Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

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Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

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L7
The Cure
Concerts

Willard Grant Conspiracy

Symphonie pour un pèlerin

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Robert Fischer est imprévisible. Après avoir écouté son dernier album, « Pilgrim road », je me suis demandé quelle mouche l’avait donc bien piqué pour accoucher d’une musique aussi orchestrale. D’ailleurs, je dois avouer avoir imaginé que cet opus était un projet sans lendemain. Et je me suis lourdement trompé. La plus belle preuve par son set accordé ce samedi 24 mai au Handelbeurs de Gand.

Howe Gelb assure le supporting act de la nouvelle tournée de WGC. Il joue même sur le piano d’un des musiciens du groupe, alors que son compère emprunte la contrebasse d’Eric Van Loo. Au milieu de sa prestation, le drummer de la bande à Fischer vient même donner quelques coups de balais. Mais venons-en à la prestation de Gelb. Il joue des ivoires sur la moitié de son set. Ses chansons baignent manifestement dans le jazz. Aussi bien allègre que mélancolique. Et les accords tout en nuances accordés par le contrebassiste accentuent cette impression d’intimisme syncopé. Heureusement, Gelb parsème sa prestation de traits d’humour. Il se lève régulièrement de son tabouret pour aller pincer les cordes à l’intérieur du piano à queue. Fait craquer son support de micro lorsqu’il achève ses morceaux. Balance l’une ou l’autre plaisanterie. Converse parfois avec le public. Après 7 ou 8 titres, il passe à la guitare à 12 cordes dont il parvient à sortir des sonorités incroyables, tout en recadrant constamment une ligne de conduite essentiellement semi-acoustique. Et en fin de parcours, il revient siéger derrière le piano pour interpréter une compo à la limite du dixieland. On est quand même très loin de ses expérimentations extrêmes opérées au sein de Giant Sand, voici plus de 10 ans. L’homme à mûri. Seules ses expressions du visage trahissent encore son esprit malicieux.

Pas le temps d’avaler sa blanche (NDR : un petit quart d’heure !) et Willard Grant Conspiracy monte sur le podium. Ils sont onze sur scène (*)! Tous assis, sauf le contrebassiste Eric Van Loo, légèrement en retrait, sur la gauche. En fait de contrebasse, il s’agit réellement d’une double basse. En front de scène et de gauche à droite s’installent un pianiste (guitariste aussi, mais surtout à mi-parcours), Robert (il ne jouera pas de gratte avant le 11ème morceau), une charmante vocaliste (dès son arrivée, elle a planté une fleur sur son pied de micro) douée d’un timbre vocal exceptionnel rappelant Joan Baez (elle n’assure pourtant que la contre voix), un guitariste (et pas n’importe qui, puisqu’il s’agit de Chris Eckman !) et le drummer. Derrière, dans le même ordre, campent une claviériste (toute menue, d’origine asiatique, elle viendra prendre place derrière les ivoires lors du tout dernier morceau, « Distant shore »), un violoncelliste coiffé d’un drôle de chapeau, un violoniste, un trompettiste/accordéoniste et un tromboniste. Le compte est bon ! Et surtout le team prêt à jouer son « Pilgrim road ». Robert (il est imberbe !) se concentre sur ses vocaux. Et son baryton sensible, chaleureux, est souvent proche de celui de Neil Diamond, même lorsqu’il s’exprime à travers une forme de prière (le très beau « Painter blue »), alors que la musique majestueuse, belle, luxuriante rappelle plutôt le Divine Comedy. Aussi lorsque l’orchestration monte en intensité, on en attrape des frissons dans le dos. La fin du set est plus électrique. Robert à empoigné sa sèche. Certains musiciens changent de rôle. Un ballet décrit par Robert comme de la chorégraphie. C’est le moment choisi par les deux gratteurs pour injecter leur dose maximale d’électricité dans les compos, parfois même en se servant du bottleneck, mais surtout de pédales de distorsion. On aura ainsi droit à une version fabuleuse de « Let it roll », proche de l’envoûtement. Mais sous cette forme, lorsque les arrangements orchestraux viennent enrichir la solution sonore, je ne peux m’empêcher de penser à Sophia. Un seul rappel consacré à une seule chanson. Encore plus rock. D’ailleurs le drummer a alors changé ses balais contre des baguettes. Mais franchement, ce set m’a véritablement impressionné, même s’il n’a duré qu’une heure et une bonne quinzaine de minutes…

(*)

Malcolm Lindsay - piano et guitare
Erik Van Loo - double basse
Yuko Murata - claviers et piano
Peter Harvey - violoncelle
Josh Hillman - alto
Dennis Hillman - trompette et accordéon
Tom King - drums

Chris Eckman - guitare acoustique et électique
John Songdahl - trombone and orgue
Iona MacDonald - chant
Et bien sûr Robert Fischer au chant et à la guitare.

Organisation : Handelsbeurs

Alain Bashung

Bashung, sinon rien !

Écrit par

Jeudi 29 mai. Bruxelles. Le temps est lourd. Très lourd. Le soleil n’y est pas, mais tout le monde sait où le retrouver : au Cirque Royal. Ce soir, le soleil porte un nom : Alain Bashung. Il est venu présenter son nouvel album, « Bleu Pétrole ». Ce soir, pas de set intimiste ; car le concert affiche complet depuis belle lurette. Mais qu’importe, la présence de Monsieur Bashung est tellement rare qu’on irait le voir n’importe où.

