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Epica - 18/01/2026
Stereolab
Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

Leonard Norman Cohen est décédé ce 10 novembre 2016, à Los Angeles, en Californie. Il était né le 21 septembre 1934 à Westmount (Montréal), au Québec. De son véritable nom Leonard Norman Cohen, ce poète, romancier et auteur-compositeur-interprète canadien s’est imposé dans l’univers du folk, fin des sixties, avant de teinter son style de multiples influences, oscillant de la pop au cabaret, en passant par la country et la world. D’une voix grave, il chantait le plus souvent au sujet de l'amour passion, de la religion, de la solitude, de la sexualité, des relations humaines et de la politique. C’était un Juif pratiquant. Ses plus grands tubes ? « Suzanne », « Bird on a wire » et « Hallelujah ». Il a exercé une influence majeure sur des artistes comme Suzanne Vega, Nick Cave, Ian McCulloch et Jean-Louis Murat. Notamment ! Il venait de graver un album studio, « You want it darker », le 21 octobre dernier. Il était monté sur scène, au Festival de l'île de Wight, en 1970, juste après Jimi Hendrix. Plus de 1500 artistes ou groupes ont repris ses compositions. Outre son impressionnante discographie, il a publié une dizaine de livres (romans, recueils de poésie, psaumes, prose, etc.). RIP.

Après avoir accordé un remarquable concert, dans le cadre du dernier Cactus, à Bruges, Wilco était de retour à l’Ancienne Belgique, ces 27 et 28 octobre. Aussi incroyable que cela puisse paraître, les deux dates étaient sold out. En deux jours, la formation chicagoan a donc attiré 4 000 spectateurs. Et il faut avouer qu’à l’intérieur, c’était blindé de chez blindé. Mais –et il faut le souligner– la foule était constituée d’un public multigénérationnel. Le rock n’est pas mort ! La preuve par Wilco…

Wilco a gravé deux albums en 2016. Le plus électrique « Star Wars », en juillet et le plus acoustique « Schmilco » en septembre. Deux disques épatants qui s’inscrivent pourtant dans des styles diamétralement différents. Ce qui avait donc poussé votre serviteur à aller revoir la formation en ‘live’. Plus étonnant encore, la set list du 27 est différente de celle du 28 octobre ; et c’est ainsi tout au long de sa tournée. De quoi encore démontrer que le groupe cherche constamment à se renouveler…

Le décor est superbe. Une forêt enchantée à multicouches est disposée sur le podium. Et le light show va plonger la scène au sein d’un éventail de climats différents. Derrière, sur la droite, il y a même un morceau de ciel. Il laisse apparaître divers tableaux : un arc en ciel, des nuages qui défilent, etc.

Le set s’ouvre par trois morceaux du dernier opus. Des chansons qui trempent dans l’americana, mais suffisamment électrifiés pour ne pas être taxées de folk. Le son est vraiment nickel ! Toujours barbu, Jeff Tweedy est coiffé de son inséparable chapeau blanc/beige. Au bout d’une dizaine de minutes, les compos commencent à prendre de l’intensité. Et notamment dès « I am trying to break your heart ». Nels Cline, le guitariste soliste, se met à bidouiller les boutons d’un pupitre et la fin de parcours se révèle complètement déstructurée. Dans la foulée, amorcé par des bruitages électro et imprimé sur un tempo krautrock, l’excellent « Art of almost » lance véritablement le show. La set list est cependant bien équilibrée, les titres les plus acoustiques servant de césure entre les plus percutants. Ainsi on retrouve Nels, assis, la gratte sur les genoux, pour jouer de la pedal steel, alors que Pat Sansone, préposé aux synthés ou à la troisième gratte, se sert d’un dobro, sur « Misunderstood ». La ligne de basse caoutchouteuse de John Stirratt et les interventions au piano électrique de Mikael Jorgensen trament « Somenone to lose », une chanson dont le tempo offensif évoque manifestement les Beatles circa « Abbey Road ». Et « We are’nt the world (Safety girl) » adopte un même profil. Pensez un peu à l’époque où Billy Preston siégeait derrière l’orgue, comme cinquième membre non déclaré. J’ignore pourquoi, mais les mélodies –parfois même en multicouches– me rappellent souvent celles des Fab Four. Sans doute à cause de ces refrains contagieux ; même si les timbres sont différents. D’ailleurs quand les voix se conjuguent en harmonie, c’est plutôt aux Byrds qu’on se met à penser (« Heavy metal drummer »). Mais comme celle de Jeff campe un hybride entre John Lennon et Mark Oliver Everett, il n’est finalement pas étonnant que le spectre des quatre de Liverpool plane régulièrement.

