Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

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Bernard Dagnies

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dimanche, 31 décembre 2000 02:00

The firebirds

Les Firebirds sont des fanas de garage sixties. Un style de musique qu'ils pratiquent depuis 1991, c'est à dire l'année de leur formation. Faut croire que cet ensemble néerlandais (NDR : ne pas confondre avec le trio de rockabilly qui porte le même patronyme !) possède une collection de disques particulièrement exhaustive, pour parvenir à interpréter autant de reprises de groupes pour la plupart méconnus, pour ne pas dire inconnus. En parcourant leur biographie, je suis quand même parvenu à relever le nom de quelques ensembles moins obscurs, nés au cours de cette époque, et que les Firebirds reconnaissent pour influence majeure. Notamment Sam The Sham and the Pharaohs, les Sonics, les Chesterfield Kings et le mythe psychédélique 13th Floor Elevators. Personnellement, j'estime que nous pourrions y ajouter les Shadows et les Animals. Ce qui devrait vous donner une petite idée du style pratiqué par ce combo, qui repose sur trois principes de base : claviers rognés, riffs de guitare surf et tempo tribal. Et que des gens comme les Fleshtones ou Dick Dale sont parvenus à perpétuer depuis près d'un quart de siècle pour les premiers et près d'un demi siècle pour le second. A des degrés divers, ainsi qu'à des époques différentes, il est certain que le Floyd de Syd Barrett, Inspiral Carpets et les Charlatans ont été influencés par cette forme de garage. Et à l'écoute de cet opus éponyme, il est assez facile de s'en rendre compte. Mais si ce disque est sans doute revivaliste, il est savoureux, sans aucun doute…

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Skin-tight

Ce qui frappe d'abord dans la musique de cet ensemble anversois, ce sont les sonorités très particulières des claviers. Tantôt rognées, poussiéreuses, tantôt veloutées, frémissantes, elles contaminent le climat général de l'album. Et si ce n'est ni un hammond ou un piano électrique, cela y ressemble très fort. Au sein de cet univers fluide, les cordes de guitare jacassent, hoquètent, groovent, décryptent, lorsqu'elles ne rôdent pas (NDR : pensez au premier album de PJ Harvey !) ; alors que la voix gémissante de Roel Biermans épanche son ironie sinistre. Parfois, on a l'impression que la solution sonore a été successivement filtrée à travers le garage psychédélique des sixties (Seeds, Doors, Troggs) et la cold wave du début des eighties (Joy Division), sans que le sens mélodique ne soit altéré. A l'instar d'un Royal Trux qui aurait arrondi les angles ! Une chose est sûre, ce " Skin tight " est fort, fort intéressant…

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Never got hip

Après quatre titres, je me suis demandé si Foil n'était pas occupé de se poser en digne successeur des Pixies. A cause de l'âpreté des cordes de guitare, de ce vocal écorché et déclamatoire, de cette basse caoutchoutée, de ces brisures de rythmes, de ce climat popcore à la fois viscéral et excitant. Hormis " Weird kid ", la suite des événements n'a plus qu'un rapport lointain avec le mythique combo de Boston. Tout en demeurant très intéressant, il faut le souligner. Quatuor écossais, Foil manifeste, sur le reste de l'opus, une sensibilité mélodique beaucoup plus britannique. Ténébreuse, à l'instar d'un " British east india co. trafficker ", lorsqu'elle est fouettée par les palpitations d'une basse cold, que ne tient pourtant pas Simon Gallup, mais bien Shug Anderson. Mélancolique aussi. Avec une intensité émotionnelle qui nous rappelle tantôt les Whipping Boys, tantôt les Flaming Lips. Et lorsque le format confessionnel se libère dans l'amplitude des orchestrations et des arrangements, l'œuvre accouche d'un " The ghost ot the vernon howell " de toute beauté. Beaucoup moins stéréotypé que " Groundwork ", calqué sur la grandiloquence d'un Black…

