Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre et lumière pour un voyage qui durera un an. Une lente année pour dévoiler 6 chapitres de 2 chansons, 12 titres qui narrent l'histoire de Light. Le groupe invite les…

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Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Please yourself

A l’origine exclusivement attaché à la cause du blues, Fat Possum a donc décidé d’élargir son horizon sonore. Une seule condition : que le groupe soit inspiré par le blues. A quelque échelon que ce soit. Pas de problème pour Thee Shams, dont les maîtres répondent aux noms de Muddy Waters et de Howlin’ Wolf. Pourtant, le quatuor ne nous vient pas du Mississippi, mais de l’Ohio. De Cincinnati, très exactement. Et à l’instar d’Afghan Whigs (NDR : ou d’une manière plus contemporaine des Twilight Swingers), Thee Shams ont également un faible pour le rythm’n blues. Celui des Animals et surtout des Stones, pour ne rien vous cacher ! Un feeling blues ou rythm’n blues que le groupe filtre à travers un garage rock malsain, marécageux, au parfum sixties. Surtout lorsque l’orgue hammond rogne les mélodies. A cet instant, Sam the Sham & the Pharoahs ne sont vraiment pas loin. Pourtant, l’expression sonore peut prendre une forme plus sauvage, plus aride, réminiscente des Troggs (« Can’t fight it »), les lyrics focalisés sur la luxure et la perversion accentuant cette impression. Des lyrics chantés par la voix graveleuse, trempée dans le whiskey de Zachary Gabbard. Dans le registre, la cover du « If you gotta go » de Dylan est superbement écorchée. Et lorsque le combo s’aventure dans le psychédélisme mystique (NDR : allo la terre !), c’est à 13th Floor Elevators qu’on se met à penser (NDR : qui a dit hallucinogènes ?). Bref, un chouette album, même s’il trempe allègrement dans le revivalisme. Mais pourquoi je n’ai parlé ni de la pochette, ni de l’harmoniciste ?
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

18 monkeys in a dead man´s chest

“18 monkeys in a dead man’s chest” constitue le troisième album studio de David Thomas & the Two Pale Boys. David Thomas s’est rendu surtout célèbre pour avoir fondé le légendaire Pere Ubu en 1975, une formation avant-gardiste qui a exercé une énorme influence sur toute la scène pop/rock et en particulier le courant industriel de la fin des seventies. Les Two Pale Boys sont incarnés par Keith Moliné et Andy Diagram. Guitariste et violoniste, le premier milite chez They Came From The Stars I Saw Them et collabore à Infidel et Mesmerist. Trompettiste, le second est mieux connu pour avoir sévi chez James au début des 90’s ; même si aujourd’hui ses projets répondent aux noms de Dislocation Dance, The Diagram Brothers, The Honkies et les Spaceheads. Point commun, les trois comparses sont particulièrement branchés sur la musique électronique et expérimentale. Découpé en neuf fragments, cet opus se révèle à la fois riche, sauvage et inspiré. Un voyage tour à tour expressionniste, mystérieux, fiévreux, furieux ou cinématique dans le monde crépusculaire du blues urbain. Parfois on pense au Birthday Party, parfois à Tom Waits, parfois encore à Nick Drake. Et même à un Vandergraaf Generator intoxiqué par le dub sur « Sad eyed lowlands ». Pas de drums ! Mais un fil conducteur : la voix miaulante, sombre et poignante de David qui filtre ses contes poétiques, visionnaires et torturés sur la nature humaine, à travers une texture où machines et instrumentation conventionnelle (violon, guitare, cuivres) se conjuguent, sans jamais se heurter. Plus qu’original : novateur !
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

