La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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Bienvenue dans le monde civilisé de Ghostwoman…

Ghostwoman est un duo réunissant Evan Uschenko et Ille van Dessel. Il est canadien et elle est belge. La paire s'apprête à sortir son nouvel album, "Welcome to the Civilized World", le 5 septembre et partage aujourd'hui son nouveau single, "Alive". Evan…

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Dernier concert - festival

Hooverphonic
Epica - 18/01/2026
Didier Deroissart

Didier Deroissart

Il y avait un petit temps que votre serviteur s'était rendu au Magasin 4. Pas moyen de trouver un emplacement de parking. Il y a des festivités à Tour et Taxis. 25 minutes à tourner en rond afin de dénicher –enfin– mon bonheur, à un petit kilomètre de l'institution.

Ce soir on fête les 40 années d’existence de UK Subs. Mais aussi de la musique punk. C’est en 1976 que cette formation insulaire est née. Happy birthday ! Et ils vont nous le démontrer ce soir, les papys du rock sont toujours bien verts. En supporting act, sont programmés The Dyson’s ainsi que TV Smith. En février 2015, UK Subs et TV Smith avaient déjà squatté les planches du même endroit. Place donc aux retrouvailles !

En débarquant au Magasin 4, je constate que la salle est presque sold out. The Dyson's est sur le point d’achever son set. Donc difficile de relater quoi que ce soit de leur prestation. Ce sera –peut-être– pour une autre fois…

TV Smith embraie. Un autre vétéran. Il est uniquement armé d’une gratte semi-acoustique pour accompagner son chant. TV Smith, c’est le projet solo de Tim Smith, le fondateur de The Adverts, un autre combo punk insulaire qui a sévi entre 1976 et 1979.

Pas de setlist. L’artiste l’improvise son répertoire. Il a une solide voix et propose des covers de son ancien band ainsi que des standards du punk. Etonnant, on a parfois l’impression qu’il est soutenu par un backing group. En fait, il est capable de reproduire sur sa gratte, les sonorités de différents instruments. En outre, il arpente le podium de long en large. Et judicieusement. Balaise le mec ! 

UK Subs est un des précurseurs du mouvement punk insulaire qui a marqué l’histoire du rock. Portant haut le flambeau de cette révolution musicale, à l’instar de Sham 69, Stiff Little Fingers, The Vibrators, Eddie And The Hot Rods ou les Sex Pistols, il est un des rares survivants à ne jamais avoir cessé d’accorder des concerts, en quatre décennies d’existence ; même si ses gros succès, il les récoltés à ses débuts, en publiant des brûlots comme « Warhead», « I Live In A Car » ou « Tomorrow's Girls ».

Agé de 72 balais, Charlie Harper a toujours bon pied bon œil. Ce chanteur charismatique a pris un peu de poids, mais en ‘live’, il est toujours aussi alerte. Cheveux verts assortis aux branches de ses lunettes, il arbore fièrement les couleurs du punk. Alvin Gibbs se charge de la basse. Ex-membre du backing group d’Iggy Pop, il a rejoint le band en 1980. Le line up est complété par le guitariste Jet et le drummer Jamie Oliver.

Le set s’ouvre par « Young Criminals », un morceau issu du premier elpee. Les mauvais garçons sont de retour. Charlie harangue la foule et tout particulièrement les premiers rangs. Sa voix est rageuse. Il se penche parfois même dangereusement au-dessus de leurs têtes, parmi lesquelles on remarque la présence de quelques barbus (bedonnants), mais surtout de nombreuses crêtes. Des individus à qui il manque, très souvent, quelques dents. C’est clair, ça va déménager aux avant-postes. Aussi votre serviteur décide de battre en retraite jusque la table de mixage, où les spectateurs sont plus paisibles. Les tubes ne sont pas bien sûr pas négligés, mais –et c’est étonnant– pas de trace du dernier opus. Rien que des anciennes compos. Enfin presque. Une exception qui confirme la règle, « I've Got A Gun », disponible sur la toile, depuis peu. Charlie lève le micro bien haut en signe de victoire. Pour alimenter le souk, ‘crowd circles’ et pogos se succèdent. Quelques audacieux tentent de monter sur le podium ; mais la sécurité veille… Au bout de 60 minutes, le groupe tire sa révérence. Un peu court, mais manifestement UK Subs a toujours la pêche, même si la nostalgie du passé doit hanter ses nuits… Enfin à sa décharge, sur ordre de police, les concerts doivent s’achever à 22 heures. De quoi, quand même, rester sur sa faim.  

