Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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James Blake

Voyage intemporel dans l’univers du post-dubstep…

Écrit par

Tout droit sorti de la Goldsmith University de Londres, une spécialisation en musique pop à la clef, James Blake a passé ses années d'étude à composer dans sa chambre. Il commence sa carrière musicale dès juin 2009, en publiant le 12’ "Air & Lack Thereof". Ensuite, il assure voix et claviers lors des shows d'un grand monsieur : Mount Kimbie. James gagne en maturité et il s'affirme en gravant un petit album (11 titres) éponyme, un disque enregistré en février 2011. Ce soir, James Blake nous emmènera dans son monde bien à lui...

La salle est plongée dans le noir. Le bar ferme. Le cadre est posé. James Blake peut maintenant entrer en scène et tout le monde frémit déjà en imaginant ce que le jeune Londonien, enfant du dubstep, va nous proposer. Pratiquement muet, mis à part quelques ‘Thank you’ et une petite phrase avant de quitter la scène, ce compositeur exceptionnel nous emmène dans son univers ambient mélancolique, à mi-chemin entre le dubstep et la soul music.

Le concert démarre fort par l'excellent "Unluck". Malchanceux, il l'est peut-être mais quelle joie de ressentir autant d'émotions transmises presque par intraveineuse. Les musiciens vivent le show au rythme de cette batterie électronique qui parviendra à faire balancer nos têtes de bout en bout du live.

Très vite, les morceaux s'enchaînent et le temps s'arrête. James Blake nous permet littéralement de décoller en interprétant deux morceaux aux wobbles qui dépoussièrent les subs du Grand Mix. Viennent finalement les tellement attendus "Limit to Your Love" et en guise de point final, "The Wilhelm Scream".

Notre coup de cœur du mois, voire de l'année nous fait le plaisir de revenir sur scène mais seul cette fois-ci afin de nous présenter une nouvelle composition et une reprise de Joni Mitchell.

Tout simplement impressionnant, émouvant et exceptionnel, ce jeune homme doit être suivi de très près. Un songwriter aussi talentueux sachant incruster ses compos dans une sorte de post-dubstep proche de la perfection.

A voir en live de toute urgence!!!

(Organisation Grand Mix)

 

Deerhunter

L’important, c’est la musique…

Écrit par

L’Orangerie était comble pour accueillir l’unique date de Deerhunter, en Belgique. Un sold out décrété depuis plusieurs semaines. Faut dire que la formation américaine a publié un des albums de l’année, en 2010, « Halycon Digest ». L’occasion était donc belle de découvrir en ‘live’, l’univers sonore incroyablement riche de Bradford Cox et consorts.

Sur les planches, Bradford, personnage longiligne, est épaulé par le drummer Moses Archuleta, le bassiste Josh Fauver et le guitariste Locket Pundt. Le set s’ouvre par une nouvelle compo intitulée « 60 Cycle Hum », un morceau qui rassure quant à la valeur du prochain album. Les Géorgiens (NDR : ils sont issus d’Atlanta !) enchaînent par le single irrésistible « Desire Lines », seul titre chanté par Locket Pundt, caractérisé par son long crescendo final. Magique ! Le tracklisting épingle la plupart des plages du dernier elpee : les superbes « Don’t Cry » et « Sailing », l’onirique « Basement Scene » (en hommage à John Cage), l’efficace « Helycopter » ainsi que « He Would Have Laughed » (dédié à Jay Reatard) ; mais ne néglige pas pour autant les perles du passé, à l’instar de « Hazel St. » ou encore « Never Stops ». Cox est très à l’aise tant au chant qu’aux six cordes. Le son est impeccable. La cohésion entre les musicos irréprochable. Qu’elles soient shoegaze ou lo-fi les mélodies sont superbes. Dommage, ces longs interludes atmosphériques, car lorsque la musique navigue toutes guitares dehors, le groupe devient vraiment impressionnant.

