groupe Dune Leia. Puis elle a décidé d’embrasser une carrière solo. Après avoir gravé un premier Ep 8 titres intitulé « Raides à la ville », en 2006, elle aligne les albums. En 2013, elle rejoint Marc Huyghens (ex-Venus) au sein de Joy et participe aux sessions du long playing « All The Battles ». Elle a depuis collaboré à différents projets et monté son propre label ‘A L'Aphélie’ (NDR : signé sous licence chez At(h)ome). Et le résumé est succinct…

Karen Lohier, aka Katel, a enregistré « Elégie », toute seule chez elle. C’est l’aboutissement de 4 longues années de travail.

Elle y exploite sa voix tel un instrument. Une voix fascinante, envoûtante, éthérée et d’une rare richesse. D’ailleurs, elle assure également les chœurs.

Le thème principal de son 3ème LP s’inspire d’une rupture amoureuse, mais aussi et surtout du décès de sa maman.

Les vocaux de « Voûtes » ont été enregistrés au sein d’une église. Sur cette plage, Katel a bénéficié de la participation de Nathalie Réaux, Diane Sorel, Skye et Claire Joseph (Sirius Plan), aux chœurs. Et leur concours est précieux. La structure mélodique et instrumentale est également sophistiquée.

« Cyclones » est déjà paru en single. Il a également fait l’objet d’un clip réunissant des images d'archives familiales montées par Robi. Jouée sur deux accords, il s’agit de la première chanson écrite par l’artiste, après la mort de sa mère. Entretenu par un clavecin et parsemé de bruitages, le climat est baroque. ‘Devant le futur impérial des armées de journées debout, ne me dites pas que je suis seule!’. Le destin est parfois tragique.

« A L'Aphélie » (nom du label, on vous le rappelle), reflète le cri désespéré d'un enfant qui revient vers l'adulte quand il se sent abandonné. Katel reste focalisée sur ses disparus (« Saisons »). Elle est hantée par leur absence (« Au Large »). Tempétueux ou paisible, le chant est versatile. Une quête intérieure perpétuelle d'où surgit soudainement la voix de Marguerite Yourcenar pour le mystérieux et magnifique « Danse Sur le Lac De Contance ». Empreint d'une grande mélancolie, c'est la narration d'un chevalier allemand qui traverse le lac gelé de nuit. Arrivé de l'autre côté, il tombe de cheval. Il a failli mourir.

Des chœurs atmosphériques envahissent « Hors-Foule »… « Ralentis » permet de reprendre son souffle. L'oiseau associé rappelle les chansons de Robert Wyatt qui ont bercé la jeunesse de Katel. Amorcé par des accords d’ivoire, « Echos » met en exergue sa voix claire et limpide, qui lorgne ici vers Björk voire Kate Bush. Le voyage se poursuit dans les stratosphères de l'âme torturée et pleine de passion. « De l’ombre » s’écoute religieusement.

Au sein du studio de John Parrish, le piano droit sur lequel PJ Harvey avait joué, inspire Katel. Elle a conservé l'enregistrement et a complété le reste par la suite. Et le résultat est « Elégie », le titre maître qui achève l’opus. Un hommage à sa mère qui était fan de PJ Harvey.

Vu les textes à la fois torturés et authentiques, on ne peut s’empêcher de penser au dernier album de Bowie, une œuvre à la fois morbide, glaciale, mais géniale. « Elégie » épanche une semblable mélancolie susceptible d’entraîner la transe introspective. Mais cette œuvre est traversée de brillants rayons de soleil tourné vers un furieux désir de vivre. Plusieurs écoutes sont cependant nécessaires, pour apprécier ce disque à sa juste valeur…

 

mercredi, 20 juillet 2016 20:05

Angora

Karpatt roule sa bosse depuis plus de 20 ans. De bars en salles, à travers l'Hexagone, le trio a fini par parcourir le monde. Son dernier opus, « Sur Le Quai », remonte déjà à 2011. « Angora », c’est un estaminet sis à Paris, où les 13 chansons de cet album sont nées.

Le line up du band est inchangé depuis le départ. Il réunit le compositeur Fred Rollat (chant, guitare, accordéon), Hervé Jegousso (basse, contrebasse, porte-voix) et Gaétan Lerat (guitare, banjo, percussions). 