En première partie, Chloé Mons est complètement passée à travers. Elle a même dû quitter le podium après seulement 15 bonnes minutes. Faut dire que pour elle, rien ne collait. On avait même parfois l’impression qu’elle chantait faux. En outre, on ne lui attribuera pas le premier prix d’élégance… Sur scène, la pauvre fille semble abandonnée à son triste sort. Elle n’a pour seul compagnon qu’une guitare. Mais elle ne lui est pas d’un grand secours. Pourtant, elle a quand même enregistré un album en duo avec Bashung (« Cantique des Cantiques »). Mais au sein de cet immense espace, elle semble perdue. Et la foule est impatiente. Elle est venue voir le ténor. Le réclame déjà. Et le folk/blues de la donzelle lui tape rapidement sur le système. C’est donc sous les sifflets et les huées que Chloé Mons a vidé les lieux.

Après cet interlude de mauvais goût, l’auditoire semble soulagé, mais recommence à exiger la présence de Bashung. De plus en plus fort. Il est 21h10. Un homme usé, rongé par la maladie, fait son apparition. Il est tout de noir vêtu, coiffé d’un chapeau, les yeux cachés par des lunettes fumées. Les applaudissements sont déjà nourris. Malgré son teint livide et les moments douloureux qu’il traverse actuellement, Bashung semble d’humeur conquérante. Il prononce quelques mots dont il a le secret, nonchalamment. Mais malgré son attitude ‘je m’enfoutiste’, ont ressent une grande sincérité dans ses propos. Des propos fidèles au personnage qu’il incarne depuis le début de sa carrière. Il entame son set par un extrait de son dernier opus, « Comme un lego ». Assis, en jouant de la guitare. Le public retient son souffle pendant plus de 5 minutes. La voix suave et grave de Bashung augure un spectacle unique, intense et magique. Mais pour y parvenir, il peut compter sur son groupe : guitariste, batteur, bassiste et violoncelliste. Le band soutient magistralement l’homme qui voulait devenir l’Elvis de l’Hexagone. Et ce soir, Bashung joue tous ses plus grands succès pour le plus grand plaisir d’un public multi-générationnel. Un public, en quête de nostalgie. Qui ne se lasse pas d’écouter ou de réécouter l’elpee « Fantaisie Militaire », dont il interprète les compos à la perfection. Et ce ne sont pas les saturations causées par un ingénieur du son, sorti de nulle part, qui y changeront quelque chose. On est même à deux doigts de verser une larme, lorsqu’il entonne « La Nuit Je Mens ». C’est une version dynamique de « Osez Joséphine » qui fera exploser l’ambiance. Après une heure de trente de prestation, au cours de laquelle il n’oubliera pas de nous réserver ses incontournables « Fantaisie Militaire » et « Résident de la République », il décide de se retirer.

Le rappel est inévitable. La clameur ‘hénaurme’. L’homme revient chanter l’inusable « Madame Rêve ». Ravi, le public lui adresse –comme si c’était logique– un ‘Merci Alain !’ Le Français poursuit par un duo auquel participe… Chloé Mons. Paradoxalement, son accueil est plus chaleureux. Après nous avoir réservé quelques compos tantôt douces, tantôt énervées, le chanteur quitte une deuxième fois les planches, sous une salve nourrie d’applaudissements, laissant le soin à ses complices d’achever un spectacle chargé d’une dose d’émotion inouïe.

Et comme pour prolonger cette vive émotion, l’artiste, seul à la guitare, remonte sur le podium partager un dernier moment d’intimité en interprétant « Angora » et la cover du « Night in White Satin » de Procol Harum. Visiblement ému, Monsieur Bashung prend alors congé de son auditoire, en lui adressant un dernier salut. Il laisse alors, après deux heures de prestation, un public charmé, conquis, évacuant le Cirque Royal, des étoiles plein la tête… Merci Alain !

Nouvelle date le 27 novembre 2008 à l’AB.

Organisation Ubu Concerts 

 

Robert Plant & Alison Krauss

Un héros très discret

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Forest National, dans sa mouture ‘club’, accueillait ce dimanche 11 mai le légendaire Robert Plant venu présenter « Raising Sand », album de reprises enregistré en compagnie de la jolie country girl Alison Krauss. Pour sa tournée mondiale, le duo a également emmené dans ses bagages le producteur et musicien de talent, T. Bone Burnett, responsable de la mise en forme de cet excellent « Raising Sand ». Entre country, bluegrass, folk et rock, les trois stars ont électrifié l’assistance pendant deux bonnes heures.

A 20h précises, Scott Matthews –il assurait la première partie– prend place sur le podium, accompagné de deux musiciens. Pendant une toute petite demi-heure, l’Australien enchaîne en version acoustique quelques titres de son premier album, « Passing Stranger ». Des morceaux tels que « Dream Song », « Elusive » ou « Passing Stranger » ont merveilleusement survécu à leur dépouillement. Si bien que la courte prestation de Matthews a laissé un goût de trop peu, au moment de sa clôture.

