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Claud et la musique

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Un diptyque pour Then Comes Silence

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Afghan Whigs
Concerts

Jesse Dee

Y a quoi à la télé ce soir ?

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Grand fan d’Ottis Redding et de Sam Cooke, Jesse Dee a publié en l’espace d’un an deux œuvres pop teintées de soul, deux opus dédiés à la gloire de ses idoles. Ce 1er octobre, le jeune homme venait présenter « Bittersweet Batch », son recueil le plus récent à l’ABClub, devant un public belge très disparate.

Avec sa petite gueule à émoustiller les fans de Charlie Winston, Jesse Dee séduit un parterre majoritairement féminin. Exit la première partie, le Bostonien s’avance sur scène dès 20h30, accompagné de ses cinq musiciens. Des musicos qui, à priori, n’ont pas l’air d’avoir grand chose en commun. On croirait voir débarquer deux aristochats aux cuivres, un pilier de Pub aux grosses caisses, un Richie Rich quadragénaire à la basse et un génie autiste à la gratte. L’interprète chevelu démarre son set sans cérémonie par « Alright », morceau d’ouverture de « Bittersweet Batch ». Tout de suite, le constat est inéluctable. Jesse Dee a de la voix, mais la Soul qui en découle semble légèrement forcée. Le gamin tente de s’élever au niveau de Redding ou Cooke (dont il reprendra respectivement les « A Woman, A Lover, A Friend » et « Nothing Can Change This Love ») mais atteint à peine celui de James Morrison voire d’Amos Lee.

Scéniquement, la troupe est encore loin de la cohésion qui lui attribuerait une quelconque crédibilité. Jesse Dee tente de détendre l’atmosphère en prenant pour cible quelques membres de l’assistance (hein, Enzo…) et en plaçant deux ou trois plaisanteries entre des morceaux qui paraissent de plus en plus similaires et interminables. Le chanteur a encore du pain sur la planche avant de pouvoir prétendre à convaincre les amateurs de Soul, une musique émanant du fond des tripes et pas seulement des cordes vocales…

Organisation : Ancienne Belgique

J. Tillman

Les cinq fantastiques

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En congé temporaire de ses Fleet Foxes, J.Tillman vient de publier son sixième labeur, « Year In The Kingdom » ; le second en moins d’un an. Pour la circonstance, le barbu rendait ce 22 septembre une petite visite à la Rotonde du Botanique ; la seconde en moins d’un an. Les fans belges de l’artiste sont, on ne peut mieux, servis.

A l’instar de sa visite précédente, en mars dernier, Josh Tillman laisse l’honneur à Zach, son frangin, d’ouvrir le bal. Seul derrière sa guitare, le cadet s’échine à transmettre toute l’étendue de sa passion au public. Un effort qui tombe à plat, tant la voix du jeune homme, aussi puissante soit-elle, est tout bonnement anodine. Idem pour la gratte. Son doigté est soigné mais ordinaire. Du haut de sa chaise, Zach Tillman apparaît comme le post-adolescent qui s’est entraîné toute sa vie entre les quatre murs de chambre pour rivaliser avec un grand frère talentueux. Mais le bon garçon ne parvient tout simplement pas à la cheville de ce dernier, ni même de n’importe quel autre ‘folkeux’ du même acabit.

Trois jours après une prestation au Leffingeleuren qui l’a manifestement marqué (NDR : il nous réserve quelques petites blagues bien senties sur l’organisation et la restauration du festival), J. Tillman investit la Rotonde pour la seconde fois cette année. L’homme, qui avait débuté sur les planches accompagné uniquement de sa guitare, est aujourd’hui flanqué de quatre musiciens. Au sein du line up milite Zach Tillman. Loin du micro. Donc bien meilleur. La première partie du set est essentiellement consacrée à « Vacillando Territory Blues », son excellent recueil précédent. La prestation souffre de quelques soucis techniques. L’un des amplis principaux fait des caprices ; si bien que Josh tente visiblement de se contrôler pour garder son calme. Exaspéré, il trouve la bonne parade en plaisantant tranquillement avec son public pendant que l’ingé-son limite les dégâts.

