Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

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Concerts

Gilberto Gil & Caetano Veloso

Un peu de soleil brésilien à Bruxelles…

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Près de 50 ans déjà que la musique de Gilberto Gil et Caetano Veloso fait vibrer les âmes des Brésiliens, mais également celles des mélomanes, aux quatre coins du globe. Au cours de ces cinq décennies, les deux mythes sud-américains sont parvenus à se forger leur propre style, soit le tropicalisme, le fruit de genres oscillant de la musique populaires brésilienne au pop/rock, en passant par le psychédélisme. Et leur discographie conséquente en est la plus belle illustration. Cependant, leur engagement politique leur a valu d’être emprisonnés pendant plusieurs mois et les a forcés à émigrer, à l’étranger. En résumé, Gilberto Gil et Caetano Veloso sont au Brésil ce qu’est Jacques Brel à la Belgique, Brassens et Ferré à la France ou encore Bob Dylan aux Etats-Unis. 

Ces deux stars brésiliennes se sont croisées à tant de reprises, que leur parcours est presque devenu commun, sur les planches. A l’instar de Monaco et Paris, Bruxelles a donc eu le privilège de pouvoir les accueillir en ‘live’…

Et tout particulièrement ce 29 juillet, à Forest National. La salle est bien garnie, mais pourtant pas comble. Le public est hétérogène. Il réunit un public de tous les âges et issu de multiples nationalités. Beaucoup de Brésiliens et aussi de Brésiliennes, quand même. Avant le set, l’estrade n’est encombrée que de deux grattes, deux micros et deux chaises. Sobriété ! Il n’en faut pas plus aux deux artistes pour s’exprimer et émouvoir l’auditoire. Qui était d’ailleurs conquis d’avance. Pendant deux heures, Gilberto Gil et Caetano Veloso vont interpréter des titres de leurs répertoires respectifs ; parfois ensemble, parfois séparément. Dont certains permettront à leurs sèches de s’entrelacer. Des morceaux rythmés, mélancoliques ou carrément bouleversants. A plusieurs reprises l’auditoire reprend en chœur certaines compos qu’il, comme on pouvait s’y attendre, connaît sur le bout des doigts (NDLR : des oreilles ?) Si les musicos ont une attitude, en général, statique, Caetano Veloso va quand même se lever de son siège pour oser un petit pas de danse fortement apprécié par le public. Après deux bonnes heures de set, il est ravi et est récompensé par deux rappels.

Les deux plus grands chanteurs/musiciens brésiliens du XXème ont apporté un peu de soleil du Brésil à Bruxelles. Après ce spectacle, les vacances pouvaient légitimement commencer…

(Organisation : Greenhouse Talent)

 

Mary J. Blige

La fusion parfaite entre la soul et le hip hop…

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Pas de première partie pour ce concert de Mary J. Blige. Début des hostilités à 20h30 précises. Pas évident de dénicher un emplacement pour sa voiture, près de l'Ancienne Belgique, depuis la création du nouveau piétonnier… Mary J. Blige est incontestablement une diva du R'n'B américain. Et pour cause, sa voix au timbre soul, sableux, s’inscrit dans la lignée d’Aretha Franklin voire de Billie Holiday.

Née le 11 janvier 1971 dans le Bronx (New York, USA), Mary Jane Blige est la fille d'une infirmière et d'un musicien de jazz. Elle a vendu plus de 50 millions d'albums dans le monde, depuis ses débuts, en 1992 ; et surtout marqué l’histoire du hip hop féminin en écrivant des chansons engagées qui sont devenues des hits. A l’instar de « Family Affair », « My Love », « No More Drama » ou « Be With You ». Neuf fois récompensée aux Grammy Awards, ‘The Queen Of Hip-Hop Soul’ aurait pu raccrocher. Elle a préféré publier un douzième opus. Il s’intitule « The London Session ». Une œuvre dynamique, sensuelle, taillée pour le dancefloor pour laquelle elle a reçu le concours de nombreuses voix, dont celles de Disclosure, Eg White, Emeli Sandé, Jimmy Napes, Naughty Boy, Sam Romans et Sam Smith.      

La salle est inévitablement sold out. Chaque musico dispose de son estrade. Le drummer s’est installé à gauche. Juste à côté, un bassiste, également préposé aux synthés. Au centre, le guitariste et à l'extrême droite, un second claviériste. Sans oublier les trois choristes du même côté.

Après une petite ‘Intro’ très classique au cours de laquelle sont projetées des images sur une toile en fond de scène, Mary débarque. Coiffée d’un chapeau blanc, qu’elle changera rapidement en optant pour un autre de couleur noire, elle est tout de bordeaux vêtue. Le set s’ouvre par « Just Fine », un titre issu de « Growing Pains », un elpee paru en 2007. Mary nous signale qu’elle aime la musique. Elle invite le public à danser et à chanter avec elle. Les premiers rangs sont réceptifs et le reste de l’auditoire embraie. Une belle interactivité s’établit entre l’artiste et le public. Elle arpente le podium de long en large. Sa voix est haut perchée. Elle est manifestement en pleine forme. Un spectateur lui tend un cd. Elle lui touche tout simplement la main. Son backing group est une belle machine à funk. Pour « I'M The One », les paroles s'affichent sur l'écran, en arrière-plan. Les trois choristes conjuguent impeccablement leurs voix. Et elles sont puissantes. Coup d’œil dans le rétroviseur ensuite, grâce à « You Bring Me Joy » et « Be Happy », deux morceaux extraits du second long playing, « My Life », publié en 1994. Puis de « Love Is All We Need », tiré du troisième LP sorti en 1997, « Share My World ». La fusion parfaite entre la soul et le hip hop.