A son actif, 6 elpees studio, dont le deuxième, « Dans Le Caillou », publié en 2004, avait bénéficié du concours de Richard Lorca et Manu Solo ; un disque qui correspondait à leur période manouche.

« Salvador » s’inspire de voyages accomplis en Amérique latine et Centrale. « J'suis mort » nous entraîne plutôt au cœur de l’Extrême-Orient. Et « Ecarteleur » nous transporte en Afrique, un morceau sucré qui raconte l’histoire d'une famille de bourreaux de père en fils. Irrésistible tant dans les mots que le rythme.

Les histoires racontées sont tantôt tristes, nostalgiques ou joyeuses, à l’instar de « Un jeu » ou d’« Amours d’été ». Plus paisibles, « Péniche » et « Encombrants » traitent de la vie et de tout ce qui l’entoure. « Pupuseria » est illuminé par son envol de cordes… et elles finissent par vous emporter dans leur élan.

Cordes et clochettes alimentent un « Partage » entre les musicos et ses aficionados, dans un climat à la fois tendre, léger et dépouillé.

« Chez Toi » en revient au jazz manouche, une compo qui aurait pu figurer au répertoire de Thomas Dutronc.

« Pétales » ou dites le avec des fleurs. Elles piquent. Elles sont offertes aussi, quand on aime  un peu, passionnément ou à la folie. Tant qu'elles sentent bon, il faut en profiter.

Rock et électro sont passés à la « Moulinette » et « Cordes » s’inscrit davantage dans l’esprit de Brassens, voire de Moustaki, avant qu’« Un jeu » de mots à la Toni Melvil n’achève la plaque…

 

mercredi, 20 juillet 2016 20:02

Happy Machine

« Happy Machine » constitue déjà le 7ème elpee de Dubioza Kolektiv, un groupe bosniaque qui pratique une musique festive, délirante, déjantée, dans l’esprit de Shaka Ponk voire de Sla P. Un melting pot au sein duquel entre en lice rock balkanique, ska, reggae, electro swing, dub, metal, hip hop, ragga et punk. En ‘live’, ces joyeux lurons comblent les spectateurs qui ne demandent qu’à danser et s'éclater. Et leur bonne humeur y est communicative. Ils jouissent de cette flatteuse notoriété dans leur patrie, mais également au sein des pays limitrophes. Leur prochain objectif : se forger un nom sur la scène internationale.

Pour enregistrer ce nouvel elpee, le collectif a reçu le concours de quelques invités de marque. Et tout particulièrement Manu Chao, Benji Webbe (Skindred), Roy Paci (NDR : cet Italien se consacre au chant et à la trompette), Punjabi Bee2 (NDR : ce vocaliste milite au sein du groupe catalan de ska/rumba, La Pagatina) ainsi que Dzambo Agusev (NDR : cet autre trompettiste est macédonien).

Accrocheur, « All Equal » s’ouvre dans une world music de type arabisante avant d’embrayer dans le rock balkanique. « No Escape (From Balkan) » est paru en single. Et il déchire. Alliant simplicité et efficacité, cette plage est vraiment idéale pour la scène. Tout comme les très cuivrés « One More Time » et le ska nerveux « Red Carpet », une compo à laquelle participe Manu Chao. Plus paisible « Alarm Song » agrège ska/punk, drum’n’bass et dubstep.

« Free MP3, The Pirate Bay Song » compte plus de trois millions de vue sur la toile. Elle relate 'histoire du site 'Thepiratebay.org’, condamné pour ses ‘crimes digitaux'. Les artistes remettent toute la toile en question, aussi bien les droits d'auteurs, la vie privée que la liberté d'information.

Si « Boom! » lorgne vers Shaka Ponk, l’ombre de Sean Paul y plane.

Skindred (Benji Webbe) se consacre à la gratte sur le métallique « Riot Fire ». La Pegatina apporte sa coloration catalane à « Hay Liberdad », un peu dans l’esprit de La Mano Negra.

Le long playing s’achève par l’excellent « 24 000 Baci », que chante dans la langue de Dante, Roy Paci.