Avouons-le sans détour, la seconde partie du concert, axée sur « Year in The Kingdom », est tout simplement exceptionnelle. J. Tillman prouve, en l’espace d’une demi-douzaine de morceaux, qu’il est de ces artistes qui se bonifient au cours du temps. Les extraits du nouvel ouvrage se révèlent irrésistibles, entre folk classique et psyché déjanté. L’artiste et ses musiciens se déchaînent comme des diables sur leurs instruments et parviennent à faire vibrer les murs de la petite salle. Il est loin le temps ou le songwriter se dissimulait timidement derrière son micro. Après un concert pareil, Josh et sa troupe peuvent revenir chaque semaine. Et Dieu sait qu’on sera immanquablement au rendez-vous. 

Organisation Botanique

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Magnolia Electric Co.

Coup de vent…

Écrit par

La formation menée par Jason Molina se produisait mardi soir au cœur de l’ABBox dans le cadre du « Tribute To Alan Lomax », l’hommage au grand artiste folk organisé par la salle bruxelloise. L’ex leader de Songs:Ohia est venu défendre son œuvre la plus récente, « Josephine », écrite à la mémoire d’Evan Farrell, leur bassiste décédé il y a peu.

20h10. Les lumières s’éteignent. Tirés à quatre épingles, Molina et ses camarades s’avancent tranquillement sur scène. Le songwriter arbore une petite moustache à la Tom Selleck. Le concert débute par le titre-maître du dernier recueil de la formation. « Josephine », le labeur le plus axé ‘americana’ de Magnolia Electric Co. se traduit par un spectacle ‘live’ chargé d’effets. Jason Molina en fait un peu trop et sa prestation souvent ‘surjouée’ devient exponentiellement agaçante au fur et à mesure que les titres s’enchaînent. Les musiciens, eux, s’en sortent largement mieux et parviennent à allouer de la substance aux morceaux les moins passionnants de « Josephine ». « Whip-Poor-Will » et « The Rock Of Ages » prennent ainsi tout leur sens.

Les membres de Magnolia Electric Co. privilégient les compositions les plus allègres de leur discographie. La force de l’écriture de Molina résidant principalement au cœur des compositions les plus affectées, on ne peut s’empêcher de ressentir une légère déception. Malgré la performance impeccable des musiciens, la formation a délivré un set tristement banal…

Organisation : Ancienne Belgique

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Scott Matthew

Un ange passe…

Écrit par

Un peu plus d’un an après avoir sorti son premier recueil asthénique, Scott Matthew publie un successeur digne de ce nom. Un elpee sobrement intitulé “There Is An Ocean That Divides And With My Longing I Can Charge It With a Voltage That Its So Violent To Cross it Would Mean Death”. Rien que ça. En ce début de saison, le Brooklynien opérait un passage discret au cœur de la jolie Rotonde du Botanique afin d’y défendre son nouveau bébé. Et quelle défense !

Faisant l’impasse sur la première partie, Scott William Matthew et ses quatre musiciens montent sur les planches à 20h15 tapante. Le gentil barbu s’installe sur sa chaise au milieu de la scène ; et dès les premières notes, c’est le ravissement. Des cordes vocales tellement chargées d’émotions qu’elles laissent le public pendu à ses lèvres. « For Dick », extrait de « There Is An Ocean That Divides », exerce tout son charme. Les regards sont figés sur l’artiste. On remarque même quelques mirettes légèrement mouillées lorsque celui-ci parcourt les splendides « White Horse », « Dog » et « Abandoned ». Scott Matthew n’est pas le plus joyeux des compositeurs et le reconnaît.

