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Michel Sardou

Cas de Conscience

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Publier un article consacré à Michel Sardou n’est pas dans les habitudes de Musiczine. Surtout un compte-rendu de concert (NDR : oui, il est exact que des chroniques de disques ont été consacrées à Obispo, Haliday, Clerc ou même Adamo). D’autant plus que ce texte nous a été transmis par un lecteur. Assidu, mais ce n’est pas suffisant. Un papier bien écrit, mais ce ne l’est pas davantage. Et si cette prestation mettait un point final à la carrière du chanteur, ce n’était pas une raison pour faire des exceptions. Alors pourquoi le publier ? Ben par esprit de contradiction et pour susciter le débat (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.). Parce qu’en parlant de Michel Sardou, on peut en profiter pour dénoncer à nouveau ce vase clos au sein duquel se pavanent les stars de la variété en France et dont les médias généralistes outre-Quiévrain ainsi que les magazines ‘people’ font les choux gras. Suffit de penser aux émissions de Michel Drucker pour savoir de qui on parle. Cet animateur avait même poussé le bouchon en imposant sa vision du monde musical en Belgique lors d’une émission spéciale ‘Champs Elysées’. Pourtant, aussi bien en France qu’en Belgique, il existe d’autres artistes que ces stars de variétés séniles ou posthumes. En fait, les valeurs montantes (de la chanson française, par exemple) n’ont guère voix au chapitre dans les médias à grande audience. Ou alors à des heures très tardives. On préfère en fabriquer d’autres. Impersonnelles. A la Star Academy, par exemple. Serait-ce dû à un manque d’esprit critique de nouvelle génération de mélomanes ? J’en doute. Parce qu’elle taxe d’intégriste celle qui dénonce ou dénonçait ce système. Mais un flashback n’est pas superflu pour mieux comprendre ce point de vue.

Mai 68 a aussi engendré une révolution artistique et musicale. Le rock et la chanson française à texte ont traduit le ras-le-bol des jeunes face à l’establishment. Et inconsciemment, ils visaient déjà ce même cercle fermé. Au sein duquel on avait déjà essayé de trouver la parade en inventant le mouvement ‘yéyé’. Simplement, le public jeune et curieux s’est rendu compte que la muse de ces derniers était puisée chez les anglo-saxons. Suffisait d’écouter les bonnes radios. Les premières stations pirates, par exemple. London, Caroline, etc. (NDR : évidemment, les autorités se sont empressées de faire cesser leurs activités). C’est l’époque à laquelle les jeunes branchés vomissaient Claude François, Sheila et bien d’autres du style. Difficile dès lors pour celles et ceux qui ont vécu intensément cette époque rebelle, de voir revenir en force les mêmes fantômes. Qui n’ont jamais réussi qu’à faire le vide autour d’eux. N’acceptant finalement celles et ceux qui pensaient (gagnaient ?) comme eux. Mais l’ivraie n’a jamais été totalement éradiquée et a fini par repousser… Aussi, au fil du temps, le rock est devenu plus pop. Et la pop moins rock. La chanson française est devenue plus proche des variétés et les variétés plus proches de la chanson française. Tout est même devenu recyclable. Sans la moindre exception. Les radios libres sont devenues moins libres (NDR : quand recommence-t-ton la révolution des ondes ?) On a jeté des paillettes et remis le play-back au goût du jour. Même chez les Anglo-saxons. Et on en a presque oublié la nature première d’un artiste : la création. Car dans ce monde moderne guidé par le néo-libéralisme (NDR : certains préfèrent dire néo-capitalisme), la vente a pris le pas sur la création. Subir sans réagir face au néo-establishment, c’est refuser de penser ou de s’ouvrir. Et dans cet esprit, si Musiczine ne souhaite pas passer pour un webzine intégriste, il a la volonté de s’accrocher à un principe de base : l’indépendance de rédaction et le souci de vous faire découvrir de nouveaux artistes. D’essayer de donner un avis (im)pertinent et critique sur leur création ou leurs prestations ‘live’. C’est d’ailleurs le meilleur service qu’on puisse leur rendre. Pour les autres, et en particulier les protégés de Michel Drucker, il existe suffisamment de plateformes sur le web ou autres médias pour vous en parler en long et en large. Et quand il n’y en a plus, pas de problème, il y en a encore… (Bernard Dagnies. Rédacteur en chef)

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Il y a quarante ans que Michel Sardou déchaîne haines et aversions par delà la presse et les forums d'internautes ; moins souvent d'ailleurs pour son œuvre musicale que pour des ‘opinions politiques’ que du reste l'interprète des « Bals populaires » semble lui-même ne pas toujours partager. Le « Live au Zenith 2007 » (qui clôt définitivement sa carrière de chanteur, selon son propre aveu) est donc l'occasion de rappeler à ceux qui voudront l'entendre que Michel Sardou chante, et chante bien.