From a basement on the hill

Difficile de chroniquer cet album sans évoquer le décès de son auteur. Qui se serait suicidé le 21 octobre 2003. Encore que le flou qui entoure les circonstances de sa mort mérite réflexion. Une chose est sûre, à l’écoute de son sixième opus posthume, les fans auront bien le droit de pleurer sa disparition. Car cette plaque est un petit chef d’œuvre. Oh oui, peu de plages sortent du lot. Pour la bonne raison qu’elles semblent former un tout. Et il est nécessaire d’écouter ce disque 4 ou 5 fois avant d’en capturer l’âme. Lors de son enregistrement, Elliott voulait qu’il soit double. Dans l’esprit du double blanc des Beatles. Rob Schnapf (le producteur du « Mellow gold » de Beck et de « XO » de Smith) ainsi que par Joanna Bome (The Minders, Stephen Malkmus & The Jicks) n’ont retenu que 15 fragments pour plus ou moins 56 minutes. Mais si les compos acoustiques évoquent le « White album », les titres électriques lorgnent davantage du côté d’« Abbey road ». Même le sens mélodique est aussi contagieux. Seule différence, mais elle est de taille, les chansons ne parlent ni des petits oiseaux (NDR : même si on entend épisodiquement quelques pépiements), ni des verts pâturages, mais de douleur, d’angoisse, de désir, de mélancolie, de regret, d’amour, de dépendance, de dépression, de solitude et de mort, thèmes qu’il développe avec cynisme et fatalisme, mais surtout un sens de la caricature et de la rime intelligente. Rien que les titres des chansons traduisent ces états d’âmes (« Don’t go down », « The last hour », « Memory lane », etc.) Un étalage d’émotions humaines responsable d’une progression lente et inexorable vers son suicide. Nonobstant ce contenu tragique, l’album parvient à vous bercer dans la mélancolie douce. Dans un style qui peut même parfois faire penser à Radiohead (« Strung out again »), à Mercury Rev (« King’s crossing »), mais avant tout aux Fab Four… L’album de l’année !
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Trampin´

Patti Smith est donc de retour avec un neuvième opus. Poète (sûrement), prêtresse (peut-être), mais surtout légende du punk new-yorkais, elle s’est décidée à commettre un nouvel album, parce qu’elle avait des choses à dire. Sa mère est décédée. Une épreuve supplémentaire qui s’ajoute à la longue liste de ses proches disparus au cours des dernières années. Et puis le contexte géopolitique actuel ne pouvait la laisser indifférente. Car chez Patti Smith, la révolte est toujours latente. En fait, elle nous invite à examiner sa conscience face à la politique menée par le gouvernement Bush. Et à réfléchir, à penser, à manifester. Mais aussi à tirer des conclusions (NDR : les prochaines élections ?) à travers quelques hymnes à l’espérance. Pour enregistrer cet elpee, elle a notamment reçu le concours de ses amis incontournables Lenny Kaye et Jay Dee Daugherty. Et si le spectre de feu son mari, Fred ‘Sonic’ Smith, plane tout au long de cet elpee, elle a également eu le bon goût d’inviter sa fille Jesse, qui l’accompagne au piano sur le titre maître, fragment qui clôture par ailleurs le disque. Elle lui consacre également une chanson, « Cartwheels ». Partagées entre ballades bouleversantes et titres rageurs, les chansons de ce « Trampin’ » expriment un large éventail d’émotions qui oscillent de la tendresse en passant par le regret, la passion, la joie et l’intuition. Le timbre vocal de Patti se charge alors de nuances, pour encore mieux faire passer son (ses ?) message(s). Mais ce sont les titres les plus saignants, les plus féroces, les plus intenses, les plus fiévreux qui m’ont le plus fasciné. Tout d’abord les 9 minutes d’hommage au légendaire pacifiste « Gandhi ». Tramé sur un crescendo hypnotique, il est littéralement déchiqueté par des riffs d’électricité féroce, presque ‘cold’. Les 12 minutes de « Radio Baghdad », ensuite. Une méditation sur l’histoire tumultueuse de Moyen-Orient. Un exorcisme dont la vitalité dramatique peut parfois rappeler le Led Zeppelin. Et enfin « Stride of the mind » et « Jubilee », deux plages taillées dans le rock/garage contagieux, sensuel, énigmatique, dont Patti a le secret. Pensez à « Gloria » ou encore à « Land ». Bref, que des bonnes nouvelles. Patti Smith se produira ce 9 juillet dans le cadre du festival ‘Cactus’…
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Démo

Avant d’opter pour le patronyme Sofa, cette formation normande a répondu successivement aux noms de Union Jack, puis de Mr Jack. Les cinq titres de cette démo constituent un avant-goût d’un premier album qui est actuellement en préparation. On nage ici en pleine noisy pop rappelant les débuts de Noir Désir. Et la véhémence affichée tout au long de « Radiosofa », proposé ici sous une forme ‘live’, en est la plus belle démonstration. Seule différence, mais elle est de taille le vocaliste possède une voix claire, capable de virer au falsetto ; alors que Cantat avait, à l’époque, surtout tendance à racler son baryton. Sur les trois titres enregistrés en studio, Sofa manifeste un sens mélodique qui n’est pas sans me rappeler Yel ; même si l’électricité, plutôt branchée sur le U2 circa « Boy », épouse parfois des envolées stratosphériques comme chez Muse. Un bémol, la noisy est parfois un peu trop noisy. M’enfin il ne s’agit que d’un brouillon. On devrait donc y voir plus clair lors de la sortie de l’elpee.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Sonic Nurse