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

False cathedrals

Encore un groupe qui sort de nulle part. Et qui mérite qu'on s'y intéresse. Apparemment un quatuor californien qui a bénéficié du concours de Tobias Miller (Fiona Apple, Korn), pour produire cet album. Et il faut avouer qu'il a réussi de l'excellent travail, parvenant à raffiner le son des chansons, sans pour autant les dénaturer. Un curieux mélange de frénésie, de sophistication et de tendresse filtre ainsi à travers cet opus. Vocaux haut perchés, mais particulièrement soignés, électricité crépitante, grésillante, vivifiante, conjuguée par les deux guitares, drums opulents mais feutrés, basse solide quoique versatile, piano sonore et allègre, ainsi que samples judicieux mais discrets, alimentent une texture pop bien équilibrée. Parfois peut-être un peu trop. C'est le seul reproche que l'on pourrait faire à cette œuvre, qui manque peut-être d'imprévisibilité. N'empêche, l'ensemble tient bien la route. Possède un sens mélodique aussi contagieux qu'un Deep Blues Something, voire qu'un Sunny Day Real Estate. Tout en éveillant en nous, dans ses moments les plus intenses, une rencontre hypothétique entre Porno for Pyros et Tears For Fears. Un groupe à suivre de très près !

 

mardi, 17 avril 2012 02:00

Comme un enfant dans sa bulle…

De son véritable nom Hosford, Mockasin est néo-zélandais. Il avait publié un superbe album l’an dernier, « Forever Dolphin Love ». En fait, il s’agit de son second opus, une version retravaillée de « Please Turn into the Snat », qu’il avait sorti en 2010. Juste avant de monter sur les planches de l’Orangerie du Botanique, ce 26 mars 2012, il nous a accordé une interview. Peu loquace, timide et le plus souvent évasif, déblatérant dans un anglais à couper au couteau, il se révèle néanmoins sympa et souriant. Et finalement, il me fait penser à un ado qui a décidé de s’enfermer dans sa bulle pour n’en sortir que lorsqu’il se produit en ‘live’. Il va d’ailleurs le démontrer, un peu plus tard, tout au long de son set… L’entretien ? Il ne m’apprendra pas davantage que je ne savais déjà. Vu le contexte, cet article a donc été rédigé sous une forme beaucoup plus descriptive que d’ordinaire…

Avant d’entamer une carrière ‘solo’, Connan a milité au sein d’un groupe de blues, Connan & The Mockasins. Un cheminement qui semble logique puisque tout gosse, il écoutait les disques de son paternel, et en particulier ceux de BB King, Hendrix, Clapton et Buddy Guy. Le trio a même tenté de se faire une place au soleil (?!?!) en Angleterre, mais sans grand succès. Et puis, Mockasin n’était pas tellement convaincu par cette aventure. Si bien qu’il est retourné dans l’hémisphère sud.

C’est la maman de Connan qui va jouer un rôle important dans sa carrière. C’est elle qui l’a poussé à sortir un disque. Elle s’inquiétait de voir son fils incapable de décrocher un job et de gagner sa vie. Alors, elle lui a conseillé de foncer. Et le fiston d’enregistrer dans une petite maison en bois à côté de celle de ses parents.  

Donc à l’origine, il a réalisé cet album, pas pour le grand-public, mais pour satisfaire à la demande de sa mère. Il l’a conçu comme un live. En solitaire, suivant l’inspiration. Les rares collaborations extérieures se limitent à quelques drums. « Chaque chanson a été écrite puis enregistrée, l’une à la suite de l’autre, sans jamais chercher à donner un ordre bien précis aux morceaux ».

Hormis Crowded House, groupe préféré de sa maman, et les bluesmen notoires qu’écoutait son père, on ne peut pas dire qu’il soit très réceptif à l’histoire de la musique pop/rock et même à la scène contemporaine. Lui parler de Syd Barrett et de Robin Hitchcock ? Pour le premier, il n’y voit aucune affinité. Quand on second, il n’en a jamais entendu parler. Enfin, le label Flying Nun qui a notamment donné naissance, au cours des eighties et des nineties, à des groupes ou des artistes comme The Bats, Bailter Space, The Chills, The Clean, Jean-Paul-Sartre Experience, David Kilgour, Chris Knox et les Verlaines, il en a entendu vaguement parler. Mais cette scène pourtant aussi remarquable qu’injustement méconnue ne l’a absolument pas touché. Ariel Pink constitue quand même une référence. En fait, il puise ses principales influences dans les B.O. de films. En particulier celles réalisées par Joe Hisaishi et Jonny Greenwood.  

