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Dorja

Du metal conjugué au féminin…

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Un peu plus de 150 âmes s’étaient déplacées pour le concert de Dorja, une formation féminine au sein de laquelle milite Mylène Letertre, à la batterie. Originaire de Silly, elle a choisi pour nom de scène, Anna Mylée, et s’est entourée de quatre autres filles. Une Californienne (NDR : issue de Los Angeles) et trois Britanniques, partenaires qu’elle a rencontrée au gré de ses pérégrinations, aux States et en Angleterre. Le combo a donc accepté de revenir sur les terres de sa drummeuse, pour y accorder un show au Salon. Une belle preuve de reconnaissance pour le public régional. A ce jour, le band a publié un Ep (« Target Practice »), et un album (« Gemini »), qu’il va défendre ce soir.

Le supporting act est assuré par Recall, un sextuor tout à fait local, au sein duquel figure le papa de Mylène, essentiellement préposé à la gratte. Le line up implique un second sixcordiste, une chanteuse, un bassiste et un claviériste. Votre serviteur n’est pas très passionné par les covers bands, même s’ils attirent du peuple. Néanmoins, il faut reconnaître que le set va se révéler de bonne facture, grâce à la prestation très solide et tempétueuse de la vocaliste. En rappel, la formation va même nous proposer une étonnante reprise du « Helter Skelter » des Beatles, au cours de laquelle Mylène va nous en mettre plein la vue, derrière les fûts…

Outre Anna, le line up de Dorja réunit aujourd’hui la guitariste Sarah Michelle (une Irlandaise !), qui a remplacé Holly Henderson, en mai 2017, la chanteuse Aiym Almas, la seconde gratteuse Rosie Botterill et la bassiste Becky Baldwin.  

Dorja Band puise ses influences essentiellement dans le hard rock des seventies et des eighties, et tout particulièrement chez Led Zeppelin et Guns N’ Roses, même si on recèle dans sa musique des accents de garage/rock plus modernes, adoptés dans l’esprit d’un certain Royal Blood. Mais la sensibilité féminine en plus.

La section rythmique est puissante. Le sens mélodique, soigné. Les guitares sont huileuses, graisseuses. Singulière, graveleuse, capable de passer des aigus aux graves avec une facilité déconcertante, la voix d’Aiym rappelle parfois celle de Janis Joplin ; elle est même capable de talonner l’instrumentation…

Des ventilateurs sont installés au sol devant les artistes. Et pas seulement parce qu’il fait chaud. Cette technique permet de souffler les cheveux de la vocaliste, en arrière, un peu comme Robert Plant.

Le set s’ouvre par « Reaching Out », morceau au cours duquel la section rythmique démontre toute son efficacité. Bien cadencé, « Limitless » met déjà bien en exergue les deux grattes. Les backing vocaux ont soutenus. Les interventions de Becky à la six cordes sont complexes tout au long de « Gemini », un titre qui oscille entre grunge et alt rock.

Une ligne de basse flemmarde amorce « Use You », avant que Mylène ne s’emballe derrière ses fûts. Et elle va étaler tout son talent sur le judicieusement intitulé « Drum solo ». La version métallique du « Give In To Me » de Mickaël Jackson, est paradoxalement hantée par… Slash. Et le set de s’achever par le flamboyant « Fire », compo qui a permis au groupe de se faire connaître.

En rappel, on aura droit à une autre reprise du « Helter Skelter » des Beatles ainsi qu’à celle –et c’était prévisible, vu la passion de Mylène pour ce mythe– du célèbre « Whole Lotta Love » du dirigeable. Un set énergique, excitant et chargé de bonnes vibrations. Que demander de plus ? Sans doute davantage de notoriété. D’ailleurs, prochaine étape du quintet : se produire dans de grandes salles et des festivals majeurs… C’est tout le mal qu’on lui souhaite.   

Setlist : « Reaching Out », « Limitless », « Too High », « Gemini », « Uninvited », « Far Gone », « Silence », « Drum solo », « Target Practice », « Give In To Me » (Michael Jackson), « Use You », Chainbreaker », «  Fire »

Rappel : « Helter Skelter », « Whole Lotta Love »

(Organisation : Le Salon de Silly)

Photo Dawn Bowery

Bryan Adams

Un Bryan brillant !

Écrit par

Bryan Adams est un rocker à succès. Il a vendu plus de 100 millions d’albums dont 15 elpees studio –le dernier en date, « Get Up », remonte à 2015, un disque produit par Jeff Lynne (ELO)– et quelques compiles, parmi lesquelles on épinglera « Ultimate », un long playing publié l’an dernier qui recèle par ailleurs deux inédits, « Ultimate Love » et « Please Stay ». Sans oublier 7 Dvd et 4 elpees ‘live’, dont le « MTV Unplugged », paru en 1997, ainsi que 12 collaborations à des B.O. de films. En outre, on ne peut passer sous silence son engagement en faveur de l'environnement, la lutte contre le cancer du sein ainsi que ses campagnes en faveur de la protection animale, à travers l'association PETA.