Setlist : « Young Criminals » / « You Don'T Belong » / «Left For Dead » /« Rockers » /« Down On The Farm » /« Hell Is Other People » /« Monkeys » / « Emotional Blackmail » / « Barbie's Dead » / « Limo Life » / « Bitter And Twisted » / « I've Got A Gun » / « Fear Of Girls » / « Suicidal Girls » / « Tomoroow's Girls » / « Warhead » / « Riot » / « Strangle Hold ».

(Organisation : Magasin 4)

De son véritable nom Jamison, Teen Daze est canadien. Issu de Vancouver, en Colombie Britannique, très exactement. A son actif quelques singles (NDR : « Célébrer », son dernier est sorti en décembre dernier), Eps et trois elpees, dont le dernier, « Morning World », remonte à août 2015. Son électro se sert paradoxalement de l’instrumentation organique (arrangements de cordes surtout), une expression sonore destinées à faire danser, et sur laquelle il pose sa voix éthérée…   

Il n’y qu’une soixantaine de personnes dans l’hémicycle, lorsqu’il débarque sur l’estrade pour entamer son set. Un set au cours duquel il jongle entre ses platines et machines magiques.

Un DJ qui remue et chante en même temps, ce n’est pas courant. Et ce l’est encore moins quand il parvient à faire danser son auditoire. L’aspect mélancolique de ses compos est souligné par les sonorités de violons, de harpe, d’ivoires ou de grattes, à l’instar de ce fameux single atmosphérique « Célébrer ». Des images défilent dans votre tête. Celles des grandes étendues qui peuplent le Canada. Grandes plaines, prairies, forêt boréale, grands lacs… que l’on imagine recouverts de neige. D’ailleurs sa musique pourrait servir de bande sonore à un documentaire qui traite de ces thèmes. Parfois, le spectre de Marie-Pierre Arthur se met même à planer. Encore que son humour, son sens de la dérision et sa bonne humeur, qu’il dispense avec un accent si caractéristique, évoquent plutôt Lisa Leblanc. Pourtant, les compos de Jamison incitent aussi à danser. A cause de ces beats électro qui vous remuent les tripes. Et votre serviteur a fini par succomber à la tentation. Comme s’il avait retrouvé ses jambes de l’adolescence… Stupéfait ?

(Organisation : Le Botanique)

Voir aussi notre section photos ici

jeudi, 28 janvier 2016 19:41

GrandGeorge si logique…

GrandGeorge organise sa ‘release party’ ce 18 février 2016, à la Rotonde du Botanique. Après avoir décroché un tube, grâce à « So Fine », qui a fait le buzz dans tous les festivals d'été, il publie donc son tout premier album « So Logical ». Et trois semaines avant la date, le concert est sold out.

Si vous n’avez pas réussi à vous procurer une place pour ce concert, sachez qu’il se produira encore à l'Eden de Charleroi ce 4 mars 2016 et dans le cadre du Bel’zik de Herve ce 20 février 2016. D’autres dates devraient suivre

http://lnk.to/SoLogical

https://www.facebook.com/GrandGeorge.official/?fref=ts

https://twitter.com/GRANDGEORGE

 

Le grand rendez-vous des Arts de la Scène se déroulera du 01 au 05 février 2016. Les professionnels de la culture pourront y découvrir 66 projets novateurs à Flagey, aux Halles de Schaerbeek et au Botanique. Il y aura du théâtre, du cirque, de la danse contemporaine et du cirque.

Mais surtout pour les amateurs de belles notes, de la musique classique, moderne, ancienne et du rock dans tous ses états.

En 2012, quand la Fédération Wallonie-Bruxelles a fait le pari de rassembler les artistes émergents de toutes les disciplines derrière cette belle vitrine qu’est ProPulse, elle ne s’attendait pas à un tel succès. Et pourtant, le bilan est positif. Un anniversaire à fêter pour un festival qui gagne en popularité et en découvertes multiples.