Connan est également peintre, dessinateur et avoue être très branché sur les visuels. Ses dessins, il les réalise en papier mâché avant de les peindre. Ces poupées lui ressemblent. Ou alors à Andy Warhol ! « Je ne sais pas ! J’ai dessiné avant de jouer de la musique. Je me demande si je ne suis pas meilleur en dessin, d’ailleurs. » Ce sont les circonstances de la vie qui l’ont poussé à privilégier la musique. Il estime également que dessiner une pochette apporte une valeur supplémentaire à un disque. Plusieurs de ses figures illustrent ainsi le booklet de ‘Forever Dolphin Love’. Pour lui, il existe cependant un lien entre la peinture et la musique. Car ces deux formes d’art ne demandent pas nécessairement de la réflexion, mais du feeling. Un peu comme quand on se produit en public. Il estime également l’aspect visuel de ses compos très important pour accompagner sa musique ? Mais ce n’est pas lui qui réalise ses clips…

Mais pourquoi Mockasin est-il retourné en Angleterre ? Tout simplement parce qu’il estimait que le public n’était pas assez réceptif à sa musique en Nouvelle-Zélande. Au départ, on ne peut pas dire que l’accueil ait été plus chaleureux en Grande-Bretagne. Jusqu’au moment où Erol Alkan, boss du label Phantasy ne découvre l’artiste et décide de publier l’elpee. « Erol est simplement quelqu’un en qui j’ai confiance ». Est-ce pour autant, son ami ou son guide. La réponse fuse : « Non, c’est mon boss ! »

Charlotte Gainsbourg a demandé à Connan Mockasin d'écrire un titre pour son nouvel opus, ‘Stage Whisper’. Et puis ce dernier va participer à la prochaine tournée de la fille de Gainsbarre et Jane. Qui passera par les Nuits Botanique ce 19 mai 2012 dans le cadre de leur périple commun baptisé justement ‘Stage Whisper’. « Elle m’a rejoint sur scène, hier à Paris (NDR : c’était à la Cigale) et on est souvent en contact, en ce moment. Via le ‘chat’, notamment »

Connan a également d’autres projets. Dont celui qu’il partage en compagnie de Sam Dust, le leader de Late Of The Pier. Et un album devrait paraître. Quand ? C’est une autre histoire, puisque le tandem bosse dessus depuis plus d’un an. Mockasin s’explique : « Mais Sam est présent ce soir. Il a rejoint mon groupe pour cette tournée. L’album est presque achevé. On est content du résultat. J’espère qu’on pourra le sortir cette année encore. Mais il n’a pas encore de titre. ‘Soft Lizard’, peut-être ? » 

Mockasin envisage quand même graver un nouvel opus personnel. Il voudrait qu’il soit plus accessible, plus simple que le précédent. Mais n’est-ce pas risqué de le souhaiter plus abordable ? Il réagit au quart de tour « Non, ça ira, je gère. Même pas peur, j’assure… »

La musique de Mockasin est contagieuse. Lorsqu’une mélodie entre dans votre tête, difficile de s’en débarrasser. Elle peut même trotter plusieurs jours dans votre tête. Il semble étonné : « J’essaie toujours de composer des chansons qui sont agréable à écouter. Mes mélodies sont contagieuses ? C’est bizarre. Enfin, perso, je ne le suis pas ! » (rires) Sa musique est également atmosphérique. Parfois on se demande même si elle ne s’adresse pas davantage aux âmes qu’au corps. Aux esprits plus précisément. Mais notre interlocuteur croit-il aux fantômes, lui qui vit aujourd’hui en Grande-Bretagne où les histoires de revenants sont légion. Au cours de son enfance, dans son patelin natal de Te Awanga, un petit village sis au Nord de la Nouvelle-Zélande, il avait, en compagnie de quelques copains, joué aux fantômes, une histoire qui avait failli mal tourner. Et puis, en Angleterre, il avait aussi commencé à enregistrer son premier opus, dans une maison au sein de laquelle s’étaient produits des phénomènes paranormaux. Connan feint de ne jamais avoir entendu parler de cet épisode : « Oui, il doit exister quelque chose de surnaturel sur cette terre. En Angleterre et en Ecosse, je suis étonné de ne pas rencontrer plus de fantômes. A cause de ces nombreuses vieilles bâtisses. Mais il est vrai que ce sont des expériences complexes et mystérieuses… »