Fondé en 1981, Sonic Youth en est déjà à son 19ème album (NDR : et je ne parle pas des Eps, bootlegs ou autres projets en solitaire ou pas). Un fameux bail pour une formation qui a évolué d’une musique aussi expérimentale que bruitiste (NDR : qu’on a appelée no wave) vers une noisy pop oblique et aventureuse. Confirmation : Jim O' Rourke est bien devenu le cinquième membre du groupe. A l’issue de la première écoute, « Sonic Nurse » laisse une étrange impression d’apaisement. Etrange, car hormis le final « Peace attack », fragment pop dans le sens le plus rigoureux du terme, mais dont les lyrics vilipendent la politique de Bush, ainsi que le très atmosphérique « I love you golden blue », toutes les autres compositions démontrent à nouveau l’art de Sonic Youth à rendre la dissonance mélodique. Que ce soit à travers les harmonies décalées, les arpèges torturés, les larsens maîtrisés et les dérapages instrumentaux. Plage qui ouvre l’opus, « Pattern recognition » s’achève même dans un véritable déluge de guitares. En fait, cet apparent apaisement procède des vocaux partagés entre Thurston Moore et sa compagne Kim Gordon, des vocaux qu’on pourrait qualifier de vaporeux, parfois même de nonchalants. Un disque dont le charme insidieux peut parfois rappeler « Sister », « Evol » ou encore « Daydream Nation »…
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Origin Vol. 1

Lors du poll 2002, j’avais plébiscité « Behind the music », le troisième opus de ce sextuor suédois, album de l’année. Un disque qui ne puisait plus exclusivement son inspiration dans l’essence du psychédélisme, mais aussi dans toute l’histoire de la pop et du rock. Je vous invite d’ailleurs à relire cette chronique. « Origin Vol. 1 » est sculpté dans le même moule, mais revisite d’autres pans de l’histoire de cette musique. On y retrouve bien sûr toujours les références aux Beatles (le ‘lennonesque’ « Song for the others ») et au Floyd circa « The Piper at the Gates of Dawn ». Tout au long de « Believe I’ve found », c’est une évidence. Donc à Syd Barrett. Et lorsque la voix nasillarde d’Ebbot Lunberg emprunte ses inflexions sinusoïdales, c’est encore plus flagrant. L’esprit de Roger rencontre ainsi Lenny Kravitz sur le très groovy « Royal explosion (part II) », George Harrison tout au long du contagieux « Bordeline » et l’orientaliste « Wheels of boredom ». Mais à l’instar du défunt Guided By Voices, TSOOL a exhumé l’intensité hymnique du Who. Du chef d’œuvre « Tommy », bien sûr. Pensez à « Pinball wizard ». « Transcendental suicide », même si le sens mélodique rappelle les débuts d’Oasis, et le final « Age of no reply », nonobstant ses claviers rognés, ‘manzarekiens’ (NDR : comme chez les Doors, si vous préférez), épousent ce profil. Si « Bigtime » s’enfonce dans la noisy ténébreuse et hypnotique de Jesus & Mary Chain, l’allègre « Heading for a breakdown » adresse un clin d’œil aux Byrds. Violent, furieux et échevelé, « Mother one track mind » carbure sur un tempo punk que n’aurait pas renié le MC5. Enfin « Lone summer dream » bénéficie d’orchestrations somptueuses dignes de Love. A moins que ce ne soit des Pretty Things. En fait, le psychédélisme de l’œuvre est tellement ample, tellement riche, que je ne puis m’empêcher de penser à la période la plus hallucinée des Jolies Choses. Et pour couronner le tout, Jane Birkin est venue donner de la voix sur « Midnight children », une chanson tout aussi langoureuse, mais forcément moins sensuelle que le célèbre « Je t’aime, moi non plus », qu’elle partageait alors avec Gainsbarre. Et pourtant, on n’a jamais l’impression que l’œuvre souffre de revivalisme. En fait, TSOOL est encore une fois brillamment parvenu à transcender ses influences pour les conjuguer au présent. Et à ce titre, cet elpee mérite de figurer parmi les ‘musts’ de l’année…
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Ghosts of the great highway

Alors qu’on attendait impatiemment un nouvel album de Red House Painters, Mark Kozelek nous revient, non pas en solo, mais avec un nouveau projet: Sun Kil Moon. Un projet pour lequel il a reçu le concours du drummer de RHP, Anthony Koutsos, celui d’American Music Club, Tim Mooney, ainsi que l’ex bassiste de Black Lab, Geoff Stanfield. Sans oublier le trio à cordes issu du Conservatoire de San Francisco.
 