En espérant bientôt voir ce collectif sur les planches.

mercredi, 20 juillet 2016 19:58

Outatime

David Madi, c’est le vainqueur du télé-crochet ‘The Voice’ (Belgique-Saison 2), en 2013. Excellent guitariste, il possède une voix singulière qui colle bien au style rock. Après s’être illustré en adaptant le « Come As You Are » de Nirvana, il grave son premier elpee solo, « Amour Nuit », en 2014.  Mais l’année suivante, il décide de revenir à ses premiers amours, le groupe Aberdeen. Au sein duquel figure également le drummer Fabrice Vanderest qui participe à l’écriture des compos, ainsi que le bassiste Santo La Marca. Un power trio dont le temps semble s’être arrêté en 1990 (« Outatime »)

Aberdeen, c’est la ville natale de Kurt Cobain. Ce qui explique le patronyme du band. Madi est tombé dans la marmite à grunge, dès la naissance de ce style musical. Celui de Pearl Jam et surtout de Nirvana. Pas étonnant que l’elpee transpire le genre de bout en bout.

De cet opus, on épinglera « Dirty Face », une véritable perle qui évolue sur un tempo lancinant. Et puis « While You Sleep », le morceau de clôture, qui s’étale sur 21 minutes. Une nuit blanche en perspective. C'est du véritable live sur album.

 

mardi, 05 juillet 2016 13:45

Everything Is Falling Down

Fondé par la chanteuse/claviériste Soho Grant et le chanteur/guitariste/percussionniste Renaud Versteegen, Coffee Or Not, est actif depuis 2009. « Everything Is Falling Down » constitue son quatrième album. Il fait suite à « Not Along In Our Mind » (2010), « Ghost » (2012), « SoRe » (2015). Frédéric Renaux est cependant venu enrichir le line up. Faut dire qu’il accompagnait déjà le duo en ‘live’. Dorénavant, non seulement il se consacrera à la basse, mais également à l’écriture.

S’ouvrant par un timide riff de gratte, « A Different Light » est dominé par Soho. Elle s’y réserve les ivoires et le chant. Une voix tout bonnement remarquable. 

Lorsque Soho et Renaud les conjuguent, les harmonies prennent une dimension atmosphérique.

Renaud se sert régulièrement d’un looper, mais la grosse surprise procède du recours plus intensif à la guitare électrique.

Second single issu de l’elpee, « May I lay Down ? » est également doublé d’une vidéo.

Plus paisible, « Are You Afraid?? » opère un retour aux deux premiers long playings. Tout en plongeant au cœur d’une forme de mélancolie. A l’instar de « The Day She Locked Herself Away » et « Everything is Falling Down », deux titres au cours desquels gratte et ivoires entrent littéralement en duel, alors que la voix de Soho s’envole dans la stratosphère… Malgré l’intermède instrumental « All The Voices Disappeared », le climat reste au spleen. Et « Nottingham » le confirme. Les deux plages baptisées « Lightweight » (« Part One » et « Part Two ») constituent certainement les deux pistes les plus expérimentales. Torturées, à la limite du psychédélisme, elles frôlent l’univers ténébreux, complexe et envoûtant d’Archive. Et c’est « What Took You So Long? » qui clôt le long playing, un morceau particulièrement abouti qui reflète une nouvelle maturité acquise par Coffee Or Not…

mardi, 05 juillet 2016 13:44

Soul Vibrations

Aka Géraldine Battesti, Dyna B a participé à l’aventure musicale de spectacles pour enfants, Mamemo. Une jeune artiste belgo-haïtienne, capable de se transformer, sur scène, en une créature majestueuse et bouleversante à la manière d'une diva afro-américaine. Pensez à Nina Simone voire Tracy Chapman. Son premier elpee, « Take A Break », est paru en 2011. Et « Soul Vibrations » constitue son second.

Suivant les morceaux, elle chante en anglais, en français ou en créole. Des chansons métissées, sucrées, sculptées dans la soul, la pop et le reggae. Et qu’elle chante d’une voix suave, ample, mais particulièrement solide. Elle y incarne toute la mixité culturelle de la Belgique, tout en perpétuant un état d’esprit hérité de l’Amérique noire et des Caraïbes

Dyna B avait participé aux tournées de SOURCES et DOUBLE du chorégraphe Nono Battesti, pour y chanter et danser. Ce qui explique pourquoi, c’est ce dernier qui produit le nouvel elpee.

D’une durée de 60 minutes, le long playing est découpé en 15 pistes. Un œuvre au cours de laquelle l’artiste nous invite à visiter les quatre coins de la planète.

« Hey Baby » ouvre la plaque. Une compo qu’elle interprète dans la langue de Voltaire. Ivoires, Hammond et basse occupent bien l’espace sonore. 