« Real Love » et « Love No Limit » remontent encore plus loin, puisque ces deux plages figurent sur son premier opus, « What's The 411? », un disque paru en 1992. A cette époque la soul n’est plus trop en odeur de sainteté et le hip hop macère encore dans la zone crépusculaire de l’underground. Mary s’était alors entourée de Grand Puba, Busta Rythmes et Biggie pour concocter cet album qui deviendra triple disque de platine ; c’est ainsi qu’elle s’est vue décerner ce titre de ‘Queen of Hip Hop Soul’. « Enough Cryin' » est une petite douceur glissée subrepticement dans la set list. Mary déambule sur l’estrade en frappant dans les mains des spectateurs aux premiers rangs…

Le spectre de Donna Summer plane tout au long du disco/funk « My Loving ». Des beats effilés découpent le « F For You », un morceau co-écrit par Naughty Boy et Jimmy Napes. Le refrain est pop, ravageur. Les racines house circa 90’s. Délicieux ! La voix de Mary se fait douce, claire et puissante à la fois sur « Therapy », un titre co-écrit par Sam Smith et issu de « The London Sessions », un elpee gravé en 2001. Un grand moment de soul abordé dans l’esprit d’Etta James. Une soul empreinte de tendresse et de passion qui envahit « Doubt », également tirée de ce long playing, une compo balayée par des accords de piano ravageurs. Et toujours issu de la même plaque, « No More Drama » permet à la diva de pousser sa voix dans les aigus, jusque dans ses derniers retranchements, pour le bonheur d'un public divinement conquis. Mary verse quelques larmes et remercie l'assemblée. Et le show de s’achever par une superbe cover du « One » de U2, moment choisi par le guitariste pour se mettre dans la peau de The Edge. Et d’y parvenir !

Lors du rappel, Mary J. Blige présente ses musiciens qui en profitent pour s’autoriser chacun un petit solo. Et le set s’achève par « Family Affair », extrait de l'album « No More Drama ». Inutile d’ajouter que le public, ce soir, a vécu un concert exceptionnel, concert qu’il a transformé en véritable fête de la musique.

(Organisation : Greenhouse Talent)

Melody Gardot

Et si Melody invitait Prince… sans rire…

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Le Cirque Royal accueille, ce mardi 22 juin, Melody Gardot. D’origine polonaise, elle est née en 1985, à Philadelphie (Pennsylvanie, Etats-Unis). Elle s’intéresse très tôt à la musique et au chant et devient même fan de Duke Ellington, des Mamas & The Papas et de Radiohead. Elle écume les clubs de la région de Philadelphie, alors qu'elle n'a que 16 ans. Un accident dramatique a cependant failli lui coûter la vie, en 2003. Alors qu'elle se balade à vélo, une voiture la percute violemment et la laisse pour morte. Alors étudiante en stylisme, elle échappe à la mort de justesse, mais cet accident lui provoque des séquelles importantes tant au niveau du cerveau qu’à la colonne vertébrale. Et elle commence à souffrir également de douleurs musculaires, de problèmes moteurs ainsi que d’une extrême sensibilité à la lumière et au bruit. Ses médecins lui conseillent, entre autres, la musicothérapie. Melody Gardot s'essaie alors à l'écriture et à la composition, de sa chambre d'hôpital où elle reste de longs mois. Les résultats sont vite probants. Elle recouvre la mémoire qui lui faisait défaut, et ce qu'elle écrit et compose impressionne de plus en plus son entourage. Le défi est relevé.

En 2005, elle grave « Some Lessons-The Bedroom Sessions », un Ep (6 titres) qui concrétisera ce rêve, rendu possible par la volonté de s'en sortir par la musique. Entre jazz, folk et pop, Melody Gardot laisse entrevoir un talent évident. Fin 2006, son premier elpee, « Worrisome Heart », paraît aux Etats-Unis, chez Verve. Il est publié en Europe en 2008. Salué par la critique musicale, il devient un vrai succès commercial aux States. Coproduit par Melody et Glenn Barratt, il épate par sa maturité.

Vu son statut, Melody Gardot a tout intérêt à défendre son projet sur les planches. Pour surmonter les difficultés, elle chante assise, chaussée d’une paire de lunettes fumées afin de protéger ses yeux. Après avoir accompli une tournée dans son pays, entre 2007 et 2008, elle livre son second opus, « My One And Only Thrill », en avril 2009. L’LP recèle le hit « Baby I'm A Fool ». La critique tant des médias que du public est unanime et se traduit par un succès, voire un triomphe. Son troisième long playing, « The Absence », est sorti en mai 2015. Les chansons s’inspirent de ses derniers voyages, depuis le Sahara au Maroc jusqu’aux bars à tango de Buenos Aires.

Le supporting act est assuré par l'Anversois Kris Dane. Seul sur scène, la dégaine de cow-boy, cet ex-dEUS excelle à la guitare. Et il chante d’une voix très blues. Au début de son set, les bavardages de la foule couvrent sa prestation ; mais peu à peu, l’auditoire va se calmer et tendre l’oreille à la prestation d’un artiste qui pourrait bientôt devenir un immense talent…

Le Cirque Royal est sold out. Comme la plupart des concerts qu’elle accorde aujourd’hui. Melody Gardot va largement puiser, pour sa setlist, dans son dernier long playing. Elle n'a jamais renié ses racines jazz et blues. Quelque part entre celle de Norah Jones et de Beth Hart, sa voix est grave et envoûtante. Elle parvient à toucher son public au cœur et à l'âme. Coiffée d’un chapeau et chaussée de grosses lunettes sombres, elle monte sur l’estrade. Elle est tout de noir vêtue. Un bassiste et un contrebassiste s’installent juste devant le batteur. Melody se charge des grattes électro-acoustiques, électriques, du piano et du chant.

Elle est parfaitement soutenue par un trio de cuivres (2 saxophonistes et un trompettiste), lors des deux premiers morceaux « Cheetos And Blow » et « 12/8 Interlude ». La voix de Melody est empreinte d’une grande douceur. Melody introduit chacune de ses chansons d’un commentaire, tantôt dans la langue de Voltaire, tantôt dans celle de Shakespeare. Son timbre vocal devient plus soul, rocailleux, bluesy, pour « Same To You », un premier extrait de « Currency Of Man ». L’ombre de Beth Hart plane. La gratte électrique sonne comme une pedal steel. Melody signale que c'est la première fois qu'elle en joue. J'en doute fort. Primaire, son toucher me fait penser à celui de John Lee Hooker. Des cordes qui se chargent des embruns du Delta tout au long de « Bad News ». D’une durée d’un bon quart d’heure, « March For Mingus » baigne au sein d’un climat jazzyfiant. Enfin surtout au début. Balisé par les cuivres, ce morceau est truffé d’expérimentations. Mais surtout, il rend hommage au contrebassiste Charles Mingus. Les saxophones mènent la danse en observant le « Morning Sun ».