« Live au Zenith 2007 » est aussi très étonnant, pour un tour de chant d'adieu. Si l'on aurait pu s'attendre à la présence de « La Maladie d'amour », « Musulmanes », « En chantant », « Etre une femme » ou du célébrissimme « France » qui aurait irrité en son temps le général de Gaulle, c'est dans un medley qu'il en entonnera quelques couplets a capella, en compagnie du public, surpris. Au contraire, en interprétant une nouvelle version de « Je ne suis pas mort, je dors » –qui n'aurait pas déplu à François Mitterrand dont c'était la chanson préférée– Michel Sardou donne le ton. Le concert sera ‘2007’ dans les réarrangements des anciennes chansons, comme dans le choix abondant de titres extraits de ses deux derniers opus.

La soirée s'ouvre par « Allons danser » dont le côté crispant du texte est très vite dissipé par Michel Sardou qui prend, dès la seconde chanson, « Du Plaisir » à retrouver des textes qui ne seront dès lors presque plus ‘engagés’. Le surprenant « Concorde » s'achève gravement avant que ne lui succèdent quelques chansons plus tenaces parmi lesquelles « J'accuse » ou « Les jours avec et les jours sans ». Touchant quand il se souvient des « Yeux de son père », il rappelle au passage que si « 1965 » et « Parce que c'était lui, parce que c'était moi » sont moins connues que « Le rire du sergent », elles n'en sont pas moins réussies. Après le medley-anciennes chansons, la voix de « Maman » Sardou surgit et introduit habilement la reprise d' « Aujourd'hui peut-être » qui fait un écho digne à son regret de n'avoir pas ‘deviné sa vie dans les yeux de son père’, regret chanté quelques minutes plus tôt. Le concert prend alors une tournure définitivement ‘2007’ lorsque Monsieur Sardou entonne, visiblement fier, son « évangile » (selon Robert): un slam version Sardou. Quand il chante que ‘seuls les chagrins restent à leur place, avec leurs sales gueules, dans la glace’, on doit lui reconnaître qu'il excelle dans l'exercice. On sent alors venir la fin du concert lorsque résonne un « On est plantés » justement interprété, suivi par « Espérer » qui évite à l'ambiance lourde de persister. « Loin », « Les lacs du Connemara », « Valentine Day » et « La dernière danse » occupent alors leurs justes places, avant que Sardou ne vienne s'installer quelques instants au piano pour chanter le dernier titre de la soirée, « Cette chanson-là n'en est pas une ». « Salut » précédé par un court remerciement du chanteur pour la fidélité de son dévoué public, se rajoutera à la track-list lors des dernières dates de la tournée, confirmant la volonté de son interprète de revenir ‘dans un autre costume, dans un autre emploi’.

En bref, nous avons passé une excellente soirée. Chansons bien agencées, track-list pour le moins audacieuse, technique millimétrée et un Michel Sardou très agréable. Rien à dire si ce n'est merci, et bravo!

May Day

Un jour de mai comme si c'était déjà l'été?

Écrit par

Assister à l'éclosion sur scène d'un nouveau talent, est un privilège rare pour un amateur de musique. Encore plus rare lorsqu'il s'agit de deux, lors de la même soirée. C'était pourtant le cas ce samedi 21 avril au Soleil de la Butte.

Virgule, nouvelle arrivante sur la scène parisienne, accordait ce soir son (presque) premier concert dans ce haut lieu Monmartrois. En ‘première première partie’, Cléo et Jane ouvraient agréablement la soirée par deux chansons plutôt sympathiques. Mais c'est May Day qui constituera la deuxième révélation de la soirée.