Conquis, le public est alors comblé par le rappel au cours duquel la formation exécute « Nothing Ever Happened », un morceau magistral, tourmenté, intense, de plus de 10 minutes. A cet instant, on est proche du délire. Hallucinant ! Mais ce qui m’a surtout interpellé, c’est cette absence de contact entre les musicos et le public. En fait, chez Deerhunter, la musique est essentielle et se suffit à elle-même. Et le reste n’a pas grande importance…

(Organisation Botanique)

 

The Dø

Quand le papillon quitte la chrysalide

Écrit par

Certainement l’un des groupes les plus créatifs de la nouvelle scène indie rock française, The Dø nous a démontré ce soir toute l’ampleur de son atypie artistique. Souvent taxé d’autisme artistique, d’élitisme musical dont la production serait réservée exclusivement aux apprentis hipster, le duo franco-finlandais, transformé en sextet pour les besoins de la scène, s’expose et explose les planches de l’Orangerie de son talent.

Car les six musiciens ne se contentent pas d’interpréter « Both Ways Open Jaws », ils le réinventent (voir chronique de l’album : http://www.musiczine.net/fr/chroniques/the-d-/both-ways-open-jaws/ ). L’album studio, très formaté, est totalement repensé pour la scène et diffuse en ce lieu une dimension moins sombre, plus exaltée. Une adaptation mélodique qui a pour effet d’exciter le public; les corps tremblent, le sol tremble et les voix rugissent.

Au sein de l’écurie franco-finlandaise : ‘On n’aime pas le luxe, on aime se mettre en danger’. Et ça s’entend !  La production et les arrangements studio –presque trop parfaits– de Dan Levy s’écorchent. L’électro fait place aux instruments et le son devient plus organique.  Une formule à six qui gagne en efficacité et en expressivité. Moins effacés que par le passé, les deux leaders du groupe arpentent la scène, décomplexés.    

L’orchestration et la mise en scène sont minutieuses. Elles modèlent le temps, les contretemps. Les cassures, les brisures mélodiques. Les souffles chauds, les froids, le calme et le vacarme. Sur le tribal « Slippery Slope », l’électronique laisse place à une intro sax rapidement balayée de tourbillons rythmiques et percussifs qui abasourdissent l’auditeur. Un single puissant et hypnotique redessiné ingénieusement. Puis, le calme d’« On My Shoulders » éteint le feu d’un pop classique. Six pompiers pyromanes, alternant les ruptures mélodiques, mélangeant constamment l’accessible au pointu, le calme et l’orage. Une alchimie de textures sonores qui fonctionne tant sur album que sur scène. Seuls les ingrédients changent.  

Soulignons également le travail du drummer Pierre Belleville qui use de tout métal pour forger le son live de The Dø. L’objet du crime? Une batterie surplombée d’un mur de cymbales, de plateaux d’argent, de cloches en cuivre et de divers ustensiles de cuisine qu’il martèle inlassablement pendant plus d’une heure.

La beauté diaphane d’Olivia Merilahti illumine la fin du concert d’un majestueux « Dust It Off » (voir chronique de l’Ep : http://www.musiczine.net/fr/chroniques/the-d-/dust-it-off-ep/)  Morceau où le temps se fige. Statique, lunaire, la voix acrobate de la jeune Finnoise nous plonge irrémédiablement dans un univers onirique limpide. Une version épurée qui finit pourtant sous un orage de nappes électroniques. Dernière claque avant la fin d’une prestation résolument excellente.

 (Organisation Botanique)

Paramount Styles

Les cicatrices du passé

Écrit par

Alors que le Botanique se coupait en trois, ce soir, pour accueillir Danakil, The Chapman Family et Paramount Style, je ne peux que me féliciter de mon choix. Car si l'espace d'un instant, j'ai hésité entre le Post-Punk énergique des Anglais bruyants de Stockton-on-Tees et le Folk sombre et torturé de Scott McLoud, je n'ai eu qu'à me remémorer cette soirée pleine d'émotions partagée un soir de novembre 2009, à L'Escalier de Liège, pour prendre ma décision.