Le sympathique gaillard, moins avare en paroles qu’il n’y paraît, délivre un set quasi parfait. Le tracklisting repose en très large partie sur son nouvel opus : du captivant « Wolverine » aux plus enjoués « Thistle » et « Friends And Foes », en passant par le titre-maître, coécrit par sa jolie claviériste Marisol Martinez. Matthew conclut sa prestation d’une heure un quart sur deux rappels au cours desquels il interprète le manifestement très attendu « Upside Down », extrait de son œuvre éponyme et de la B.O. du sulfureux « Shortbus » (NDR : long métrage dans lequel il apparaît). Tout simplement impeccable.

Organisation : Botanique

We Were Promised Jetpacks

L’Ecosse, une terre promise ?

Écrit par

Pour un concert de rentrée au Bota, We Were Promised Jetpacks constituait une véritable attraction. Raison pour laquelle je m’étais déplacé afin d’assister leur set. Cette formation écossaise s’est d’ailleurs forgé une excellente réputation. Surtout depuis la sortie de leur premier elpee, « These Four Walls », paru le 15 juin dernier. Le combo accomplit aujourd’hui la dernière date de sa tournée. Et Adam Thompson, le leader, promet que la soirée sera réussie. Il tiendra parole…

Rendez-vous donc au Witloof Bar. Une salle de petite taille, mais qui accueille un parterre bien garni. Etonnant pour un groupe aussi peu notoire tant en Belgique qu’à travers le monde. Les quatre musicos débarquent vers 20h30. Ils sont très jeunes mais semblent très à l’aise. Sculpté dans le rock, le début de leur set est tendu et hanté. Mais je ne connais guère leurs compos. Pourtant, les chansons séduisent d’emblée. A cause des mélodies qui libèrent une belle dose d’énergie et d’émotion. Et puis du drumming particulièrement impressionnant de Darren. La plupart des morceaux débutent en mode mineur avant d’exploser sous de véritables déflagrations soniques. A l’instar de « It’s Thunder And It’s Lightning », « Quiet Little Voices » ou encore, « The Conductor » ; manifestement des sommets de leur prestation.

La formation avoue pour influences majeures Frightened Rabbit, The Twilight Sad et le Biffy Clyro originel. C’est indéniable. J’ajouterai Futureheads et Arcade Fire, à des degrés divers. Ce qui explique pourquoi leur power-rock teinté de post-punk, responsable de petits hymnes très efficaces, est susceptible de séduire un public bien plus large. Véritable source de talents, l’Ecosse n’en finit plus de surprendre. Agréablement, bien sûr ! Après Mogwai, Franz Ferdinand, Belle And Sebastian ou encore The Phantom Band, il faudra compter sur We Were Promised Jetpacks…

(Organisation Botanique)

 

The Dodos

Guerriers apprivoisés

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Pour bien démarrer la saison, le Botanique a eu la bonne idée de dépoussiérer la Rotonde en y conviant The Dodos. Et pour cause, la popularité de cette formation issue de San Francisco est en phase ascendante. Le line up a été élargi depuis l’arrivée d’un troisième membre ; une occasion idéale pour découvrir son troisième rejeton devant une salle pleine à craquer.

La soirée s’est ouverte par un set tout en délicatesse de Wye Oak, duo originaire de Baltimore. Petits protégés du label Merge, Jenn Wasner et Andy Stack présentent leur deuxième recueil, « The Knot », dont les compos sentent bon l’indie des années 90, sans le côté dépassé. Tout n’est pas parfait mais le duo parvient à tenir une bonne partie du public en haleine pendant près d’une quarantaine de minutes.

Exit les barriques. The Dodos jouent toujours aussi fort mais privilégient la carte de la subtilité en additionnant Keaton Snyder et son vibraphone géant à leur configuration. Le duo, devenu depuis trio, avait déjà soufflé ses fans belges lors de sa visite au Pukkelpop en 2008, avant de remettre le couvert un peu plus tard cette année-là au VK. Mais leur prestation accordée à Dour cet été n’a manifestement pas emballé grand monde, alors que le nouvel ouvrage de la bande n’a, jusqu’à présent, reçu qu’un accueil assez mitigé. L’appréhension était donc au rendez-vous avant la montée sur scène de la formation.