Autre moment fort du show, « Impossible Germany ». Imprimée sur un mid tempo, bringuebalante, cette compo permet à Nels d’étaler toute sa virtuosité sur sa six cordes. Ce qui va lui valoir une monstrueuse ovation. Derrière ses fûts, Glenn Kotche est particulièrement inventif. Se servant de baguettes différentes, suivant les morceaux, il lui arrive de secouer une maraca en même temps. Trois grattes alimentent les morceaux les plus électriques. A l’instar de « I’m the man who loves you », morceau qui finit par tourner carrément à la jam. Nels a sorti sa belle guitare blanche, à deux manches, pour l’excellent « Dawned on me ». Il en frotte même les cordes à l’aide d’un bottleneck. Jeff plaisante régulièrement entre les morceaux. Ce qui a le don de faire rire l’auditoire. Et le set s’achève au bout d’une heure trente par le contagieux « The last greats ».

Enfin pas tout à fait, car deux rappels sont prévus. Le premier s’ouvre par « Jesus etc. » ; un titre plus r&b, rogné par les claviers. Cet ‘encore’ va inclure 6 morceaux, dont le plus syncopé « Random name generator ». Généreux, Wilco va clore le spectacle par un autre morceau sculpté dans le krautrock, « Spiders (Kidsmoke) », auquel votre serviteur ne pourra assister, car son train n’attend pas. Les transports en commun ne tiennent plus aucun compte de la fin des spectacles à Bruxelles. On doit impérativement se déplacer en voiture pour se rendre dans la capitale. Sauf que pour l’instant, y circuler, c’est la galère. Et la situation n’est pas prête à évoluer. Même le soir. Et surtout en début de week-end. Les problèmes de mobilité risquent encore de s’accentuer, si les transports en commun ne tablent plus que sur la rentabilité. Et c’est encore une fois le public provincial qui va en faire les frais…

N’empêche, quelle belle soirée ; et puis quel beau pied de nez à ceux qui colportent que le rock est mort. Un bémol ? Il y avait peut être un peu trop de monde. Ce qui nuit bien évidemment au confort d’un tel spectacle. Mais c’est sans doute la rançon d’une future gloire qui s’annonce irrépressible…

Set list

1. Normal American Kids
2. If I Ever Was a Child
3. Cry All Day
4. I Am Trying to Break Your Heart
5. Art of Almost
6. Pickled Ginger
7. Radio Cure
8. Company in My Back
9. The Joke Explained
10. Misunderstood
11. Someone to Lose
12. Reservations
13. Impossible Germany
14. Happiness
15. We Aren't the World (Safety Girl)
16. Locator
17. Heavy Metal Drummer
18. I'm the Man Who Loves You
19. Dawned on Me
20. Hummingbird
21. The Late Greats

Encore

22. Jesus, Etc.
23. Random Name Generator
24. Red-Eyed and Blue
25. I Got You (At the End of the Century)
26. Outtasite (Outta Mind)
27. I'm a Wheel

Encore 2:

28. Spiders (Kidsmoke)

(Organisation : Live Nation)

 

‘Toutes les nouvelles sont de mauvaises nouvelles’, chante Page Hamilton sur son dernier single « Bad news » (voir la vidéo ici), un extrait du nouvel album qui paraîtra ce 28 octobre 2016. Intitulé « Dead to the world », il prélude une tournée pour 2017. Qui passera notamment par

08.02. – Doornroosje, Nijmegen (NL)
09.02. – De Casino, Sint-Niklaas (BEL)
11.02. – La Maroquinerie, Paris (FR)
12.02. – La Sirene, La Rochelle (FR)
13.02. – Barbey Theatre, Bordeaux (FR)
14.02. – Le Metronum, Toulouse (FR)
20.02. – Le Moulin, Marseille (FR)
07.03. – Het Depot, Leuven (BEL)
08.03. – De Kreun, Kortrijk (BEL)

Cet elpee fait suite à « Seeing Eye Dog », paru en 2010.

www.helmetmusic.com

 