Chaque hiver, Mockasin retourne chez lui. Enfin depuis quatre ou cinq ans. Ce n’est pas pour y vivre l’été. Il n’aime d’ailleurs pas trop la chaleur. Il préfère l’automne. Serait-il nostalgique voire mélancolique ? Il l’était et déclare avoir tourné la page, même s’il aime toujours autant les couleurs de cette saison… sans doute un peu comme Robin Proper Sheppard de Sophia. « Sofia ? C’est ma tour manager. Elle est française » Elle entre à cet instant dans la loge en compagnie de l’attaché de presse, pour me signifier que le temps imparti pour l’interview touche à sa fin…

Juste le temps de sortir les planches destinées à un kamishibaï, illustrant l’histoire des babouches d'Abou Simbel. Et soudain de voir le visage de Mockasin s’illuminer. Comme un enfant, à qui on allait raconter une histoire…

(Merci à Vincent Devos)

 

jeudi, 12 avril 2012 18:31

Bliss

Chocolate Pain est un trio grenoblois et « Bliss » constitue son deuxième album. En comptant le nombre de titres, je ne débordais pas d’optimisme avant d’écouter ce disque. Vingt et un morceaux, c’est déjà un peu beaucoup pour un groupe que l’on apprécie ; mais si l’artiste ou la formation est inconnue, l’enthousiasme est réduit à sa plus simple expression. D’autant plus que ni le patronyme du band ni l’artwork de la pochette ne sont de nature à renverser la vapeur. M’enfin, quand faut y aller, faut y aller…

L’elpee nécessite plusieurs écoutes et de nombreuses recherches sur la toile pour bien comprendre la démarche du combo. Le climat de ce long playing est ténébreux. Nous sommes en présence d’un concept album : ‘un concept qui retrace l’histoire de deux âmes perdues à la recherche d’un bonheur fantasmé et intouchable, de ceux qui essaient de les retenir, de ceux qu’ils entraînent dans leur folie’. Ainsi de nombreuses plages ne sont que des intermèdes destinés au cours duquel une histoire est racontée. Et finalement, malgré le nombre de pistes, le disque ne dure pas une éternité, comme on aurait pu le supposer. Musicalement, Chocolate Pain me fait surtout penser à At the Drive In voire à Fugazi, surtout lorsque la voix du chanteur se fait déclamatoire. Une tension permanente, suspendue aux existences de ces deux personnes, règne tout au long de l’œuvre. L’émotion est également palpable ; mais elle est uniquement relayée par la voix ; à tel point que parfois, elle en perd de sa justesse. Heureusement, les guitares tiennent la route. Grâce à de sublimes arpèges mélodiques et à des riffs aussi puissants qu’efficaces.

Bienvenue dans l’univers sombre et plutôt déprimant, mais paradoxalement passionnant de « Bliss »…

 

Publié en 2011, le premier album de Connan Mockasin, « Forever dolphin love », avait littéralement défrayé la chronique. Flanqué de son band, il se produisait ce lundi 26 mars à l’Orangerie du Botanique. Et il reviendra, mais cette fois au Cirque Royal, ce 19 mai, dans le cadre des Nuits Botanique, en compagnie de Charlotte Gainsbourg. Pour accueillir le Néo-Zélandais et sa troupe, la salle est bourrée comme un œuf. Quand on pense qu’au départ, le concert devait se dérouler à la Rotonde ; preuve que cet artiste est en passe devenir une ‘star’ incontournable. Pas de supporting act. Le set démarre à 20h30…

