Les idoles de Yungblud…

Sur « Idols », Yungblud franchit un cap et affirme son identité musicale avec force. Toujours porté par une énergie brute et une notoriété en pleine ascension, le chanteur britannique livre un troisième album studio aussi puissant que varié. Dès « Hello,…

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La vie explosive de Fine Lame

Groupe de rock poétique incisif, enflammé, tumultueux, exalté, tranchant, Fine Lame convoque le rock français à appétence littéraire et la tradition du spoken word anglo-saxon. Le groupe a sorti un premier Ep 5 titres le 29 novembre 2022 qui évoque tant le…

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Bernard Dagnies

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mardi, 29 décembre 2015 00:00

Can’t forget

Les 10 titres de cet album ont été enregistrés lors de la dernière tournée de l’artiste, baptisée « Old Ideas Tears », en public ou lors du soundcheck. Il recèle deux nouvelles compos : « Got a little secret » et « Never gave nobody touble » ainsi que deux covers jamais immortalisées sur support, « La Manic » et « Choice ». Interprétée dans la langue de Molière (NDR : un événement !), la première est une chanson d’amour signée par le Québécois Georges Dor. Et la version touche au sublime. Le deuxième est un morceau issu de la plume de feu George Jones, chanteur country américain disparu en 2013, à qui il rend ainsi hommage.

L’elpee recèle également quelques chansons plus notoires, à l’instar du tube « I can’t forget », mais également de « Light as breeze », « Joan of Arc » ou  encore « Nights comes on ». 

Petite parenthèse, mais elle donne une coloration positive à ce ‘live’, une véritable bonne humeur baigne tous ces morceaux, un climat qu’entretient l’humour contagieux de Leonard Cohen…

 

mardi, 29 décembre 2015 00:00

The breaks

Martin Carr a eu son heure de gloire, début des nineties, au sein de Boo Radleys, une formation issue du Merseyside, dont trois de ses albums (« Everything's Alright Forever », « Giant Steps » et « Wake Up Boo! ») vont lui permettre de trôner au faîte de la scène indie insulaire. Certains journalistes vont même leur promettre un futur comparable aux Beatles. Après la séparation du groupe, en 1998, Martin embrasse une carrière solo, sous le patronyme de Brave Captain, au cours de laquelle il va afficher un visage commercial, non commercial, rétro, futuriste, introverti et on en passe. Il se alors également au chant. Mais on ne peut pas dire que malgré la publication d’une dizaine d’elpees, de singles et d’Eps, le succès ait été au rendez-vous.

Depuis 2006, il enregistre également sous son véritable nom. Et « The breaks » constitue son tout nouvel elpee. Un disque qui ne manque finalement pas d’allure. Les arrangements sont particulièrement raffinés. Très ‘british’, les références oscillent entre les Kinks et Paul Weller. Cuivres, Hammond et chœurs alimentent les compos les plus soul/pop. Et les cordes de gratte acoustique –le plus souvent en fingerpicking– les plus intimistes (« Sometimes it poors », « No momey in my pocket », « The breaks »). Les harmonies vocales sont limpides et le sens mélodique est soigné. Parmi les perles de cet opus, on épinglera le morceau d’entrée, « The Santa Fe skyway », dont les intonations vocales semblent avoir été empruntées à Mark Eitzel, le tango « Mountains » et deux plages contagieuses : la jolie ballade « I don’t think I’ll make it » ainsi que l’allègre « Mandy get your mello on »...

Une excellente surprise !

 

jeudi, 31 décembre 2015 00:00

Tell me I’m Pretty

« Tell me I’m pretty » constitue le quatrième elpee de cette formation formée en 2006. Un disque qui a bénéficié du concours de Dan Auerbach, le gratteur des Black Keys, à la mise en forme. Mais aussi, circonstanciellement, à la guitare, aux claviers et au backing vocaux. Issu du Kentucky, Cage The Elephant puise ses références dans le psychédélisme et le garage, mais aussi la pop, le blues ainsi que le glam. Celui de T. Rex tout particulièrement. L’esprit de Marc Bolan plane d’ailleurs sur au moins deux titres de cet opus. Le lead single « Mess around » et la haletant « Punchin’ bag ». Tiens, paradoxalement, paru en 2001, « El Camino », le 7ème elpee des Black Keys, était déjà hanté par un même spectre…