Le programme musical au Botanique est le suivant :

-le 03/02/2016 :

- Lieutenant (partie pro)
- Kings Of Edelgran, Aprile, Coubiac, Siam et Two kids                               
- On Holiday (partie tout public)

-le 04/02/2016 :

- Chicos Y Mendez, Gaëtan Streel, Azerty (partie pro)
- Electric)Noise(Machine, Facteur Cheval, Joy As A Toy, Ulysse, Zomb (partie tout public)

-le 05/02/2016 :

- Grandgeorge (partie pro)
- FaOn FaOn, In Lakesh, Jeremy Walch, Victoria+ Jean, The Summer Rebellion (partie tout public)

A épingler : Lieutenant, Two Kids On Holiday, Gaëtan Streel, Grandgeorge et FaOn FaOn.

http://www.propulsefestival.be/index.php?id=enbo_sectionpublic

https://www.facebook.com/propulsefestival/?fref=ts

https://twitter.com/propulse_bxl

La dernière visite de Lura à l'Ancienne Belgique remonte à 2010. A l’époque, Maria de Lurdes Pina Assunção (NDR : c’est son véritable nom) et Bai Kamara Jr partageaient la même affiche. En débarquant au guichet de l’AB, une affiche ‘Sold out’ a été placardée. Franchement, l’artiste aurait pu remplir la grande salle. La diaspora africaine est peu représentée, mais celles et ceux qui sont venus vont mettre le souk.

Lura est née à Lisbonne en 1975. C’est à l’âge de 17 ans qu’elle participe à l’enregistrement d’un album de Juka. Comme choriste, même si elle finira par chanter en duo avec le chanteur zouk. En 1996, elle enregistre son premier elpee, « Nha Vida ». Depuis, elle en a fait du chemin. Elle a ainsi notamment bossé en compagnie de Bonga, Tito Paris et Paulo Flores. Puis chanté « Morna », dans le film 'Fados' de Carlos Saura. Partagé un duo auprès de la déesse aux pieds nus, Cesarai Evora, pour « Moda Bô ». Et a été nominée en 2006 lors des BBC Awards, dans la catégorie ‘musiques du monde’, comme ‘espoir’, pour son album « Di Korpu Ku Alma ». Lura chante la musique traditionnelle du Cap-Vert, comme le morna, le funana et le batuque, des styles fortement influencés par les musiques africaines et contemporaines.

Le set débute à 20h35. Sur les planches, un imposant piano à queue occupe une bonne partie de l’espace. Il est planté juste derrière un synthé. C’est Tony Viera qui va se charger des claviers et des ivoires. Et Valentino Ramos, des drums. Le line up est complété par Ivan Medina –bonnet enfoncé sur le crâne– à la guitare et Thierry Fanfan à la basse. Ils sont assis sur des tabourets surélevés.

Lura est vêtue d’une robe à fleurs et chaussée de souliers à hauts talons de couleur jaune. Dès le début du set, Lura lève le doigt à plusieurs reprises pour signaler un problème de retour. L’ingé son se rend compte que le deuxième diffuseur n’est pas branché. Bref, après un moment de stress ponctué par quelques éclats de rires, le show peut démarrer.