« Reborn » est incontestablement le titre le plus musclé, le plus rock de l’opus.

« Dance Under The Rain » constitue mon coup de cœur. On imagine facilement une chorale qui chante dans une église, plantée au beaux milieu du Delta, dans le Bayou…

« Née Autre Part » se tourne désespérément vers Kingston. Un hommage vibrant aux migrants qui quittent leur pays pour rejoindre le Vieux Continent. « Go Down XP » est un Negro spiritual interprété en 1958 par Louis Armstrong. La nouvelle version est audacieuse, quelque part ragga, mais superbe. Pour la circonstance, Dyna a reçu le concours de Simon Danhier qui exécute la partie chantée dans la langue de Voltaire.

Plus lent, « Come Back » met bien en exergue la puissance vocale de Mrs Géraldine Battesti. Tout comme « La fièvre », au cours duquel riffs de grattes, accords de piano et flux de percus se livrent bataille.

Une autre reprise ? Le « Istwa Dwol » de l’Haïtien Belo. Elle y traduit tout son spleen sur ce blues chanté en créole. « Non Non Non » figurait déjà sur son premier long playing. Mais l’adaptation est davantage colorée de reggae…

« Life Is Good », « Béton Acier », « Better Man » et « Mother Nature » s'écoutent avec délectation. L’album s’achève par « Hey Baby Dub ». Bien sûr il y a du dub. Mais cette piste est surtout la plus radiophonique et contemporaine de l’LP.  D’ailleurs, tout en replongeant dans le passé, « Soul Vibrations » se veut résolument moderne.

 

samedi, 21 mai 2016 03:00

Ne pas en perdre une seconde…

Les R'tardataires sont venus présenter leur nouvel opus, « Rien ne sert de courir », au Reflektor de Liège, ce samedi 21 mai. C’est la release party. Et elle se déroule devant leur public, venu en nombre. C’est même sold out. Un auditoire réunissant toues les générations, et même des petites têtes blondes. Manifestement, ces rappeurs ratissent large. La structure de la salle est idéale et l'acoustique y est parfaite.

En supporting act, les organisateurs ont décidé d’inviter Ya-Ourt. Aka Karim Billion, il est issu de Langres, en Haute-Marne. Autodidacte, il se sert uniquement de sa voix, qu’il triture, pour produire différents effets ou reproduire toute une panoplie d’instruments. En quelque sorte, il pratique du Human Beat Box. Il vient de publier un Ep 4 titres, intitulé « Ya-Play ». Garanti sans le moindre… instrument !

L’univers de cet artiste est complètement décalé. Le personnage est haut en couleur. Il adopte un style vestimentaire panaché, à l’instar de ses influences musicales éclectiques. Aujourd’hui, il a enfilé une veste napoléonienne et a coiffé une casquette de rappeur bigarrée. Il s’installe derrière une table devant laquelle est tendue une toile noire. Il explique le fonctionnement de sa loop machine et de la tablette placée devant lui. Un principe apparemment bien compris par l’auditoire. C’est le micro dans les mains qu’il entame ses performances vocales. Il est ainsi aussi bien capable d’imiter les sonorités de basse que celles d’une guitare. Assez interactif, son trip nous entraîne d’abord du côté de Kingston. Un périple de 40 minutes qui va se révéler plein de surprises…

Karim chante également en ‘Yaourt’, soit une technique au cours de laquelle l’artiste émet des sons, des onomatopées ou des syllabes (yéyé, aï, yaw, woud, noï, for, si, yem, etc.) susceptibles de ressembler à un idiome qui existe. Mais qui n’existe pas. Et pourtant, le mélomane lambda a l’impression que le baragouin utilisé est cohérent. Surtout s’il ne connaît pas l’anglais, que Karim essaie de faire passer comme tel. Musicalement, les compos touchent un peu à tous les styles, depuis le rock au reggae, en passant par le blues, l'électro, le rap, le funk, le trip hop, l’afro beat et la world (surtout balkanique). Bref, le spectacle de Ya-Ourt a bien chauffé la salle.  