Le départ de Lincoln Parish, guitariste principal du groupe, ne semble pas avoir perturbé le combo, puisqu’il vient certainement de graver un des meilleurs albums de 2015. Si on ressent la patte d’Auerbach sur « Tell me I’m Pretty », les références contemporaines oscillent allègrement entre Arctic Monkeys, Kasabian, les Kooks, Tame Impala et les Strokes, alors que les plus classiques semblent empruntées tantôt aux Beatles (« Sweetie little Jean », « How are you true »), aux Kinks (la ballade mid tempo « Trouble »), ainsi qu’aux compiles ‘Pebbles’ et Nuggets’ (le très sixties « Cold cold cold »). Sans oublier les Stooges. A l’instar du remarquable final, « Portuguese knife fight », dont le riff menaçant rappelle carrément son « Down on the street »…

On n’en oubliera pas pour autant la voix Matt Shultz ; son timbre haut perché, parfois proche du falsetto, illuminant littéralement les mélodies. Un must !

 

mercredi, 30 décembre 2015 00:00

The demon diaries

De son véritable nom Marcus Füreder, Parov Stelar est compositeur de musique électronique et Dj. De nationalité autrichienne, il est considéré comme un maître de l’électro swing et n’hésite pas à teinter son expression sonore de house ou de jazz, tout en l’enrichissant de cuivres et de samplings. 

Pas facile de chroniquer un tel opus, quand on n’est pas vraiment un fan de ‘tchack tchack boum’ ; cependant, il faut reconnaître que Parov Stelar est plutôt doué pour faire danser le peuple.

« The demon diaries » est un double album. Particulièrement excitante, la première plaque mêle –le plus souvent– charleston et deep house. Parfois aussi elle se teinte de reggae, dub ou de folklore balkanique. Un thème ? Le années 30 ou si vous préférez les années folles. Certains titres y font même carrément référence, à l’instar de « Josephine (1930 Version) » et « Josephine (Candlelight Version) », qui figure sur le deuxième cd. Une seconde plaque sur laquelle on retrouve de nombreux featurings aux vocaux ; et puis dont le climat est davantage ‘nightclubbien’, un climat entretenu par quelques slows plus que langoureux…

Sans quoi ce disque est idéal pour faire la fête…

 

jeudi, 31 décembre 2015 00:00

Holding hands with Jamie

Ne confondez pas Girls Names et Girl Band. Les deux formations sont pourtant irlandaises. Mais la première est issue de Belfast, en Irlande du Nord, et la seconde de Dublin, en Eire. Les deux pratiquent du post punk ; mais celui du deuxième est beaucoup plus élaboré, s’ouvrant à des tas d’autres styles musicaux, comme la noisy, la no wave, le rock, le krautrock et même l’electro –tout particulièrement le minimal indus– mais en conservant un format organique...

“Holding hands with Jamie” constitue son premier elpee, un disque qui fait suite à toute une série d’Eps, de 7” et de singles, publiés depuis 2012, et inclut l’un ou l’autre titre de ces premiers essais.

Morceau qui ouvre l’opus, « Umbungo » ressemble à une véritable déclaration de guerre, sonorités métalliques et percussions entretenant parfaitement cette impression. Mais dès le deuxième, la voix de Dara Kiely marche sur les traces de Mark E Smith. Enfin, quand il ne crie ou ne gémit pas. A cause des intonations laconiques si caractéristiques, si proches de celles du Mancunien. The Fall constitue certainement une des influences majeures du groupe, mais également Wire, Pere Ubu, Can, Birthday Party, Captain Beefheart, Plastikman, Suicide, Liars, James Chance, Throbbing Gristle et même les Pixies. La bande à Frank Black ? A cause de cette stridulation électrique (l’angoissant « Paul ») particulièrement incisive et puis de ce tempo offensif, réminiscent de Surfer Rosa (« The Witch Dr. »*) Et si « Pears for lunch » adopte un tempo krautrock carrément dansant, « Baloo » emprunte plutôt celui d’Adam & The Ants. « In plastic » épouse même le rythme d’une valse. Enfin, il y a cette basse spasmodique qui secoue « Fucking Butter » (d’une durée de 7’45, c’est le plus long morceau) et trace carrément la ligne de conduite de la plage finale (*).

Reste les lyrics. Cryptiques, ils sont bourrés d’humour… mais noir.