Ensuite, à 21h, le grand Robert Plant effectue une entrée tout en délicatesse tandis qu’apparaît à l’autre bout de la scène sa compagne de route, Alison Krauss. Réuni au milieu de la scène, le duo entame sa prestation par quelques extraits du recueil « Raising Sand ». La délicieuse voix de Krauss mariée aux intonations familières de Plant atteint des sommets de beauté dès les premiers instants, notamment lors d’un introductif « Rich Woman », bien plus intense que sur disque. Après avoir survolé une série de morceaux tirés de leur album né de leur collaboration, Robert Plant commence à se montrer plus discret, laissant la lumière du projecteur illuminer la jeune femme qui transporte l’assistance à coups d’incroyables envolées lyriques, comme sur le joli « House Of Cries ». Plant laisse alors sa partenaire jouer un bon moment, n’intervenant qu’ici et là pour placer sa voix aux moments opportuns. Derrière eux, les musiciens se concentrent sur leurs tâches avec une passion visible. Le producteur et guitariste T. Bone Burnett s’installe d’ailleurs au centre de la scène afin d’interpréter deux titres extraits de son propre ouvrage. Un exercice quelque peu inefficace et futile qui sera vite effacé des mémoires à l’instant même où le duo refait son apparition. Le bluegrass des « Gone Gone Gone (Done Moved On) », « Please Read The Letter » et autres « Polly Come Home » vont conduire à la ‘standing ovation’ après 2h10 d’un show tout en grâce et élégance. On regrettera toutefois le trop plein d’humilité de Plant qui s’est montré légèrement trop circonspect. Certainement pour ne pas voler la vedette à Krauss et Burnett...

Organisation : Live Nation

 

Marilyn Manson

Mi-figue, Mi-raisin

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Autant le dire tout de suite, l’adage suivant lequel ‘les absents ont eu tort’ n’est pas de mise pour ce concert. Néanmoins, ils ont le droit d’avoir des remords. A cause du supporting act. Turbonegro. Je l’avais d’ailleurs déjà souligné lors de la confection d’un article paru dans les news. En outre, la formation norvégienne s’était également illustrée au dernier Pukkelpop. Le vendredi. En clôture (NDR : voir la review de ce festival signée par l’ami Enzo). Un set quand même difficile à décrire. Une chose est sûre, sa musique nous replonge dans le bon vieux hard des années 80 ; mais la solution sonore est revue et corrigée suivant l’esprit nordique. Une petite touche de punk à la Black Flag en plus. Sans oublier le chouia de truculence, qu’incarne si bien le chanteur. Un véritable Viking qui se produit torse nu tout en dégageant une certaine sympathie. Ne connaissant pas leur répertoire, je ne m’étendrai pas sur leur setlist. Aussi je vous conseille de vous rendre sur leur Myspace, si vous souhaitez en savoir davantage… (http://www.myspace.com/turbonegro)

Marlyn Manson aime se faire désirer. La première partie à peine terminée (NDR : il est alors 20h45 !), un immense drap se déploie pour occulter le podium. Et les aficionados devront attendre plus d’une heure avant le début du ‘main act’. Il est d’ailleurs toujours amusant d’observer ce public. Très éclectique. De vrais fans de métal côtoient ainsi une foule de curieux. De tous les âges. Affichant une diversité de looks et de tenues assez impressionnante. Depuis le ‘bon père de famille’ qui emmène ses enfants (NDR : ce qui peut revenir cher à plus de 40€ la place) à l’ado pré-pubère, en passant par le vieux motard. Et les T-shirts arborés accentuent cette impression. Certains exhibent les derniers groupes métal à la mode comme Nightwish. D’autres, souvent des vétérans, ceux d’Alice Cooper. Des jeunes filles se sont déguisées en sorcières d’Eastwick. Mais on y croise également des cadres dynamiques encore en tenue de bureau… Finalement, en observant cette audience bigarrée, tout en sirotant quelques bières entre ami(e)s, le temps passe assez rapidement, et les lumières finissent par s’éteindre…

Le set s’ouvre par une courte intro au cours de laquelle Brian se livre à une sorte de rituel. La grande majorité des spectateurs n’assiste pas cette cérémonie, car le rideau couvre toujours le devant de la scène. Seuls les mieux placés -à l’avant et sur les côtés- se demandent si au-delà des apparences, Marilyn Manson ne serait pas un peu givré… La toile finit donc quand même par tomber à l’issue de ce prélude, et laisse apparaître un décor digne des cénacles occultes. On a même droit aux cierges. L’image est très importante chez MM. Brian se sert de son micro traditionnel à double fonction (NDR : un couteau de survie en même temps, c’est pratique !) Le contour de ses yeux est maquillé en rose fluo ; et on ne peut pas dire que ce choix passe inaperçu. Grimé de la sorte, on se demande si on est en présence d’un travesti prêt à prendre son service à Pigalle ou un acteur sorti tout droit d’un film d’épouvante de série B. Et du haut de ses bottes à semelles compensées, on peut vraiment affirmer qu’il est tapé ! Finalement, sous cette apparence, on a du mal à imaginer comment il est parvenu à séduire une telle pléiade de jolies nanas. Rose McGowan, par exemple. Mais arrêtons ici la description purement visuelle pour nous consacrer quelque peu au concert. Quoique…