J'ignore encore à l'heure actuelle si les quarante-cinq minutes de concert accordés dans le Witloof bar valaient tout le bien qu'on annonce de leur prestations scéniques, mais je peux vous assurer que pour ma part, ce début de nuit sous les étoiles de la Rotonde m'a pleinement comblé.

Peu de monde à l'heure où la lourde tenture derrière la scène invite les spectateurs à découvrir les quatre musiciens de Paramount Style. Affable, l'ex-leader des Girls VS Boys salue le public clairsemé.

Une chose ne trompe pas quand on se retrouve face à l'homme. Scott McLoud a vécu, souffert, et sa musique est l'exact reflet de la somme de toutes ses souffrances. Peu de musiciens peuvent se targuer de transcrire avec autant de pudeur un tel lot d’émotions. Et ce sans sombrer dans l'excès de pathos.

Entouré de ses compagnons d'infortune, dont notre compatriote Simon Lenski (DAAU) au violoncelle, il transcende totalement chacun des titres et leur donne une ampleur différente de celle du disque (dont la forme électro est plus présente sur le tout récent « Heaven's alright »).

Et soudain, le parallèle me semble évident.

A plus d'un titre, le leader de Paramount Style est à rapprocher d'un autre écorché vif, Robin Proper Sheppard, qui au travers de son collectif Sophia, brasse lui aussi le même type de désespoir.

Rescapés l'un et l'autre d'un passé mythique au sein de groupes essentiels qui ont marqué les années 90, tous d'eux trouvent refuge au sein de leur musique en abordant ces thèmes à la fois si personnels et si communs à tous que sont l'amour, la mort, la survie et la peur du vide. Les deux artistes ont troqué le son lourd des débuts pour formuler leurs craintes au son d'une guitare acoustique, et ce même si cette formule n'empêche jamais de subtiles envolées bruitistes du plus bel effet. Et surtout, et c'est bien là l'essentiel, ces deux malmenés par la vie expriment avec justesse leur propos en drainant dans le flot de leur compositions tout le fiel et l'amertume d'être un homme de leur race. La race des Romantiques exacerbés.

Mais revenons à la prestation de ce soir.

Les titres très accrocheurs du premier et très recommandé premier album « American failure », tels « All eyes are on you now my pet » ou l'instrumental « One more surprise » trouvent écho dans les nouveaux morceaux. « I keep losing you » étend ses racines Blues dans le sang et la poussière, alors qu’« Amsterdam » se répand comme une traînée de poudre blanche. « Girls of Prague » et « Losing you » s'assument pleinement comme des chansons parfaites. Et « Come to NY », caractérisé par son cynisme à peine teinté, résume à lui seul l'incertitude des étoiles qui naviguent loin du firmament.

Mais c'est dans le final que toute la magie finit d'opérer.

Pour un rappel d'une magnifique simplicité, Scott McLoud nous offre « The Greatest » dont les mots résonnent comme un singulier aveu d'humilité : ‘We were great, maybe not the greatest, we made mistakes, like the greatest... maybe we left too soon, maybe we left too late...’ Alors, que cette confession d'une tragique banalité résonne au panthéon des groupes phares n'ayant pas connu le succès mérité, la voix éraillée (proche d'un Tom Waits des jeunes années) s'éteint dans les derniers accords d'un concert majeur.

Déjà, les lumières absorbent les soupirs et les larmes.

Il est de ces nuits magiques qui marquent au fer rouge...

(Organisation Botanique)

 

Fair, Blatt & Hill

Les cavaliers de l’apocalypse…

Écrit par

L’air chaud qui balayait la poussière de cette nuit printanière me soufflait à l’oreille la présence de quelques vieilles légendes locales. Ici où cowboys et indiens se côtoient, à présent, ce soir, les esprits prendraient corps et possession de cette ville fantôme. Dans l’embrasure rougeoyante du mythique endroit, je m’engouffrai, en proie à quelques tentations. Mescaline et squelette dansant, sueur et tremblements, rendez-vous avec le diable et ses enfants…

D’abord, la foule à traverser. L’autochtone est de sortie ce soir ; et me frayant un passage à travers cette marée humaine, je me poste au-devant de la scène. C’est qu’on m’a dit le plus grand bien de ces suppôts de Satan qui ouvrent le bal.

