Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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Roots Manuva

Une synthèse presque parfaite de reggae digital de hip hop et de dubstep

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C’est dans une Ancienne Belgique étonnement bondée que s’est produit l’événement hip hop de cette fin d’année, où le passé (GZA) a rencontré le futur du mouvement (Roots Manuva). Après une fouille corporelle, on est autorisé à pénétrer dans la grande salle pour assister à la fin du set de Beat Drunx. On n’en verra cependant pas assez pour se forger une bonne idée du hiphop pratiqué par les deux Gantois.

Quelques bières plus tard, débarque Roots Manuva, un des meilleurs et plus influents emcees du hip hop anglais des années 2000. L’homme vient nous présenter « Slyme and Reason », son quatrième album (sans compter les deux consacrés aux remixes), une œuvre qui renoue avec les sonorités jamaïcaines. Notre homme est soutenu par deux dj’s. L’un d’eux est d’ailleurs affublé d’un saxophone qu’il n’utilisera pas une seule fois au cours de ce concert court et agréable. Au chant, l’excellent chanteur Ricky Ranking (http://www.myspace.com/rickyranking) –vétéran de la scène reggae anglaise, il a déjà collaboré aux projets de Roots Manuva, à plusieurs reprises– donne de l’amplitude au rap enfumé de Rodney Smith.

L’équipe commence en force par « Again & Again », le premier single très reggae issu de « Slyme and Reason ». L’ambiance est bonne. Roots Manuva est visiblement défoncé. Ce qui n’entachera en rien la qualité de la prestation, malgré quelques petits trous de mémoire. Le duo épingle pas mal de morceaux du nouvel album (dont l’excellent « Buff Nuf ») mais aussi quelques classiques du passé. Avant d’entamer le beat imparable de « Witness », les deux compères tentent de nous faire croire que « The  council of Brussel forbid us to play this song ». “Dreamy Days” et quelques autres classiques suivent. Ricky Ranking se fend d’ailleurs d’une formidable tranche de reggae digital ‘old school’ rappelant les grandes heures du légendaire King Jammy. Les gaillards saluent les ‘ladies of Brussels’ et les bonnes vibrations qui émanent effectivement du public. La prestation se termine, et on reste conquis par cette synthèse presque parfaite de reggae digital, de hip hop et de dubstep.

Après une longue période de préparation, GZA monte sur les planches, accompagné de Killah Priest des Sunz Of Man. ‘The Genius’ (le surnom que ces comparses du Wu-Tang lui avaient attribué) vient rejouer l’intégralité de « Liquid swords », son album mythique, sorti en 1995. Composé à l’époque où le Wu-Tang Clan était à son sommet créatif, « Liquid Swords » incarne aussi l’aspect le plus philosophique du groupe. S’il recèle les plus beaux beats que le producteur RZA ait créés, « Liquid Swords » est aussi un album bigrement original où toute l’équipe du Wu-Tang Clan  (Ghostface, Method Man, ODB, Killah Priest…) lâche quelques unes de ses plus belles rimes. L’album est bien entendu dominé par la personnalité et le flow particulier de GZA, sorte de moine-guerrier urbain pour qui les rimes sont des ‘lames liquides’. Son flow évoque aussi d’autres lames : précises et aiguisées.

Le show respecte le tracklisting de l’album. Le tube « Liquid Swords » ouvre d’ailleurs le bal. Evidemment, RZA (et les autres) ne sont pas venus pour placer leurs rimes, mais GZA et Killah Priest assurent parfaitement. Les beats implacables de RZA explosent nos oreilles (ainsi que les enceintes de l’AB) et le duo passe (quelquefois un peu rapidement) en revue les bijoux de l’album : « Duels of The Iron Mic », « Leaving in the world today », le hanté « Cold World », sans oublier le « B.I.B.L.E. » de Kilah Priest. Le duo expédie « Liquid Swords », et on a l’impression que les gaillards n’affectionnent pas particulièrement l’exercice. Mais l’AB exulte et au sein du public déchaîné, un fan parvient à faire dédicacer le vinyle de « Liquid Swords » qu’il brandissait depuis un quart d’heure. Le duo enchaîne ensuite sur quelques vieilles scies du Wu tirées des deux premiers elpees du collectif. On a droit à quelques nouveaux titres issus de « Protools », le nouvel opus de GZA mais c’est « Shimmy Shimmy Ya » qui atomise l’AB. Le classique du défunt « Ol’Dirty Bastard » nous rappelle que le vieux bâtard et GZA ont commencé à rapper ensemble quand ils étaient jeunes… On arrive donc à la fin de ce concert un peu nostalgique (mais énergique), un set réminiscent de l’âge d’or du hip hop new-yorkais des années 90, définitivement révolu. En tout cas, les vieux guerriers du Wu suscitent encore le respect et l’admiration de la grande foule qui s’est déplacée ce soir pour leur faire un triomphe.