 

dimanche, 23 octobre 2016 19:50

La bouleversante ‘saulitude’ de Watine…

Devant ce lac immobile, je n’ai aucun mobile
Pour sombrer comme je sombre à l’ombre des saules
Les diamants se portent mal sans les rivières
Et les petits ruisseaux dévalent sous mes paupières
J’étais faite pour toi comme les yeux pour pleurer
Comme une question qui brûle de n’être jamais posée

 Fin d’une histoire et je retarde
Le début d’une autre
Combien de fois faudra-t-il encore que je me vautre
Quel est le parcours Que je peux faire sans faute

 Peu importe lequel de nous a fourbi les armes
nous étions parfaits dans cette histoire de larmes

 Fin d’une histoire et je retarde
Le début d’une autre
Combien de fois faudra-t-il encore que je me vautre
Quel est le parcours Que je peux faire sans faute

 Sauf qu’un seul être me manque
Et tout se tait sans toi

 Devant ce lac immobile, je n’ai aucun mobile
Pour sombrer comme je sombre à l’ombre des saules

« A l’ombre des saules », c’est un extrait du dernier album de Watine, « Atalaye », paru en juin dernier. Il fait également l’objet d’un clip (voir ici ) réalisé par Guillaume Carayol (De Calm). Un cri de douleur poétique, mais surtout bouleversant…

https://watine.bandcamp.com/

 

 

vendredi, 21 octobre 2016 19:28

We built a fortress on short notice

Self-Evident est issu de Minneapolis, un trio drivé par le chanteur/guitariste Conrad Mach. Première constatation, ce dernier possède une voix aussi écorchée et sinusoïdale que celle de Sting, mais en moins falsetto. Une sensation accentuée, lorsque Tom Berg, le bassiste, vient y apporter son soutien aux chœurs. Quant à la musique, elle s’inspire essentiellement des années 90. Pensez à Sebadoh, Guided By Voices, Shellac, Cursive ou à Firehose. Une expression sonore complexe, truffée de brisures de rythmes ; mais dont le sens mélodique est constamment préservé. En outre, solide, la section rythmique libère un groove phénoménal. L’expression sonore serait –en lisant les articles publiés sur la toile– le fruit de la rencontre entre emo, hardcore, punk, jazz, indie, post et math rock. Pourquoi pas ! Découpé en 10 pistes, « We built a fortress on short notice » constitue quand même le sixième elpee du combo ; une formation qui de toute évidence mérite une mention particulière pour son implication dans l’univers du rock alternatif…

 

vendredi, 21 octobre 2016 19:21

Strange little birds

En 2001, Garbage commet un album indigne des sa réputation. « BeautyfulGarbage » prélude une longue traversée du désert, émaillée de dissensions, de séparations et de reformations. Le band grave quand même « Bleed like me », en 2005, et « Not Your Kind of People », en 2012, deux long playings d’honnête facture, sans plus. Mais le charme semble rompu. Et puis plus grand monde ne croit encore à la résurrection du band de Madison. Surprise, en juin dernier, la formation publie un sixième LP studio, « Strange little birds ». Et la surprise est d’autant plus frappante, que le disque tient la route. On y retrouve ce climat si spécifique aux deux premiers essais (« Garbage », « Version 2.0 »). Et puis ce parfait équilibre entre instrumentation organique et électronique. Oh bien sûr, tout n’est pas parfait. Il y a bien l’une ou l’autre compo trempée dans le trip hop énigmatique, parfois quand même mélodramatique ; mais sans que les chansons ne dérapent dans la mièvrerie. Les aficionados diront sans doute que c’est le terrain idéal pour que la voix sensuelle, sinueuse et ébréchée de Shirley puisse épancher toute sa charge émotionnelle. Et puis surtout l’album recèle quelques excellentes pistes. A l’instar d’« Empty », caractérisé par ses accès noisy ‘mybloodyvalentinesques’, de « Blackout », aux accents cold wave (Cure ?), des épiques « Magnetized » et « Amends » ainsi que du fulgurant « So we can stay alive ». Shirley Manson, Steve Marker, Duke Erikson et Butch Vig sont peut-être revenus à temps pour rappeler qu’il est préférable de mettre l’électro au service du rock, plutôt que l’inverse…

 

vendredi, 21 octobre 2016 19:21

The Rarity of Experience I + II

Etabli à Philadelphie, Chris Forsyth est un guitariste/compositeur américain dont la carrière a commencé au tout début de ce millénaire. Avant de fonder le Solar Motel Band, en 2013, il a milité au sein d’une multitude de groupes. Mais il a surtout longtemps sévi dans la zone crépusculaire de l’underground, publiant quelques albums en solitaire, dont un certain « Kenzo Deluxe », en 2012. Nous y reviendrons. Tout comme sur le rôle de Richard Lloyd (Television), en compagnie duquel il a approfondi une certaine technique de guitare.