Pas de supporting act. La salle est comble pour accueillir le Canadien. En attendant le spectacle, l’artwork du dernier LP est projeté sur un immense écran. Une grue virtuelle vient y plaquer la tête de Bryan, de profil. Différents personnages apparaissent sous la forme d’hologrammes et viennent le saluer, dépoussiérer son image, lui remettre un GSM, qu’il jette derrière lui. Fun ! Au cours du set, cet écran va alterner prises ‘live’ du concert, prises de vue de la foule qui y assiste, vidéos consacrées au morceau ad hoc ou encore les paroles qui défilent, comme lors d’un karaoké. Interdiction de prendre des photos ou de filmer. La sécurité veille !

Sur les planches, Bryan –qui débarque bien sûr, le dernier– est flanqué de quatre musicos. En l’occurrence Mickey Curry aux drums, planté sur une estrade, Gary Breit au piano à queue, le fidèle Keith Scott à la gratte électrique et… un bassiste… Adams se consacre tour à tour à la sèche ou à l’électrique.

Le show s’ouvre par le rock’n’roll puissant « Ultimate Love », un morceau qui adresse un clin d’œil à ZZ Top. Le son est bon. Le light show est déjà impressionnant. Il y a des stroboscopes qui pulsent un peu partout : une quinzaine délimitent le tour du podium, d’autres sont suspendus au plafond où on remarque également la présence de néons multicolores ; et tout cet éclairage monte ou descend en fonction des compos. L’auditoire reprend les paroles en chœur ; et 20 000 personnes à l’unisson, c’est impressionnant ! A la fin du titre, Bryan pointe sa gratte en l’air. « Can't Stop This Thing We Started » embraie. Adams et Scott chantent en duo. Ce dernier arrache littéralement ses cordes. Régulièrement, il vient à l’avant-plan pour s’autoriser de longs solos. Sur la toile tendue en arrière-plan, une femme en hauts talons court dans la rue d’une grande ville. Les deux compères s’affronteront régulièrement manche contre manche. Plusieurs micros sont disposés à l’avant du podium, afin de permettre à Adams de se balader sur les planches, tout en continuant d’assurer les vocaux. Les lumières blanches émanant du plafond mettent en exergue les costumes des artistes et entretiennent ainsi une ambiance… monochrome. Breit a troqué ses ivoires contre une gratte pour le plus paisible « Run To You ». Idéal pour enlacer sa partenaire, sur la piste de danse. La planète bleue arbore toutes ses facettes sur l’écran. Un cosmonaute plane autour d’une navette. Bryan a empoigné, pour cette circonstance, une sèche. Il incite la fosse à participer, en exécutant des gestes de la main. Il prend une pause et salue l’auditoire et après avoir s’être présenté, signale qu’il s’agit de son show. Il rend hommage à Tina Turner… et à cet instant, on imagine qu’elle va débarquer sur le podium. C’était une vanne... Néanmoins, elle hante littéralement « Go Down Rockin' » et « It’S Only Love ». Il adresse un mot particulier aux femmes. Et puis, salue également la victoire des Belges au Mondial. Et lorsqu’il entonne le « Seven Nation Army » des White Stripes, la foule reprend le refrain en chœur.

Les hits défilent et le public semble ravi. Une belle interactivité s’est établie entre l’artiste et l’auditoire, depuis le début du concert. Lorsqu’il se consacre en solo à la semi-acoustique, on n’entend pas une mouche voler. Pendant, « (Everything I Do) I Do It For You », Bryan, Scott et le bassiste font face au drummer, dos au public. Ils balancent tous les trois, le popotin. Bryan ose une claque sur les fesses de Scott, ce qui déclenche l’hilarité générale.

Assez long, le rappel va proposer trois titres acoustiques et puis surtout la cover des Crickets, « I Fought The Law », immortalisée par The Clash, ainsi que « Straight From The Heart », morceau au cours duquel Bryan Adams –en grande forme, malgré ses 59 balais !– va briller à l’harmonica. Au bout de 120 minutes, la setlist aura parcouru l’intégralité des titres –pour la plupart des hits– qui figurent sur cet « Ultimate Love »… entre autres… et permis au public de vivre un bon moment, mais surtout d’oublier les tracas de l’existence ; et ça, c’est l’essentiel…

Si vous voulez revivre l’intégralité du concert, ici

Setlist : « Ultimate Love », « Can't Stop This Thing We Started », « Run To You », « Go Down Rockin' », « Heaven », « This Time », « It’S Only Love », « Cloud #9 », « Young Belong To Me », « Summer Of 69 », « Here I Am », « Lonely Nights », « (Everything I Do) I Do It For You », « Back To You », « Somebody », « Have You Ever Really Loved a Woman? », « The Only Thing That Looks Good On Me Is You », « Cuts Like a Knife », « 18 Til I Die », « I'M Ready », « Brand New Day ».

Rappel : « I Could Get Used To This », « I Fought The Law », « Whiskey In The Jar », « Straight From The Heart », « When The Night Comes », « All For Love ».