En pantalon et débardeur noir qui soulignent un teint mat, cette jolie femme ne manque pas d'allure. Une fois installée, guitare en main, elle évacue un peu du trac qui la tenaille en formulant quelques remarques ironiques. Dès la première chanson pourtant, on est surpris par une belle voix, assurée, mélodieuse, et surtout une vraie présence scénique. Etonnant quand on sait qu'elle n'a, jusqu'à présent, enregistré que des démos seule, dans sa chambre ; et qu'il s'agit là de sa première confrontation face à un public, certes intimiste, mais déjà trop nombreux pour lui être acquis par défaut. Sans effets faciles, May Day aligne des chansons intelligentes, souvent émouvantes et dont les refrains restent volontiers dans un coin de la tête. Ecoutez sa petite dernière, "Blood on my hands", pour vous en convaincre. Ses histoires lorgnent plutôt vers les teintes sombres de la palette des sentiments humains. Racontées sur un ton doux-amer, elles ne peuvent laisser indifférent.

Avant de laisser la place à Virgule, May Day achève un set sans faute par une reprise de "Music" de Madonna, introduite sur un ton caustique auquel ceux qui la connaissent quelque peu sont habitués : ‘Vous aimez Madonna ? Moi non plus, mais on est obligé par contrat’). Pas facile a priori de faire sonner une chanson comme celle-ci en se limitant à une voix et une guitare... mais la demoiselle s'en tire avec les honneurs.

Après une petite pause pour la mise en place et le réglage d'une sono qui, hélas, gâchera un peu le concert par ses problèmes chroniques, Virgule et sa bande s'installent.

Une batterie, une basse, une guitare, une choriste, un... violoncelle (tiens donc), et la voix ainsi que la gratte nonchalante de Virgule. L'ensemble forme un groupe parfaitement structuré. Dès les premiers morceaux, il est clair que si ceux-là n'ont pas encore beaucoup joué en public, ils n'ont aucun problème de cohésion. Nous partons donc pour une longue ballade au cœur d’un univers pastel, évoquant tour à tour des personnages un peu cassés ("La Joliesse"), la déprime d'une histoire d'amour finissante ("Mes Souvenirs"), les compromissions de l'existence ("C'est pas joli joli") ou une vie parisienne ("Paris").

Beaucoup de monde dans cette petite salle. Le groupe se produit face à un public debout, l'entourant comme s’attroupe autour d'un conteur venu narrer ses histoires curieuses. Les arrangements de Greg Behar, le guitariste, sont impeccables de justesse, aucun instrument ne s’égarant dans le superflu. La voix douce et un peu traînante de Virgule s'accorde très bien à cette tapisserie musicale, même si on peut penser qu'elle pourrait la muscler un peu. Le violoncelle de Fanny Warin reste la touche la plus originale, remplaçant avantageusement un clavier. Sébastien Saint André (basse) et Benoît Gascquet (batterie) se chargent de la rythmique, et Jane Sevilla ajoute sa voix haut-perchée sur la plupart des morceaux.

Lorsque le concert touche à sa fin, les applaudissements et surtout les sourires du public témoignent du très bon moment que chacun vient de passer. Une seule envie en repartant : qu'il y en ait d'autres, vite :-).

 

Virgule

Virgule a marqué des points?

Écrit par

Assister à l'éclosion sur scène d'un nouveau talent, est un privilège rare pour un amateur de musique. Encore plus rare lorsqu'il s'agit de deux, lors de la même soirée. C'était pourtant le cas ce samedi 21 avril au Soleil de la Butte.

Virgule, nouvelle arrivante sur la scène parisienne, accordait ce soir son (presque) premier concert dans ce haut lieu Monmartrois. En ‘première première partie’, Cléo et Jane ouvraient agréablement la soirée par deux chansons plutôt sympathiques. Mais c'est May Day qui constituera la deuxième révélation de la soirée.