Sur ce double compact disc, le Solar Motel Band réunit Nick Millevoi à la seconde gratte, Peter Kerlin à la basse et Steven Urgo aux drums. Depuis, la sortie de cet opus, ce dernier a cédé les baguettes à Ray Kubian. Lors des sessions, il a également reçu le concours de quelques invités, dont le claviériste Shawn E. Hansen et le saxophoniste Daniel Carter.

La seconde plaque est sans doute la moins intéressante. En ouverture, « The First ten minutes of Cocksucker Blues » figurait sur l’album « Kenzo Deluxe ». Mais on ne peut pas dire que cette nouvelle version casse la baraque. Une forme de prog/rock/jazz essentiellement alimentée par des percus tribales et bien sûr la guitare de Forsyth ; le tout infiltré par un filet de clavier et traversé par saxophone plutôt free, exécuté dans l’esprit de Miles Davis. Deux autres morceaux trempent davantage dans l’ambient, même si « Old Phase » se distingue par des poussées de fièvre électriques. Enfin, on épinglera quand même la reprise du « The calvary cross » de Richard Thompson ». Chris y marmonne ses lyrics, sur une trame sonore imprimée sur un mid tempo tout en véhiculant, circonstanciellement, des accents crazyhorsiens.

Mais venons-en à la galette la plus accomplie. Les guitares sont bien sûr toujours au centre des débats. Cependant, elles évoluent dans un contexte bien plus rock, s’appuyant sur une solide section rythmique. Les deux versions de « The rarity of experience » sont épatantes. La texture de la deuxième est sculptée dans le funk blanc, même si le soliste libère des notes aussi limpides que lumineuses. Sur la première, nonobstant le riff emprunté au « Pinball wizard » du Who, c’est le spectre de Television qui se met à planer ; spectre qui rôde également tout au long de « High castle rock ». Quand au trois autres pistes (« Anthem » I et II ainsi que « Harmonium dance »), elles nous replongent dans l’univers West coast du début des 70’s, si bien incarné par Grateful Dead. Des morceaux qui dépassent le plus souvent les 10 minutes et rappellent les jams mémorables immortalisées par le groupe de feu Jerry Garcia. Et franchement, si vous aimez ce type de musique, vous ne serez pas déçus…

 

vendredi, 21 octobre 2016 19:18

Painting with

Si en live, les musiciens d’Animal Collective sont comparés à des astronautes à la dérive, il faut reconnaître que sur disque, ils débordent de créativité. Et c’est à nouveau le cas pour « Painting with », leur dixième elpee studio. L’originalité de cet opus procède de l’utilisation des vocaux. Bien qu’harmonieuses et abordées dans l’esprit des Beach Boys, les syllabes de mots sont découpées suivant un processus technologique ; ce qui rend le processus totalement désorientant. Pour ne pas dire hallucinogène. Le single qui ouvre l’opus, « Floridada », en est sans doute la plus belle illustration. Et ce sont ces voix –parfois utilisées sous la forme de questions/réponses– qui servent de fil conducteur à une configuration alternative de psychédélisme sonique, aventureux, entretenue aussi bien par l’instrumentation organique que les beats, loops, samples et autres bidouillages électroniques. Vraiment bluffant !

vendredi, 21 octobre 2016 19:17

In the meantime

Vague est un quintet autrichien ; issu de Vienne très exactement. « In the meantime » constitue son premier opus. Un disque découpé en 10 titres qui devrait plaire aux nostalgiques des guitares à la ligne claire. Trois gratteurs alimentent l’expression sonore. Des cordes bringuebalantes, tintinnabulantes, lumineuses, gémissantes et limpides rencontrent des accords plaqués, pour former une texture savoureuse, inspirée par des groupes comme Galaxie 500, Bats ou Chills. Ben oui, la scène néo-zélandaise quoi ! Celle qui a sévi au cours des 90’s ; même si Dean Wareham s’est rapidement exilé aux States. Parfois la ligne de basse est plus ténébreuse voire caoutchouteuse ; surtout quand elle se calque sur la cold wave. La voix n’est pas inoubliable, mais l’ensemble tient parfaitement la route. Et franchement, cette Vague est vraiment rafraîchissante…