Premier constat : Logan Kroeber à switché ses instruments rustiques contre de grosses caisses plus belles et plus chères. La formule est tout de suite moins excitante mais le gars joue avec tant de classe et de passion qu’on ne peut pas vraiment lui reprocher grand-chose. Meric Long a une petite gueule d’ado attendrissant. Ce qui ne l’empêche pas de se déchaîner sur sa gratte. Il balance au micro quelques uns des morceaux de « Time To Die ». Joe Haener, le discret, mais terrible percussionniste de la tournée précédente à cédé sa place au tout aussi circonspect Keaton Snyder à qui il aura fallu quelques titres avant d’être complètement en phase avec ses camarades. Ses coups de vibraphones sont certes intéressants mais n’apportent, à mon humble avis, pas plus de substance aux compos de la formation.

The Dodos parcourent essentiellement leur dernier né ; mais entrecoupent le tracklisting de  quelques extraits inévitables de « Visiter ». Les petits gars livrent un set captivant mais peut-être un trop formel par rapport à ceux auxquels ils avaient habitués leur public. Ils se rattraperont néanmoins en offrant au public deux rappels vibrants. Au bout d’une heure et demie, le trio se retire. On suit le mouvement, un sourire ravi aux lèvres.

(Organisation : Botanique)

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Múm

Univers Nord…

Écrit par

La Scandinavie ouvre de nouveaux horizons musicaux sur la scène internationale et nous invite régulièrement à découvrir des combos insolites et expérimentaux. Un mistral venu du grand nord caresse la scène pop/rock contemporaine et son souffle s’y cristallise en sons éclatants. 

Le Botanique ouvrait ses portes ce mardi 1er septembre pour accueillir l’Islande. Pays qui nous invite régulièrement à découvrir des artistes iconoclastes détonants, des artistes aimant enlacer de nouvelles sonorités (Björk, Sigur Rós, Amiina, Seabear, Parachutes…).   

Ce soir, l’Orangerie accueillait Múm. Groupe devenu indispensable à la scène lo-fi post-rock actuelle. Fondé à Reykjavík en 1997, le groupe islandais nous propose une musique expérimentale caractérisée par des sons nés d’une fusion entre l’électroniques glitch et l’utilisation d’instruments traditionnels. Dès 2007 et « Go Go Smear The Poison Ivi », la formation aborde un virage important dans sa carrière artistique en proposant des sonorités moins hermétiques aux saveurs résolument plus pop. Le dernier opus sorti le 24 août 2009 qu’elle vient nous présenter, « Sing Along To Songs You Don’t Know », conforte largement cette tendance sur les planches de l’Orangerie.

L’univers onirique et féérique demeure bien présent dans l’instrumentation et les compositions du groupe. Cependant, celui-ci s’éloigne doucement des rivages électroniques omniprésents sur les trois premiers elpees pour rejoindre d’autres lieux musicaux. Lieux sonores plus orchestraux où les voix se bercent de cordes et de cuivres.

Les planches de l’Orangerie, inondées de lumières bleues troublées de stroboscopes blancs aveuglants, nous ensorcellent. Nous attirent irrésistiblement vers les grands fonds de l’univers aquatique des sept Islandais. Monde où le son onduleux des chants des sirènes prend forme sous les mélopées organiques lancées par les voix douces et raffinées d’Örvar Þóreyjarson Smárason (chant/guitare) et de la gracieuse chanteuse-violoncelliste.

Un set de 90 minutes au cours duquel le septuor islandais nous offre à entendre 16 petites perles ambiant-pop issues de ses deux derniers albums (« Go Go Smear The Poison Ivy » et « Sing Along to Songs You Don’t Know »). Orchestration raffinée où d’innombrables instruments (guitare, violon, violoncelle, batterie, mélodica, mellotron…) se bousculent et s’épousent pour se noyer dans un fracas de vagues sonores. L’electronica se fond alors dans l’arrière-plan, laissant les cordes et les vents ordonner tout l’espace.