Le concert s’ouvre donc par « Di Undi Kim Bem », un extrait du nouvel opus « Herança ». Percus et filet de gratte acoustique alimentent cette complainte qui traite de l'exil. Une guitare qui prend le pas sur ces percussions tout au long de « Mantenha Cudado » et « X Da Questão », deux chansons écrites par Mario Lúcio, le Ministre de la Culture de la République du Cap Vert. Et elles baignent dans une atmosphère de samba brésilienne. « Mamba' Des Bes Cumida Da » est davantage dansant. La voix de Lura est à la fois grave et voluptueuse. Thierry fait corps avec sa basse. « Moda Bô » suscite le recueillement. En fermant les yeux, on a l’impression de se retrouver face à la regrettée Césaria Evora. Nouvelle compo, « Sema Lopi » nous entraîne au Cap Vert. La ‘six cordes’ est omniprésente tout au long de ce morceau au cours duquel Lura retrouve ses véritables racines. Tony tapisse d’abord l’ensemble de ses ivoires avant de dispenser des sonorités d’accordéon à l’aide de son synthé. Place ensuite à « Herança », le titre maître du dernier elpee. Il s’agit de la plus longue plage de ce disque. Ce qui va permettre à chaque musicien d’exécuter son petit solo, Valentino se réservant le dernier, en se déchaînant sur ses fûts. La jolie créole se déhanche sensuellement. Elle joint le geste aux paroles et incite régulièrement les premiers rangs à frapper dans les mains. Chantés en créole, « Dze Q Dzê » et « Narina' » sont repris en chœur par l’auditoire. « Maria Di Lida » est un morceau endiablé. Du batuque au cours duquel la féline entame sa danse guerrière. Elle vire même ses chaussures pour être plus à l’aise. Et c’est au sein de cette frénésie que « Somada », « M Bem Di Fora » et « Goré » achèvent le concert.

Lorsque Lura revient pour le rappel, un refrain en créole émane du fond de la salle. Le reste de l’auditoire embraie. Lura également… elle nous réserve alors « Nha Vida » et termine sa prestation par un morceau de funana, « Sabi Di Más ». Un voyage paradisiaque au cœur des îles capverdiennes vient de s’achever…

(Organisation : Ancienne Belgique)

lundi, 25 janvier 2016 19:31

Blueprints

Whocat est une formation issue de Bruxelles. Elle réunit Sara Moonen (chant), Benoît Minon (guitare) Davy Palumbo (drums et percus) et Joris Lindemans (contrebasse). Ce dernier est sans doute le plus expérimenté, puisqu’il a notamment milité chez Sara So far, Sweet Jazz Orchestra, Parbleu et Jens Maurits Orchestra.

Sarah possède une voix de diva. Une voix veloutée, atmosphérique qui évoque tour à tour celle de Véronique Jacquemein (Annarbor) ou de Dani Klein. Captivant, l’univers sonore de Whocat oscille librement entre jazz, pop, funk et nu soul. Les compos ne manquent pas de groove et les mélodies sont très souvent contagieuses.

Des percus attaquent en force « Two Steps Back » Et si la gratte s’autorise l’une ou l’autre envolée vaporeuse, la contrebasse communique un aspect plus lyrique voire même mélancolique à la compo.

Un quatuor à cordes berce « Lady », une plage douce et mélancolique. La gratte adopte un profil prog/rock. Et le timbre vocal se teinte de soul. Une chanson qui évolue dans un registre proche de Gabriel Rios.

« Fishy Five » est dynamisé par des percus tribales. Un titre jazzy/pop (Everything But The Girl ?) dansant au cours duquel la contrebasse finit par devenir obsessionnelle alors que la guitare emprunte à Carlos Santana.

Laurent Blondiau canalise de sa trompette « Citizens », un titre qui ne manque pas de charme. Tout aussi dansant, il semble émaner d’un mix entre funk, hip hop et jazz.

Le titre maître opère un retour au calme, même si la fin de parcours est dynamisée par les accords de gratte.

Et « Speaking Is Silver », le titre le plus long du long playing, clôt cet opus, une piste visionnaire qui parle d’argent, alors que le silence est d’or…

lundi, 25 janvier 2016 19:28

Racine Congo

Racine Congo est né quelque part entre Mons et Bruxelles. Si le band reconnaît pour influence majeure le reggae, il ne se contente pourtant pas de reproduire les clichés de la musique jamaïquaine. Car il s’inspire également de la chanson française. Et notamment à travers les textes, interprétés dans la langue de Voltaire.

Pour réaliser ce premier elpee, les musicos ont travaillé dur. Pendant plus de 2 ans. Ils ne sont ni noirs, ni albinos, mais blancs ; même s’ils ont l’âme aventureuse. Ils préfèrent Kingston et Kinshasa, mais résident à Bruxelles, la capitale multiculturelle par excellence.