En pantalon et débardeur noir qui soulignent un teint mat, cette jolie femme ne manque pas d'allure. Une fois installée, guitare en main, elle évacue un peu du trac qui la tenaille en formulant quelques remarques ironiques. Dès la première chanson pourtant, on est surpris par une belle voix, assurée, mélodieuse, et surtout une vraie présence scénique. Etonnant quand on sait qu'elle n'a, jusqu'à présent, enregistré que des démos seule, dans sa chambre ; et qu'il s'agit là de sa première confrontation face à un public, certes intimiste, mais déjà trop nombreux pour lui être acquis par défaut. Sans effets faciles, May Day aligne des chansons intelligentes, souvent émouvantes et dont les refrains restent volontiers dans un coin de la tête. Ecoutez sa petite dernière, "Blood on my hands", pour vous en convaincre. Ses histoires lorgnent plutôt vers les teintes sombres de la palette des sentiments humains. Racontées sur un ton doux-amer, elles ne peuvent laisser indifférent.

Avant de laisser la place à Virgule, May Day achève un set sans faute par une reprise de "Music" de Madonna, introduite sur un ton caustique auquel ceux qui la connaissent quelque peu sont habitués : ‘Vous aimez Madonna ? Moi non plus, mais on est obligé par contrat’). Pas facile a priori de faire sonner une chanson comme celle-ci en se limitant à une voix et une guitare... mais la demoiselle s'en tire avec les honneurs.

Après une petite pause pour la mise en place et le réglage d'une sono qui, hélas, gâchera un peu le concert par ses problèmes chroniques, Virgule et sa bande s'installent.

Une batterie, une basse, une guitare, une choriste, un... violoncelle (tiens donc), et la voix ainsi que la gratte nonchalante de Virgule. L'ensemble forme un groupe parfaitement structuré. Dès les premiers morceaux, il est clair que si ceux-là n'ont pas encore beaucoup joué en public, ils n'ont aucun problème de cohésion. Nous partons donc pour une longue ballade au cœur d’un univers pastel, évoquant tour à tour des personnages un peu cassés ("La Joliesse"), la déprime d'une histoire d'amour finissante ("Mes Souvenirs"), les compromissions de l'existence ("C'est pas joli joli") ou une vie parisienne ("Paris").

Beaucoup de monde dans cette petite salle. Le groupe se produit face à un public debout, l'entourant comme s’attroupe autour d'un conteur venu narrer ses histoires curieuses. Les arrangements du groupe sont impeccables de justesse, aucun instrument ne s’égarant dans le superflu. La voix douce et un peu traînante de Virgule s'accorde très bien à cette tapisserie musicale, même si on peut penser qu'elle pourrait la muscler un peu. Le violoncelle de Fanny Warin reste la touche la plus originale, remplaçant avantageusement un clavier. Sébastien Saint André (basse) et Benoît Gascquet (batterie) se chargent de la rythmique, et Jane Sevilla ajoute sa voix haut-perchée sur la plupart des morceaux.

Lorsque le concert touche à sa fin, les applaudissements et surtout les sourires du public témoignent du très bon moment que chacun vient de passer. Une seule envie en repartant : qu'il y en ait d'autres, vite :-).

 

 

CSS

Une surprise dans les bagages de Cansei De Ser Sexy?

Écrit par

On attendait de pied ferme le retour des Brésiliens délurés de CSS depuis l’excellent concert presté à la Rotonde du Botanique quelques mois auparavant, à guichets fermés. Cette fois, le combo a eu l’excellente idée d’amener dans ses bagages leurs amis de Tilly & The Wall.

L’ouverture du concert a été assurée par The Holloways, des Brittons distillant un punk pop engageant mais trop instantané. Le genre qui s’oublie quelques minutes après la prestation… Les esprits s’échaufferont un peu plus à l’arrivée des trois filles et deux gars de Tilly & the Wall. Armée d’une artillerie de ‘feel-good-hits’, les filles s’époumonent en tapotant du pied sur des socs en bois fixés au sol, en guise de percussions. Un bon moment, en particulier lorsque le groupe entamera leur tube « Sing Songs Along ».