Le timbre de Melody semble hanté par Whitney Houston, sur « Don't Misunderstand ». « Don't Talk ». C’est sûr, il ne faut surtout pas parler et écouter religieusement, la voix très blues de la diva. Une voix qui redevient tendre lors de deux belles chansons d'amour, « Our love Is Easy » et « Baby I'm A Fool », deux plages issues du deuxième elpee, « My One and Only Thrill ».

« Prearcherman » nous entraîne sur les pistes qui traversent les grandes plaines du Far West. Une compo sculptée dans l’americana ou la country, si vous préférez, un titre aux accents empruntés à Lynyrd Skynyrd. Et le set de s’achever par « Who Will Comfort Me ». Une seule chanson en rappel, « It Gonna Come ». Melody est une artiste particulièrement talentueuse. C’est sûr. Et j’imagine même que le kid de Minneapolis pourrait lui proposer un duo en mode funky. Elle se produira à Floreffe, dans le cadre du festival Esperanza, le 1er août.

(Organisation Live Nation)

Orquesta Buena Vista Social Club

Bis repetita placent…

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Orquesta Buena Vista Social Club est de retour –pour la toute dernière fois ?– à l'Ancienne Belgique, dans le cadre de son 'Adios Tour'. Un périple qui était déjà passé par la même salle, et pour deux dates, en octobre 2014. Si vous voulez encore assister à ce spectacle, vous devrez vous rendre à l’étranger. Ce soir, nous allons donc encore vibrer aux sonorités cubaines de la guajira, du danzon, du bolero, du cha-cha-cha et de la rumba. La nouvelle mise en scène devrait permettre au répertoire, pourtant classique, de prendre une nouvelle dimension. Annoncé avant le concert, sur écran : la présentation du dernier album « Last And Found », qui sera signé par les artistes… En fait, seuls trois d’entre eux, et les plus jeunes, viendront remplir leurs obligations…

Le Buena Vista Social Club est à l'origine, une mythique boîte de nuit située dans la banlieue de La Havane, à Cuba. A l'issue de la révolution cubaine de 1959, ce night club a disparu. Cinquante ans après sa fermeture, le nom a été récupéré pour baptiser un projet musical imaginé par Nick Gold de la maison de disques World Circuit et le guitariste américain Ry Cooder. L'idée de ce projet était de réunir dans un même enregistrement des musiciens cubains ‘campesinos' (soneros légendaires des années 1930, 40 et 50) et d'Afrique de l'Ouest. Retenus à l'aéroport de Paris, les Africains n'avaient pu rejoindre Cuba. Finalement les sessions se dérouleront sans eux. Intitulé « Buena Vista Social Club », il va rencontrer un tel succès que le groupe sera invité à se produire sur scène. D'abord à Amsterdam, en 1998 ; puis pour une série de concerts au Carnegie Hall de New York. Le cinéaste Wim Wenders sera même sollicité pour filmer ces événements. Il va en réaliser un documentaire, en ajoutant des interviews accordées par plusieurs musiciens, à La Havane. Et le film va même porter le même titre, 'Buena Vista Social Club'.

La salle est bien sûr sold out. Pour ce show, votre serviteur a déserté le balcon pour s’installer face au podium. Hétéroclite, l’auditoire réunit une large tranche d’âges.

Pour cet ‘Adios Tour', l’orchestre a entraîné dans le périple, plusieurs musiciens qui avaient participé à la confection de l'opus ainsi qu'au film, il y a plus de 15 ans. Et tout particulièrement Eliades Ochoa, le guitariste au chapeau de cow-boy, le trompettiste Guajiro Mirabal et le virtuose du laud, Barbarito Torres. Ils sont soutenus, ce soir, par de nombreux musicos qui les ont rejoints au cours de l'aventure, dont le vétéran Papi Oviedo, particulièrement dynamique à la guitare 'tres', le jeune pianiste, virtuose, Rolando Luna. Une fameuse section rythmique composée du contrebassiste Pedro Pablo et des percussionnistes Andres Coyao (congas), Filiberto Sánchez (timbales) et Alberto 'La Noche' (bongos). Sans oublier, le trio de trompettiste drivé par Luis Allemany et le célèbre chanteur de 'son', Carlos Calunga. Le chef d'orchestre, Jesús 'Aguaje' se consacre également au chant. Il y est secondé, par la très belle Idania Valdés.

A 20h32, les lumières s'éteignent. Rolando Luna se dirige vers son piano à queue, situé totalement à gauche, près de la sortie des loges. Il est seul et rend hommage au premier artiste décédé soit Ruben Gonzales, décédé en 2003. Il interprète « Como Siento Yo ». Des images de Ruben défilent sur un écran en arrière-scène. C'est poignant. La chanson terminée, tous les musiciens vont se placer derrière leurs instruments. On devine, assise derrière le rideau, la pétillante Omara Portuando dont on attend impatiemment sa montée sur l’estrade, pour y mettre le feu. 85 printemps, quelques rides, un visage d'ange et une voix de diva. C'est la dernière icône vivante de la 'Musica Cubana'.

Le chanteur/tromboniste Aguaje Ramos s’improvise chef d'orchestre. Sympa, il m’adresse un clin d’œil. La formation s’attaque alors à « Bodas De Oro ». Les cuivres et le trombone mènent la danse. Une vidéo présentant le contrebassiste Israel ‘Cachao' López, disparu en 2008, est projetée. Et c'est évidemment Pedro Pablo qui donne le ton, tout au long de « Tumbao », alors qu'en arrière-plan, ce sont les images de Cachao qui défilent sur la toile. Israel aborde ensuite le magnifique classique « Trombon Majadero », au trombone. Il est accompagné au piano par Rolando Luna. Le public connaît le refrain et le reprend en choeur. Un troisième hommage est rendu à Ibrahim Ferrer qui s'est éteint en 2005. Votre serviteur avait eu la chance d'assister à un concert de ce personnage, physiquement frêle, mais grand par son talent de vocaliste, un an avant sa disparition. Je regarde donc attentivement les images qui défilent sur l'écran et j'écoute attentivement « Bruca Manigua ». Ce morceau est superbement interprété par l’ensemble de la troupe. « Black Chiken » est un titre bien balisé par les cordes et les trois percussionnistes, installés sur une estrade en arrière-scène. Eliades débarque sur le podium pour « Estoy Como Nunca ». Son style à la gratte est particulier. Il la tient très haut, le menton appuyé dessus. Epaulé par Carlos et la très belle Idania, il chante « El Carratero », « Pedacito De Papel » et enfin « Macusa ». Puis il tire sa révérence.  