Le line up réunit Baptiste De Reymaeker (chant, guitare, percus, trompette), Simon Danhier (accordéon, melodica, choeurs) et Thibaut Nguyen (basse, chœurs). Lors des sessions d’enregistrement, le trio a reçu le concours de Raf Debacker (basse) Lorenzo Di Maio (guitare électrique) et Charlotte Danhier (violoncelle). Donc pas de drummer. Un choix, ma foi, original. Eponyme, le long playing est découpé en 8 plages.

Illuminé  par l’accordéon et le mélodica, « 1 000 Follies » agrège reggae (des années 60 et 70), jazz, soul, funk et chanson française (Brassens et Mathieu Bogaert). Quand on fait des choix dans la vie, on reste fidèle à ses engagements. Parfois, on a envie de casser les codes pour emprunter un autre chemin, pourtant jusqu’alors tracé. Pour bien vivre, il faut manger. Ce qui coûte cher. Parfois aussi, on a aussi envie d’aller vivre dans une grande ville, de s’immerger dans son ambiance afin de découvrir sa scène musicale. Celle de New York, par exemple. Ou alors on préfère s’isoler, tel un ermite au fond d'une forêt…

« 1789 » nous parle de rupture. « Armageddon » se réfère à l’univers biblique, un concept dont se réclame souvent les disciples du reggae. De quoi tracer un parallèle entre Babylone et notre société contemporaine. Qui se dirigerait droit vers l’Apocalypse. Pour la circonstance, les lyrics se servent des codes du reggae, alors que ses porte-parole ne portent pas de dreadlocks. Un Babylone encore comparé à l’« Etat », où la liberté se gagne et se conserve en dépit des lois établies…

Un SDF de l’amour porte sa « Caravane » sur le dos, comme un escargot…

Jolie ballade, « Lune » procure un peu d'espoir et de lumière.

« Police » relate un incident survenu lors d’une manifestation pacifiste. C’était à la Place Flagey. La pression exercée par le service d’ordre était conséquente, alors que les jeunes ne revendiquaient qu’un petit espace de parole. De quoi mettre mal à l’aise les artistes. Et ils ont voulu répercuter cet événement à travers une chanson aux textes militants et au refrain accrocheur…

« Sex Appeal » évoque l’histoire d’un mec qui est plein aux as. Il est fasciné par le porno facile. Il se paye une prostituée et se rend compte que sans sentiment, il n’y a pas d’amour possible…

 

samedi, 16 janvier 2016 00:00

Retour aux racines maliennes…

Inna Modja se produisait le vendredi 15 janvier à l'Alhambra de Mons et le lendemain à l’AB. Votre serviteur a assisté au set du samedi. En langage peul, Inna Modja signifie ‘Inna la Mauvaise’ ; c’est le surnom que lui a attribué sa mère. D’origine malienne, Inna est le sixième enfant d’une famille qui en compte sept. A l'âge de 6 ans, ses parents l’inscrivent dans une chorale. Son père l’incite à écouter la musique qu'il aime (Ray Charles, Ella Fitzgerald, Otis Redding et Sarah Vaughan). Si elle est naturellement influencée par la musique traditionnelle de son pays, elle s’intéresse ensuite également à celles de l’Occident. Aussi bien le punk, le trash, le rap, le hardcore, le heavy métal, que le blues, la soul ou le disco. Véritable éponge, elle les assimile toutes facilement. Rebelle, elle va frapper à la porte de son voisin, Salif Keita, qui l'envoie faire ses premières armes auprès du Railband de Bamako, des papys qui pratiquent le jazz et la bossa nova.

Inna est une militante féministe très active. Elle milite pour la lutte contre la violence faite aux femmes et tout particulièrement l’abolition de l’excision. Faut dire qu’elle-même a été excisée au cours de son enfance. Très jolie, Inna est également mannequin et actrice. A ses moments perdus… Elle vient de publier son troisième elpee, « Motel Bamako », qui la replonge au cœur de ses racines maliennes.

J’imaginais, comme la veille, retrouver la diaspora africaine. Les Africains ont bien débarqué en nombre ; mais pas de trace des toilettes chamarrées. Ce qui ne va pas les empêcher de mettre une ambiance de dieu le père.