Múm demeure dans l’expérimentation et l’innovation musicale sans perdre de son identité qui se veut indépendante et unique. Transition de genre et aventure scénique réussie pour les deux  leaders islandais –Örvar Þóreyjarson Smárason et Gunnar Örn Tynes– qui, une fois encore, sont parvenus à s’entourer de talentueux musiciens pour mettre en scène leurs projets atypiques et originaux.      

On mentionnera brièvement la prestation timide et monocorde des Islandais de Benni Hemm Hemm qui assuraient la première partie face à un public sage et peu nombreux.

(Voir aussi notre section photos) 

Seal

La grande classe !

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Pour marquer l’investiture de Barack Obama, Seal avait accordé un concert à Washington. Le 20 janvier dernier. Fin de l’année dernière, il avait enregistré un nouvel opus solo. Son sixième studio. Intitulé « Soul », il était exclusivement composé de reprises. Seal compte presque 20 années de carrière. A ce jour, il a décroché 3 Grammy Awards et vendu plus de 15 millions d’albums. Cet artiste complet aux multiples facettes se produisait ce mardi 14 juillet à Forest National. Et franchement son spectacle a frôlé le sublime…

Jon Allen et son groupe assurent la première partie. Originaire de Londres, ce quatuor a été invité par Seal pour ouvrir quelques unes de ses représentations. Son rock, ma foi très classique, allègre et fortement teinté de sonorités acoustiques, nous invite à participer à un voyage sonore fort sympathique, guidé par la voix au timbre suave et romantique du leader. Un périple allègre destiné à préparer en douceur un spectacle d’un tout autre style, pour le plus grand plaisir de nos oreilles et bien sûr des yeux ! Et tant qu’on y est de tous nos sens…

Avant que l’artiste n’entre en scène, l’attente sera longue. En outre, l’atmosphère est étouffante. Le mouvement des mains crée une onde incessante, telle un millier de battement d’ailes. Le claquement de ces mains et les sifflements traduisent un empressement de voir arriver cet icône de la soul pop. Après une bonne demi-heure, la lumière se tamise d’un voile bleu profond. Sur fond d’écran parsemé de logos blanc, les images numérisées virevoltent aux vibrations des basses. Le voilà enfin ! D’une grande classe, tout de noir vêtu. L’invitation à la danse est lancée. Les acclamations de joie s’élèvent, les ondes sonores s’amplifient. Préparé à la sauce George Michael, « Killer/Papa Was a Rollin’Stone » est sur rails. Ce tube planétaire des 90’s, interprété en compagnie d’Adamski, lui avait permis d’entrer dans la cour des grands. Ses premières notes explosent à la bouche des fans. Pas de tour de chauffe, nous sommes transportés immédiatement au cœur de cette soirée qui s’annonce riche en émotions. Tant à travers son style musical que dans son interprétation. Sa voix est reconnaissable entre mille ; à cause de ce timbre rauque, voilé de sensualité. De quoi séduire un large public.

La première partie de la représentation privilégie les compos issues de l’album « Soul », un des disques classés parmi les meilleures sorties de l’année 2009. Les reprises sont irréprochables. Dont la cover du « It’s a Man’s Man’s Man’s World » de James Brown et celle du « I Can’t Stand The Rain » d’Ann Pebbles, immortalisé par Tina Turner. Les transitions entre les styles s’opèrent délicatement. Seal est soutenu par trois jolies nanas aux cuivres. La voix s’enivre d’allégresse. Une seule envie, l’accompagner pour une danse effrénée dans l’enceinte d’un bar chic de Memphis. Un déhanché qui ne laisse pas indifférent. Seal met toute son âme dans son interprétation. Il est généreux. Mais il communique aussi avec son public. Il le touche. Il l’aime. Il n’hésite pas à s’adresser à ses fans en les remerciant, en leur disant ‘moi aussi, je t’aime’ ou encore ‘comment ça va Belgium’ ! Et en français s’il vous plait ! Ecouter parler ce personnage charismatique est un réel plaisir. Des dizaines de mains s’approchent de lui. Il ne les craint pas. C’est aussi un fameux showman. Lorsqu’il enlève sa veste et déboutonne légèrement son chemisier, on est au bord de l’émeute. Et pour cause, l’auditoire féminin s’est soudainement enflammé. Encore un peu, on appelait les pompiers. « Waiting For You » et Love’s Devine » s’écoulent, repris en chœur par l’assistance. Les corps bougent et les couples se laissent aller à un amour renaissant.