A l’instar de l’opus éponyme de Viet Cong, « Holding hands with Jamie » est plus que probablement une des œuvres les plus créatives de 2015.

mercredi, 30 décembre 2015 00:00

Song to play

Bob ne nous avait plus donné de nouvelles depuis 7 ans, lorsqu’il avait enregistré un album (« The evangelist ») en hommage à Grant McLennan, son fidèle compère chez les Go-Betweens, décédé d’une crise cardiaque en 2006.

Pour enregistrer cet opus, il a reçu le concours de deux membres du John Steel Singers, mais aussi de son épouse, en compagnie de laquelle il partage notamment le chant (« Songwriter on the run »), un peu à la manière d’Amanda Brounsch, fin des 80’s, chez les Go-Betweens ; et puis de son fils, préposé au violon. Un violon qui communique une belle allégresse à la chanson qui ouvre cet elpee, l’entraînant « Learn to burn ». Un LP enregistré sous la houlette de l’ingénieur du son Jamie Trevaskis, en analogique, et dont le titre (« Song to play ») adresse, bien sûr, un clin d’œil à Léonard Cohen. Si l’opus propose des titres plus mélancoliques, au sein desquels l’instrumentation acoustique est davantage mise en exergue, il recèle également des compos bien moins conventionnelles. A l’instar de l’épique « A poet walks », une piste balayée de cuivres mariachi et des violons gémissants. Puis de « Love in where it is », un morceau entraînant, imprimé sur un rythme de bossa nova. Sans oublier le final ‘velvetien’ « Disaster in motion », caractérisé par ces cordes de gratte acoustiques dispensées sur une tempo hypnotique, et infiltré par un filet de clavier vintage.

Un coup de cœur quand même : « Let me imagine you », une romance lumineuse, fragile, contagieuse, qui mêle habilement instrumentation acoustique et électrique.

On n’en oubliera pas pour autant la voix chaude et empreinte de sensibilité de Robert Forster qui donne ici vie à des textes ironiques, riches en métaphores…

 

mercredi, 30 décembre 2015 00:00

Edge of the sun

Pour enregistrer son neuvième album studio, Calexico a reçu le concours d’une brouette d’invités. Une participation qui aurait pu nuire à l’homogénéité de l’opus. Ce qui est loin d’être le cas.

« Edge of the sun » s’ouvre et se referme par les deux plages les plus pop. Soit « Falling from the sky », malheureusement gâchée par un synthé peu judicieux, auquel participe le chanteur/guitariste de Band of Horses, Ben Bridwell, et puis « Follow the river », une ballade americana fort conventionnelle, au cours de laquelle Nick Urata (DeVotchKa) vient se joindre aux backing vocaux. De l’americana, qu’on retrouve sur le dylanesque « While the angels played », une piste aux sonorités de claviers poussiéreuses, parcourue par une pedal steel. Ou encore le plus alt country « Bullet & rocks », auquel Sam Beam (Iron & Wine) participe, une superbe compo digne de l’âge d’or de REM. Et dans le style on épinglera encore la valse country rock « Woodshed waltz ». Mais passons à la quintessence de cet opus…

Et aux collaborations vocales féminines. Ainsi Neko Case partage un duo avec Joey sur le mystérieux et éthéré « Tapping on the line ». La Guatémaltèque Gaby Moreno l’imite sur le ska indolent « Beneath the city of dreams » qu’elle interprète dans la langue de Cervantès ; mais également la valse « Miles from the sea », un morceau enrichi d’arrangements de cordes et de cuivres. C’est également dans cet idiome qu’Amaparo Sanchez attaque « Cumbia de donde », un titre mariachi, percutant et hymnique. Sans oublier la chanteuse mexicaine Carla Morrison, qui pose sa voix sur le reggae ténébreux et cuivré « Moon never rises ».

« World undone » constitue certainement le sommet de l’opus. Et c’est le groupe grec Tikam qui apporte une coloration inédite à l’expression sonore de Calexico, en tapissant la texture sonore de violon, qanum, oud et clarinette ; une mélopée énigmatique, soulignée par des cordes rafraîchissantes jouées en fingerpicking. Enfin, l’instrumental « Coyoacán » en revient aux sources caribéennes de Calexico ; piste ‘enniomorronesque’ enlevée, elle implique bien évidement ivoires très caractéristiques, harpe et tutti quanti.