(Organisation : Live Nation)

Billy Idol

Un Billy chasse l’autre…

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De son véritable nom William Broad, Billy Idol a sévi brièvement au sein des Banshees de Siouxsie. Il rejoint ensuite le groupe punk Chelsea en 1977, comme guitariste, qui change alors son patronyme en Generation X. Après le départ de Gene October, il en devient le leader et chanteur. C’est en 1981, qu’il entame alors une carrière solo, une carrière qui va s’avérer fructueuse, tout au long des eighties. Outre ses huits elpees publiés à ce jour, il a gravé quelques tubes dont les incontournables « Rebel Yell » et « Flesh for Fantasy ». En 2014, il a sorti son neuvième album studio, « Kings & Queens of the Underground », et l’an dernier réédité « Cyberpunk », bien évidemment après remasterisation…  

Vu la rencontre de football opposant la Belgique au Panama, dans le cadre de la ‘Coupe du monde’, en Russie, le concert a été retardé, afin que le public puisse assister à la retransmission du match. Le show débutera donc à 21h15. Pas de supporting act.

Il doit y avoir plus ou moins 2 000 âmes pour accueillir l’artiste britannique et sa troupe, dans un Forest National qui paraît vide… Pendant, l’intro préenregistrée, les musicos viennent s’installer. Billy possède toujours sa tignasse peroxydée et a enfilé son inévitable long manteau de cuir noir. Son backing group implique le bassiste Erick Elenius, le drummer Erik Eldinius (NDR : installé sur une estrade en retrait et protégé par une paroi en plexiglas), le préposé au synthé (NDR : parfois à la gratte) Paul Trudeau, et deux guitaristes dont Billy Morrison et le légendaire Steve Steevens. Pour tout décor, une toile zébrée par le célèbre éclair rouge et surmontée d’une couronne a été tendue en arrière-plan. 

Le set s’ouvre par « Shock To The System ». Déjà, Billy vient affronter la foule, sur deux petits tréteaux placés à hauteur des retours de scène. La setlist embraie par la cover du « Dancing With Myself » de Gen X. Grave, la voix de Billy est toujours aussi puissante. Billy brandit un poing revanchard vers l’auditoire et l’invite à danser. Pour la circonstance, Trudeau a abandonné ses claviers pour une six cordes. Mais c’est Steven qui assure le show. Agiles, ses doigts se déplacent sur le manche, à la manière de Satriani, Vai, Slash voire Bonamassa. En outre, il semble avoir tout appris de l’attitude de Jimi Hendrix, quand il joue de son instrument dans le dos ou mord dans les cordes. La foule et même Billy l’applaudissent régulièrement. Le climat baigne cependant davantage dans le hard que dans le punk. L’ambiance monte graduellement en puissance. Billy enlève son t-shirt, enfile une veste plus courte et s’accoutre de ses colliers fétiches autour du cou. Il se pavane et grogne, convaincu que le rock guérit toutes les maladies. Le combo reprend subtilement le « L.A. Women » des Doors. Un roadie file une gratte électrique à Billy. Les quatre manches sont en ligne rapprochée. Quand le tempo ralentit, le spectre des Doors, et surtout de Jim Morrison, rôde. Steve nous réserve un long solo, talonné par une section rythmique lancée au galop. Le light show devient aveuglant. Billy parcourt les planches de long en large en criant « Scream », à tue-tête, tout au long de ce morceau nerveux et percutant. Puis, Billy s’éclipse, laissant Steven de nouveau tirer son épingle du jeu, tout au long du paisible « John Wayne ». Il va y étaler toute sa virtuosité à la sèche, un exerce de style de 7 bonnes minutes virant même au flamenco et que les claviers atmosphériques de Trudeau vont conduire vers un climat prog/rock. De retour pour quelques morceaux, le natif de Stanmore avoue adorer l’inévitable « Rebell Yell ». Le public également, apparemment. Billy Idol ôte son nouveau tee-shirt et bande les muscles, laissant apparaître de fameuses plaquettes de chocolat. A l’issue de ce morceau, le band se retire sous les acclamations de l’auditoire.

En rappel, toute l’équipe va nous réserver « White Wedding » et la cover du « Mony Mony » de Tommy James and The Shondells. Ce soir, le concert semi/punk, semi/metallique nous en a mis plein la vue et les oreilles. Ce qui change d’un autre Billy (Bragg), qui la veille, nous avait presque anesthésiés…

Setlist : « Shock To The System », « Dancing With Myself », « Daytime Drama », « Can’t Breack Me Down », « L.A. Women » (Doors Cover), « Scream », « John Wayne », « Eyes Without The Face », « Guitar Solo », « World’s Forgotten Boy », « Whisky And Pills », « Blue Highway », « Rebell Yell ».

Rappel : « White Wedding », « Mony Mony »

(Organisation : Gracia Live)

Voir auszi notre section photos, ici

 

Billy Bragg

Bragg a pris un solide coup de vieux…

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En mai 2018, c’était le cinquantenaire de la révolte étudiante parisienne qui a secoué toute l’Europe (le fameux Mai 68). L’Ancienne Belgique s’empare volontiers de cette thématique et joue la carte de la musique contestataire, qui trouve (malheureusement) un terreau fertile dans le climat politique et social actuel. L’AB creuse le sillon du ‘Sound Of Protest’ et fait résonner les voix de la révolte sociale turque, du grime londonien, du mouvement Black Lives Matter et des icônes du Punk, le tout porté par l’appel à un monde (et une musique) sans frontières. Ce soir, l’Ancienne Belgique accueille une figure emblématique de la contestation insulaire de la seconde moitié des eighties : Billy Bragg.