 

Quatuor londonien, Wild Beats a publié son cinquième opus, « Boy King », en août dernier. C’est d’ailleurs l’image de la pochette qui figure sur une toile tendue, en arrière-plan, quand on entre au sein du Grand Mix. Mais ce nouvel opus a pris une tournure résolument électro. Déjà que le précédent, « Present Tense », en consommait généreusement ; mais là, le ver est dans le fruit. Evidemment, en ‘live’, les morceaux prennent, en général, une forme plus organique, plus authentique. Enfin c’est ce qu’on espère en son for intérieur. Surtout que les prémices dream pop avaient permis au band de publier quelques singles d’excellente facture…

Avant de monter sur l’estrade, « Song to the siren » de This Mortal Coil retentit dans les haut-parleurs. Puis de très désagréables vibrations sonores ébranlent l’édifice. Pas très bon signe. Enfin, les musicos débarquent. En retrait, le batteur trône derrière un kit de fûts bien achalandé. Et pourtant son drumming est cool. Le guitariste et le bassiste (ou second guitariste, suivant les morceaux) se font face, derrière un synthé. Ce dernier partage également les vocaux avec Hayden Thorpe, qui se charge circonstanciellement de la basse et également d’un synthé. Les voix –falsetto pour Thorpe et baryton chez Flemming– sont complémentaires et se conjuguent régulièrement en harmonie. En outre, les musiciens affichent tous une excellente technique. Et le light show est superbe ; six colonnes de spots à leds rectangulaires dessinant même des formes géométriques. Mais le problème procède de cette déferlante électronique –nappes de claviers et beats programmés– qui non seulement asphyxie les compos, mais les rend bien trop lisses. Même les anciens morceaux sont ‘synthétisés’. Et le gratteur soliste a beau se servir d’un archet pour frotter ses cordes, on n’entend pas la différence. Seules quelques lignes claires émanent sporadiquement de sa gratte, comme pour rappeler que le band est bien britannique. Finalement, Wild Beasts incarne exactement cette forme d’électro que votre serviteur déteste. La musique électronique a ses lettres de noblesse ; mais abordée sous cet angle stéréotypé –pour être dans l’air du temps, sans doute– elle en devient toxique. Il ne manquait plus que les voix vocodées et la coupe était pleine. Heureusement, on a quand même vu un superbe light show ! (Pour les photos, c'est ici)

Et finalement, la bonne surprise nous est venue de Douglas Dare. Il assurait le supporting act. Ce fils de pianiste a également étudié cet instrument à l’‘Institute for Perfomance Arts’ de Liverpool. Son second album est sorti officiellement ce 14 octobre. Et il s’intitule « Aforger ». Il fait suite à « Whelm », paru en 2014. Physiquement, Douglas ressemble un peu à Howard Jones. A cause de ses cheveux blonds coupés au bol. Derrière son clavier, il est plutôt balaise. Il est soutenu par une claviériste/guitariste, également préposée aux backing vocaux. Qu’on pourrait qualifier d’atmosphériques, voire d’éthérés. Mais surtout par son fidèle batteur, Fabian Prym. Ce dernier est assis sur un tabouret bas et ses fûts sont disposés à la même hauteur. Etonnant ! Mais son drumming est impressionnant de dynamisme. Parfois, il vient ajouter quelques bidouillages électroniques ou alors agite un maracas en forme de sablier. Mais c’est la voix de Dare qui fait vraiment la différence. Certains medias la comparent à celle de Nils Frahm. Mélancolique, profonde, elle campe plutôt un hybride entre celle d’Antony Hegarty (Anohni, si vous préférez) et de Gavin Friday. Elle colle à merveille à une forme de trip hop introspective, élégante, capable de soubresauts rythmiques ; les arpèges dispensés par le Londonien d’adoption (NDR : il est originaire de Bridport, dans le sud-ouest de l’Angleterre) glissant comme des vagues tour à tour aventureuses ou chargées d’émotion. Douglas nous réserve un « Caroline » de toute beauté. En solitaire. On a alors l’impression qu’il caresse ses touches d’ivoire pour mettre en exergue sa voix exceptionnelle… Au bout de 30 minutes, le trio tire sa révérence et est chaleureusement applaudi. C’est amplement mérité. Cet artiste est manifestement à suivre de très près…

(Organisation : Le Grand Mix)