Fair, Blatt & Hill, c’est du costaud, du lourd, ça cogne et ça rend sourd. Des musicos vachement balèzes, pour un son orageux qui chevauche l’apocalypse. Le bassiste n’a peut-être pas la peau sur les os ce soir, mais les nerfs de sa 4 cordes se tendent à l’extrême, palpitent et claquent sous ses doigts agiles. Le guitariste-chanteur éructe et psalmodie en manifestant un détachement propre à un Jay Mascis mû en Josh Homme (où l’inverse ?) et le batteur martèle  ses fûts et cuivres sans retenue. Haletant comme un pur sang entraîné dans une course frénétique, le Stoner Psychadélic Rock de ces trois Liégeois se fond comme la lave des volcans dans la terre fertile.

Assisté dans leur performance par l’artiste graphique Yves Budin qui du reste, marque de son pinceau toute leur esthétique, le combo donne de la boule Quiès à retordre à celles et ceux qui étaient venus sans méfiance assister à un concert Pop. En résulte un enthousiasme modéré, si ce n’est dans le chef de quelques joyeux drilles tous acquis à la cause FB&H. Pour ma part, je suis définitivement rassuré sur l’avenir du Rock en région liégeoise.

Vient ensuite le tour des Can D, au pays desquels on s’amuse, on pleure, on rit. Emmenés par la foi et l’impressionnante maîtrise de ses membres, le set dévoile le contenu de l’album « Help Yourself », dont c’est ici, la présentation officielle. Baptême du feu pour cette plaque electro résolument tournée vers la Pop qui mêle le son des années quatre-vingt (on pense à Human League ou Orchestral Manœuvre in the Dark) à un Rock plus contemporain. Le chanteur possède une voix parfaite pour ce type de musique et le claviériste assure la grande part d’originalité du son Can D.

Au sein du paysage sonore de notre mère patrie, ce groupe possède un potentiel propre à plaire à un large public. Quant à savoir si les horizons extraterritoriaux s’ouvriront à eux, il est sans doute encore tôt pour se prononcer, mais il est un fait qu’ils méritent bien plus qu’une attention focalisée sur l’est du pays.

Proposant en guise d’interlude une version acoustique rehaussée par la présence d’un accordéon et d’un harmonica sur le morceau « Happy thought » et le single « Chill Out », servi à deux reprises (le répertoire ne justifiant pas encore de rappels à rallonge), ce set prouve qu’en l’espace de quelques années, le Rock belge, même à petite échelle, a gagné en maturité. Il s’est émancipé et surtout a gravi les échelons qui le séparaient des grosses pointures.

Ne reste plus qu’à conquérir le monde.

Via la route 66 ?

(Organisation : Spirit of 66)

Can D

Down by the 66

Écrit par

L’air chaud qui balayait la poussière de cette nuit printanière me soufflait à l’oreille la présence de quelques vieilles légendes locales. Ici où cowboys et indiens se côtoient, à présent, ce soir, les esprits prendraient corps et possession de cette ville fantôme. Dans l’embrasure rougeoyante du mythique endroit, je m’engouffrai, en proie à quelques tentations. Mescaline et squelette dansant, sueur et tremblements, rendez-vous avec le diable et ses enfants…

D’abord, la foule à traverser. L’autochtone est de sortie ce soir ; et me frayant un passage à travers cette marée humaine, je me poste au-devant de la scène. C’est qu’on m’a dit le plus grand bien de ces suppôts de Satan qui ouvrent le bal.