Musicien solitaire et respecté, Billy Bragg fait figure de vétéran du combat social dans un pays où le rock ne sait plus être un instrument de contestation. Chroniqueur régulier des disparités de la société britannique et fondateur du Red Wedge, exemple historique de mobilisation artistique en soutien aux mineurs grévistes en 1984, ce redresseur de torts impénitent a aussi le bon goût de parler politique avec légèreté et esprit. Bien entendu, il vénère Clash, une autre icône du punk engagé sous l’angle sociopolitique.

Ses revendications, quand il n’aborde pas des thèmes plus romantiques, il les traduit à travers des textes, qu’il dispense sur une musique qui mêle folk urbain et punk rock. Au cours de ses trente années de carrière, il a publié 16 albums et collaboré, entre autres, en compagnie de Johnny Marr, Michelle Shocked, Less Than Jake, Kirsty MacColl, des membres de R.E.M. et Wilco.

Pas de supporting act de prévu. La salle est comble. Dépouillé, le décor se limite à deux guitares électriques, une pedal steel, autant d’amplis Marshall, une table basse et un tabouret.

La setlist va proposer des titres issus des albums « Life’s a riot with spy vs spy » (83), « Brewing up with billy bragg » (84), « Talking with the taxman about poetry » (86) et « Workers playtime » (88), ainsi que quelques plages plus récentes.

Le set s’ouvre par « Sexuality ». Le son est excellent. Billy est armé d’une semi-acoustique et son partenaire, d’une électrique. Et en début de parcours, le public semble enthousiaste. Billy va même saluer des spectateurs aux premiers rangs, tout en continuant à interpréter cette chanson au refrain accrocheur. Billy a des messages à faire passer, et il ne va pas s’en priver. Il parle des guerres au Moyen-Orient, du Brexit, des déplacements de population, des migrants, de la mondialisation, etc. Chacune de ses interventions précède la chanson et elles semblent parfois interminables. Au début ça passe, mais à la fin, ça lasse ! Billy est passé à la gratte électrifiée pour « The Warmest Room », une compo paradoxalement nerveuse et molle. Pourtant, c’est sous cette configuration qu’il se révèle le plus performant. Pour attaquer le « I ain’t go no home » de Woodie Guthrie, il a récupéré sa sèche, alors que son compère se consacre à la pedal steel ; un titre qui baigne dans l’americana, suggérant des images des grandes plaines de l’Ouest américain. Pendant que Billy blablate, son collègue s’éclipse. Il ne reviendra cependant sur l’estrade que 40 minutes plus tard. Entre-temps, outre ses bavardages, il va proposer des titres tour à tour folk ou punk. Enfin un punk bien sage, comme s’il le destinait aux pensionnaires d’une maison de retraite. Le concert commence à tirer en longueur, et adopte un ton de plus en plus monotone. Assis, votre serviteur commence à s’assoupir et gagné par l’ennui, décide de quitter les lieux, au bout d’une bonne heure. Plusieurs spectateurs prennent d’ailleurs la même décision.

Le punk de Billy Bragg a pris un solide coup de vieux. Pour lui insuffler un peu d’énergie, il aurait sans doute fallu, au moins, une section rythmique…

(Organisation : Ancienne Belgique)

The Kills

Une manière de confirmer Kills arrivent là où on ne les attend pas…

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Assister à un concert de The Kills constitue toujours une expérience pleine de surprises. Soit Alison est perturbée par des substances illicites et le set est à la mesure de ses errements, soit son esprit est très clair et le concert devient carrément ennuyeux. Ce soir, à l’Ancienne Belgique, elle semble avoir enfin trouvé le bon équilibre. Finie l’époque où le service de sécurité la portait à bout de bras pour la débarrasser du plancher. Aujourd’hui, c’est une jeune femme en pleine forme et lucide qui se produit sur scène…

Et on s’en rend dompte dès les premières notes. Les guitares crissent, les cheveux d’Alison flottent. On se rend compte que The Kills n’est pas venu pour faire de la figuration, mais bien pour nous délivrer un concert brut, sauvage et très rock’n’roll, conforme à sa réputation. Lorsque Jamie Hince, le guitariste britannique, s’écrie : ‘It is so lovely to be back in Brussels’, c’est toute une salle qui jubile.

Aucun répit n’est laissé entre les morceaux qui s’enchaînent à un rythme hypnotique. L’alchimie entre Alison et Jamie, malgré les années qui passent, est toujours intense. Ils sont comme la glace et le feu. On hésiterait presque à les déranger tant ils peuvent sembler seuls au monde lors de ces moments où leurs regards se croisent.