« If I was you vampire » nous plonge immédiatement dans une ambiance propice à l’envoûtement. Dans l’esprit d’une secte, vous m’avez bien compris. « Mobscene » électrise la foule. Flûte, il manque les jolies danseuses de son clip vidéo. Elles étaient pourtant présentes, lors du dernier spectacle accordé au Brabanthal de Louvain. Finalement les titres s’enchaînent d’une façon assez carrée. Le medley opéré entre « Sweet dreams » et le vieux « Lunch box » brise quelque peu ce processus linéaire. Malgré quelques mots prononcés entre les titres et les incursions dans le public, le grand show est attachant, mais pas particulièrement enthousiasmant. A se demander si le spectacle ne serait pas plus adapté à un festival plutôt que dans une salle de grande capacité, comme Forest National (NDLR : lors du Pukkelpop 26, sa prestation a été catastrophique). Le décor est quand même le fruit de prouesses techniques : la chaise de cinq mètres de haut, le stand destiné au discours de propagande politique ou l’avant-scène qui se surélève en plein milieu du concert, en sont les plus belles démonstrations. Il faudra cependant attendre des tubes comme « Rock is dead » ou « The Beautiful People », dispensés en bout de course, pour retrouver chez MM un peu de tonus.

Dans l’ensemble, ce concert a laissé une impression Mi-figue, Mi-raisin. On comprend mieux pourquoi il plaît davantage à la masse de curieux qu’aux vrais fans de métal/indus. D’ailleurs ces derniers prendraient davantage leur pied lors d’un bon st d’Oomph qui n’a pas besoin d’en remettre trois couches pour se révéler aussi brillant qu’efficace…

Setlist :

01) Intro

02) If I Was Your Vampire

03) Mobscene

04) Disposable Teens

05) Tourniquet

06) Irresponsible Hate Anthem

07) Are You The Rabbit?

08) Sweet Dreams/Lunchbox

09) The Fight Song

10) Putting Holes In Happiness

11) Heart-Shaped Glasses

12) Rock Is Dead

13) The Dope Show

14) The Reflecting God

15) Antichrist Superstar

16) The Beautiful People

 

Organisation Live Nation 

                                                                                             

Vanessa Paradis

Divine idole…

Écrit par

Vanessa Paradis fêtera ses 35 ans le 22 décembre prochain. Responsable d’un 5ème album, paru le 3 septembre dernier, la native de Saint-Maur des Fossés, dans le Val-de-Marne, est donc partie en tournée pour défendre ce nouvel opus intitulé « Divinidylle », un périple d’une vingtaine de dates à travers la France qui passait par le Zénith de Lille…

La première partie est assurée par l'incendiaire Ben Ricour, mais Vanessa Paradis laisse le feu s'étouffer. Le public est stoïque: après avoir attendu la belle durant des années, il serait mesquin de compter les minutes. Puis quand la chanteuse arrive sur scène, elle frappe fort: un tube? Absolument pas, elle joue la carte d'un "Irrésistiblement" méconnu qui plante le décor note par note. Plutôt que de captiver la foule d'emblée, elle lui offre le temps de faire le tour du propriétaire. Cette coupe style corbeau-mort-en-plein-vol… oh, mais c'est Matthieu Chédid puis derrière… Patrice Renson… et oh… Albin de la Simone, Jérôme Goldet, Olivier Lude… Vraiment c'est coquet chez vous mademoiselle! Leur présence était annoncée mais c'est comme à Noël: on a vu les paquets sous le sapin, on a deviné ce qu'il y avait dedans mais on ne peut pas s'empêcher, une fois le papier tombé, d'être rassuré et euphorique devant l'objet tant convoité.

De chuchotements en applaudissements, les présentations sont faites, les choses sérieuses peuvent commencer avec un endiablé "Divine idylle". Toute menue dans son slim, Vanessa en impose. La maturité a envahi l'artiste jusque dans sa voix, elle pétille et ondule avec une féminité exacerbée. Accrochée à son micro c'est une mini démo de lap dance qu'elle exécute sur le refrain entêtant, repris en cœur par sept mille personnes. L'ambiance est montée de dix crans mais déjà Mathieu Chédid annonce dans le duo qu'il faut changer ‘Les piles’. Et là: le doute. On regarde le guitariste, un peu sous la contrainte puisqu'on ne voit que lui, et la perplexité s'installe. Le soldat rose est talentueux, polyvalent… mais encombrant! A force de digressions ‘chédidiennes’, on perd le fil du concert qui s'englue. Les morceaux sont doux et chaleureux, le "Dis lui toi que je t'aime" est fort mais l'accumulation de ballades se perd dans une salle trop grande. Le public décroche un peu, assez pour hurler sur des morceaux intimistes. Et il faut avouer qu'un ‘Vanessaaaa’ à l'accent chti, ça vous casse la plus subtile interprétation de "Junior Suite".

Difficile de savoir sur quel pied danser, surtout quand la chanteuse relance la schizophrénie avec son interprétation procédée de "La bataille". Morceau tout aussi parfait que le "Joe le Taxi" audacieusement revisité quelques instants plus tard.

Les doutes se dissipent dans les rappels, tardivement mais totalement. On est réconcilié avec le guitariste voleur de projecteurs, doigts de fée obligent. Mais surtout, l'idole est divine, généreuse, touchante. Elle rayonne dans son medley et ses reprises: au terme d'"Emmenez-moi" d'Aznavour, on la conduirait jusqu'en enfer. Et quand, en clôture, elle entonne "Le tourbillon", seule en scène, à capella, l'évidence s'impose: Vanessa Paradis sait s'entourer de musiciens habiles, mais elle n'a besoin de personne pour être éblouissante.