Une soirée qui n’est pas prête de s’arrêter de si tôt. Retour au r&b pour les reprises du « Here I am » (NDR : un morceau écrit par Al Green et Teenie Hodges), d’« It’s alright » de Curtis Mayfield ainsi que du célèbre « Knock On Wood », une compo signée Eddie Floyd/Steve Cropper, mieux connue dans les versions de David Bowie et d’Amii Stewart. L’occasion d’avoir une petite pensée pour notre bon vieux Ray Charles, un des précurseurs de la soul music, dont nombre d’artistes suivront les pas.

Passé ces morceaux chaleureux et empreints de souvenirs, le show entre dans une phase plus contemporaine, mais plus entraînante encore. Les vibrations et le rythme s’accélèrent. « My Vision » et « The Right Life » libèrent une fameuse dose de peps. Les mains se lèvent. Toute l’assemblée se met à remuer et à danser. C’est reparti pour un tour. La pop dance du premier elpee est épinglée par « Future Love Paradise » et « Crazy ». Il ne manque plus que les boules à facettes et le décor est planté. Seal nous entraîne dans un milieu que certains artistes n’oseraient franchir. Chanter un répertoire aussi varié demande beaucoup d’imagination ; et il le fait avec une aisance naturelle. Les musiciens passent d’une cadence à l’autre, d’un rock plus soutenu à un beat house surprenant. Cet éclectisme est manifestement destiné à tous les publics, toutes les générations, sans frontières ni différence. Espacé, l’environnement permet aux spectateurs de se défouler sans bousculer son entourage.

Une petite pause de quelques minutes s’impose. Seal sent que l’ambiance est torride et ajoute ‘Il fait chaud ici’ ! Acclamation générale de la foule.

« Kiss From a Rose » (NDR : bande originale du film « Batman Forever ») prélude la fin de cette magnifique soirée. Le ton de sa voix ne faiblit pas. Mieux encore, au fil du spectacle, il gagne en puissance. Et une heure supplémentaire n’aurait pas été de refus ! Quel régal !

Pour notre plus grand plaisir, la troupe revient sur scène, sous une salve d’applaudissements nourris. Seal nous replonge dans le rythme. Il arpente la scène de long en large. Vient toucher les mains de ses fans. Pas de jaloux, il y en aura pour tout le monde. Humble et charismatique, ce personnage partage sa passion avec ses admirateurs, et fait vibrer leurs cœurs. Mais cet envoûtement a une fin. Les nombreux remerciements prononcés par l’artiste signifient que l’épilogue est proche. Cette splendide soirée aux milles couleurs nous laissera encore longtemps des images dans la tête. Elle risque même de rester inoubliable.

Organisation Live Nation

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Fucked Up

Déglingue totale

Écrit par

Tandis que la plupart des organisateurs de concerts ont d’ores et déjà clôturé leur saison pour laisser place à l’été des festivals, le VK* persiste et signe. Avant de fermer ses portes jusqu’en septembre, la salle molenbeekoise a lancé un dernier appel au vacarme ce lundi 29 juin, en accueillant les impétueux Fucked Up.