Setlist Roots Manuva :

Again & again
Kick up ya foot
Buff nuff
Dub styles
Too cold
Join the dots
Its me
Oh lord
Ninja we ninja
Movements
Witness
Seat yourself
Two pieces
Dreamy days
Bashment boogie
Let the spirit

Organisation AB

Cold War Kids

La sainte énergie des Cold War Kids

Écrit par

21h. La salle est en effervescence. Il faut croire que la majorité des spectateurs n’en a cure des critiques assassines, assénées sans répit par Pitchfork, aux quatre Californiens, depuis leurs débuts. Difficile de s’en départir pourtant. Elles résonnent, cinglantes et sans appel. Les Cold War Kids ne feraient donc que du ‘pastiche poli qui insulte l’intelligence des amateurs d’indie-rock’? Du son de ‘boy-scout’ ? Du ‘storytelling superficiel’ ? De quoi s’étonner d’une telle hargne alors que les rumeurs accompagnant la sortie de « Robbers and Cowards » (2007) préconisaient la révélation de l’année. En outre, le Botanique les affichait déjà ‘sold out’ et l’album trônait dans la majorité des tops de fin d’année. Autant dire que le paradoxe, comme la salle de ce soir, est à son comble.

L’entrée est explosive. Sans un mot, le micro est saisi pour plonger à tue-tête dans les meilleurs morceaux du premier album. Même crié plus que chanté, même répété inlassablement sur le même ton, « Hang me up to dry » emporte instantanément nos esprits éméchés. On n’en mène pas large. Aucune résistance non plus sur « Used to vacation », toujours aussi implacable. La familiarité des premiers morceaux introduit en douceur ceux de « Loyalty to loyalty », un deuxième album aux mélodies moins indélébiles et plus décousues, mais finalement peut-être aussi plus matures et décomplexées. « Something Is Not Right With Me » séduit par son rock endiablé. « Welcome To The Occupation » par ses exercices de style différents, condensés en un morceau. Il aura fallu une minute, un instant peut-être, pour conquérir. Un signe de tête, une confirmation instantanée pour que le public semble unanime. C’est bien là, l’accord implicite qui est conclu : une heure et demie d’énergie sans compromis. Du coup, il faut aimer cette voix poussée à l’extrême dans les aigus; s’accommoder de cette allure brouillonne et chiffonnée, de ce côté touche-à-tout de l’accent blues du terroir, de ce riff de rock crasseux. Accepter que Nathan Willett pousse le son à l’extrême sans vraiment consulter nos oreilles déjà en feu. Mais puisque c’était dans le contrat, c’est accueilli sans réserve. La folie devient incontrôlable dès les premières notes de « Hospital beds ». Qui se soucie de savoir qu’aucun des Cold War Kids n’a jamais vraiment connu les heures glauques des soins intensifs ? Tout le monde est d’accord de mettre le feu ‘Put up the fire, don’t stop don’t stop, put up the fire on us’. Peu importe qu’on finisse tous en ‘fish and chips’ ; on est en sueur. L’énergie est carrément contagieuse et les refrains se vident de leur contenu pour imposer leurs formes, bousculer les endormis, rappeler à la vie. Laquelle ? On ne sait pas très bien s’il s’agit de celle que les Cold War Kids prêchent en invoquant Dieu par-ci ou par là ; mais puisque c’est ardemment prêché, on se fond dans cette ébullition salutaire. Bénie, en rappel, par le fascinant « Saint John ». 

Organisation Live Nation

 

Moriarty

Une (très) belle machine à remonter le temps

Écrit par

Le public était déjà conquis à l’arrivée des cinq éléments de Moriarty. Chacun pouvait amplement imaginer ce qu’allait offrir cette soirée au Botanique: non pas l’écoulement mécanique des morceaux tirés des trois albums du groupe (fondé en 1995) mais plutôt une célébration lumineuse du folk baroque et ancien qui déborderait des deux guitares, de la contrebasse et de l’harmonica, ponctués toujours par la voix merveilleuse de la diva Charlène Dupuy. Et oui, nous avons tous été ces figurants d’une mise-en-scène cinématographique au cours de laquelle tout semble venir d’une époque lointaine et précaire de l’Amérique profonde où les Beach Boys se nourrissaient de blues et parcouraient la route 66 en cherchant les mêmes histoires que celles de Jack Kerouac, écrites cinquante ans auparavant. Chaque morceau de Moriarty conte ainsi des détails de cet univers poussiéreux situé quelque part entre Paris et le Midwest, peuplé de gens désenchantés, ennuyés, fantasques et aux souvenirs d’enfance tordus.

D’où cette sempiternelle question, jaillissant tout au long du concert : à quel point cet univers est-il authentique ? A quel point cette musique puisant dans des racines profondément traditionnelles résiste à une élucubration gentille et naïve sur l’archétype du voyageur-écrivain, pourvu d’une valise en cuir fatigué, la machine à écrire comme seul compagnon ? Et, enfin, à quel point cette musique, tant inspirée de Joan Baez et Billie Holiday, a-t-elle été vraiment vécue et puisée dans les entrailles de ces cinq musiciens-là ?

Le concert a toujours été suspendu au-dessus de ce paradoxe. D’un coté, la tentation de la blague cocasse ou de l’exhibition de deux animaux empaillés –répondant au nom de Colette et Gilbert– risquaient de transformer tout ce décorum en un ensemble d’éléments creux, sans contenu et définitivement trop ludiques. De l’autre, certains moments –pas toujours– où s’opérait une alchimie parfaite entre les souvenirs nostalgiques d’une époque et sa revisite hic et nunc. Reste que ça et là, Moriarty relève d’un petit miracle : celui d’être une machine, une très belle machine d’ailleurs, à remonter le temps et à prolonger encore un peu plus le voyage.