De nouvelles images rendent un quatrième hommage à un membre disparu, lors de l'interprétation de « Marieta ». Celles de Manuel Galbán, qui nous a quittés en 2011. On assiste alors à l’arrivée triomphante d’Omara. Elle interprète « Lagrimas Negras », « 20 Anos », « No Me Llores » et « Quizas Quizas ». Omara et Rolando Luna sont très complices. La voix d'Omara vous prend littéralement aux tripes. La diva s'éclipse alors sous un tonnerre d'applaudissements.

Eliades la remplace pour rendre hommage (le cinquième) à Compay Secundo, un remarquable guitariste décédé en 2003. Lui et Ibrahim formaient un duo infernal. Les images nous feraient presque croire que Compay est présent parmi nous. Eliades nous charme de ses cordes.

Un sixième et dernier hommage est rendu à Pio Leiva, la voix de Buena Vista Social Club. Il a rejoint l'autre monde en 2006. Idania et Carlos vont saluer divinement sa mémoire, à travers « El Cuarto De Tula ». Le concert est fini. Mais ce n'est pas la fin.

Omara, la grande diva, est de retour. Tout comme l’an dernier, mon coeur frétille comme un gardon, avant même qu'elle ne se mette à chanter. « Dos Gardienas » et « Candela » constituent assurément les cerises sur le gâteau des 120 minutes de concert. En finale, on retiendra encore les exercices de style de Guajiro Mirabal et les pirouettes de Barbarito Torres, qui va même jouer de son laud, dans le dos. Le second set accordé par l’Orquesta Buena Vista Social Club sous les yeux de votre serviteur, en quelques mois, était semblable au premier. La setlist était légèrement différente. Mais le spectacle était tout aussi fabuleux.

Il était organisé dans le cadre des Vw Spring Sessions 2015. Le dernier show de cette série se déroulera le 5 juillet 2015 au Bozar de Bruxelles, et il mettra en scène Chick Corea et Herbie Hancock. A vos agendas!

(Organisation : AB + Jazztronaut  et Vw Spring Sessions )

Alain Souchon et Laurent Voulzy

Des frères de son…

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Le concert de Voulzy et Souchon était sold out depuis un bon moment. Il a fallu attendre plus de 40 ans avant de voir les deux complices se produire ensemble, sur une même scène. Laurent a 66 balais et Alain en compte 71 ; et pourtant, pour des artistes proches de la retraite, ils sont encore bien alertes. La musique conserve. Aznavour a déjà fêté ses 92 ans. Juliette Greco, ses 88 printemps. Et Henri Salvador a tiré définitivement sa révérence à un peu plus de 90 piges. Laurent et Alain sont avant tous des potes, pas des frères de sang, mais des frères de son. Ils sont si complices, si proches. En règle générale, le premier est responsable des paroles ; et le second, de la musique. Depuis quatre décennies, ils alignent les hits intemporels qui parlent de la mer, des îles, de l'amour et des filles.

Le rideau est tiré. Vers 20h10, le spectacle peut commencer. D'abord par une présentation des artistes à travers une projection de photos rétrospectives…

Laurent débarque par la gauche et Alain par la droite, en écartant légèrement le rideau. Ils commencent en duo par « J'ai Dix Ans ». Ce qui ne nous rajeunit pas. Une compo signée Alain, au cours de laquelle Laurent se consacre à la guitare électrique. Le rideau s'ouvre enfin complètement et laisse apparaître le backing group. Les musicos sont vêtus de costards cravates de couleur noire sur chemises blanches. Laurent change de gratte. Il opte pour une semi-acoustique. Il attaque « Bubble Star », une plage issue de sa plume ; Alain se charge des backing vocaux. Un titre tapissé par le piano hammond. Et le set d’embrayer par « Jamais Content », un morceau dévolu à d'Alain. Manifestement, un départ empreint de nostalgie…

Place ensuite à un extrait de leur dernier opus, « Alain Souchon et Laurent Voulzy », paru l’an dernier, « Il Roule (Les Fleurs Du Bal) ». Les deux compères chantent en duo. Et embraient par « Caché Derrière », « Et Si En Plus Y A Personne » et « Oiseau Malin ». On assiste alors à la projection d'un tableau peint à la fin du XIXème siècle représentant une baie qui a conservé le même aspect, malgré le temps qui s’est écoulé depuis. Le tandem explique alors ce qui les a poussés à écrire cette chanson intitulée « Baie Des Fourmis ». Alain prend le relais pour la sienne baptisée « C'Est Déjà ça ». Pas vraiment une de mes préférées. « Poulailler Song », c’est le moment choisi par Alain pour faire le pitre. Il sautille en imitant une poule. C’est touchant et marrant à la fois. Le rideau se referme et la paire s’approche du bord de l’estrade pour aligner, paisiblement et en duo vocal, simplement soutenus par la gratte de Laurent, « Fille d'Avril », « Le Rêve du Pêcheur », « Somerset », « Bidon » et « Allo Maman Bobo ». Le backing group est de retour pour « La Ballade de Jim ». Un peu mollasson jusqu’alors, surtout dans la fosse, le public se réveille soudainement. Les spectateurs quittent leurs sièges et se précipitent vers le podium. Curieux, le personnel de la sécurité ne bronche pas. A partir de cet instant, l’auditoire va commencer à s’animer. Une nouvelle compo : « Souffrir de se souvenir ». Elle est testée au piano. La voix de Laurent est envoûtante. Mais quand les premiers accords de « Cœur grenadine » résonnent, la formation reçoit une véritable ovation.