Pendant « Fried my Little brain », Jamie harangue la foule tel un messie. Le moment est tendu, sexy, glamour, à l’image de ce duo qui se renouvelle autant qu’il exploite et maîtrise à merveille son rock garage…

Alison se permet de former quelques cœurs à l’aide de ses doigts, à l’opposé de son image de chanteuse ‘so West Coast américaine’ ; ce qui constitue sûrement la seule faute de goût de la soirée.

Point d’orgue de la prestation, « Pots and Pans » s’érige certainement comme le sommet de la prestation et fait littéralement exploser la salle. Le moment est tendu, fiévreux, parfait. Alison entame en solo le premier rappel, « That Love », qu’elle joue à la batterie avec une intensité rare. Les musicos vont se faire plaisir à travers deux derniers titres, totalement antinomique à leur répertoire traditionnel. D’abord, le « Stepping razor » de Joe Higgs. Un reggae. Puis, plus étonnant encore, le « List of Reparations » de Joe Higgs. Du hip hop !

Deux exercices de styles différents pour achever la soirée ; une manière de confirmer Kills arrivent là où on ne les attend pas, tout en prouvant –mais est-ce nécessaire ?– que le rock’n’roll n’est pas mort… et qu’il a encore bien sa place dans le décor…

Pour les photos de The Kills, c’est ici, et pour celle de The Pearl Hearts, qui assurait le supporting act, c’est .

(Organisation : Live Nation)

 

 

Rostam Batmanglij

En véritable chef d’orchestre !

Écrit par

Qui est Rostam Batmanglij ? Un petit prodige qui a fait ses classes à l’Université de Columbia. Mais encore ? Lui et Wesley Miles, membre de Ra Ra Riot, ont fondé le groupe électro Discovery. Il a également sévi chez Vampire Weekend, au début de son aventure. Il a gravé, en compagnie de Hamilton Leithauser, « I Have a Dream That You Were Mine », un des meilleurs albums de l’exercice 2016. Et l’an dernier, ce multi-instrumentiste publiait son premier opus solo, intitulé « Half-Light », un disque salué unanimement par la critique. Enfin, il est plus que probable que vous ayez entendu une de ses compo sur l’une ou l’autre station radiophonique. On avait donc hâte de découvrir l’univers de ce musicien talentueux, qui se produisait donc ce mardi 12 juin, au Botanique de Bruxelles…

Dholes assure le supporting act. La formation belge est venue défendre un premier LP qui devrait bientôt sortir. Il n’y a malheureusement pas grand monde, dans la Rotonde, pour accueillir le quintet. Bien en place, il nous réserve une expression sonore rappelant Balthazar et ses déclinaisons, Warhaus et J.Bernardt, et au sein de laquelle la voix grave du chanteur, qui milite également au sein d’Elvis Black Stars, est particulièrement habitée…

Il est 21 heures lorsque les lumières s’éteignent. La salle est à présent à moitié pleine (ou vide, selon). Rostam se plante au beau milieu du podium. Devant lui prend place une section de cordes, réunissant trois violonistes et un violoncelliste. Et à l’une des extrémités, s’installe un percussionniste. Devant une toile sur laquelle sont projetés des vidéos, Rostam débute son show par « Wood », un morceau aux accents orientaux qui témoigne de ses origines iraniennes. Les arrangements sont recherchés et plein de finesse, preuve des talents du musicien. Polyvalent, il est capable d’alterner des morceaux pop tel que « Bike Dream », compos issues du répertoire de Discovery, et titres plus expérimentaux, sur lesquels il n’hésite pas à se servir de l’auto-tune.

Tout au long du set, il semble prendre du bon temps et surtout parvient à communiquer sa bonne humeur en faisant participer l’auditoire.

Lors du rappel, Rostam va nous réserver une chouette version du « Pink moon » de Nick Drake, à la sèche.

Pendant une bonne heure, le mélomane a pu s’immerger dans l’univers de ce véritable chef d’orchestre responsable d’une musique aux influences multiples. Des ingrédients qui ont contribué à une soirée pleinement réussie !

(Organisation : Botanique)

Julien Doré

Frappé d’une flèche dorée en plein cœur !

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Après avoir accompli une longue tournée (NDR : trois ans quand même), pour défendre son album « LØVE », été certifié quadruple disque de platine en France et d’or en Belgique et avoir décroché une Victoire de la Musique comme Artiste de l’année, Julien Doré a eu besoin de se ressourcer. Avec lui-même et les autres. La Nature et le Monde. Et c’est dans cet état d’esprit, qu’il a imaginé "&", quatrième elpee, une œuvre cocoon, solaire, humaine, caractérisée par son écriture unique, entière et poétique, et dont les mélodies transpercent, brûlent ou caressent. Puis en février dernier, il a gravé un opus acoustique, intitulé « Vous Et Moi ». Il y revisite seul, à l’aide de sa gratte, sa voix et ses ivoires, le fameux « & ». Et c’est dans ce contexte qu’il a décidé de reprendre la route. En baptisant son périple du titre de ce dernier LP, une tournée –soit dit en passant– sold out.