The Electric Soft Parade

Un peu trop soft…

Écrit par

Les frères White avaient surtout privilégié, au cours des dernières années, leur side project, The Brakes. Ces Britanniques (Brighton) viennent de réactiver leur véritable groupe : The Electric Soft Parade. En concoctant tour d’abord un troisième album, "No need to be Downhearted", paru en avril dernier. Et puis en partant en tournée. Leur périple passait par le Botanique de Bruxelles. Malheureusement, c'est dans les caves du Bota que leur set s’est déroulé. Le climat intimiste de leur musique aurait mérité la belle Rotonde, mais cette dernière était déjà occupée par nos compatriotes du collectif ‘Massacrés belge’. Aussi, c'est balayé par les courants d'air venant du bar et parmi les fauteuils rouge et feutrés et que le spectacle s’est déroulé.

La première partie est assurée par un étrange bonhomme. Son look androgyne me fait penser au chanteur de Simply Red, Mick Hucknall. Encore qu’il porte un chignon pas possible. Sa voix est puissante et surprenante. Il est accompagné par une bande son produite par un laptop. Son ami, à l’allure tout aussi équivoque, le rejoint un peu plus tard pour rendre un hommage à James Bond en interprétant le célèbre « Gold Finger »…

Paru en 2003, le deuxième opus d’Electric Soft Parade (« The American Adventure ») n'avait pas confirmé le succès du premier (« Holes in the wall »), un elpee sorti en 2002. De bonne facture, le troisième baigne dans une sorte de psychédélisme soft. Il était donc intéressant de voir et surtout d’entendre le résultat de la transposition live. Alternant climats empreints de quiétude et compos plus enlevées, le groupe accomplit une prestation sans faille, mais également sans éclat. Ni fièvre, d’ailleurs. Et le public plutôt cool semble écouter la prestation d’une oreille distraite. Certains n’écoutent même parfois plus rien du tout, préférant tailler une bavette avec le voisin. Faut dire que côté communication le groupe se montre très réservé. Très poli, également. A l’instar de la musique. Petits mouvements de têtes repérés dans le public lors de "Start Again" ou "Silent to the Dark" ; mais manifestement les spectateurs auraient espéré davantage de punch de la part de la formation. Et la formation aurait sans doute souhaité davantage de réaction de la part du public. Bref, l’un ne va pas sans l’autre. Mais manifestement, ça ne bouge pas autant que chez le projet alternatif de Thomas et Alex White…

(Organisation Botanique) 

 

 

 

Le Peuple de l’Herbe

L’énergie verte du Peuple de l’Herbe

Écrit par

La soirée du 25 octobre 2007 s’annonçait festive. En effet, Le Peuple de l’Herbe et Asian Z se produisaient ce soir-là dans le cadre de l’Audi Jazz festival, à l’Orangerie du Botanique. Les premiers étaient venus présenter et défendre leur dernier album « Radio Blood Money », les seconds m’étaient complètement inconnus et éveillaient en moi une curiosité amusée.

En surfant sur leur site, l’univers d’Asian Z m’a semblé farfelu, volontairement immature et particulièrement cocasse. Deux heures avant le concert, Spagg du Peuple de l’Herbe me confiait lors de l’interview : ‘Tu connais Asian Z, ils passent avant nous ? Tu vas voir c’est assez particulier, moi j’adore !’ Cette phrase est venue tout naturellement aiguiser ma curiosité à leur égard.

Sur le coup des 20h, la foule venue en nombre s’agglutine à l’entrée. Juste le temps de déposer mon sac et mes affaires au vestiaire. ‘Bad done’, le vestiaire est fermé. Et je suis forcé d’entrer dans la salle avec tout mon barda. J’essaye de dénicher une place près de moi pour les déposer, je sors l’appareil photo, mon carnet de notes, et je regarde se dérouler devant mes yeux ébahis un spectacle complètement délirant monté par cinq Japonais.

Asian Z plaque ses chansons sur fond de karaoké. Les titres sont projetés sur un écran placé dans leur dos. Les paroles reproduites en japonais, en phonétique et leur traduction en français clignotent entre des images et des phylactères dignes d’une bd. Nous sommes pongés en plein univers manga. Tels des samouraïs, la posture fière et le verbe fort, la pop/rock un rien eighties d’Asian Z enrobe le spectacle, et propulse une énergie sympathique et communicative. Il faut lire ces traductions pour essayer de suivre. On y parle de poils, de ‘rasage de chatte’, de trous du cul poilus, d’alcool à outrance, etc. Deux minuscules danseuses japonaises se dandinent derrière le chanteur, levant les bras et sautant sur une chorégraphie apprise par cœur. Le public derrière moi prête plus attention aux textes qui défilent, et se marrent en lançant des ‘rhooo’ à tout va. Je crois que, comme moi, il se demande si tout ça est bien sérieux. Manifestement, ils en ont tout l’air. De nombreux ados postés aux abords de la scène se fendent la poire et se délectent de la prestation. Hurlant pour un rien, tels des groupies de la première heure. Une ambiance ‘bon enfant’ se trame ; et après 9 chansons les Japonais (quoique Lyonnais d’adoption) prennent congé de la salle.

21h00. Les roadies s’affairent, les instruments et l’univers des prochains acolytes s’échafaudent. ‘Le Peuple de l’Herbe’ me gueule dans l’oreille un jeune chevelu, ‘mais ouais vieux !!’ lui rétorque son camarade. Ces deux énergumènes seront collés dans dos et à mes oreilles tout le long du concert, répétant sans cesse ces deux phrases énervantes au possible. C’est recta, à chaque coup je me tape un voisin de concert débile. Mais ces deux-là, c’est le pompon.