La première partie est assurée par un duo répondant au patronyme de J-Yves. Chapeau mou sur la tête, Shana Mpunga se consacre aux percus africaines (djembé et congas) et Jean-Sébastien Nemayechi à la guitare. Ils se partagent les vocaux. Le second est originaire du Pays des Collines, au Burundi, mais vit à Waremme. Anecdote, il a joué dans un épisode de la série ‘Camping Paradis’.

La musique de J-Yves oscille entre soul, funk, pop et world africaine. Les percus sont le plus souvent tribales. Les vocaux sont partagés entre harmonies et cris sauvages. Et pourtant, tout au long de « Wonderful », la foule reprend le refrain en chœur. « Tick Tick Song » est certainement la compo la plus contagieuse ; et c’est dans ce registre que la voix soul Jean-Sébastien se révèle la plus sucrée. Un set plutôt bref mais consistant qui s’achève par « To Get Lost ». A suivre de très près. (Pour les photos c’est ici)

Setlist : « When You Set Me Free » / « Street Lights » / « The Mojo » / « Wonderful » / « Tick Tick Song » / « To Get Lost ».

Deux écrans ont été installés au-dessus des portes d'entrée de la salle. Y défilent des slogans qui proclament : ‘Motel Bamako’, ‘Welcome’ et ‘Inna Modja’. Et c’est le même topo pour la toile qui tapisse l’arrière-scène. Comme pour enfoncer le clou, en attendant le début du spectacle. Inna est soutenue par un bidouilleur (synthés, ordinateur, etc.) et un gratteur. Coiffé d’un superbe chapeau, il est vêtu d’un costume traditionnel. Sa guitare est singulière, puisqu’elle compte 3 cordes en nylon et 3 en métal. Inna récite un texte avant d'attaquer « Outlaw », le morceau electro-tribal qui ouvre le nouvel elpee, un titre qui s’étale sur plus de 6 minutes. Nonobstant la présence d’un sixcordiste, la plupart des sonorités émane des machines, dont Inna se sert également. Elle porte un ensemble de couleur noire –laissant apparaître son ventre et ses avant-bras à travers des treillis ajourés– sur lequel elle a endossé une chemise colorée. Inna se déhanche sensuellement et brasse l’air de ses mains lorsqu’elle ne triture pas son instrument.  

Elle interprète « Sambè » en bambara (langue officielle du Mali), en chantant ou en déclamant, sur des motifs sonores arabisants. Fascinant ! Des images défilent sur l’écran. Interprété en anglais, « Water » évoque le désarroi de la population malienne et issue des pays subsahariens confrontée à la difficulté de trouver de l'eau. Un blues du désert qu’entretiennent les tonalités de la guitare. Une halte s’impose à « Tombouctou », 'la ville aux 333 saints', également baptisée 'la perle du désert '. Balodji –dont le pays natal souffre également de la guerre–coécrit « My People ». Inna pleure ces conflits qui entraînent malheurs, famines et pousse les autochtones à s’expatrier. Le guitariste a alors troqué son instrument contre un tamani, un petit tambourin dont se servent les griots, qu'il frappe avec conviction.

« French Cancan (Monsieur Sainte Nitouche) » invite l’auditoire à investir le dancefloor. La foule reprend le refrain en chœur de ce tube qui a permis à cette artiste de se faire connaître. « Caroline » est une cover bien personnelle et surprenante de Mc Solar. Un bien bel exercice de style ! Le rappeur hexagonal Oxmo Puccino (NDR : également originaire du Mali) signe « Speeches ». Un titre engagé politiquement. Tout comme « Boat People », qui raconte l'histoire des migrants qui cherchent une meilleure existence, en fuyant la guerre, pour atteindre l’eldorado européen. « Going Home » clôt le set, une chanson qui parle de son retour au pays pour rendre visite à sa famille.