Organisation Botanique

 

Asian Dub Foundation

Asian Hot Foundation !

Écrit par

Actif depuis 1993, Asian Dub Foundation est un véritable caméléon. Non seulement il change constamment de visage, mais aussi de label. Après avoir sorti « Tank » chez EMI, en 2005, disque dont l’accueil est resté plutôt mitigé ; et un premier ‘best of’, publié en 2007, les sept membres actuels reviennent aujourd’hui sous la houlette du label indépendant Naïve (distribué en Belgique par Pias). Le fruit de cette première collaboration s’intitule « Punkara », un septième ouvrage studio toutes guitares en avant. Ce 30 octobre, ils venaient présenter leur dernier opus au public d’une Orangerie comble et comblée.

Evitant à son public la case ‘première partie’, Asian Dub Foundation débarque sur scène à 20h30 sous sa nouvelle mouture. Rejoint par Al Rumjen, ex-membre des regrettés King Prawn, ainsi que par Aktav8r, qui avait quitté les rangs de la fondation en 2004 pour les réintégrer l’an dernier, le combo revient plus puissant que jamais. Après une petite intro pour chauffer la salle, les six membres présents sur scène font la part belle aux morceaux de leur deux derniers opus. Le public se laisse prendre au jeu. Rien n’est plus beau qu’une Orangerie secouée dans ses entrailles par la réviviscence d’une frénésie vécue bien trop rarement dans les salles de concerts. « Buzzin’ », « Speed Of Light », « Burning Fence », « Flyover », « Oil », « Take Back The Power », « S.O.C.A. », « Superpower » ou le très bon « Living Under The Radar » sont autant de titres qui enflamment le parterre et couvre celui-ci d’épaisses gouttes de sueur. Après une petite pause bien méritée, Asian Dub Foundation finit d’achever son public par « Takbir », une excellente reprise d’Ali Khan et son énorme « Fortress Europe ». Même si la formation a snobé ses travaux les plus antérieurs, elle aura démontré une fois de plus toute sa puissance scénique à un public sur les genoux après 1h30 de secousses corporelles.

Organisation : Botanique.    

Arthur H

L’autodérision sous les étoiles

Écrit par

C’est sous sa parure d’étoffe rouge, parsemée de 1000 étoiles, que l’ABBox recevait Arthur H, ce mardi 22 octobre 2008. Le début du set est prévu à 20h00. Pourtant, 10 minutes avant qu’il ne commence, le public est plutôt clairsemé. Et est composé en majeure partie de quadras ; les trentenaires reprenant pour la circonstance le rôle des ados… On croise de nombreux couples. Ils attendent, la main dans la main, la montée sur scène de ce clown chantant. L’ambiance est ‘love’. Le Français est venu défendre « L’Homme du Monde », son dernier album. Il s’agit ce soir, de la quatrième date de la tournée. Il y a donc fort à parier que le groupe n’a pas encore posé toutes ses marques et que le spectacle ne sera ainsi pas encore formaté. Le public est calme, un peu trop à mon goût. Je prépare mon carnet de notes en enfilant quelques décilitres d’houblon. La salle se remplit au compte-gouttes.