Une petite demi-heure plus tard, la troupe brésilienne faisait son apparition sur scène. A peine débarquée sur scène, Foxxylove entame devant un parterre extatique non pas le « CSS Suxx » que tout le monde attendait mais un nouveau titre, « Don’t Mess With Holidays ». D’entrée de jeu, l’ambiance se fait à la fois chaude et bon enfant, l’interprète de CSS éclatant de rire à tout bout de champ. Elle entamera d’ailleurs une courte reprise du ‘cultissime’ « No Limit » de 2 Unlimited que l’orangerie reprendra en chœur avec grand plaisir. Le batteur et seul mâle de la formation semblait, lui, pressé d’en finir, coupant la parole à Foxxylove à coups de percussions chaque fois que la jeune fille se lançait dans des divagations avec l’assistance entre les chansons. Cansei De Ser Sexy enchaînera donc ses tubes « Alala », « This Month, Day 10 », « Meeting Paris Hilton », l’excellent « Acho Um Pouco Bom », « Off The Hook »,  et l’incontournable reprise des L7 « Pretend We’re Dead » avant de s’évaporer dans les coulisses pour revenir quelques instants plus tard clôturer le show par un délicieux « Let’s Make Love And Listen To death From Above ». Excellente prestation, à la hauteur de celle exécutée à la Rotonde en décembre 2006.

 CSS (+ Tilly & The Wall + The Holloways)

ABC

La danse du scalp?

Écrit par
20 heures tapantes, les Londoniens de Metroriots, pantalons cigarettes bien ajustés et chevelure aux airs de Ramones, attaquent les planches d'un Handelbeurs bien rempli au cours d'un set qui claque, un spectacle rehaussé par la présence d'un leader convaincant.

Quelques instants plus tard, les Licks apparaissent en file indienne, bientôt suivis de la squaw Juliette Lewis (mieux connue dans le monde du cinéma -notamment- grâce à Natural Born Killers notamment) afin de nous présenter leur nouvel opus : « Four on the Floor ». Quelques jeunes filles sises au premier rang hurlent. Elles portent, elles aussi, la plume immortalisée par la pochette de ce nouvel album. Le show de Juliette & Licks peut maintenant commencer? Car, en effet, si les compositions restent somme toutes assez primaires et pas toujours très inspirées, l'actrice-chanteuse sait très bien comment séduire son public et ne ménage pas ses efforts. Très tôt, elle a vite fait de se débarrasser de coiffe, chaussures et pied de micro pour se tortiller dans tous les sens, sauter, danser, voire même s'offrir une petite balade au sein d'un public survolté. Anciens et nouveaux morceaux se succèdent à un rythme effréné et la belle, en nage, de la tête aux pieds, ne cesse de se contorsionner. Solos appuyés. Juliette à genoux devant le guitariste. Solos appuyés. Danse de la pluie devant le batteur. Solos appuyés. A genoux devant le bassiste. Un peu de crowdsurfing à présent... Voilà qui semble avoir conquis le public venu chercher un peu de `Rock'n'Roll attitude'.

 

Superbus

Superbus at home?

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Message personnel à Chantal Lauby : ‘Cher Chantal, vous m'avez fait rire pendant toute mon adolescence. Hier soir, votre fille et sa bande m'ont fait passer un bon moment de rock péchu comme je les aime. Soyez donc doublement remercié.’

Bon, ça c'est fait. Superbus à la Palestre au Cannet, donc... En première partie, Le Comte de Fourques. Sympathique bonhomme, il se produit au sein d’un line up classique. Un trio guitare/basse/batterie. Il se cherche encore un peu sur le plan musical : de bonnes chansons mais qui ne se différencient pas vraiment du paysage actuel. Les textes sont plutôt bien trouvés ; mais une chose est sûre, il affiche une présence scénique indéniable. A suivre donc.

Arrivée ensuite de l'attraction principale. Jennifer. Enfin. Précédée de sa bande. Placé dans la fosse entre la scène et le public, je me retrouve alors instantanément au milieu d’un public d'ados déchaînés. En particulier les filles, fringuées dans le style de la demoiselle. Le groupe lui-même maîtrisant assez précisément son look, on se croirait dans un film, et ce n'est pas désagréable à vivre. Sur scène, ses musiciens déjà sur les rails, Jennifer s'empare du micro, manifestant l'intension manifeste d'en user énergiquement.

Le concert démarre en trombe, et se déroulera pratiquement sans aucun temps mort. Jennifer est évidemment bien plus qu'une jolie poupée ‘bubblegum’ ; elle tient la scène avec panache, et est capable de mettre le public dans sa poche. Un exemple ? Lors des rituelles salutations de bienvenue, elle nous explique qu'ils ont un plaisir particulier à être à Cannes (on n’est pas vraiment à Cannes ; mais bon, ne chipotons pas), Michel (l'un des guitaristes) et elle-même étant du coin. Il est donc rassurant de voir que cette ville peut engendrer autre chose que des mémères en manteau de fourrure.