Une toile est tendue derrière le drummer. On peut y lire pour l’instant le nom du groupe : ‘Les R’tadataires’. Mais elle va surtout servir à la projection de clips. « Intro » ouvre le set, un morceau qui à travers des métaphores, telles le vol d'un papillon ou un coucher de soleil, évoque le stress de l’existence. Les être humains sont pressés. Au propre comme au figuré. Et seuls survivront, le fort, le roi ou le surhomme. Mais également Les R'tardataires. Les vidéos symbolisent le temps qui défile. Le set embraie par le titre maître du nouvel elpee. Max et Ced sont assis sur un tabouret et bénéficient du concours d’un duo de cuivres, omniprésent, pour attaquer ce reggae. « Rien ne sert de courir ». Ce n’est pas la course contre la montre. On a même le temps. Un tonnerre d'applaudissement salue cette compo taillée pour la bande FM. « On Choisit Pas » constitue la suite logique. Un morceau imprimé sur un tempo latino et aux textes totalement décalés : ‘On doit sortir les doigts du cul, on ne choisit pas sa famille, ni ses parents. Il faut avoir les pieds sur terre’. Aux cuivres, Antoine et Seb s’imposent à nouveau. Tout en occupant l’espace scénique, Max et Ced font monter graduellement la pression.

Place ensuite à un petit medley réunissant des titres issus du premier LP, « Je Suis En Retard / Pêche Aux Moules / Onanaoo ». Une ode à la drague aux paroles explicites. Enfin, pour ce qui concerne les moules. Max et Ced vont rechercher des petits paniers d'osiers avant d’aborder le premier single issu du dernier long playing, « Forêt Enchantée ». Préface au mélodica par le claviériste (Quentin Nguyen) et clappements de mains préparent la cueillette des framboises. Une satire des dessins animés signés Walt Disney. Schizo, Blanche Neige parle aux oiseaux. Merlin s'est suicidé. Les Aristochats ont piqué pompes et oseille. Un scénario tramé sur un cocktail de ska et de reggae remis au goût du jour. Drummer, Aurélien Wynant souffle dans un pipeau. Look à la Angus Young, Sébastien Hogge soutient l’ensemble de sa guitare rythmique. Les guests se succèdent. Dont deux vocalistes qui entament « Rien De Nouveau », sur un tempo latino. « Rêve Américain » met le cap vers le Nouveau Continent. Et tout particulièrement New York ; comparé… à la Cité Ardente. Un morceau sculpté dans le hip hop, même si les cuivres lui servent de fil conducteur. Ced et Max frappent dans les mains et commencent à mettre le souk. « Zion » repart vers Kingston, mais en se référant à Babylone. Des images de mécanismes d’horlogerie trottent sur l’écran.  

« Interlude James Brown - I Feel Good » prélude l'hilarant « Les Biftons ». Question existentielle et nerf de la guerre. Bouillant, le gratteur semble hanté successivement par Angus Young et Jimi Hendrix, notamment lorsqu’il frotte les cordes de sa gratte dans son cou. Ced y met un terme. Musclé, « Rock It » émarge au métal. Même si le délire est plutôt pop. Le public rentre dans le jeu et hue les MC's. Ced et Max reprennent place sur les tabourets. Entretemps, la musique oscille du jazz à la techno, en passant par le ska, le rap et le rock. Une forme de pot-pourri interactif. « Bienvenue Au Saloon » est bercé par un rythme country voire américana. 'Tonton' apporte à boire aux musicos. Idéal pour amorcer une histoire –à prendre évidemment au second degré– consacrée à un alcoolique. Le très radiophonique « Monte Le Level » clôt le show, une compo qui nous catapulte une dernière fois, en Jamaïque. Une fin de spectacle qui provoque une véritable ovation dans le public.  

« Chopons Les » entame le rappel. Ced et Max ont enfilé leurs gilets pare-balles, sur lesquels est mentionné dans le dos ‘POULET’. L’objectif est de niquer la police. Mais sur un ton humoristique. Le délire est complet. « Natural » est une chanson d’amour. Au cours de laquelle la foule est invitée à s’accroupir, avant de participer à un jump collectif. Les invités reviennent sur l’estrade pour vivre un périple censé nous conduire de l'Afrique profonde à l'Amérique du Sud. Et le spectacle de s’achever par « Les Parasites » (NDR : dont la vidéo est visible ici).

Votre serviteur a passé une excellente soirée en compagnie des R'tardataires dont le spectacle à taille humaine méritait de ne pas en perdre une seconde…

(Organisation : Reflektor)

samedi, 28 mai 2016 03:00

Un café de plus en plus corsé…

Ce samedi 28 mai, se déroule un petit concert sympa, pas trop loin du domicile de votre serviteur. Ce n'est donc pas à dédaigner. Un trajet d’une petite dizaine de minutes en voiture, et il débarque à La Grange. C’est à Casteau. Coffee Or Not revient d’une tournée triomphale, mais épuisante, accomplie en Allemagne et en Italie. C'est sa dernière date.