20h10. Sous un bruit de tonnerre, les musiciens prennent place. Le décor est composé de gratte-ciels éclairés. Le tout dans un ensemble chaotique à la Fritz Lang. Pensez à Métropolis. L’envolée des musiciens amplifie cette ambiance électrique. Ils déversent un brouhaha qui vous plombe littéralement, mais en même temps pousse le public à river les yeux vers le podium. Vêtu d’une veste dorée, Arthur H fait son entrée. Le micro à la main, il salue l’assemblée en entonnant « Candy Chérie ». Il enchaîne directement par « Radio City Light ». L’artiste semble avoir l’intention de se livrer corps et âme, ce soir. Il empoigne une guitare sèche et nous balance « L’Abondance », une ballade, ma foi, folk. Le public se réveille et frappe dans les mains. L’ambiance monte d’un cran. Sans doute rassuré par l’accueil que lui réserve l’audience, le Français marque une petite pause et laisse souffler ses musiciens. Jamais avare d’un bon mot, souvent teinté d’ironie, il déclare être content d’être venu se produire dans cette salle mythique qu’est l’AB. Que pour une fois, il ne devra pas jouer entre les plantes et les piranhas. Manifestement, il fait ici alors illusion au Botanique, où il a l’habitude d’établir ses quartiers bruxellois. Se moquant de la crise actuelle, il invite à oublier les milliards que l’on a tous perdu. Il entonne « Si tu m’aimes » et embraie par « Chercheur d’Or », que les spectateurs acclament chaleureusement. « Luna Park » et « Est-ce que tu m’aimes ? » marquent un retour au dernier album. Ce dernier morceau est interrompu par la claviériste, qui coiffée d’un chapeau de cowgirl, joue du lasso et s’assied sur un tabouret pour fredonner à la manière de Marylin Monroe, « The River of The no Return ». Arthur H, son bassiste et son batteur viennent poser des chœurs gospel. L’ambiance est bon-enfant. Personne sur les planches n’a l’air de se prendre au sérieux. Et le public est hilare. « Mon Nom est Kevin B » précède « Dance With Madonna ». Ce dernier morceau, le chanteur le présente en revenant sur les drames qui se jouent actuellement. S’offusquant avec un brin d’humour, de la Marseillaise sifflée récemment lors d’un match de foot, il relate aussi les problèmes de couple que Guy Ritchie et l’héroïne de cette dernière chanson, traversent. Après « The Goddes of Love & The Bizness Man », le combo marque une nouvelle pause en laissant seul sur scène Monsieur H. Il excuse cependant leur absence, prétendant qu’ils sont gênés : ‘Ils ont tellement honte que je me plante, qu’ils se sont cassés !!’ lance-t-il. Il éprouve, en effet, des difficultés à se souvenir des accords de « Le Nantais », qu’il finira par sublimer de sa voix rauque, sa marque de fabrique. Et dédie cette chanson feu sa Mamie, qui habitait Liège. La formation est à nouveau au poste pour attaquer « La Naissance d’un Soleil » et «  Ma Dernière Nuit à New York City ». Replantage de l’artiste sur l’intro d’« Adieu Goodbye ». Il faut avouer qu’il n’a plus trop l’habitude de servir d’une gratte, le bougre. Il a même privilégié le piano lors de la confection de son dernier opus. Mais les cordes vont vite plier sous le talent, et la mémoire de l’auteur va rapidement refaire surface. Pour un début de tournée, les erreurs sont rares. On sent une excellente homogénéité et une excellente entente entre les différents musiciens. On perçoit déjà la fin du concert, lorsque s’éclairent à nouveau, les rideaux pourpres de la salle. Des milliers d’étoiles scintillent et illuminent de leur poésie, le très touchant « Cosmonaute Père et Fils ». Il est 21h50, il y a déjà 100 minutes que le groupe joue. Il remercie les auditeurs et tire sa révérence.

Le public reste un peu sur sa faim et réclame un rappel, qu’il sait déjà acquis. Arthur H s’est changé avant de revenir saluer une dernière fois son auditoire. Il a revêtu les habits de Super H. En fait, hormis la lettre imprimée sur le torse, il a enfilé le même costume que celui de Superman. Le slip jaune est de rigueur. Au lieu d’accorder une dernière chanson, il a envie de jouer avec son public. A l’instar d’un comique du music-hall, il empoigne le micro et cherche à le faire réagir. En lui demandant de participer à un exercice de lazzis. De siffler la Marseillaise, tout en revenant sur l’ampleur que cet épisode a prise. Et les spectateurs jouent le jeu quand il entonne ‘Allons enfants de la patrie …’. La cacophonie est telle, qu’il demande de monter la puissance de son micro. A nouveau tout le monde se marre. Lui en premier. Afin de sortir dignement de scène comme il y est monté, le groupe offre une dernière bonne vieille chanson. « Cool Jazz » vient donc clore les festivités ; et c’est sous les applaudissements chaleureux, que les 5 artistes saluent pour de bon, leur public. Les lumières se rallument, les amoureux s’enlacent une dernière fois avant de penser à quitter la salle ; et moi je me grouille sinon je vais louper mon métro. Je me rends compte que je suis bien le seul à me dépêcher de quitter les lieux. Tout le monde en effet, semble vouloir prolonger un instant encore, ce fort sympathique moment que nous avons partagé. Dommage que le show n’ait pas attiré plus de foule. Il y aurait sans aucun doute eu, plus d’heureux dans la ville…

Organisation Live Nation 

Elvis’ Ghettoblaster

L’efficacité avant tout…

Écrit par

Depuis la sortie de « Love Is A Schizophrenic Hungry Monster », Elvis’ Ghettoblaster est de plus en plus présent sur la scène rock belge. Critiques élogieuses à leur égard, présence à quelques festivals dont celui de Dour : il semblait donc évident pour le trio bruxellois de planter leur décor dans l’arène de la Rotonde du Botanique. Une soirée à l’ambiance particulièrement décontractée, très cool si vous préférez, reflétant l’attitude des musiciens aussi habiles un verre en main que sur leurs instruments.

Avant le gros moment rock’n roll de la soirée, Hey Yeah ! tente tant bien que mal de chauffer la salle. Pas facile, car il n’y a pas foule ; même si on peut qualifier l’audience d’encourageante. Le rock de ce jeune trio bruxellois ne manque pas de subtilité. L’influence des Libertines est assez marquée. Leur show souffre quand même d’une carence en relief et se complaît dans une certaine naïveté. Ce qui n’empêche pas une frange de l’assembler de marquer sa satisfaction.