Finalement, un album fort agréable à écouter, même si chez Calexico, ces compos prennent une toute autre dimension en ‘live’…

 

jeudi, 31 décembre 2015 00:00

Viet Cong

Viet Cong est une formation canadienne née sur les cendres de Women. Un terme cruel mais adéquat, car ce point final est la conséquence de la mort du guitariste Christopher Reimer, en 2012. Le chanteur/bassiste Matt Flegel et le batteur Mike Wallace ont donc décidé d’entamer une nouvelle aventure, en compagnie de deux autres musiciens. Et le patronyme devrait encore changer dans le futur, car le quatuor a finalement admis qu’il réveillait le souvenir d’atrocités commises entre 1955 et 1975, lors de la guerre d’Indochine. Au sein des familles des victimes ; mais pas seulement…

Bref, revenons au premier opus de Viet Cong. Il est éponyme et se distingue par sa créativité. Découpé en 7 pistes, il mérite une analyse profonde. Il s’ouvre par « Newspaper spoons ». Tramée sur des percus indus (NDR : un timpani !), déchirée par des cris perçants de gratte et hantée de vocaux sinusoïdaux, cette piste baigne au sein d’un climat floydien ; mais dans l’esprit de « More » voire d’« Ummagumma ». Des guitares ‘mybloodyvalentinesques’ balaient « Pointless experience », une plage plus proche de Bauhaus qu’elle ne le paraît... « March of progress » constitue la pièce centrale de l’LP. Un morceau de 6’ dont la première partie est partagée entre percus, bruitages et claviers vintage, avant que les harmonies vocales ne viennent imposer la mélodie, alors que les synthés tournent en boucle. Le fruit d’une rencontre improbable entre Animal Collective et Liars. Des cordes de guitare abrasives et acérées cadencent mécaniquement « Bunker Buster » (Wire circa « Pink flag » ?) Le sombre, presque glacial, « Continental shelf » nous replonge carrément dans les eighties. La voix de Matt emprunte alors tour à tour les inflexions de Gary Newman, Ian McCulloch ou Brett Anderson, alors que tintinambulantes, les sonorités de cordes lorgnent vers les Chameleons. Cotonneuse, la basse nous invite à vivre une excursion ‘joydivisionesque’ tout au long de l’enlevé « Silhouettes », un périple susceptible de nous conduire à Wolf Parade. Enfin, hommage à Christopher Reimer, « Death » clôt cet LP. D’une durée de 11’, il s’ouvre par une sorte d’hymne funèbre programmé en boucle (NDR : guitare et basse, mais suivant un phrasé distinct), un hymne enrichi de superbes vocaux, avant, au bout de 4’, d’entrer dans une forme de jam expérimentale turbulente, frénétique (Sonic Youth ?), et de s’achever sur un tempo alerte, dans un registre que n’aurait pas renié Echo & The Bunnymen, à ses débuts. D’ailleurs des références, vous risquez encore d’en dénicher au fil des écoutes… Superbe !

 

Antony des Johnsons a monté un nouveau projet : Anohni. Sa nouvelle chanson, « 4 degrees » est consacrée aux problèmes climatiques de la planète ainsi que ceux liés à sa biodiversité. Lors des sessions, Antony a reçu le concours de Hudson Mohawke et Oneohtrix Point Never, mais aussi de Noah Goldstein (Kayne West) au mixing. Ce morceau annonce la sortie d’un album intitulé « Hopelessness »

Pour écouter ce titre, c’est ici

 

jeudi, 17 décembre 2015 11:52

Un clip fellinien pour Rufus Bellefleur…

Le clip de "Love me like you hate me" est un mini court-métrage parodique de 7mn bourré de savoureuses références cinéphiles (Karaté Kid, Chaplin, Sacré Graal, les films des ZAZ...)

Réalisé par le journaliste de Mad Movies, Alexandre Poncet (NDR : c’est également celui de "Creatures Designers - The Frankenstein Complex", documentaire sur les effets spéciaux au cinéma), il met en scène, bien sûr Rufus, mais aussi de nombreux et prestigieux invités, dont Mouss de Zebda, Nina Goern de Cats on Trees, Miss-Z et Xav de Punish Yourself, Andréas et Nicolas, et bien évidemment l’inévitable Dédo. Bienvenue dans fellinien de Rufus Bellefleur, ou presque…

https://www.youtube.com/watch?v=ePQJI4YR-cs&feature=youtu.be