Elle revient cependant rapidement sur les planches, et accorde un très émouvant « Diaraby », dans un autre blues des sables chauds. Après la cover du « Buffalo Stance » de Neneh Cherry, le concert s’achève par la ballade « Kana Ta (Don't Go) », au cours de laquelle Inna Modja va s’autoriser un bain de foule. Et après avoir remonté sur l’estrade, elle nous dit simplement : 'A bientôt ! '. (Pour les photos, c’est )

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

 

 

 

 

mardi, 19 janvier 2016 13:35

Live Dissident Tour

Tagada Jones nous vient de Bretagne. Ce groupe est responsable d’une forme de punk/rock alternatif qu’il chante dans la langue de Voltaire. Réalistes, les lyrics abordent des thèmes comme le respect, la liberté et l’écologie. Mais critiquent également la mondialisation, les manipulations, le capitalisme sauvage, le fanatisme ou encore le sexisme et l'intolérance. Ses influences majeures ? Parabellum, Les Sheriff, The Exploited, The Ramones, Bad Religion, Suicidal Tendencies et Bérurier Noir.

Avec plus de 1 200 concerts dans les gambettes, le combo nous propose son troisième opus ‘live’. C’est d’ailleurs dans cet exercice qu’il excelle. « Live Dissident Tour » est découpé en 20 pistes. Elles ont été immortalisées en terre vendéenne, avril dernier, aux Herbiers, dans le cadre du Festival ‘On n'a plus 20 ans’.

Sur les planches, Tagada Jones nous propose une musique brute de décoffrage, propice à la sueur et chargée de testostérone. Son énergie est débordante. L'interactivité, totale.

Le set s’ouvre par « Intro » qui raconte un peu l'histoire de France, depuis la guerre 40-45. On ainsi droit à un extrait de la Marseillaise, un discours de Charles de Gaulle, prononcé lors de la libération de Paris et des extraits de reportages radiophoniques dont celui diffusé suite à l'arrestation de Mesrine, pendant la guerre du Vietnam et d'Algérie.

« De l'amour et du sang » nous plonge enfin dans le bain. Un bain de souffre que reflète deux autres brûlots, « Instinct Sauvage » et « Le chaos », une piste sur laquelle les guitares tagalopent.

Caractérisé par son refrain accrocheur, « Nec'hed Mad » véhicule un message politique venimeux mais sincère. « Pavillon noir » amorce la « Descente aux enfers », deux compos qui remuent les tripes. Retour sur terre où « Tout va bien ».

Nico hurle sa rage à l’égard de la société au sein de laquelle il vit sur « Zéro de conduite ». Pas étonnant qu’un « Cargo », et plus exactement un pétrolier ait fait naufrage. Amorcé par des bruits de sirènes, « Les nerfs à vif » sont chargés d’électricité. C’est la crise et la révolution est en marche. Agrégeant punk, metal et hardcore, ce titre furieux figurait déjà sur un autre live, « 20 ans d'Ombre et De Lumière ».

« Vendetta » pointe un doigt vengeur en direction du Président de l’Hexagone, et surtout le pouvoir qu’il représente. « Dissident », c’est le titre éponyme du dernier elpee qui a donné le nom à cette tournée infernale. Les potes à Nico en ont gros sur la patate suite aux attentats perpétrés contre la rédaction de Charlie Hebdo et nous le font savoir sur « Je Suis Démocratie » et « Plus De Son, Plus D'Image ».

Quoique de bonne facture, ce long playing a moins de pêche que « 20 ans d'Ombre et De Lumière ». Pas qu’il soit de mauvaise facture, mais il manque de groove et le public est moins réactif. N’empêche, c’est bien sur les planches que Tagada Jones demeure le plus performant. Le choix de l’endroit pour immortaliser ce ‘live’ n’était peut-être pas le plus judicieux…

 

vendredi, 15 janvier 2016 00:00

Pas des mots, mais des billets bleus…

Pour accueillir Baaba Maal, l’Ancienne Belgique est en configuration semi-flex. Ce qui permet de laisser un espace dans la fosse pour danser. La diaspora sénégalaise est bien présente. Toutes les jolies dames ont revêtu leurs plus beaux habits lors de cette sortie nocturne. Si un gang de grands méchants devait passer ce soir à l'AB, il y aurait de belles parures en or et diamants à dévaliser. Le spectacle se déroulera devant 4 à 500 personnes.