Nonobstant sa fidélité au style introspectif, mélancolique, « Ghosts of the great highway » explore de nouveaux horizons sonores. Une œuvre impressionniste qui évoque tantôt la littérature de John Steinbeck, tantôt l’imagerie capturée par les aquarelles d’Edward Hopper. Mark s’essaie même au cubisme (NDR : la période bleue ?), à travers « Pancho Villa » et « Duk Koo Kim ». Deux titres déjà paru précédemment, mais sous des formes différentes. Epopée psyché rock de plus de 14’, « Duk Koo Kim » est sculptée dans un subtil mélange d’acoustique (guitares sèches et mandolines) et d’électricité. Elle constitue d’ailleurs l’âme de cet opus. Quant à « Pancho villa », il achève l’opus sur un ton plus optimiste. A l’instar de l’instrumental « Si, Paloma ». Fermez les yeux et vous vous imaginez déjà sur le littoral hellène, que darde le soleil de ses rayons brûlants… Un seul fragment hausse le tempo : « Lily and parrots », une plage imprimée sur un rythme post punk ; une formule inhabituelle dans le chef de Kozelek. Si l’intensité blanche, ‘crazyhorsienne’ se consume avec la langueur vivifiante, tout au long de l’excellent « Salvador Sanchez », j’ai surtout flashé sur le beau et douloureux « Carry me Ohio », une composition dont la mélodie bercée de guitares bringuebalantes, me rappelle House Of Love. Et le reste est loin de manquer d’allure. Aussi bien « Last tide », un track sculpté dans le heavy folk, enrobé d’arrangements de cordes, réminiscent du 3ème et indispensable elpee de Led Zeppelin. Et puis le tendre et paisible « Gentle moon », caractérisé par ses notes de xylophone scintillantes, ses percussions feutrées et le ténor fragile de Mark. Un must ! A déconseiller, cependant, à ceux qui souffrent du spleen…
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Supergrass is 10. The best of 94-04

Pour fêter ses dix années d’existence, une compile vient d’être consacrée à la formation d’Oxford. 21 titres parmi lesquels figurent les inévitables « Caught by the fuzz », « Pumping on your stereo », « Alright », « Moving », « Richard III » ou encore « Sun hits the sky ». Bref, à première vue, rien qui devrait inciter les aficionados de Supergrass à se procurer absolument ce disque. Surtout s’ils possèdent déjà toute la discographie du groupe. Le seul hic procède de la présence de deux inédits : le funky « Kiss of life » et le bondissant « Bullet ». Deux fragments qu’on devrait retrouver sur le prochain maxi. Pour ces fameux aficionados, le choix sera vite fait. Maintenant, si vous connaissez mal la carrière musicale de ce fleuron de la britpop, et que vous avez toujours la nostalgie des Jam, Buzzcocks ou Undertones, vous savez ce qu’il vous reste à faire…
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

The day the oldman met the sea

Pour son premier ep, il faut reconnaître que cette formation wallonne (NDR: issus de Marche en Famenne, Mouscron, Namur, etc., la plupart des membres se sont rencontrés à Bruxelles, dans le cadre de leurs études) a mis le paquet pour soigner la qualité technique de ses enregistrements. Et puis les harmonies vocales. Qu’on croirait presque empruntées aux Beach Boys ; quoique les inflexions du chanteur, Matt, lorgnent davantage vers Neil Tennant des Pet Shop Boys. Hyper sophistiqués, les 5 titres de ce disque ne manquent cependant pas de sens mélodique. Légèrement cuivrés, ils évoquent même parfois Beulah, alors que sous une forme plus soul, ils épousent un profil davantage inspiré par Beck, voire Scritti Politti (« Girls are great people to have sex with »). J’ai moins accroché à « Sunday ». Le piano et le vocal en reverb sont ici un peu trop pompés chez Elton John. Et comme je n’apprécie guère Reginald Dwight… Bref, lorsque Superspy aura digéré toutes ses influences, le rock wallon pourra à nouveau compter un nouveau fleuron…