Fair, Blatt & Hill, c’est du costaud, du lourd, ça cogne et ça rend sourd. Des musicos vachement balèzes, pour un son orageux qui chevauche l’apocalypse. Le bassiste n’a peut-être pas la peau sur les os ce soir, mais les nerfs de sa 4 cordes se tendent à l’extrême, palpitent et claquent sous ses doigts agiles. Le guitariste-chanteur éructe et psalmodie en manifestant un détachement propre à un Jay Mascis mû en Josh Homme (où l’inverse ?) et le batteur martèle  ses fûts et cuivres sans retenue. Haletant comme un pur sang entraîné dans une course frénétique, le Stoner Psychadélic Rock de ces trois Liégeois se fond comme la lave des volcans dans la terre fertile.

Assisté dans leur performance par l’artiste graphique Yves Budin qui du reste, marque de son pinceau toute leur esthétique, le combo donne de la boule Quiès à retordre à celles et ceux qui étaient venus sans méfiance assister à un concert Pop. En résulte un enthousiasme modéré, si ce n’est dans le chef de quelques joyeux drilles tous acquis à la cause FB&H. Pour ma part, je suis définitivement rassuré sur l’avenir du Rock en région liégeoise.

Vient ensuite le tour des Can D, au pays desquels on s’amuse, on pleure, on rit. Emmenés par la foi et l’impressionnante maîtrise de ses membres, le set dévoile le contenu de l’album « Help Yourself », dont c’est ici, la présentation officielle. Baptême du feu pour cette plaque electro résolument tournée vers la Pop qui mêle le son des années quatre-vingt (on pense à Human League ou Orchestral Manœuvre in the Dark) à un Rock plus contemporain. Le chanteur possède une voix parfaite pour ce type de musique et le claviériste assure la grande part d’originalité du son Can D.

Au sein du paysage sonore de notre mère patrie, ce groupe possède un potentiel propre à plaire à un large public. Quant à savoir si les horizons extraterritoriaux s’ouvriront à eux, il est sans doute encore tôt pour se prononcer, mais il est un fait qu’ils méritent bien plus qu’une attention focalisée sur l’est du pays.

Proposant en guise d’interlude une version acoustique rehaussée par la présence d’un accordéon et d’un harmonica sur le morceau « Happy thought » et le single « Chill Out », servi à deux reprises (le répertoire ne justifiant pas encore de rappels à rallonge), ce set prouve qu’en l’espace de quelques années, le Rock belge, même à petite échelle, a gagné en maturité. Il s’est émancipé et surtout a gravi les échelons qui le séparaient des grosses pointures.

Ne reste plus qu’à conquérir le monde.

Via la route 66 ?

(Organisation : Spirit of 66)

 

Dan Le Sac vs Scroobius Pip

En une heure, l’affaire était dans le sac…

Écrit par

Bien que « The Logic Of Chance », leur dernier LP en date, n'ait pas vraiment suscité le même intérêt que son puissant prédécesseur, Dan Le Sac et Scroobius Pip le défendent encore bec et ongles un an après sa publication. Une chance (logique!), car c'est sur scène que les deux gaillards se défendent le mieux. Dernière étape belge de leur périple (avant les festivals?) : une Rotonde pleine à craquer et chauffée à point.

Dan Le Sac Vs Scroobius Pip ne s'embarrassent d'aucun fardeau. Pas de première partie donc, ce qui arrange bien nos affaires. A 20h15, Dan Le Sac prend place derrière son laptop et ses machines à bidouiller. Il envoie sans attendre un bon gros son dubstep pour aguicher la foule, mais celle-ci est déjà acquise à sa cause et à celle de Scroobius Pip. Ce dernier s'avance quelques secondes plus tard sur le podium, tranquille, tandis que son acolyte donne le signal de départ en balançant « Sick Tonight ». Une entrée en matière efficace, suivie d'une flopée de tubes comme « The Beat That My Heart Skipped », au cours duquel le grand poète barbu se mêle au public et cède le micro à quelques motivés le temps du refrain ou encore « Angles » qui marque l'instant incontournable au cours duquel Pip déballe les accessoires dissimulés dans la valise qui l'accompagne sur toute les planches du globe.