Issu d'une famille de pêcheurs, Baaba Maal est sénégalais. Agé de 63 ans, il est originaire de Podor, au Nord du pays, sur les rives du fleuve Sénégal. Après avoir transité par divers groupes, il séjourne à Paris, pour y étudier la musique occidentale au Conservatoire. C’est en 1985, qu’il fonde Daande Lenol ('La Voix Du Peuple'), en compagnie de son ami malvoyant, Mansour Seck, un combo qui mêle instrumentation traditionnelle, contemporaine et chants pulars. En 1990, lors d’une tournée européenne, il est découvert par Peter Gabriel, qui l’invite à participer aux sessions de son album « Passion ». Il bosse aussi en compagnie de Hans Zimmer sur la B.O. du film « La Chute du Faucon Noir », et collabore, entre autres, avec Brian Eno, Tony Allen et U2. Grande voix de l'Afrique, son engagement dépasse largement le cadre musical puisqu'il est aujourd'hui représentant du programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

Baaba vient de publier son onzième opus, « The Traveller », qu'il est venu défendre ce soir. Un disque pour lequel il a reçu le concours du poète insulaire Lemn Sissay ainsi que de membres de Mumford and Sons.

Sur les planches on remarque la présence d’une batterie, en arrière-plan, au centre, et de chaque côté des percussions africaines ainsi que des claviers, sur le flanc gauche.

Le show s’ouvre un quart d’heure plus tôt que prévu. Les costumes sont aussi colorés sur scène que dans l'assemblée. Un brouhaha surprenant et de timides applaudissements couvrent l’entrée en scène de l’artiste. Baaba Maal se sert d’une gratte acoustique aux cordes en nylon. Sa voix est puissante et fascinante ; elle semble même planer au-dessus de l’assemblée. Il chante en wolof. Le premier morceau s’étale sur plus de 12 minutes. Des roadies viennent installer le griot Mansour Seck, musicien qui l’accompagne depuis l’époque de Lasly Fouta, groupe au sein duquel les deux amis ont énormément tourné en Afrique et à travers le monde. Baaba signale que les voyages sont enrichissants. Mais certains sont la conséquence de guerres, et elles doivent cesser. Il évoque également le soutien qu'il a eu lors du décès de son fils. Une belle leçon d'humanité de la part de ce grand voyageur. Lors de cette tournée, il a entraîné deux Américains (un bassiste et un guitariste), deux Britanniques (des percussionnistes, dont le seul blanc –un Londonien– double aux claviers) et un Cubain (le drummer). Baaba essaie de nous faire croire qu’ils sont d’origine sénégalaise… La set list embraie par un blues qui nous entraîne à travers les grandes plaines de sable du Nord-Est de l'Afrique. Les percus sont encore discrètes. Baaba nous parle du fleuve Sénégal qui constitue la source de prospérité essentielle pour son peuple. Et il relate cette description dans la langue de Molière.

Nous entrons ensuite dans le delta du Sénégal au rythme de sonorités afropéennes, dynamisées par les interventions des percus et du drummer. A l’instar du répertoire de Fela Kuti, les morceaux son longs, mais jamais ennuyeux. On s’enfonce ensuite plus profondément au cœur des forêts de l'Afrique de l'Ouest. Baaba quitte son siège et commence à arpenter le podium de long en large. Le concert monte alors en puissance. Quelques spectateurs montent alors sur l’estrade pour y déposer quelques billets bleus à ses pieds (NDR : cette tradition africaine est le signe que le public est satisfait de la prestation de l'artiste).

Au fil du set, les gradins se dépeuplent, car les spectateurs viennent se fondre dans la masse des danseurs…  

Mais, comme signalé en début d’article, la richesse de ce show, c’est l’osmose entre instrumentation traditionnelle et contemporaine. Il y même des synthés atmosphériques et une boîte à rythmes, mais l’ensemble, toujours au service de la mélodie, tient parfaitement la route. Le tempétueux « Fulani Rock » et l’hymne tranchant « War », au cours duquel Lemn Sissay scande son texte engagé et militant, constituent certainement deux des morceaux les plus percutants. A contrario, « One Day » et la divine ballade « Kallajo », s’avèrent les plus paisibles. Mais c’est « Cherie », un titre plus ancien, chanté tour à tour en wolof ou en français, qui va mettre le souk dans l'auditoire…

(Organisation : Ancienne Belgique)

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