21h10. Le bruit des hélices d’un hélico vient ouvrir le jardin où Le Peuple de l’Herbe (‘mais ouais vieux !’) semble impatient de jouer. La batterie de Psychostick trône au centre. A l’arrière. A gauche, Dj Pee a les yeux rivés sur le laptop et ses platines. A droite Spagg se consacre aux claviers et à la basse. Une basse, qui fait pour la première fois son apparition sur scène, lors de cette tournée. Plus à droite encore, N’Zeng s’occupe aussi bien des claviers, de la programmation, du chant que des cuivres. Le décor est fidèle à l’univers graphique de la pochette du dernier opus ? Nous sommes embarqués dans une machine de guerre aux reflets métalliques. Nous nous dirigeons vers une ville perdue où un groupuscule d’irréductibles hisse le pavillon de la révolte. « Viva La Revolucion » ouvre les festivités Conséquence : le public s’enflamme autant que les artistes. Très vite JC001 débarque sur les planches, le pas chaloupé et la casquette vissée jusqu’aux oreilles. Sa voix caverneuse débite un flow mortel, et se lance aussi dans des ‘beat box’ vraiment excellents. Le tout sans postillons. Ce qui est une prouesse et nos objectifs lui sont reconnaissants. En vraie bête de scène, JC001 est souvent accompagné par N’Zeng ou/et par Sir Jean. Ce dernier est d’ailleurs accueilli en guest star par un public déjà conquis. La participation de Sir Jean sur le dernier elpee a des effets positifs sur le groupe qui l’a du coup embarqué dans ses valises. Tel un chef de tribu, il balance ses tresses et son dynamisme est propulsé par l’élément fédérateur du groupe : la trompette. Car si star il y a ce soir-là, c’est bien elle. Scintillante de mille feux, elle souffre contre les joues tendues de N’Zeng. Cet instrument nous rappelle un peu le sens du festival et le pourquoi de sa présence en ces lieux: le jazz. Ce dernier se dissipe assez vite entre les morceaux trip hop/dub/jungle du groupe, mais n’est jamais complètement enterré. Les nouveaux titres de « Radio Blood Money » ont un peu de mal à tenir l’énergie que diffusent les morceaux plus anciens des précédents albums comme « PH Theme », « Dawg Beat » ou « Cow Boy ». Le public semble ne pas avoir encore imprimé, complètement dans sa mémoire, les derniers titres. Il faut dire que l’album n’a que deux mois d’existence ; et ce sont ses premières transpositions scéniques. A l’instar du morceau « Plastic People » plus agressif dans sa conception, « Radio Blood Money » est plus tranché. Le temps sera nécessaire pour sa digestion. Malgré tout, des compos telles tels que « Judge Not », « History Ghost » ou « Traces » passent bien la rampe. On pourrait regretter le manque de freestyle ou d’impros lors du set, juste pour sentir mieux encore, l’unité et le sens d’équipe que les Lyonnais développent tout le long de leur prestation. Tout est bien huilé, bien calé, bien calculé. Il n’empêche qu’une ambiance surchauffée reste bien présente et les 75 minutes de concert s’écoulent à toute vitesse.

Au premier rappel, le groupe nous gratifie d’un quart d’heure supplémentaire, mais ne semble pas encore fatigué. C’est à l’issue du second, d’une durée de 10 minutes, qu’il décide de prendre congé de l’audience. 100 minutes : c’et le timing de cette soirée. On en a eu pour notre argent. D’ailleurs, l’énergie transportée par le public le long des couloirs, en se dirigeant vers la sortie, est la preuve qu’elle s’est collée à nous, et que nous continuerons à la diffuser un bon moment encore. Je rentre chez moi content mais encore surexcité. C’est que c’est tenace Le Peuple de l’Herbe, mais ouaiiiiis vieux …

(Organisation Botanique)

 

 

Zazie

Totem Rock

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‘P*tain ça envoie grave’, m'a dit un copain croisé par hasard à la sortie du concert qu'ont donné Zazie et son groupe mercredi soir, au Nikaïa, à Nice. Puis il est reparti vers son studio d'enregistrement, où il travaille à la production du prochain album d'un groupe de hard rock local. Si je cite cette anecdote personnelle, c'est pour tordre le cou à l'image variété-proprette qui colle à Zazie depuis ses débuts, époque où elle gambadait dans un champ en fredonnant "Soyons zen". Après 15 ans de carrière, la musicienne a depuis longtemps débordé du cadre marketing dans lequel on a tendance à la placer. Et surtout, en rencontrant Jean-Pierre Pilot (claviers) et Philippe Paradis (guitare), avec qui elle a composé ses deux derniers albums, elle a participé à la formation d'un groupe. Ce qui passe sur scène depuis lors (impliquant Nicolas Fiszman à la basse, Matthieu Rabaté à la batterie, et Cédric Bevilacqua à la guitare) n'est donc pas une jolie chanteuse encadrée de requins de studio recrutés pour assurer le minimum syndical, mais un groupe pop/rock qui prend son pied à jouer ensemble, et surtout ne pose aucune barrière de style.