Pour nous rappeler que le set est ‘live’, « Le Bagad de Lann Bihoué » et « Jeanne » souffrent de quelques petits problèmes techniques. Très belle chanson signée Laurent, « Amélie Colbert » évoque la métropole ; mais elle sent également bon le soleil et les embruns. A l’instar de « Le Soleil Donne » et « Le Pouvoir Des Fleurs », au cours desquelles sa voix est douce est belle. A cet instant on boit littéralement les paroles. Un vrai bonheur ! Le public est débout depuis belle lurette et ne veut pas manquer une goutte du spectacle. 120 minutes se sont écoulées quand « Derrière les mots » clôt le show. Une dernière piste issue du nouvel opus. Laurent a empoigné sa guitare de couleur bleue. Il utilise sa voix –alors empreinte d’une grande tendresse– comme un instrument. L’auditoire leur adresse alors deux minutes d’ovation.

Les artistes quittent la scène, pour y revenir presque aussitôt. Et le rappel sera d'enfer.

Laurent est toujours armé de sa six cordes. Il signale qu’il va nous faire découvrir une chanson dont il a écrit les paroles : « Foule Sentimentale ». Alain lui réplique que c'est son boulot d'écrire les paroles. Fou rire général ! Toute la salle est debout pour participer à l’inévitable « Rock Collection », avant de vivre un final de haut vol à travers « Belle Ile En Mer, Marie Galante ».

C'est la première fois que votre serviteur assiste à un set de ces deux monstres sacrés de la chanson française. Et je dois avouer que leur prestation m’a véritablement enchanté. D’abord parce que ma jeunesse a été bercée par leur répertoire. Et puis, parce que le concert était à la fois classieux et réglé comme du papier à musique. A cet égard, il faut reconnaître que l'ingé-son a littéralement fait des miracles. Et vu la configuration de la salle, le challenge n’était pas gagné d’avance. 

Alain Souchon et Laurent Voulzy seront de retour ce 13/11/2015 au Country Hall de Liège et le lendemain, soit le 14/11/2015, au Palais 12 de Bruxelles.

(Photo : Denis Tribhou)

Organisation : A. A. Productions en accord avec Backline/VMA et Lling Mucic

METZ

Plein la tronche !

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Il fallait être prêt pour assister au concert du mercredi 17 juin, à la Rotonde du Bota.

Si le public belge sait recevoir –et ce n’est plus un mythe– les musiciens canadiens savent offrir. Le plus bel exemple ? Metz. Il nous vient tout droit de Toronto ; et ce soir, il a décidé de nous défoncer les tympans dans la joie, l’allégresse et la béatitude. Amen ! De quoi satisfaire les aficionados…

Il fait beau, chaud, et le houblon coule à flots au sein et autour du Botanique. Les casquettes et les chapeaux sont bien vissés sur la tête des badauds qui croisent les inconditionnels arborant fièrement le t-shirt du groupe phare de la soirée.

La moyenne d’âge oscille autour des 35 ans et on reconnaît certaines têtes habituées à fréquenter ce type de spectacle. Et à s’y remuer. Faut dire qu’il est un peu élitiste. Bien que signé chez Sub Pop, le combo ne bénéficie pas réellement d’un support radio tout public. C’est bon d’être snob dans le fond… enfin, perso, je l’assume quoi…

Mais commençons par le début. Soit le supporting act. Qui ouvre les hostilités à 20h00. En l’occurrence Bad Breeding. Un trio. En transe, les musicos britanniques –et c’est une habitude– se comportent comme des fous furieux. Mais la fluidité du flow a de quoi susciter l’interrogation. Inaudible, incompréhensible dans ses vociférations, culpabilisant et outrancier, le band communique à merveille cette sensation de déni de confort. Balançant un noisy punk/rock avec la délicatesse d’une punaise que l’on chevauche pieds nus. Les Britons suent comme je p**** sur les femmes infidèles (NDR : mais non, là je déconne).  

Le set est magistral. Les postures du chanteur sont inquiétantes. Il descend dans la fosse et y reste pour hurler tout en observant ce qu’il s’y passe. Il est dérangeant et met mal à l’aise l’auditoire. Il a un regard de schizo sociopathe. Bad Breeding provoque, bouscule et en une vingtaine de minutes nous assène la première gifle de la soirée. P***** : 20 minutes simplement foudroyantes… (NDR : pour mieux comprendre l’attitude et l’esprit du band, je vous invite à cliquer ici et là…)

Et si vous souhaitez regarder les photos c’est encore ici

Pendant que les roadies s’affairent, on court au ravitaillement ; ou tout simplement à la fontaine à mousses…

21h00. Accrochez-vous, le set de Metz démarre. Il va durer 60 minutes seulement et ne déboucher sur aucun rappel (NDR : pas très cool ça !)

Les Canadiens sont aussi bouillants que leurs prédécesseurs. C’est la soirée ma parole !

Encore un trio. Il faut croire qu’un line up basique est idéal pour décupler les décibels et lacérer l’espace sonore de déflagrations électriques.

Le set sera court mais intense. Alex Edkins et sa bande ne font pas certainement dans la dentelle ; ils préfèrent mordre, déchirer, déferler et tout renverser sur leur passage… La quantité d’énergie libérée est hallucinante. Les hurlements sont dévastateurs. On se demande quand même comment ils parviennent à faire autant de bruit à l’aide de 10 cordes et 4 fûts…

Venu défendre « II », son deuxième elpee, le band n’oublie pas d’insérer dans sa setlist quelques perles issues du premier album (« Knife in the Water », « Headache », etc.) Les morceaux s’enchaînent (« Spit You Out », « Nervous System », « Wait In Line » …) Le show semble bordélique et sauvage. Et pourtant, le band parvient parfaitement à maîtriser son sujet, tant à travers les accords que la reverb. Des pros dans le style. Edkins et ses acolytes semblent s’éclater sans en faire des tonnes. Pas nécessaire. Simplement envoyer le bois pour que l’auditoire en prenne plein la tronche. Et pas un seul spectateur n’y échappera. A un moment ou à un autre, ce sera pour sa poire. Lors d’un concert aussi bruitiste, il faut une âme de jardinier pour accepter un tel pilonnage sans broncher.