Les trois trublions d’Elvis’ Ghettoblaster débarquent enfin. Ils sont plutôt loquaces et multiplient les traits d’humour. En outre, leur nonchalance leur colle bien à la peau. Visiblement quelques bières ont suffi pour leur assurer une sérénité certaine. Et la formation brise d’entrée un silence embarrassant en balançant une intro instrumentale, histoire de remettre les esprits en place et puis aussi d’entamer le show. « Rockus Porkus », « Stoner » et « Die » préludent une soirée rock en puissance. Il y a bien quelques petits problèmes techniques, mais vu l’expérience des musicos, ces détails ne semblent pas les perturber. Orphelin de leur chanteur, le combo éprouve quand même quelques difficultés à trouver le bon équilibre au niveau des vocaux. Heureusement, le trio compense ces imperfections par un aplomb digne de chevronnés ; et puis affiche un réel plaisir à se donner à fond, propension qu’il va s’évertuer à entretenir tout au long du set. Et comme tout baigne, le groupe n’hésite pas à expérimenter quelques nouvelles variations ; à l’instar d’une version reggae surprenante de « Champagne and Wine ». Un petit bonheur ! Bien sûr, on pourra leur reprocher l’absence de boucles électro qui jalonnent le second opus du trio. Mais difficile d’en demander davantage à notre ami Enzo qui cumule chant, guitare et claviers. Et il faut le souligner, son art à jongler entre les différents instruments est stupéfiant. Au sein de la setlist, j’épinglerai cependant quelques petites pépites comme une superbe adaptation du « Feel Alright » des Stones et puis un nouveau morceau, encore sans titre, bourré d’énergie et d’électro ! Live, Elvis’ Ghettoblaster est sans doute moins pêchu que sur disque ; cependant, au cours de cette soirée il a manifesté un état de forme et une efficacité qui font plaisir à voir et à entendre…

Applaudissements nourris mais sincères de l’assistance peuplée de fidèles aficionados. Dommage qu’il n’y ait pas eu un peu plus de monde. Un bel exemple à suivre ! Chapeau les gars !

Organisation Botanique

 

 

The Cranes

Encore en rôdage…

Écrit par

Déjà 3 ans que les Cranes ne s’étaient plus produits en Belgique. Qu’étaient-ils devenus ? La voix d'Alison Shaw était-elle toujours aussi pré-pubère?  Et surtout, les ‘grues’ étaient-elles encore susceptibles de déplacer suffisamment de fans pour remplir le VK ?

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas The Cranes, imaginez un peu la musique de The Cure période « Pornography » voire « Disintegration », si Robert Smith avait été de sexe féminin. Enfin, pas seulement, puisqu’il y a du Tolkien dans l'ambiance. Il y a de l’éther atmosphérique aussi. Bref, un trip au sein duquel il faut oser et être capable de rentrer. La salle de Molenbeek n’était qu’aux trois-quarts remplie. Et en majorité de trentenaires. Dommage ! En fait, à l’instar des Charlatans, qui s’étaient également produits au VK en février dernier, la formation issue de Portsmouth éprouve de grosses difficultés à renouveler son contingent de fans. Evidemment, en n’accordant plus de concert chez nous depuis 2005 (un crochet par le VK et une première partie de Cure à Lokeren), difficile de se rappeler au bon souvenir de ses aficionados.

Début de set, les morceaux manquent carrément de pèche. Et le son est tout à fait catastrophique. Mécontent, un spectateur dit même tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Et dans la langue de Molière ! Déjà pas trop à l’aise en début de parcours, la brave Alison n’y comprend rien, imaginant que cette critique lui est adressée. Curieusement, à partir de cet instant –je ne suis pas ingé du son, mais bon je n’ai pas les oreilles bouchées– la qualité sonore est devenue, au fil du temps, de plus en plus nette. Bizarre... Enfin, passons… Bref, à cet instant, la prestation est encore trop inégale pour convaincre. Alison cherche ses marques ; et surtout à poser sa voix. A leur décharge on notera que cette date bruxelloise n'était que la seconde de leur périple (NDR : le combo avait joué à la Maroquinerie de Paris, la veille). Et leur dernière tournée date déjà de trois longues années.

Mais le show s’est bonifié en deuxième partie. Là, la magie a vraiment (et enfin) commencé  à opérer. Carton plein pour "Far away", "Adrift", "Everywhere" et "Paris and Rome", avant une série copieuse de rappels. Soit plus de deux heures de concert. Générosité, tendresse, émotion... ce band est définitivement le genre musique à écouter en boucle pendant un gros câlin. Pas besoin d'un pétard. Leurs mélodies ont toujours eu la formule pour générer des hormones zen, destinées à atteindre directement le cortex reptilien (le plus primaire). Alors, oui, certaines tonalités sont un peu surannées, comme nous le reprochait l’un ou l’autre spectateur lambda. Mais ce côté vintage donne in fine tout son charme à la formation insulaire. Et puis, il y a Alison. Toujours d'une gentillesse, d'une attention rare vis-à-vis de son public. Nous sommes ses invités. Elle ne veut pas nous décevoir… Laissons les enchaîner les dates et rôder encore leur set (leur nouvel album sort cette semaine). Et si pour l’été prochain, des organisateurs de festivals ont suffisamment de flair pour les inviter, ils devraient (comme naguère) casser la baraque.

Setlist :

1 Clear
2 Jewel
3 Vanishing point
4 Future song
5 Worlds
6 Wires
7 Panorama
8 Feathers
9 Sunrise
10 Far away
11 Adrift
12 Here comes the snow
13 Flute song

14 Everywhere
15 Paris & Rome

NB : dans leur élan de générosité, les Cranes ont encore interprété trois titres qui ne figurent pas sur la setlist officielle.