L’endroit, qui porte bien son nom, a été aménagé en salle de fête par l’ASBL 'C'est Casteau'. Il sert également de local pour les scouts. Y sont concentrées des tas d’activités destinées à redynamiser le village. Des concerts, bien sûr, mais également des ballades à vélo et/ou culinaires, des marches ADEPS ; des brocantes et autres repas caritatifs. Les maigres bénéfices réalisés sont consacrés à l’exécution de quelques travaux dans la salle. Cosy et intimiste, elle peut accueillir une soixantaine de personnes. Le son y est excellent. L’ambiance, familiale, à cause de la proximité entre les artistes et le public. Le début du spectacle est prévu pour 20h30. Il accuse cependant une demi-heure de retard sur l’horaire. En attendant, le public, assis, peut siroter un bon verre.

Coffee Or Not est un trio bruxellois. Il réunit la jolie Soho Grant (chant, claviers, machines), Ranaud Versteegen (guitare, drums, vocaux) et  Frédéric Renaux (basse). Le power trio est venu défendre son quatrième elpee, « Everything Is Falling Down », dans son intégralité, un disque paru en janvier dernier.  

Coffee Or Not ouvre le set par « A Different Light ». Un timide riff de gratte ouvre la compo. Soho se consacre aux ivoires et au micro. Et remarquable, son chant domine déjà les débats. Lorsqu’il n’est pas préposé aux fûts, Renaud se concentre sur sa six cordes, pour laquelle, il se sert d’un looper. Il passe d’ailleurs d’un instrument à l’autre avec une facilité déconcertante. Et lorsqu’il conjugue sa voix à celle de Mrs Grant, les harmonies deviennent atmosphériques.

Cependant, les compos sont toujours susceptibles de glisser dans l’expérimentation. « Winter Night » (« So Re »), est un titre de plus de 6 minutes. Pas de sèche pour la circonstance, mais une gratte électrique aux accents mélancoliques. Les interventions vocales s’y révèlent davantage profondes. Renaud triture ses pédales. Etonnant, le climat devient de plus en plus ténébreux.

Avant d’attaquer « May I Lay Down ? », le nouveau single Soho signale que le clip vidéo qui lui est consacré a exigé énormément de boulot. Mais que le résultat est vraiment désopilant. Talonnée par les claviers, la guitare, dont les sonorités sont reproduites par la loop, s’emballe. Les deux voix sont bien en phase. Renaud revient derrière la batterie. « Are You Afraid ? » constitue un retour au calme. Avant la tempête ? Les accès de basse dispensés, tout au long de « The Day She Locked Herself Away », deviennent de plus en plus écrasants et poisseux. La ligne de conduite devient manifestement fluctuante. Expérimentale, également. L’ambiance froide, glaciale même. Heureusement, les interventions de Soho aux ivoires, ainsi que sa voix éthérée, finissent pas apaiser l’expression sonore.   

Après un interlude de 26 secondes (« All The Voices Disappeared »), « Nottingham » nous replonge dans le spleen. Une atmosphère au sein de laquelle baigne manifestement le nouvel opus. Un elpee moins dansant et plus aventureux. Ce qui ne semble pas déplaire à l’auditoire.

Les deux versions de « Lightweight » se succèdent. Un drone ( ? Hélico ?) atterit dans la salle. La musique épouse un profil à nouveau expérimental et torturé. De nouveau, la gratte ainsi que les claviers s'enflamment. Et on a parfois l’impression de frôler l'univers tourmenté et obscur d’Archive (NDR : pas étonnant que Soho voue un grand respect au collectif londonien). Et « What Took You So Long ? » clôt le concert. Enfin, pas tout à fait, puisque le band va nous accorder deux rappels au cours desquels, il va notamment accorder le radiophonique « Lush » (« SoRe ») ainsi que « City Burning ».

Coffer or Not ne se produit pas souvent en Belgique. D’ailleurs, dès septembre, il repart en tournée à l’étranger. Sans doute que le café y est encore plus corsé…

(Organisation : C'est Casteau A.S.B.L)

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