Coté spectacle, les garçons qui l'accompagnent ne sont pas en reste. Même si Superbus n'est sur le devant de la scène que depuis peu, c'est leur 3eme album et ils ont un sacré métier. Mouiller la chemise n'est pas qu'une image dans leur cas, à voir l'état de Patrice, l'un des deux guitaristes, et du batteur.

On peut regretter une trop grande homogénéité des chansons. Difficile souvent de les différencier. Il semble hélas que la scène ne les ait pas beaucoup inspirés du point de vue des réarrangements. Néanmoins le temps passe assez vite, et le groupe s'éclipse un court moment avant de revenir pour un long rappel, qui se termine en feu d'artifice sonore.

J’émettrai une réserve vis-à-vis des jeux de lumières. Elles restent purement fonctionnelles pendant une bonne partie du concert. Ce n'est qu'au bout de quelques chansons qu'elles s'étofferont un peu ; en particulier à cause des trois lettres blanches 'W O W' qui servent de fond au décor. Elles sont judicieusement exploitées, changeant de couleur au gré des ambiances de chaque chanson.

Bref, au final, un très bon concert. Allez les voir si vous en avez l'occasion.

 

The Killers

Le rock qui tue?

Issu de Las Vegas, de The Killers est devenu un groupe majeur. Drivé par Brandon Flowers, il pratique un pop/rock solide, entraînant, énigmatique. Un style qui nous incite très souvent à battre du pied. Son premier album, « Hot Fuss », recelait des hits comme “Mr Brightside” ou “Somebody told me”. Plus raffiné, « Sam’s Town » (le second opus) regorge de chansons davantage faites sur mesure. Et en particulier des compos comme “Bones”, “Read my mind” ou encore “When you were young”. Embarras à l’entrée de l’Aéronef à Lille, pourtant réputé pour la ponctualité de ses concerts : il faut faire la file une bonne vingtaine de minutes, en plein courant d’air, avant d’entrer dans la salle nordique. Et après une fouille minutieuse… Heureusement nous serons récompensés de notre patience, car le set fut vraiment à la hauteur.

Sur le coup de 20h45, le quintet américain monte sur le podium. Le fond de la scène est tapissé par un panneau Sam’s Town, conférant au décor un petit air de salon du far-west où Brandon Flowers jouerait les Henry Fonda dans ‘Once upon a time in the West’. Après un “Enterlude, we hope you’ll enjoy our show”, The Killers passent à l’attaque. Pendant une petite heure trente, ils vont aligner les morceaux de leurs deux CD en alternance. Le son est puissant, subtil, enflammé et direct. Les tubes s’enchaînaient rapidement, sans temps mort, et le public lillois, comme souvent d’ailleurs, se montre d’une grande ferveur.

Dès l’ouverture, l’audience est plongée dans le bain, au propre comme au figuré. Au cours de ce “Sam’s Town”, de petites banderoles s’échappent du haut de la scène et tombent sur les spectateurs du premier rang, comme lors des grands shows organisés dans le cadre des élections américaines. La machine à hit peut démarrer: “When you were young”, “Bones” et “Somebody told me” se succèdent. Le public est enthousiaste et restitue bien l’énergie libérée par les musiciens. Quelques ballades pop permettent de reprendre son souffle. A l’instar de “Jenny was a friend of mine”, “Smile like you mean it”, “Uncle Jonny” ou encore du remarquable “When you read my mind”. Souvent les chansons commencent par quelques accords de piano, en douceur. Mais ces ivoires boostent littéralement “Bling (Confession of a king)” et “Why I do keep counting”. Les claviers ne sont pas en reste et la voix de Flowers semble alors au sommet de son art. La première partie du show s’achève par “Mr Brightside”, que le public –apparemment guère fatigué– reprend en chœur.

Le traditionnel rappel nous réservera cinq titres, dont un très new vave “Shadowplay/this river is wild” (ce rythme de danse des années 80 !) ainsi que les très convaincants “For reasons unknown” et “All these things that I’ve done”. “Exitlude” clôturera ce spectacle d’excellente facture avant que le combo ne prenne congé de son public en formulant un “Exitlude, it’s good to have you with us”.