 

Volbeat

Un excellent remède contre la morosité...

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Tandis que nous affrontons les embouteillages coutumiers sur le ring d’Anvers, des centaines de headbangers se pressent déjà à l’entrée de la salle Hof Ter Lo pour un concert qui affiche sold out ! Une fois n’est pas coutume, c’est un double évènement qui est proposé aux fans de metal en cette soirée ensoleillée. Le club ‘Trix’, adjacent à la salle bien connue des amateurs de rock puissant, propose un mini festival de death metal. En tête d’affiche : les Hollandais de Goresfest. Maigre consolation pour les fans de Volbeat sans ticket ; mais vu le droit d’entrée à 5€, il aurait été inopportun de faire la moue…

Il est un peu plus de 19h30 lorsque les jeunots de Serum 114 investissent le podium de l’Hof Ter Lo, déjà envahi par les backdrops de Volbeat. Tatoué, chapeau visé sur le crâne, le chanteur blondinet campe un hybride entre Kid Rock et le leader de Green Day. C’est d’ailleurs dans le registre de ces derniers, et plus particulièrement celui de Sum 41 que milite la formation allemande. Anissa me fera d’ailleurs très judicieusement remarquer que si l’on rabote deux lettres au mot Serum, et qu’on bascule le 4 de 114, on obtient Sum 411 ! Il est vrai que le combo n’a rien inventé et qu’il devient vite très ennuyeux.

Même si le chanteur du groupe fusion hardcore Stuck Mojo est soutenu par d’excellents musiciens, nous préférons prendre un rafraîchissement et fouiner dans les bacs à CD’s de l’échoppe de Metalzone. Le chant ‘rapé’ n’est décidément pas notre tasse de thé.

En insufflant un brin de country façon Johnny Cash et quelques touches de rockabilly à son metal lourd, Volbeat est devenu le phénomène à la page ! Comment résister et rester de marbre face à ce cocktail détonnant. On parle même d’‘Elvis metal’ tant l’organe de Michael Poulsen évoque celui du ‘king’, dont il reprend les intonations pour exécuter un metal à la limite du thrash, particulièrement teinté de Misfits et de Metallica.

Dans la salle, l’ambiance est survoltée et ne faiblira pas jusqu’au monumental « Still Counting ». Si la recette était rôdée dès le premier album de ces Danois atypiques, elle est ici encore améliorée ; et le public s’enflamme dès les premiers accords de « Guitars, Gangsters and Cadillac Blood ». Belle entrée en matière ! Le son est monumental. Les lights sobres ; et il est incontestable que l’atout principal du band demeure le timbre vocal de Poulsen. Tandis que « My Believe » s’enchaîne à « Sad Man’s Tongue », le service de sécurité n’en finit pas de réceptionner les nombreux ‘stagedivers’ qui participent joyeusement à cette soirée endiablée aux allures de grande fête du rock’n’roll !

Volbeat s’avère être un excellent remède contre la morosité. Il suffisait d’observer les mines réjouies des spectateurs qui ne sont pas près d’oublier cette prestation incandescente d’un groupe avec lequel il faudra désormais compter.

 

 

Madonna

Madonna souffle le show et le froid…

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Entendez-vous rugir ces féroces soldats ? Ils viennent des campagnes, du centre ou d’horizons plus lointains. Ils sont de France ou d’ailleurs en Europe. Ce sont les soldats, de l’armée des fans de Madonna.

Paris 21 septembre, 19h. La gare du Nord est assiégée. On se faufile entre les touristes, les autochtones et les contrôles musclés de CRS. Ce lieu est constamment assiégé de jour comme de nuit, du 1er janvier au 31 décembre. Mais en ce début de soirée, un endroit stratégique est sur toutes les lèvres : ‘Stade de France’. Pour certains, ce parcours correspond à un exercice de routine. Pour d’autres, comme nous par exemple, on est vite dépassé par les événements, et on tente de s’y retrouver. Et pourtant, le chemin est fléché. Mais en lieu et place de jolis placards, il n’y a qu’à suivre la masse qui se presse aux escalators et sur les deux quais que ces derniers desservent. La ligne 41 débarque à 15 minutes du stade. La 43 juste aux pieds. Bon, ben, on va prendre la 43 hein… Entassés dans les wagons du RER, c’est collé contre les vitres embuées, que l’on se farcit les 5 minutes de trajet. ‘Stade de France’ annonce l’hôtesse bionique à travers les hauts parleurs du train. Tout le monde descend, en même temps et en meute, bien entendu. Entre le petit trajet qui relie la station et le stade, on croise beaucoup de policiers, armés jusqu’aux dents ; des revendeurs à la sauvette venus rentabiliser leur turbin au marché noir, c’est-à-dire le sésame tant convoité pour la soirée. Il y a aussi les fans qui chantent et dansent déjà, les bimbos attifées comme pour sortir en club échangistes, des marchands de tee-shirts et des vendeurs de hot-dogs aux prix tellement hallucinants qu’il ferait rougir les 2 grammes de choucroute qu’il contient. Face au stade, on se sent tout à coup petit, très petit. Après avoir trouvé la bonne porte, passé le barrage des tourniquets, subi le service contrôle du billet et la fouille en bonne et du forme, rencontré une hôtesse sympa et un steward compétent, on prend enfin place sur nos sièges réservés. Ouufff, on souffle un peu… A l’intérieur du stade, on se sent encore plus petit que de l’extérieur. Surtout face à deux ‘M’ gigantesques situés de chaque coté de la scène, preuve que la Madonne, reine mégalo, va faire parler la poudre en ces lieux sous peu.