Il est 22h00, les tympans en sang et la gueule de travers, on quitte la Rotonde. Heureux comme après avoir vécu un orgasme qu’on n’espérait plus connaître…

Petite remarque quand même, si on souhaite conserver une tache sur le sofa, c’est que ce genre de set ‘live’ élude toutes les subtilités ciselées sur disque. Il est donc brut de décoffrage…

On gardera cependant à l’esprit son potentiel énergétique et sa violence qui en font sa spécificité et notre petit bonheur. Il a donc fallu enfiler quelques pintes, après ces concerts, histoire de se remettre de ses émotions. Raison ou prétexte ? J’hésite encore…

Un doute qui nous a d’ailleurs beaucoup émus…

(Pour les photos, c’est là)

Organisation Botanique

 

 

 

 

Big Sean

Une communion vécue par un public multiculturel et multiracial, à Bruxelles…

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Soirée hip hop classieuse ce soir à l'Ancienne Belgique. En débarquant à 18h30, votre serviteur doit suivre une file déjà bien longue avant de retirer son sésame. A l’affiche, Big Sean, le pote de Kayne West. Et en supporting act, Caballero.

Caballero signifie Chevalier dans la langue de Cervantès. Il s’agit d’un lyriciste bruxellois, originaire de Barcelone. Il a notamment milité au sein du groupe Les Corbeaux et du collectif Black Syndicat. Intitulé « Laisse Moi Faire », son premier long playing paraît en juin 2011. Ce qui lui permet de démontrer son intérêt et son talent pour les différents procédés d'écriture. Quelques mois plus tard il tourne le clip « Freestyle De La Cigarette Fumante ». Libre, son style lui ouvre les portes à diverses collaborations tant en Belgique, en Suisse qu’en France. C'est lors de ces échanges qu'il croise la route de Lomepal. Ils décident, vu leurs références et intérêts communs, de réaliser un projet commun sous la houlette de Hologram Lo'. En 2013, il grave « Laisse-nous faire Vol. 1. »

MC, notre cavalier est invité à mettre le feu pour préparer le set d'un futur monstre sacré de la scène hip hop américaine, Big Sean. Il est soutenu par deux autres Mc's et un préposé au turntablism. Caballero est doué pour les mots et son phrasé est pointu. A force de répéter ‘Bruxelles, vous êtes chaud’ ou ‘Et alors, l'A.B., on est chaud’, la température finit par grimper de quelques degrés. Les bras se lèvent. Le brouhaha causé par les bavardages dans l’auditoire –plutôt amorphe en début de set– s’estompe, et les applaudissements commencent à fuser d’un peu partout. Les 3 Mc's font le show sur les planches et haranguent les premiers rangs. Et finalement les entertainers vont parvenir à mettre le souk. Contrat rempli pour Caballero !

Petite anecdote : dans l’univers du Rap/Hip-hop/Slam, les artistes tiennent le micro d’une main. La gauche ou la droite, peu importe. Mais la libre sert à manipuler une serviette ou à vérifier –toutes les 20 secondes, si possible– si leurs valseuses sont toujours bien accrochées. Je confirme !

Épaulé par Kanye West, Big Sean, de son véritable nom Sean Michael Leonard Anderson, a récemment sorti un excellent troisième opus sur le label de Yeezy, G.O.O.D. Music (John Legend, Q-Tip, Pusha T), « Dark Sky Paradise ». Un disque qui faisait suite à « Finally Famous » paru en 2011 et « Hall Of Fame », en 2013. C’est son meilleur album paru à ce jour. Le plus mature et le plus intense également. En publiant un tel disque,  Big Sean a le droit de revendiquer une place aux côtés de Kendrick Lamar et de Drake. Il ne peut pas, non plus, avoir tous les malheurs. D’après la presse people, sa compagne, Ariana Grande, l’aurait lâché,en avril dernier…

Avant le début du spectacle on a un bel aperçu du light show qui va inonder le podium, pendant les 75 minutes du set de Big Sean. Et déjà il impressionne. Multicolore, il inclut des lasers et des stroboscopes. Une estrade relativement haute a été montée à l’arrière de la scène. Elle est destinée aux trois musicos qui vont épauler Big Sean : un drummer sur la gauche, un préposé au turntablism au centre et un dernier entouré de claviers à droite. Des lumières bleues préludent l'arrivée de Big Sean. Il est habillé tout de blanc. Il attaque « Paradise » et « All Your Fault », en se tenant debout sur une autre petite estrade qui surplombe ses trois collaborateurs. Mais par la suite, il va surtout arpenter les planches de long en large. Il adresse un clin d’œil à son ami Kanye West –qui l'a découvert– en reprenant son « Mercy ». Un peu plus tard, il adaptera également son « Clique ». Il entre directement en communication avec les premiers rangs. Tout acquis à sa cause, le public ne se fait pas prier. Et une belle interactivité s’établit entre le frontman et l’auditoire. Son jeu de scène me fait penser à celui de Sean Paul.

La fosse est blindée. Pas le balcon où la moitié des sièges est vide alors que les trois-quarts étaient réservés.

Le type qui se charge des scratches vient assurer les backing vocals, en avant-scène, lors de plusieurs compos. On aura aussi droit à une version particulièrement dansante du « Dance (A$$) » de Nicki Minaj. Coécrit en compagnie de Kayne West, « One Man Can Change the World » constitue le sommet du concert. Il provoque un long moment de recueillement dans le public. Une chanson douce et paisible que Big Sean dédie à sa grand-mère. Big Sean extrait un briquet de sa poche un briquet et l’allume. La foule l’imite. A cet instant, la communion est totale. Une communion vécue par un public multiculturel et multiracial, à Bruxelles…

(Organisation: Ancienne Belgique)

Front 242

Souvenirs, souvenirs…

Ce concert constitue une belle occasion de combler une double lacune. D’abord, celle de n’avoir jamais mis les pieds dans la superbe salle du Rockerill, malgré les nombreuses invitations (y compris lors des ‘Afterwork’ du jeudi). Et ensuite, d’assister enfin à un concert complet et correct de Front 242. Dernières mésaventures en date : les problèmes techniques rencontrés lors de l’Amphi festival de Cologne, en 2014, et l’annulation pure et simple, pour raisons financières, à l’Eurorock, il y a quelques semaines. (SL)

Ambiance bon enfant, limite soirée entre copains. Un site industriel qui correspond bien au profil groupe. Des murs parsemés d’ogives de verres (le coucher de soleil y resplendit). Un plafond d’une hauteur impressionnante, autant à admirer autour de soi que sous les feux de la scène. Le contenu se marie passablement au contenant. (Stelli)

Nous arrivons trop tard pour le set de Ex RZ. En fait, il s’agit du nouveau patronyme choisi par le combo légendaire Red Zebra. D’après les échos recueillis dans la foule, le duo a assuré son rôle de supporting act en dispensant son post-punk rituel. Dont le tube « I can't live in a living room » et en final, « Magazine », un titre que le chanteur (qui s’exprime dans un français parfait) estime personnellement ‘fantastique’…

Les lumières se tamisent. Le logo F242 resplendit sur le fond de la scène, joliment réétudié, efficace et propret. Un logo qui confère aussi un regain de jeunesse sur les tee-shirts des nombreux quadras et quinquas en ébullition. Fidèles à leurs tenues vestimentaires, pour d’aucuns peut-être empruntées à leur progéniture ou l’inverse... Car l’auditoire est peuplé de mélomanes d’à peu près tous âges. Et dans l’ensemble il est assez content d’être là et d’humeur plutôt joviale.