Pour en assurer le supporting act, Julien a choisi des artistes en devenir sur base de vidéos qu’il a demandé de lui transmettre. Pour le concert du Bozar à Bruxelles, c’est Céline qui a été sélectionnée. Agée de 17 printemps, cette jeune fille chante en s’accompagnant au piano. En un quart d’heure, elle va enchanter l’auditoire de sa voix cristalline. Lors du dernier morceau, « Ne me laisse pas », Julien arrive sur la pointe des pieds, micro dans la main gauche et caresse ces ivoires. Cécile se lève alors, et quitte discrètement les planches, sous de chaleureux applaudissements.  

La scène est cosy et intimiste. Et baigne au sein d’un climat mystérieux. A cause des bougies allumées un peu partout. Sur la gauche on remarque la présence de trois guitares et d’un ukulélé. Un fauteuil rouge campe sur une estrade et juste à côté, une lampe de chevet est posée sur une petite table…

Julien s’assied sur son siège et attaque « Le lac » à la gratte semi-acoustique. Son toucher de cordes est empreint de délicatesse. En fin de chanson, il s’adresse à la foule et lui crie ‘Avec moi !’. La réaction est immédiate. Il apprécie ce moment et écoute chanter l’auditoire. Les lumières s’éteignent. Le thème de l’eau hante Julien. D’ailleurs, il poursuit son répertoire par « Les Bords de mer ». La fosse baigne alors dans un light show de couleur bleue. Un faisceau blanc descend du plafond et vient se stabiliser sur l’horizon, tel un coucher de soleil. C'est vraiment quand il est dans la simplicité et le naturel que Julien nous touche le plus et, sans doute, est au sommet de son art. Changement de gratte pour « Mon Apache », une chanson d’amour signée par son fidèle guitariste, Armand Méliès. Délicate, entrecoupée de ‘oh’ pudiques, suave, sa voix reflète le sentiment d’un cœur blessé, probablement le sien. Un grand moment d’émotion au cours duquel il se met littéralement à nu. La setlist semble avoir été établie au feeling. Doré passe ensuite derrière le piano pour quelques titres. Dont « Kiss me forever », moment au cours duquel ce sont des boules de teinte rouge qui descendent alors du plafond, s’immobilisant à différentes hauteurs. Il promet qu’il va se calmer, surprend les spectateurs en lançant des paillettes dorées, sifflote, signale qu’il est une boule d’amour, ce qui déclenche l’hilarité dans l’auditoire, parle de sa besace, de sa chemise qui a rétréci, de ses cheveux qui ont poussé en deux heures et qu’il n’aime pas les comédies musicales. C’est vrai, Julien s’est assagi, mais son humour est toujours aussi décalé. Cinéphile, il a vu pourtant assisté à la projection de ‘La La Land’ et ‘City Of Star’. Et ose une adaptation de « Cet air là » de France Gall. Il joue de sa gratte en picking et sollicite la foule pour l’accompagner. Il est passé au ukulélé pour « Don’t be afraid », un morceau au cours duquel la foule reprend le refrain en chœur. Et nous gratifie d’une sublime version d’« Aline » de Christophe ; mais le public change les paroles du refrain en ‘Julien, tu nous reviens’. L’auditoire a marqué des points. Le natif d’Alès est frappé d’une flèche dorée en plein cœur. Il le remercie. Et le set de s’achever par « Porto Vecchio ». Ce soir, Julien Doré nous a réservé un exercice de style acoustique qui mérite cinq étoiles et démontré qu’il est incontestablement, un artiste complet…  

(Organisation Botanique + Bozar + Nada Booking)

Bertrand Cantat

En guise d’adieu…

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C’est la première et ce sera peut-être la dernière fois que votre serviteur assiste à un concert de Bertrand Cantat. La tournée 'Amor Fati’ s’achève définitivement ce soir dans une Ancienne Belgique pleine à craquer. C’est le Palois en personne qui va annoncer cette décision, avec beaucoup d’émotion, au beau milieu du set. Elle fait suite à toute la polémique déclenchée par son retour sur scène. Pourtant, ce périple aura permis à plus de 35 000 personnes de le voir ou de le revoir en ‘live’. Un public qui s’est déplacé pour l’artiste et pas l’homme, n’en déplaise à ses détracteurs…

Il n’est que 19h15 lorsque Belfour, le supporting act, grimpe sur le podium. Un duo issu de Clermont-Ferrand, réunissant les chanteurs/percussionnistes Michael Sacctti et Mena Lucie, cette dernière se consacrant également aux percus.  

Energique, la musique du tandem puise ses sources dans la roots, le folk, le blues, le rock et l’electro, surtout à travers les samples. Les influences sont d’ailleurs multiples et oscillent de John Lee Hooker à Feist, en passant par T-Model Ford, Ali Farka Toure, PJ Harvey, Cat Power, Florence and The Machine, Janis Joplin, The Black Keys et The Kills. La voix de Michael Sacchtti est envoûtante, mais aussi parfois explosive. Celle de Mena adopte des inflexions proches de Beth Hart. Les chansons sont interprétées dans la langue de Voltaire ; et de la setlist, on épinglera « Juste une seconde ». Entre riffs entêtants, rythmique minimaliste, à la limite tribale, la paire s’autorise des crescendos bien sentis. Une excellente mise en bouche !