Jamais avare en paroles, le chanteur-slammeur et son complice enchaînent « Fixed » et « Look For The Woman» dont le refrain est également repris en chœur par un public ultra-motivé. Un public qui parvient à faire trembler le sol en bois de la Rotonde lors des énormes « Great Britain », « Back From Hell » et, surtout, le pamphlet « Thou Shalt Always Kill » qui clôture le set des deux hommes. En guise de rappel, Dan Le Sac et Scroobius Pip mettent tout le monde d'accord en envoyant leur « Letter From God To Man ». Une petite heure et l'affaire était bel et bien dans le sac.

(Organisation : Botanique)

Troy Von Balthazar

Faire le maximum en se servant du minimum…

Écrit par

Après s’être accordé quelques mois de repos, Troy Von Balthazar était de retour à la Rotonde du Botanique, ce jeudi 24 Mars. Etonnant ! Il n’y a pas grand-monde pour assister à son concert. A contrario de ses dernières tournées, il ne s’est pas déplacé, flanqué d’un backing band ou en compagnie de son ex-groupe Chokebore, mais en solitaire. Ses compagnons de scène ? Sa guitare et ses pédales. 

En début de set, l’Hawaïen avoue être quelque peu angoissé avant de commencer son récital. Et pour cause, il a très peu joué depuis un bon bout de temps. Mais dès le début du spectacle, il entre carrément en transe. Ce qui nous change des dernières prestations accomplies chez nous.

Troy enchaîne morceaux issus de son premier opus, (« TVB LP »), de son dernier (« How To Live On Nothing ») et nouvelles compos. En solo, les versions prennent une autre dimension, plus cool, mais tout à fait bouleversante. Très habile, l’Américain prend un plaisir évident à superposer ses boucles de guitare ou de clavier.

Après une demi-heure de concert, l’artiste semble définitivement à l’aise et décide de s’asseoir, pour écouter une de ses chansons, à l’instar d’un mélomane lambda. Toujours sur son siège, Troy déguste ce qui pourrait bien être du whisky, tout en dévorant la Bible… Au cours de son set, il se permet d’interrompre l’interprétation d’un ancien morceau. Ce qui n’a pas trop l’heur de plaire au public qui apparemment, appréciait la compo. Mais c’est pour s’installer sur un cube afin de chanter « The Tigers », en s’accompagnant d’une radio portable et de coquillages, en guise de percussions. Sa voix, constitue un atout de premier choix, il faut le reconnaître. Mais également, son art à torcher de superbes mélodies.

Si Troy Van Balthazar est un des plus grands songwriters contemporains, c’est également un fameux showman. Et ce soir, il l’a démontré, en se servant du minimum syndical…

(Organisation Botanique)

 

The Go ! Team

Sans surprise…

Écrit par

The Go ! Team venait présenter son troisième opus, « Rolling Blackouts », ce mercredi 23 mars, à l’Orangerie du Botanique. J’avais pu assister à un de leurs sets, dans le cadre du festival Pukkelpop, il y a quelques années ; un set excitant, énergique, au cours duquel la bande à Ian Parton était parvenue à mettre le feu, en balançant des brûlots lo-fi terriblement efficaces.

Ok Cowboy assure le supporting act. La formation bruxelloise a la délicate mission de chauffer la salle qui attend impatiemment la tête d’affiche. Pas un cadeau ! Et pourtant, emmené par le redoutable Bineta Saware, le quatuor se débrouille plutôt bien. Imprimé sur une rythmique quasi-disco, son rock poisseux et pourtant pas toujours accessible séduit l’audience. Faut dire que le charisme de leur chanteuse au timbre soul y est aussi pour quelque chose, une voix qui me fait d’ailleurs parfois penser à celle de Lisa Kekaula des BellRays. Et à l’issue de leur dernier morceau (NDR : que j’intitulerai « Dance »), une compo caractérisée par son irrésistible montée en puissance, le public les acclame. Une belle découverte !