Les Killers ont prouvé ce soir qu’ils ont aussi des planches en ‘live’ ( ?!?!?) ; mais surtout démontré qu’ils étaient capables d’y transposer la qualité de leur son studio…

(adaptation Bernard Dagnies)

 Organisation : FLP, Lille

 

 

 

 

Lily Allen

Rien à signaler

Écrit par

Lily Allen a été la grande sensation pop de 2006. Mais elle est déjà reléguée au second plan en Grande-Bretagne, la nouvelle coqueluche féminine 'grande-gueule' étant à présent Amy Winehouse. Pas découragée pour un sou, Lily parcourt l'Europe afin de présenter son premier essai, « Alright Still » via un passage d'abord annoncé le 27 février dernier au Cirque Royal et finalement déplacé à l'Ancienne Belgique.

Une saloperie de grippe, c'est pas l'idéal pour se mêler à la populace d'un concert. C'est donc entre deux mouchoirs dans les gradins qu'on décidera d'observer le spectacle. En avant-programme, Stijn accomplit son show tout seul sur scène. Passant le plus clair de son temps à faire le mariole devant le public, on n'aura retenu de sa prestation que les excellents singles « Hot & Sweaty » et « Sex Junkie » qui seront parvenus à remuer deux ou trois personnes. Si, si, du deuxième étage, on les voyait bien, ces deux ou trois personnes. Et on en voyait aussi plus d'une s'emmerder ferme.

Lily Allen n'allait pas changer la donne… Accompagnée d'un orchestre de sept mâles à son service, la pétillante Britannique a ouvert les festivités par « LDN », enchaînant aussitôt sur « Knock 'Em Out » et un « Not Big » qu'elle dédicacera à tous les hommes peu gâtés par la nature. Durant tout le concert, Lily sautillera invariablement de droite à gauche, histoire de combler l'inconsistance de sa prestation. Inconsistance qui se ressentira d'autant plus par le fait qu'à trois reprises, la jeune femme bouchera les trous de sa playlist par des réinterprétations des titres tirés du répertoire de certains de ses compatriotes. A savoir, The Specials (« Blank Expression »), « Oh My God » des Kaiser Chiefs et « Naïve » des Kooks, une formation qu'elle a pourtant en horreur. Le public aura également droit à quelques nouveaux morceaux dont « Sunday Morning » et un très bon « Absolutely Nothing ». Peu communicative avec son public, Lily s'excusera de l'état de sa voix dont le timbre commençait légèrement à se faire la malle. L'assistance a ensuite eu droit à d'assez plats « Shame For You », « Friday Night », « Friend Of Mine », « Littlest Things » et même au génial « Everything's Just Wonderful », bien plus convaincant sur disque. Même le tube « Smile » ne parviendra pas à faire monter la sauce. On comprend mieux maintenant le changement de salle. Il aurait été triste que la moitié du public s'endorme sur les sièges du Cirque Royal. En bref, Lily est une fille bien gentille mais son « Alright, Still » est définitivement destiné aux platines de salon plutôt qu'à la scène.

Organisation Live Nation

 

Sean Lennon

Chez les Lennon, après John, Sean s'est fait un prénom...

Écrit par

Le problème des 'fils de' qui suivent les traces d'un illustre parent, c'est qu'ils doivent subir la comparaison pratiquement tout au long de leur carrière. Pourtant, il suffit d'écouter son dernier album, "Friendly Fire", pour constater que Sean Ono Lennon s'est fait un prénom. On retrouve certes des échos de son père dans la voix (heureusement pas celle de sa mère, diront certains) et certaines mélodies, mais il s'est forgé son propre style et ne cherche aucunement à vivre sur son héritage paternel. Il le prouve également sur scène, en formation standard guitare/basse/batterie/clavier, se contentant même du rôle de second guitariste, le long d'une tournée européenne des clubs et petites salles sympas.