A 20h15, le backing group de Cantat débarque sur les planches, surmontées de deux estrades. L’une est destinée au préposé aux synthés et l’autre au drummer. Pascal Humbert (NDR : également impliqué chez Detroit) se charge, bien évidemment, de la basse. Et le line up est complété par deux guitaristes, Cantat empoignant épisodiquement une troisième gratte, et bien sûr se réservant le chant. Il entre en scène, après son quintet, sous un tonnerre d’applaudissements.  

« Amie nuit » puis le titre maître d’« Amor fati » ouvrent le show. Des images correspondant parfaitement aux thèmes traités par ces deux compos sont projetées sur un écran installé en hauteur. Les interventions de Humbert à la basse sont déjà bien marquées. « Silicon Valley » et l’implacable « Excuse My French » libèrent toute leur puissance électrique. Cantat est impérial tout au long d’« À l'envers, à l'endroit », un des titres-phares de Noir Désir, et tout particulièrement derrière son micro. D’ailleurs, en général, sa voix s’impose. Il signale être content d’être à Bruxelles, que le public belge est moins prétentieux que celui de Paris et qu’il a vécu de très bons moments dans l’Ancienne Belgique. Sous le coup de l’émotion, il va quitter le podium, à trois reprises. Mais ses musicos prennent alors le relais. Et soudain, il annonce qu’il s’agit de son dernier concert. Le public est sous le choc, mais l’applaudit très longuement. C’est également à trois reprises qu’il souffle dans son harmonica, des moments au cours desquels il vide ses tripes et épanche tout son spleen. Il fustige également le showbiz et une certaine presse. Humbert remercie le public et apparemment secoué par la décision de Bertrand, déclare également, qu’il s’agit du dernier concert. Il fond même en larmes en présentant l’équipe des techniciens et les musicos qui l’accompagnent.

Véritable bête de scène, Bertrand Cantat nous délivrera, ce soir, 7 reprises de Noir Désir dont un « Sa majesté » de toute beauté. Et notamment en rappel, dont les incontournables « L’homme pressé », « Tostaky », « Lost » et « Ici Paris ». Enflammé, l’auditoire lui rétorquera, à plusieurs reprises, un ‘Ici Bruxelles’, moment au cours desquels Cantat cessera de jouer pour profiter du moment.

Lors du second encore, il clôt le show par une version unplugged de « Comme elle vient ». Et la foule reprend les paroles en chœur, mais en les hurlant, illustrant une véritable communion entre elle et le band. Un concert exceptionnel, c’est le cas de le dire…

(Organisation : Live Nation en accord avec Uni-T)

Mingawash

Un être vous manque…

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Le Télégraphe est un bar situé face à la gare d’Ath, un endroit au sein duquel se déroulent régulièrement des concerts. A l’affiche de ce samedi 9 juin, Mingawash et Dadabovic. Deux formations qui se connaissent et s’apprécient. Certains sont même devenus des potes. Pas grand monde dans la salle pour le premier show. 70 personnes tout au plus.

Dabadovic est programmé en supporting act. Mais le soundcheck est plutôt chaotique. Les balances sont difficiles à régler, et le set ne commence que vers 21 heures. La set list de la formation est identique à celle de la répétition générale, accordée au Zik Zak.

Dadabovic pratique une fusion énergique et frénétique entre métal et hardcore. Si vous préférez, du trashcore moderne. Déjanté, le spectacle ressemble à une comédie burlesque. Le professeur Dadabovic, le chirurgien Toniatoski, l’infirmière transsexuelle Janolapov et le fou Romanescù sont les personnages centraux. Bourrés de jeux de mots, les textes sont à prendre au second degré. Des vidéos amorcent chaque compo. Une mise en forme susceptible de vous conduire à l’internement psychiatrique. Mais si les malades sont de sacrés musicos, difficile de comprendre pourquoi il faut pousser le décibelmètre dans le rouge…

Place ensuite à Mingawash. Après avoir publié deux Eps (« Pandi Panda Panda Pendu » et « Zoofolie »), le combo a gravé son premier long playing, l’« Imposteur », en avril dernier. Et il est parti en tournée pour le défendre. Martin est soutenu par Clément aux vocaux, avec lequel il débute une tournée, qui passe ce soir par Le Télégraphe. Depuis que Martin Moreau (NDR : après avoir sévi chez Feel, ce batteur milite aujourd’hui a sein de Lemon Straw) a débarqué, comme second vocaliste, Clément peut davantage se concentrer sur le chant. Le show est aussi délirant que le précédent. Visuel également. Gaëtan et Max se chargent des grattes et Denis se consacre à la basse. Sans oublier Théo, le batteur fou responsable d’interventions aussi sauvages que tribales, ainsi que le percussionniste insolite (grosse casserole et fût de coca-cola), Christopher. Deux pandanettes sur les quatre ont fait le déplacement. Pas de Roy le Panda, non plus. Dommage, car en général, c’est lui qui met le feu.  