Sur le podium, on remarque la présence de deux batteries. Elles sont décorées de néons fluo étoilés et donnent le ton : ce soir on est là pour s’amuser, faire des bonds et pas pour se prendre la tête. Vers 21h, l’ouragan venu de Brighton souffle enfin sur la scène. Le guitariste et le bassiste ont un look grunge. Et ils entrent immédiatement dans le vif du sujet pendant que les drummers canalisent toute l’énergie du show. Un démarrage sur les chapeaux de roues ! Ninja, la diva hip-hop balance son flow très british. Elle ne manque pas d’aplomb et son bagout est impressionnant. Kaori passe du clavier à la basse ou au chant (« Secretary Song ») avec une aisance déconcertante. Les musiciens semblent prendre leur pied sur les planches. Manifestement, le public apprécie ce mélange vivifiant de rock, hip et électro. Et il s’amuse ! Difficile d’ailleurs de résister aux nouveaux tubes du band insulaire, comme « Ready to Go Steady », « Rolling Blackouts » et « Apollo Thowdown », extraits du dernier album. Dommage que les balances ne soient pas au point. En outre, pour pouvoir percevoir les subtilités des compos du groupe, il est nécessaire de bien connaître leur répertoire. Et le spectateur lambda pourrait avoir l’impression d’entendre le même morceau tout au long de la soirée. A contrario, celui qui suit le parcours de la formation, depuis quelques années, se demande quand même si The Go ! Team n’a déjà pas fait le tour de la question. Parce que ce set ne suscite plus le même enthousiasme chez le véritable mélomane. Bref, si le groupe n’a pas failli à sa réputation de machine de scène, son show est tellement sur rails, qu’il ne parvient plus à surprendre…

(Organisation Botanique)

 

Treefight For Sunlight

De l’art à maîtriser les harmonies vocales…

Écrit par

Dans le cadre des soirées découvertes organisées au Botanique, se déroulait, ce mardi 22 mars, le concert du groupe danois Treefight For Sunlight. Inconnu au bataillon pour beaucoup, le groupe récolte néanmoins des échos favorables auprès de la presse spécialisée. D’autant plus qu’il est régulièrement comparé à Animal Collective, Panda Bear ou encore MGMT. En outre, pour la modique somme de 7 euros en prévente (5 euros si vous disposez de la Botacarte), il n’y avait vraiment pas de quoi faire la fine bouche…

La formation se produit au Witloof Bar, salle aménagée au sous-sol du Botanique. Esthétique, sympathique, chaleureuse, elle est peu adaptée à l’auditoire. Et pour cause, si vous avez la malchance de ne pas débarquer parmi les trente premiers spectateurs, vous risquez fort de devoir assister au concert, soit derrière une imposante colonne de pierres, soit sur un des côtés de la scène. Dommage que le set ne se soit pas déroulé à la Rotonde…

Une petite centaine de personnes s’est donc déplacée ce soir pour assister à leur prestation. Pas mal pour un groupe qui se produit pour la première fois en Belgique et dont l’album est pratiquement passé inaperçu (NDR : manque de promo ?)

Vers 20h30, Treefight For Sunlight entre en scène. Le line up réunit un guitariste, un drummer, un bassiste et un claviériste. Ils sont jeunes. Mais la caractéristique principale du combo, ce sont les harmonies vocales. Elles se conjuguent à merveille, suivant une technique particulière. Les quatre membres chantent, mais entament les morceaux chacun leur tour, laissant progressivement les autres venir le rejoindre, de manière à communiquer une sensibilité différente à chacune des compos. Les Danois me font même parfois penser à Midlake ou Fleet Foxes. Les morceaux s’enchaînent assez facilement. Plutôt réservés en début de set, les musicos prennent de l’assurance au fil du temps, et s’autorisent même quelques traits d’humour en fin de spectacle.

Après une petite heure de show, le combo se retire. Le public est conquis. La pop ensoleillée, légèrement psychédélique de Treefight For Sunlight a fait mouche. A  mon humble avis, on devrait bientôt entendre, à nouveau, parler de cette formation. Et en bien…

(Organisation Botanique)

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