La formation Punk Hardcore originaire de Toronto, bien connue pour ses prestations ‘live’ déjantées, s’est produite devant un VK* n’ayant rallié qu’une petite soixantaine de fans et de curieux. Mais ce n’est pas la fréquentation relativement faible du public qui allait rebuter l’énorme leader au surnom volontairement ridicule. Dès son entrée en scène, ‘Pink Eyes’ dévoile sans pudeur un bide de bon vivant, soigné à la bière et aux cheeseburgers. A côté, le reste de son équipe paraît bien frêle. Fucked Up est bien décidé à faire trembler l’auditoire et le fait savoir dès les premières notes. Il fait chaud sur Bruxelles et, à l’intérieur de la salle, la température ne cesse de grimper tandis que les Canadiens enchaînent les morceaux de leurs Eps et de leur premier scud paru l’an dernier chez Matador, « The Chemistry Of Common Life ».

Très vite, ‘Pink Eyes’ tombe également le short et décide de se mêler au courageux public, uniquement vêtu de son caleçon gris, imbibé de sueur. Il dégouline du crâne aux pieds mais n’en a rien à foutre. Entre deux hurlements bien placés, il met le grappin sur quelques spectateurs et les enlace brièvement ; assez longtemps cependant pour les contraindre à prendre une bonne petite douche après le concert ! Les hymnes fulminants du combo, de « Son The Father » à « Crusades » en passant par « Vivian Girls », se suivent et arrachent les tympans. Le son surpuissant des baffles du VK* communique une profondeur encore plus agressive aux tirades de la troupe tandis que son leader continue sa petite promenade dans l’assistance. Il n’hésitera pas à aller faire un petit tour rapide du côté du merchandising à l’entrée de l’auditoire. Après une bonne heure de bruit, de fureur et, surtout, de sueur, Fucked Up se retire tranquillement. Veni, Vidi, Vici.   

Organisation : VK*

 

Lisa Ekdhal

Tenue de soirée exigée

Écrit par

Sur son dernier ouvrage, « Give Me That Slow Knowing Smile », Lisa Ekdhal opère un virage folk sans grande surprise. Le traitement ‘live’ allait-il bonifier cet essai anecdotique ? La Suédoise plaidait son cas ce 14 juin dans une AB semi-assise.  

Un mélomane avisé sait qu’il ne faut pas trop se fier aux horaires annoncés sur le site des organisations de concerts. Le timing du concert de Lisa Ekdhal en est un parfait exemple. Initialement annoncé pour 20h30, le signal de départ de la soirée est finalement lancé un bon quart d’heure plus tôt. Mon arrivée tardive me pousse donc à taper un petit sprint vers la salle. La chanteuse et ses musiciens achèvent ce qui s’avère être le premier morceau de la setlist. Ouf, rien raté. Le groupe enchaîne alors sur le titre-maître du dernier opus de la dame après que celle-ci, de sa voix enfantine, ait conté fleurette à son public. Sur scène, Ekdhal est plutôt statique et ses manières détournent un peu l’attention de sa performance. Ses reprises du « Cry Me A River » de Julie London et de « Nature Boy », le grand classique de jazz réinterprété un millier de fois, manquent de relief et tendent vers le soporifique.

Après à peine quarante minutes, Lisa Ekdhal et ses trois musiciens quittent la scène, le temps d’un entracte (!). Le public, très apprêté, se dirige alors vers le bar, le temps que la petite blonde repose ses cordes vocales et choisisse une nouvelle tenue. Une vingtaine de minute plus tard, le second acte débute sur « Don’t Stop ». L'un des musiciens d'Ekdhal joue d’une cithare plutôt kitsch mais dont la chanteuse semble fière. La deuxième partie du concert se déroule à peu près de la même manière que la première, sans rebondissement. Ses interprétations de « Beautiful Boy », « Night And Day » ou encore du « It’s Oh So Quiet » de Björk se révèlent être monotones à mourir. Le reste du set finira de me pousser dans les bras de morphée. Lisa  Ekhal a dispensé ce soir un set plutôt morne et sans intérêt. Heureusement, l’AB avait prévu des fauteuils assez confortables pour y piquer un petit somme…

Organisation : Ancienne Belgique

(Voir également notre section photos)