Mais avant d'entamer le plat de résistance, il serait dommage d'oublier la première partie, Vincent Baguian. L’ami et le complice de Zazie. Ils ont bossé ensemble (le très ironique "Je ne t'aime pas", entre autres). En outre, Baguian partage avec elle l'amour des textes travaillés, qui pourrait tenir même sans musique. S’il n'est clairement pas un ‘chanteur à voix’, il n'en est pas moins capable de faire surgir l'émotion entre l'humour et les considérations existentielles. Ses quelques chansons, tirées de son dernier album "Ce soir c'est moi qui fait la fille" (dont la chanson éponyme) remportent incontestablement l'adhésion du public.

Baguian parti, le concert commence donc par les premières mesures de "Tous des anges", en version nettement plus énergique, annonciatrice de la suite. Un immense rideau noir cache la scène, les lumières ne permettant de distinguer que la silhouette des musiciens. Curieusement ce soir, un énorme courant d'air en direction du public gonfle le rideau, tel une grande voile, et quelques membres de la sécurité sont obligé de le maintenir… Ce rideau tombe au 2eme couplet et les guitares se mettent à grogner, dont celle de Zazie (en open tuning). L'ambiance est tout de suite posée : loin de l'electro du Rodéo Tour, ça sera bien du rock.

"Fou de toi", pour achever de lancer la machine, puis "Des rails", premier single du dernier album, parce que même si le groupe n'aime rien tant que revisiter son répertoire de manière surprenante, il s'agit tout de même du ‘Totem Tour’.

Sur "On éteint", chanson à l'intensité pesante, les lumières d'Andy Watson (Radiohead, Oasis) font merveille. N'importe où ailleurs, une énorme boule disco posée sur la scène serait d'un kitsch achevé, ici elle souligne parfaitement l'ambiance du morceau.

Après "Oui", jolie ballade mélancolique, suivent "Je suis un homme", single cartonnant actuellement en radio, et "Jet Lag", deux rythmiques ‘au pilon’, précises et efficaces, qu'il aurait sans doute mieux valu continuer encore un peu sur cette lancée plutôt que de revenir à un mode plus calme lors de "L'ange blessé", un peu mièvre, "Larsen" et "Flower Power", joyeux délire néo-baba-cool, et "J'envoie Valser", ballade jouée à 4 mains sur le rhodes avec Nicolas Fiszman.

Deux ‘inédits’ ensuite, "Jacques a dit", originellement composé pour Christophe Willem (et mieux chantée que par lui, diront certains), et "Haut les mains". On repart enfin vers des contrées plus électrifiées tout au long de "Toc toc toc", un des morceaux phare de la tournée précédente, puis "Totem", dans la continuation de la thématique charnelle du précédent. La maîtrise de son timbre, passant du suave au rauque, la sexualité des morceaux ("Totem" surtout) assumée sans vulgarité aucune, le superbe travail des lumières, font de ces chansons de beaux moments de rock pur et dur. Là encore, on voudrait que ce climat perdure ; mais à nouveau le calme revient lors de l’interprétation de "Si j'étais moi", chanson introspective et pourtant pudique, mais dont le final en vocalises mélangées à la guitare de Philippe Paradis flanque des frissons. Autres points forts, "J'étais là", un texte lucide et violent, ainsi que "Rodéo", forcément attendu, qui malheureusement semble emporter la fosse seulement vers la fin. Rebaisse de régime sur "Au diable nos adieux", et remontée encore pour "Na", qui oscille en permanence entre la blague potache et le cri de désespoir.

Après une brève sortie de scène, les rappels commencent sur un medley electro de trois anciens tubes ("Un point c'est toi", "Adam et Yves" et "Tout le monde") qui laisse un peu perplexe : pourquoi les jouer de cette façon intimiste, Pilot, Paradis et elle agglutinés derrière les claviers du premier ? Le style ne s'y prête pas vraiment, mais le tout reste sympathique. Une curiosité ensuite, "Frère jacques", espèce de berceuse épileptique et déjantée, et enchaînement direct sur "Rue de la Paix", qui met enfin tout le public debout. Sans doute le Sud n'est-il effectivement pas le public le plus chaud ou du moins le plus expressif, mais après le final tendrement mélancolique de "Ça", tout le monde repart le sourire aux lèvres. Un bon concert d'un grand groupe.

 

 

Jacques Higelin

Presque sans voix...

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Je ne sais pas ce qui a causé la demi-heure de retard au début du concert d'Higelin hier soir. Soit il attendait qu'il fasse bien nuit, soit, c'est plus probable, il avait besoin de récupérer un peu de voix. En effet, même si dans son état normal le monsieur n'est pas exactement un Freddie Mercury, il était évident dès les premières strophes que ses cordes vocales n'étaient pas au mieux de leur forme.

La première chanson, "Le Minimum", passe pourtant bien. Il commence son set assis sur son piano, puis se met au clavier de celui-ci, en éternel gamin turbulent. Mais il nous explique bien vite sa situation, avec au passage une remise en place bien sentie d'un fan devenu pénible à force d'enthousiasme.

Pourtant, c'est l'enthousiasme du public, trop heureux de le revoir enfin (le bonhomme n'est pas passé à Nice depuis longtemps), qui le portera tout au long du concert, lequel déroulera essentiellement des chansons de son dernier album, "Amor Doloroso", plus quelques classiques comme "Tombé du Ciel" ou "Champagne". Le tout balancé sur un ton très rock, en particulier grâce aux solos concis mais très efficaces de Yann Pechin à la guitare, et à l'énergie du tout jeune batteur, Romain Metra, alliée à celle plus maitrisée du percussionniste, Dominique Mahut. Christopher Board aux claviers et Brad Scott à la contrebasse n'étant pas en reste.