Nous sommes toutefois magnanimes au sujet de la balance, moyennement satisfaisante. Et pardonnons avec clémence la lourdeur des trémolos basse confondant la batterie, au risque de mettre quelques secondes avant de reconnaître les morceaux. Car dès l’entame, une bouffée de bonne humeur souffle sur « Moldavia » et « Body ». Nous avons même droit un petit élan chorégraphique, visuellement assez agréable bétonné par une cohésion intéressante. « U-Men » (NDR : tiré de l’album « Geography », qui remonte quand même à 1982) rappelle bien des souvenirs et ranime la foule, tout comme « No shuffle ». Des retrouvailles et clins d’yeux sur les pogos des années révolues qui ne le sont finalement pas. Sur « Headhunter », on se retrouve même à entamer en chœur ‘one you lock the target, two, you bait the line…’

Une petite salve stand-by lors du rappel, « Punish » sert un gimmick redondant tambour battant, qui calme les danseurs, et on sent même passer discrètement un intervalle d’étonnement. Mais pas de quoi entacher ce set d’une heure quarante minutes de partage et réminiscence. Car il y en a eu, croyez-nous, des souvenirs de coups de coude et gesticulations endiablées émanant d’individus désireux de ne point oublier ces atmosphères générées par des débuts édifiants. Ceux de Front 242, of course !

Set List :

-          Moldavia
-          Body 2 body
-          Rain
-          Together
-          Take one
-          Rhytmus
-          XXX
-          Quite unusual
-          U-Men
-          No shuffle
-          Lovely Day
-          Commando
-          Kampf
-          Don’t crash
-          Religion
-          Headhunter
-          Welcome to hell

Rappel

-          Loud
-          Masterhit

-          Punish

(Organisation Rockerill)    

Black Mountain

Coup d’oeil dans le rétro, après 10 années d’existence…

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Ce vendredi, à l’extérieur, la température est caniculaire. La climatisation de l’Orangerie du Bota devrait me rafraîchir les idées. D’autant plus que ce soir, il s’agit d’un spectacle quelque peu rétro. Du stoner et du psyché en compagnie de VHS From Space, en supporting act, et de Black Mountain, la tête d’affiche. La formation canadienne célèbre son dixième anniversaire et a décidé de partir en tournée pour y interpréter les plages de son premier elpee. Un opus éponyme. De nombreux artistes adoptent la formule. C’est apparemment à la mode…

Bruxellois, VHS From Space est un quatuor réunissant Christophe Gennen (guitare, synthé, chant), Jérôme Vandewattyne (guitare, chant), Thomas Gennen (basse) et François Vandewattyne (drums). Le band a déjà écumé tous les bars de notre capitale pour défendre son nouvel Ep 6 titres, « A Taste From Space ». C’est tout de noir vêtu que les musicos montent sur l’estrade. Même leurs visages et les bras sont peints en noir, tout comme le tour des yeux et le masque qui surplombe leur nez. Mais de la peinture fluo a été badigeonnée sur leurs vêtements, les doigts et les masques. Leurs compos sont essentiellement instrumentales. Leur style ? Semi math rock / semi grunge, les grattes lorgnant plutôt vers Nirvana voire Pearl Jam. Et le tout est subtilement teinté de psychédélisme.

Après une petite intro, le set s’ouvre par un « Satellite Me », ma foi, plutôt atmosphérique. Les riffs de guitares sont bien balisés par la section rythmique, tout au long de « Meth ». « Sounds Of Uranus » synthétise idéalement leur expression sonore. Un titre qui me fait parfois penser à It It Anita. Judicieusement intitulé, « Vanishing Gaze » nous transporte dans la stratosphère, notamment grâce à la voix éthérée. Une nouvelle compo : « Memories ». Et le concert de s’achever par « Nowhere », plage qui clôt également l'Ep. Une belle découverte programmée chez Fred Cerise. A revoir absolument !

Originaire de Vancouver, Black Moutain est un quintet au sein duquel militent le chanteur/guitariste Stephen Mc Bean, la vocaliste Amber Webber (la seule présence féminine parmi les mâles couverts de poils), le préposé aux synthés Jeremy Schmidt, le bassiste Arjan Miranda et le drummer Joshua Wells. Le groupe fête donc sa décennie d'existence. Et c’est également en 2005 qu’il a publié « Black Mountain », son premier opus. Cette réédition est prévue officiellement pour le 23 juin. Et elle paraîtra également sous la forme d’un vinyle coloré, enrichi d’un second elpee, dont les bonus tracks sont partagés entre démos et un extended remix de « Druganaut ».

Pour ce jubilé, le combo a donc décidé d’interpréter son premier long playing. Histoire de se faire plaisir, mais aussi de satisfaire ses aficionados. Son dernier en date, « Wilderness Heart », remonte à 2010. Il faisait suite à « In The Future », paru en 2008. Hormis la petite B.O. réalisée pour le film « Year Zero », en 2012, leur discographie ne recèle aucun autre long format. Faut dire aussi que trois de ses membres développent des projets parallèles : Stephen McBean chez Pink Mountaintop ainsi qu’Amber Webber et Josh Wells au sein de Lightning Dust.

Votre serviteur cherche une place idéale pour assister au set. Il se déplace de gauche à droite pour se retrouver face à Amber, la chanteuse. Sa voix n’est guère perceptible. Problème de balances ?   