 C'est donc le Théâtre Lino Ventura de Nice, plein comme un œuf, qui accueillait ce spectacle. Il y avait même une première partie, à laquelle je n'ai pu assister pour des raisons personnelles. Un concert à l'image de l'album. Sean a d'ailleurs repris la plupart des titres de ce disque (non, il n'y a pas eu de chanson des Beatles ni de John Lennon). Intelligente, fouillée mais sans excès, sa musique pop-rock recèle quelques très belles mélodies (sa voix fait merveille sur le refrain de l'envoûtant "Parachute"). Il s'exprime dans un français presque parfait entre chaque chanson, créant ainsi une ambiance conviviale parfaitement appropriée à ce type de concert. On notera sa tentative de recours au verlan pour nous expliquer qu'il préfère sa guitare électrique à l'acoustique ('plus roman... marrant à l'envers, roman, ça se dit chez vous ?')

 Le seul reproche que l'on pourrait adresser à ce concert concerne la constance du tempo d'une chanson à l'autre. On aurait bien aimé que le groupe se lâche un peu plus (et sans inciter à la consommation de breuvages alcoolisés, je me suis dit que le verre de jus de tomate, sis au pied du guitariste, était symptomatique). Sean Lennon ose une chanson écrite 'la semaine dernière', explique-t-il, "Smoke and mirrors", puis les watts montent enfin sur "Headlights", dans une version nettement plus énergique que celle de l'album. Pour clore le set, "Would I be the one", reprise de Marc Bolan (elle figure également sur l'album) s'étire sur un instrumental très mélodique (décidément le monsieur est doué pour cet exercice ce style), solo de guitare à la clé.

 Au début des rappels, il nous concède un petit bijou : "Tomorrow", qu'il interprète seul à la sèche. Pendant que le reste du groupe le rejoint, Sean nous annonce que son frère Julian est présent dans la salle (est-ce un scoop ou raconte-t-il toujours la même histoire à chaque concert). Puis la prestation s'achève en beauté par "Mystery Juice", extrait d' "Into the sun", son premier album. A cet instant, se libère une intensité qu'on aurait aimé vivre un peu plus souvent au cours de la soirée.

 En conclusion, cet excellent concert a laissé un goût de trop peu. On en redemande !

 

CSS

Sexe, moustache et Death From Above

Signées sur le label italien Homesleep, les quatre Californiennes de The Ian Fays jouent un rock sautillant qui n'est pas sans rappeler Sleater Kinney, The Pipettes et Legoparty. Sara et Lizz, les deux jumelles, occupent le devant de la scène en robe à rayures noires et blanches, telles de jolies Daltoniennes. A leur gauche, Lena, dont le rôle s'avère limité : titiller un triangle ou des clochettes comme s'il s'agissait d'un clitoris en cuivre ou taper dans ses mains d'un air concentré. Pour le reste rien de très excitant : juste du rock indie au groove simpliste, qui ne rentrera sans doute jamais dans les annales (et c'est écrit sans jeu de mot machiste).

'CSS Suxxx !!!', crie Lovefoxxx dans son collant pas sexy pour un sou. Entourée de ses quatre copines musiciennes et d'un mec qui martèle ses fûts, la petite Brésilienne sautille et sourit, jetant des œillades aguicheuses à la centaine de fans présents dans la Rotonde. 'C'est drôle, j'arrive à voir la tête de tout le monde, on s'croirait presque au zoo !', lance-t-elle, mutine, dans un éclat de rire. Les hits s'enchaînent, l'album y passe, du grandiose « Alala » au faiblard « Meeting Paris Hilton », qui sonne comme du Metric. Quelques personnes se dandinent gentiment, mais sinon l'ambiance est polie : sur « Off The Hook », Lovefoxxx descend dans l'arène, 04anse avec les premiers rangs, avant de remonter sur scène et d'oser un petit stage diving à la fin du concert, durant l'hymne « Let's Make Love and Listen to Death From Above ». Un tube de l'année, que tout le monde semblait attendre pour enfin se lâcher, voire dodeliner de la tête. Il était temps. En rappel une cover amusante du « Pretend We're Dead » des sauvageonnes L7, sans doute ce qu'écoutaient ces Brésilien(ne)s quand elles avaient 10 ans. Ca fait beaucoup de 'mort' pour seulement deux chansons, mais il s'agit sans doute de la 'petite' - celle qui donne envie de 'faire l'amour' en écoutant Cansei De Ser Sexy. 'Marre d'être sexy' ? D'où le collant, sans doute, et la moustache oxygénée. Aye aye ayyyye !!!