Mais avant,…

Bob Sinclar, le truculent dandy des platines a pour tâche de faire le tour du stade pour allumer le public. Equipé de ses platines et épaulé par Big Ali, il va essayer de chauffer la salle.

Oui mais voilà …

Le Stade de France ce n’est pas de la gnognotte, on lui souhaite bonne chance. 19.45, le set commence. La foule qui s’est agglutinée aux abords de la scène est toute chaude, les tribunes beaucoup moins. Sinclar s’éclate. Big Ali fait résonner sa voix contre l’enchevêtrement des milliers de tubes et de sièges disposés dans la salle de concert, ce soir. Mais perdus sur une scène gigantesque, les deux lascars ont bien du mal à y déposer un quelconque cachet. Big Ali –il porte bien son nom et doit dépasser les 200 kilos– ne bouge pas. Il reste collé aux platines du DJ. L’image vue de loin évoque rapidement ces communions où le DJ officiant, s’est fait piquer le micro au profit du papa beurré qui balance des vannes à 3 balles pour la famille. C’est mou, c’est lourd. Ca ne vaut pas grand chose. Même si les quelques grands classiques de Sinclar sont interprétés, les basses assourdissantes et le peu de vie sur scène transforme le set en attente pénible. 20.30. 45 minutes –et 10 litres de sueur en moins pour Big Ali– plus tard, le set prend fin. ‘Bob Sinclar is in the house !!’ S’il pouvait éteindre la lumière en sortant ça serait sympa.

21.30 !! La Madonne décide enfin, en accusant quand même 30 minutes de retard sur le programme, de monter sur les planches.

Une projection sur les écrans géants et les panneaux de la scène, propose une vidéo en images de synthèse. On y découvre une bille qui roule… Etrange ! Pas trop le temps de réfléchir sur la signification de l’intro, que « Candy Shop » entame les festivités. Aaaaah la boule c’était un bonbon. Ok ! Madonna est sexy. Habillée de transparence Givenchy, elle donne le ton. Arrive derrière elle le cabriolet blanc immaculé qui entoure « Beat Goes On ». La salle hurle.  Vient ensuite « Human Nature » au cours duquel l’artiste enfourche une guitare et hurle dans le micro ‘Je veux vous entendre crier !’. En français SVP... Tout tourne autour de Madonna, les danseurs, les lumières, les effets. On assiste à un show assez incroyable, il faut le reconnaître. Les chorégraphies sont parfaites, ajustées au centième de seconde. Les équipes techniques font monter, descendre les acteurs différents. On se surprend à les voir disparaitre et réapparaitre comme par enchantement. Les costumes sublimes offrent à la grâce des danseuses, un « Vogue » ultra érotique. Les premiers doutes sur la voix en direct se confirment. Une solide erreur de ‘lipping’ nous démontre sur écran géant, que Madonna chante bel et bien en playback. On le savait, mais le voir de ses yeux est surprenant. Quand on désire la perfection autour de soi, il faut savoir aussi la proposer aux autres. Trêve de critiques sur la qualité de la voix, restons-en à l’essentiel : le show. Seul intérêt vraiment de cette soirée. Le premier tableau est terminé.

Le temps pour la chanteuse de se changer est comblé par une vidéo de « Die Another Day ». Juste le temps que les hystériques du premier rang se calment un bref instant. Quand la Madonne revient, c’est sur une table de DJ qu’elle se trémousse en balançant un « Into The Groove » bien 80’s. Avec en prime sur les écrans géants, des illustrations de Keith Harring bien flashis. Tout est pimpant. Tout vibre dans tous les sens. La température monte encore d’un cran. Malheureusement, boum patatras, quand le titre « Bordeline » arrive, on sombre presque dans le pathétique. Madonna est debout et a empoigné une guitare. Elle essaie de nous fait croire qu’elle en joue. Jusque là on reste dans le show. Mais quand elle massacre la chanson en chantant faux, on en devient presque gêné pour elle. Tout n’est donc pas en playback, mais on va différencier le direct de la présonorisation, tant la qualité est diamétralement différente. Une moue significative de mécontentement s’est d’ailleurs dessinée sur le visage de la chanteuse, et là à nouveau, les écrans géants le prouvent. Pour ne pas se gâcher la soirée, de notre place, on fait mine de ne pas avoir repéré les bavures. Et on partage la mauvaise foi du public envers son icône. « She's Not Me”, “Music” revisité style fluo sur un sample de "Last Night A DJ Saved My Life" et une vidéo qui échantillonne cette fois une chanson d’Eurythmics, “Here Comes The Rain Again”, termine le deuxième tableau de la soirée.