Le son est meilleur. Faut dire que la configuration des lieux n’est pas facile pour l’ingé-son. Martin et Clément changent régulièrement de déguisement. Ils se sont travestis en gonzesses pour « Médiant ». Energiques, rageurs, les morceaux défilent. Il y a un peu plus de monde pour ce set. Et manifestement le public est enthousiaste. Mais comme il n’y a pas assez d’espace pour pogoter, les mouvements sont plus timorés. Ce qui n’empêche pas la température ambiante de grimper. Un bon show qui a sans doute manqué du petit grain de folie que seul le Panda est capable d’apporter. Dommage ; mais le concert était, ma foi, plutôt sympa. A revoir néanmoins, sur une plus grande scène, lorsque la troupe est au complet.

(Organisation : Le Télégraphe).

Public Image Limited (P.I.L.)

Le côté face de P.I.L.

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Malgré un prix d’entée raisonnable (29€), l’Ancienne Belgique est loin d’être comble ce soir. Elle a d’ailleurs été configurée en Box/Ballroom. Pourtant P.I.L. est un rares groupes-phare qui soit parvenu à naviguer entre punk (NDR : logique, puisque Johnny Rotten est dans la place), post-punk (la ligne de basse tracée par Jah Wobble n’a pas totalement disparue, même s’il ne figure plus dans le line up) et disco (pour l’aspect dansant). 

Un bref historique, d’abord ! Après avoir sévi chez les Sex Pistols, comme chanteur, le turbulent John Lydon, surnommé ‘Rotten’, fonde P.I.L., en 1978. Ou si vous préférez Public Image Limited. Les débuts sont prolifiques, puisque la formation publie trois albums en quatre ans, soit l’année de sa fondation, « First Issue », « Metal Box » (NDR : considéré comme le meilleur par la critique, il constitue une référence pour tout bassiste, à cause de cette ligne dub reggae), en 1979, et « Flowers of romance », en 1981. Mais en 1984, juste avant d’enregistrer « This Is What You Want... This Is What You Get », Jah Wobble est remplacé par Keith Levene. Ce dernier n’y fera d’ailleurs pas long feu. Entre 86 et 92, le combo grave encore quatre opus d’honnête facture, sans plus. D’ailleurs, il va prendre une longue pause entre 1992 à 2009. Une période au cours de laquelle, Lydon va amorcer une brève carrière solo, avant de reformer les Pistols, pour sans doute renflouer sa situation financière. Puis, P.I.L. se reforme et part en tournée, se produisant notamment, en Belgique, dans le cadre du Rock Zottegem en 2010 et, déjà, à l’AB, en 2011.

Le décor est sobre. En fond de podium, une toile représentant un mur de briques, sur lequel figure le logo de la formation, est tendue. « Warrior » est un titre destiné à faire danser l’auditoire ; mais il reste impassible. John éprouve des difficultés à trouver sa voix (NDR : voie ?). En outre, il semble avoir perdu une partie de sa mémoire, puisqu’il doit s’aider de copions, disposés sur un chevalet, pour restituer les paroles de ses chansons. Il les quittera d’ailleurs, rarement des yeux. Vêtu d’une chemise à carreaux et chaussé de lunettes, on dirait qu’il sort de l’hospice. Le début de set est manifestement laborieux. Avant d’attaquer le quatrième morceau, « The one », John empoigne une grande bouteille de bourbon, boit au goulot, et recrache une partie du liquide. Le show démarrerait-il enfin ? « Death disco » semble confirmer cette impression. Une version ‘extended’ au cours de laquelle, la ligne de basse, le drumming tribal, les riffs de gratte saccadés et la voix spasmodique de Lydon font bon ménage au sein d’un climat carrément disco…

Evidemment, c’est lors du méga tube « This is not a love song » que le public sera le plus réactif. D’ailleurs, de timides pogos (NDR : les spectateurs ne sont plus tout jeunes, non plus) se déclenchent. Et tout au long de « Rise ». Ce qui provoque l’intervention d’un garde du corps particulier du band qui doit calmer un gars un peu trop agité, dans la fosse. Dommage d’ailleurs qu’il faille attendre ces tubes pour que celle-ci décide enfin de se remuer.  

Le groupe va quand même accorder un bref rappel, en délivrant l’inévitable « Public Image Limited », et pour clore la prestation, « Open up/shoom », dont les lyrics se bornent à une succession d’injures, rappelant un certain passé punk (NDR : ou la hype plus contemporaine des Sleaford Mods). A la demande de Johnny, la foule est invitée à scander en chœur, des ‘fuck off’. Au bout d’une heure trente, après la présentation des musicos, le spectacle s’achève…

Si la discographie de P.I.L. est toujours aussi incontournable, FACE au public, il fait vraiment pâle figure…

Set list : Warrior, Memories, The Body, The One, Corporate, The Room I Am In, Death Disco, Cruel, I’m Not Satisfied, Flowers of Romance, Fishing, This Is Not a Love Song,Rise

Rappel : Public Image, Open Up, Shoom

Pour les photos, c’est ici

(Org: Greenhouse Talent) 

 

 

 

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