Chez Black Moutain, la musique est, en général, puissante, parfois un peu trop, en s’appuyant sur une ligne de basse pachydermique. La formation puise ses sources au cœur des seventies. Dans le prog/rock et le metal. Pink Floyd, Led Zeppelin et Black Sabbath figurent parmi leurs influences majeures. Autrement dit, le combo ne fait pas dans la dentelle. On dénombre entre 400 et 500 personnes au sein de l’Orangerie. Un auditoire plutôt éclectique. Depuis le jeune boutonneux jusqu’au quinquagénaire. Pas de light show tape-à-l’œil. Mais bien destiné à bien mettre en exergue l’expression sonore

« Modern Music » ouvre le set. Un titre musclé par les grattes incisives. Plus ‘floydien’, « Don't Run Our Hearts Around » est rogné par des claviers réminiscents du Deep Purple époque Jon Lord (NDR : 3 ans déjà que le légendaire organiste s’est éteint !) Les riffs de guitares sont généralement speedés. Le psychédélisme des 60’s et du début des 70’s est remis au goût du jour. Coup de canif au contrat, « Tyrants » et « Wucan » sont des extraits d’« In The Future », deux morceaux plus atmosphériques entretenus par la conjugaison des voix de Stephen et Amber. Distorsion de guitares et ligne de basse imposante nourrissent le psyché/blues « Set Us Free ». « No Hits » en revient à sa ligne directrice. Le spectre de Kraftwerk plane lorsque Jérémy éclabousse le morceau de synthés vintage. La voix d’Amber illumine « Queens Will Play ». Dommage que le son ne soit pas au diapason. Il est bien meilleur au fond de la salle, là où votre serviteur a décidé de reculer. Bien vu, car c’est alors que le combo va nous délivrer un « Druganaut » d'anthologie. A cet instant, la musique baigne dans le psychédélisme pur jus. En fin de show, le combo attaque « Defector », puis « Stormy High », un troisième extrait de l’opus classieux « In The Future ». Mais encore une infidélité à sa thématique. Une conclusion fulgurante, davantage rock’n’roll, alimentée par des grattes bien huileuses.

Votre serviteur estime alors avoir eu sa dose et tire sa révérence avant le rappel. Pas un mauvais concert. Même plutôt bon. Mais qui ne s’est pas déroulé dans des conditions sonores optimales. Dommage !

(Organisation: Botanique)

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Body Count

Ice-T in the Holland house …

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Comme Body Count n’avait prévu aucune salle belge pour sa nouvelle tournée, les aficionados du plat pays ont dû traverser la frontière Nord (Eindhoven, Pays-Bas) ce jeudi, ou Sud, le vendredi (à Esch-sur-Alzette, au Grand-duché de Luxembourg), pour assister à son spectacle.
Finalement votre serviteur opte pour Eindhoven, mieux connu pour le stade de football du PSV, mais également pour son immense complexe Philips, véritable rempart de la cité. Après une petite visite touristique et la dégustation d’un plat au fromage sous le soleil, direction la salle Eiffenaar. Pas difficile à trouver ; suffit de suivre la marrée humaine, chevelue, tatouée ou/et motorisée qui partage la même destination… 
Un endroit à la configuration plutôt surprenante. En fait l’espace réservé aux concerts n’est qu’une partie de ce grand bâtiment, situé à deux pas de la gare. Différentes structures y coexistent, dont une discothèque. Il faut donc emprunter des escaliers plutôt raides, dans le style de l’Aéronef de Lille, avant de débarquer dans une pièce peuplée de gros bras, rendant les déplacements, notamment pour se rendre aux différents bars, assez difficiles. Faut dire que vu l’engouement suscité par ce spectacle, les 1 500 tickets se sont écoulés en quelques jours.

Powerstroke assure le supporting act. Une piètre caricature du band métal/hardcore yankee. Le combo pousse même le vice à s’exprimer dans un anglais américanisé, entre les titres, alors qu’il est belge, issu du Nord du pays même. Etonnant, il a déjà assuré la première partie pour Suicidal Tendencies et même réussi à figurer au line up du Graspop…

Après cette pénible ouverture, et malgré un peu de retard, Body Count s’apprête à monter sur le podium. Et le public de se réveiller d’un bloc. Les premiers musiciens débarquent masqués (ou la tête enserrée par un bandana), suivis par deux choristes. Les accords de « Body Count’s in the house » viennent à peine de retentir qu’Ice-T déboule le bras tendu, sur l’estrade. Ce qui déclenche déjà les premiers pogos. « Masters of Revenge », « Bowels of the Devil » et « Manslaughter » (NDR : le tire maître d’un elpee paru en 2014) s’enchaînent, tambour battant. Guère avare de communication entre les titres, Ice-T demande notamment aux filles de se mélanger un peu plus aux trop nombreux mecs agglutinés aux premiers rangs. Il nous présente aussi l’un des deux choristes, qui n’est autre que son fils. Et qui l’accompagnera au chant sur le très controversé « Cop killer ». Sa famille est également sur place ; notamment Coco Austin son épouse, plantureuse et star de télé-réalité. Elle se trémousse sur le côté de la scène. Ernie C. (NDR : c’est le dernier membre du backing group originel ; les trois autres sont décédés dans des conditions particulières, la plus spectaculaire frappant le bassiste Mooseman, tué lors d’une fusillade à Los Angeles) impressionne tant par son physique qu’à la gratte. Et tout particulièrement tout au long de « Talk shit, get shot ».

Lors du rappel Ice-T se fend d’un discours contre le racisme. Curieusement, l’auditoire accueille tièdement ses propos. Y aurait-t-il d’anciens disciples de Pim Fortuyn dans la salle ? Heureusement, les premiers rangs s’agitent à nouveau sur le tube « Born Dead », puis de la cover de Biohazard, « Institutionalized ». « Momma's Gotta Die Tonight » clôt le set en douceur, et les paroles ‘My mother taught me good things, taught me bad things’ transforment un gros dur en leader au cœur tendre. Si tendre, qu’il prend la peine de serrer des tas de mains, par poignées, avant de saluer longuement la foule. Il est vrai que cette tournée, il ne l’a pas organisée pour se faire du blé ; lui qui empoche de gros cachets en tournant dans la série TV à succès, ‘New-York unité spéciale’. Bref, un retour réussi pour le natif du New Jersey et sa troupe…

(Organisation : Eeffenaar)

 

 

 

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