En fin de parcours, Jacques Higelin s'excusera encore de ‘ne pas avoir été à la hauteur de ce que vous méritiez’, mais les acclamations du public témoignent d'un avis différent. Même si cela aurait pu être encore meilleur, le concert n'a déçu personne.

Sanseverino

Le mutant et les tueurs...

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Ce type est un mutant. Pas ses musiciens, non, eux ce sont juste des tueurs. Des machines à swing imparables qui démarrent au quart de noire et ne lâchent pas les morceaux avant le retour des lumières. Mais lui, c'est un mutant. Parce que partir à donf' sur une rythmique béton, présenter ses vingt musiciens qui défilent au micro le temps de quelques mesures solo bien senties, finir la chanson et balancer un speech de bienvenue totalement délirant sur un (son) débit de mitrailleuse bégayante, j'ai jamais vu.

Bon, replaçons le contexte. Sanseverino, bien que toujours digne fan de Django, a néanmoins décidé d’enregistrer son dernier album (et par conséquent cette tournée) en invitant un peu plus de monde que par le passé. Un peu plus de watts, aussi. De la petite formation contrebasse + batterie + 3 sèches rythmiques + sa sèche à lui, on passe à contrebasse + batterie, deux grattes électriques, clavier, et... cuivres. Huit au total (4 saxos, un trombone, 3 trompettes).

De quoi remuer quelques popotins donc, et ça fonctionne très bien. Suite à la fracassante entrée en matière, un long blabla d'introduction donc, tapant sur l'atmosphère hyper-fliquée de Monaco (les gars de la sécurité, équipés de la panoplie costard/oreillette/micro dans la manche ne bronchent pas), les artistes pro-Sarkozy, et s'alarmant de la présence de gamins dans le public, ce qui pourrait l'empêcher de dire trop de grossièretés.

Sa virtuosité vocale sur "Il se la pète", doublée d'une énergie communicative achèvent de propulser le concert à sa vitesse de croisière : pied au plancher.

Même une jolie chanson d'amour comme "Mathilde" contient trop d'énergie retenue pour faire -un tant-soit-peu- retomber la température. D'autant qu'avant de l'entamer, Sanseverino aura eu le soin de préciser que les jeunes amoureux peuvent tenter leur première pelle sur celle-là, ‘un peu comme le caméléon qui s'approche discrètement et sort sa langue chplaf".

Encore quelques vannes adressées au public, puis une autre démonstration de l'agilité de la langue du bonhomme sur "Démolissons les mots", marquée entre autre par un discours bien senti (mais guère compréhensible) prononcé dans l'embouchure même de l'un des saxos.

Vient ensuite un ‘Triptyque musical’ dont les chansons s'étalent sur ses trois albums et narrent les aventures d'André. Sur la deuxième, il descend carrément dans la salle faire un tour (un vrai grand tour hein, pas juste serrer trois pognes au premier rang).

Histoire de prouver qu'il est vraiment à l'aise dans le rock et pas seulement dans le jazz manouche, une petite reprise de Willy Deville : « Italian Shoes ». Sauf qu'il traduit les paroles en direct. OK, juste le premier couplet, pour permettre au reste puisse groover un peu quand même ; mais on ne peut qu'apprécier l'effort. Un petit arrêt dans « Les embouteillages », et le concert se termine par "A l'enterrement de ma grand-mère". A réveiller une morte.

Petit retour vers le style du précédent opus pour le premier rappel ou seule une petite formation acoustique entame « La maison sur le port », "La cigarette" et "La voisine des oiseaux". Il s'éclipse à nouveau pour revenir quelques minutes plus tard... vêtu d'une robe de soirée qui serait sûrement fort  seyante sur une silhouette autre que la sienne. Une casquette en cuir complète un look ‘Cabaret’, pour chanter "J'ai un homme dans ma vie", à la fin de laquelle il quitte à nouveau la scène, non sans laisser complètement glisser sa robe au sol sur le trajet, provoquant l'hilarité de la salle. Pendant qu'il retrouve une tenue plus adaptée, ses musiciens continuent de se faire plaisir : soli de batterie puis de piano, du pur jazz semblant être leurs racines premières. Retour des derniers cuivres : ils manquaient à l'appel ; et pour ceux qui pensaient finir sur un morceau plus tranquille, le "Take the A train" de Duke Ellington, mené (jeu de mot obligé) à un train d'enfer, conclut le concert.

Impossible de ne pas être entraîné par l'énergie débordante de Sanseverino et de son groupe. La virtuosité sans esbroufe, le plaisir de jouer, difficile d'y trouver à redire.

Tracklist :

Ma Fleur
Exactement
Les Ouvriers
Comment séduire une femme mariée
La Valse à Peggy
Il se la pète
Mathilde
Démolissions les mots
André
André 2
André super star
10 jours avant Paris
Italian Shoes
Les Embouteillages
A l'enterrement de ma grand-mère
La maison sur le port
La Cigarette
La Voisine des Oiseaux
J'ai un homme dans ma vie
Swing du nul
Take this fuckin train