C’est sous cage dans un style noir et ténébreux, que les festivités reprennent. « Devil Wouldn't Recognize You » apporte un peu de souffre supplémentaire à l’ambiance. Les danseurs sont en aube noire, version moines, tout est solennel. ‘Parlez-vous français ?’ nous demande la Miss. Certains idiots lui répondent. « Spanish Lesson » décape les moines pour les transformer en danseurs de flamenco aux couleurs roses flash. Reprise de la guitare en main pour la chanteuse, afin d’exécuter « Miles Away ». Tout va très vite et tout s’emballe ensuite sur « La Isla Bonita ». Violon tziganes et gypsies sur scène viennent y mettre un peu de piment manouche. Une véritable explosion de couleurs et de danse nous apporte ici sans aucun doute, le meilleur moment de la soirée. Avant que ne survienne le pathétique « You Must Love Me », c’est si je veux d’abord. Suivi d’un entracte : la vidéo « Gets Stupid » qui a déjà pas mal fait parler d’elle en d’autres lieux. Les images de Mc Cain, Hitler et d’horreurs de guerre, croisent celles d’Obama de Nelson Mandela et Martin Luther King. Vachement engagée la nana.

Le quatrième et dernier tableau se profile, et c’est sous le style ‘Mad Max revival’ que Madonna apparaît pour la dernière fois. « Like A Prayer” » est proposé sur un remix de 2Unlimited (si je ne me trompe pas) et consigne sur les écrans des phrases pieuses en hébreu ou en anglais. « Ray Of Light » est massacré. Et pour cause, c’est encore du ‘live’ ! ‘French Do it better !!’ nous balance-t-elle à présent, ‘Do you Love Me ??’ s’inquiète t’elle... aaaaah d’accord, le compliment était intéressé. A nouveau certains lui répondent ‘yeeesss’. Entre nous, celui qui répondrait ‘non !’ au prix du billet, aurait été masochiste, il y a des donjons plus appropriés pour ça. Pour clore le set, nous aurons droit à un « Hung Up » bien rock et saturé où les riffs lancinants sont un peu ‘too much’. On pense à ce moment que le concert est fini. C’est compter sans « Give It 2 Me », que les radios nous matraquent à longueur de journée et que l’ensemble des danseurs vient rejoindre. C’est l’orgie finale. Game Over ! Il est 23.20, il fait froid et noir.

Le stade se vide à une vitesse VV’. Toute cette masse va rejoindre les RER avoisinants. En 40 minutes montre en main, on a quitté le stade, pris l’un des trains qui s’enfilent les uns derrières les autres, repris le métro jusque République et rejoint la chambre d’hôtel. La soirée nous aura donc surtout marqués par son incroyable organisation tant sur la scène que pour y accéder. Et puis, boah il faut le dire, voir Madonna en vrai, ça fait quelque chose quand même.

31 Knots

Comité réduit pour show exceptionnel

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Aaah, la rentrée. Une nouvelle saison qui commence, d’innombrables concerts qui se profilent à l’horizon… Et, surtout, la joie de retrouver le Botanique, sa serre surchauffée, son bar design et son ambiance inimitable. Ce soir, direction l’Orangerie où 31Knots vient présenter son dernier bébé, « Worried Well ».

On ne se bouscule pas à la porte de l’Orangerie. A l’intérieur, la salle est quasi déserte. Effet amplifié par un rideau déployé au fond de la salle. Il dérobe un tiers de sa capacité. Un public plus ou moins enthousiaste salue la prestation des Canadiens de Ladyhawk. Une ouverture dont je n’ai pas pu voir grand-chose, arrivée tardive oblige.

Quelques minutes plus tard, The Constantines prend place sur le podium. Un set légèrement brouillon et trop long pour une première partie. La prestation manque de cohérence. Ce qui n’a pas empêché cette dernière d’être acclamée par ses fans et les autres.

22h. Enfin. Le trio à l’honneur ce soir fait finalement son apparition. Tandis que ses deux comparses entament l’intro de « The Breaks », Joe Haege chantonne les premiers vers. Caché. A genoux. Derrière son laptop. Un sac brun sur la tête. 31Knots enchaîne ensuite par  quelques extraits de « Worried Well », son dernier opus, ainsi que les excellents « Talk Like Blood », « Polemics » ou encore « It Was High Time To Escape ». Le temps de se rechausser, d’arracher son horrible chemise, ses bretelles et son pantalon, pour dévoiler une tenue plus décontractée, Joe adresse quelques mots à son public. Le meilleur moment de la soirée sera atteint lors d’un extraordinaire « Man Become Me », extrait de l’indispensable « The Days And Nights Of Everything Anywhere ». La formation affiche une assurance sans faille. Le leader arpente toute la largeur du podium, communiquant une énergie incroyable à son public. Le combo avait déjà tout fracassé lors de sa prestation, à Dour. En 2006. Aujourd’hui, les trois prodigieux musiciens de 31Knots ont confirmé leur statut de bêtes de scène. A cause de leur prestation magistrale, quasi théâtrale. Dommage que le public n’a pas été au rendez-vous. Il aurait même été judicieux de déménager le spectacle à la Rotonde. Elle aurait été remplie…

Organisation Botanique