Lorsque le team monte sur les planches, leur accoutrement a de quoi faire sourire. Le drummer, situé à gauche du podium, porte une perruque. Il ressemble à Ringo Starr, mais en moins primaire. Le bassiste est plutôt bel homme. Baraqué, revêtu d’une chemise de soie aux motifs indiens, il est élégamment coiffé d’un turban comme les Maures, dans la série de longs métrages, « Angélique ». Chevelure traitée par un brushing comme à la belle époque des 70’s, le claviériste (parfois second gratteur) a enfilé un pantalon aux motifs psychédéliques et une chasuble de couleur bleue. Pas n’importe qui, puisqu’il s’agit de Sam Eastgate, le leader de Late of The Pier. On ne décernera cependant pas le prix d’élégance au percussionniste. Faut dire qu’il a enfilé une robe rose fendue, partiellement recouverte d’un mini-peignoir de couleur jais, parsemé de paillettes scintillantes. Il a bien des chaussettes de sport rayées, mais ses jambes sont particulièrement velues. La classe ! Heureusement, il restera planqué derrière un pupitre, à droite de l’estrade, pratiquement toute la soirée. Il s’est cependant remonté les cheveux en chignon, qu’il dénouera après deux ou trois morceaux. Connan a un look bien plus soigné. Sa petite moustache lui confère un petit air latino. Il est coiffé d’un superbe chapeau, mais surtout est vêtu d’une chemise abricot dont le col est fermé par un nœud papillon de même teinte.

Dès le début du set, on est plongé dans un univers atmosphérique, presque shoegaze. Subtile et douce, la voix de Connan épouse parfaitement la mélodie sinusoïdale. Sa guitare libère des sonorités éthérées, qui me rappellent quelque part celles dispensées par Garce, lorsqu’il sévissait chez Sad Lovers & Giants. Et Sam vient enrichir cet univers semi-psychédélique, en se concentrant alors sur ses cordes. Puis, après une intro a cappella, caractérisée par la conjugaison de leurs voix angéliques, les musicos attaquent le superbe « Faking jazz together ». A cet instant, on n’a déjà plus les pieds sur terre. Passé un bref instrumental, « Egor Hosford », donne un premier coup d’accélérateur. Empruntant un tempo tribal, il s’achève même sur un mode déstructuré. « Uniform in uniforms » nous propulse à nouveau dans la stratosphère. Mais à partir de cet instant, on ne sait plus trop bien quand commence ou s’achèvent les morceaux. Il y a bien une nouvelle chanson (« I wanna roll with you »), imprimée sur un mid tempo, soulignée de chœurs falsetto, et abordée dans l’esprit de Prince, puis une autre épique, emphatique que n’aurait pas renié Mercy Rev, des breaks inattendus, interrompus de conversations entre Connan et le public, ponctuées d’éclats de rires, des relances fulgurantes, un accès de clavier cathédralesque, un drumming convulsif, presque floydien, et en final une immersion dans l’univers aquatique de « Forever Dolphin love », le titre éponyme de l’opus, dont l’apothéose en crescendo, même au niveau des vocaux, est aussi frénétique que superbe…

Après cinq bonnes minutes d’attente et d’applaudissements, le groupe revient sur les planches. Connan Mockasin les rejoint un peu plus tard. Il porte une perruque blonde, a remis son chapeau, porte des lunettes fumées, et a enfilé un gant. Michael Jackson est de retour ! Il se lance alors dans un pastiche de feu le King de la Pop en interprétant son « Remember the time », tout en réussissant quelques pas de danse caractéristiques. Hilarant ! Lors du titre ultime, « Lizard », un morceau qui devrait figurer sur leur projet commun, Soft Hair, Connan et Sam, se mettent à déclamer et même à rapper, avant de descendre dans la fosse pour entamer une sarabande, en compagnie du public, ravi de défiler comme lors d’un concours de mode. Puis les deux compères remontent sur l’estrade, aidée par leur roadie, dans un climat de bonne humeur communicative. Le quintet prend alors congé de l’auditoire, le sourire jusqu’aux oreilles, et nous aussi…

(Voir aussi notre section photos)

Organisation Botanique

lundi, 26 mars 2012 13:43

Liesa Van der Aa rameute ses Troops

Liesa Van der Aa vient de sortir son premier album. Il s’intitule « Troops » et à été enregistré à Berlin, sous la houlette du producteur Boris Wilsdorf (ingénieur son chez Einsturzende Neubauten). Ses compos évoquent tour à tour PJ Harvey, Nick Cave et Laurie Anderson. Pourtant, elle a uniquement recours à un violon, parfois le chant et les boucles, pour les concocter. Son inspiration est, en outre puisée dans sa formation classique et son envie d’expérimenter, afin de créer des paysages sonores nés de la fusion entre avant-garde et musique rock.

http://www.liesavanderaa.be
http://www.facebook.com/Liesavanderaamusic

En live :

- le 19 avril à la La Ferme du Biéreau - Louvain-La-Neuve- (solo) en première partie de David Bartholomé
- le 1er juillet : Gent Jazz – soirée spéciale Antony & Johnsons

 

 

vendredi, 23 mars 2012 11:34

Neil Young de retour !

Neil Young publiera un nouvel opus ce 6 juin 2012. Coproduit par Neil et John Hanlon, il s’intitule « Americian » et a été enregistré en compagnie de son fidèle groupe, The Crazy Horse.

Tracklisting :

1. Oh Susannah
2. Clementine
3. Tom Dooley
4. Gallows Pole
5. Get A Job
6. Travel On
7. High Flyin' Bird
8. She'll Be Comin 'Round The Mountain
9. This Land Is Your Land
10. Wayfarin' Stranger

11. God Save The Queen

 

jeudi, 22 mars 2012 22:28

Wrecking Ball

Bruce Springsteen serait en colère. Enfin, c’est ce qui transparaît dans les lyrics des chansons de son nouvel opus. Il rejoint en quelque sorte les rangs des indignés aux States, qui en ont marre des spéculations financières, des institutions bancaires qui jouent aux apprentis-sorciers, etc. Bref, de cette dérive du néo-libéralisme. Ce sont d’ailleurs les thèmes qu’on retrouve dans les textes de ses chansons. Très bien ! Mais, Bruce ne nous apprend rien de bien neuf. Il enfonce, en quelque sorte, des portes ouvertes. M’enfin, il est populaire, et si son message peut avoir un quelconque impact sur les décideurs à travers le monde, alors on pourra le remercier. Mais honnêtement, j’en doute…

Venons-en maintenant à l’aspect musical de son 17ème album studio. Lors des sessions d’enregistrement, outre son E-Street Band, il s’est entouré d’une armée de collaborateurs. Sur trois compos, on retrouve même feu son ami saxophoniste Clarence Clemons, membre de son groupe, décédé l’an dernier. La plupart des plages de ce « Wrecking Ball », sont inondées d’arrangements. Luxuriants, ils asphyxient littéralement les mélodies. On a même droit à des chœurs gospel. Les hymnes ‘springsteeniens’ sont plutôt rares, et lorsqu’ils émergent, c’est sans grande conviction. Finalement, c’est quand le boss en revient à plus de simplicité qu’il retrouve des couleurs. Sur son rock plus carré, « We take of our own » qui ouvre la plaque, tout d’abord. Mais surtout lors de ses compos qui trempent dans le country/folk. Tout d’abord, « Easy money », un morceau digne des Pogues et puis « Death to my hometown ». Caractérisé par ses interventions de flûte celtique (penny whistle), il aurait pu figurer au répertoire des Dropkick Murphys. Et puis en fin de parcours, l’excellent « We are alive », une plage allègre, balisée par un banjo et hantée par le spectre de Johnny Cash. On épinglera encore une piste qui sort du lot par son originalité, « Rocky ground », une ballade mid tempo, légèrement soul, au milieu de laquelle un intermède de rap a été judicieusement glissé, un peu dans l’esprit de Beck. Dommage que tout l’album ne soit pas de cette trempe. Une petite déception…