Pour sa sixième (et oui déjà) édition, le pendant hivernal et électro des ‘Ardentes’ avait mis les petits plats dans les grands et nous avait concocté une affiche plutôt alléchante, du moins sur papier. Pour celles et ceux qui l’ignorent, le festival se déroule dans quatre salles, synonymes de quatre styles et ambiances divergeant fortement. La plus grande fait la part belle à la ‘drum’n’bass / dubstep’ (Pyramid), une autre se veut ‘house’ (Sphere), la troisième fait honneur à la techno (Cube) et la petite dernière peut être vue comme un terrain de jeu pour jeunes talents, belges de préférence (Redbull Elektropedia). Au niveau des artistes présents, on notera l’effort conséquent des organisateurs de faire revivre (un peu) le mouvement techno, quasiment absent lors de l’édition précédente, effet de mode dubstep oblige.
Premiers pas sur le site sur le coup de 22 heures et premier constat, c’est grand, c’est jeune et ça sue déjà à pleines gouttes. Sans réelles attentes avant d’assister au set de Stephan Bodzin, j’oscille inlassablement entre les différents espaces scéniques deux heures durant, le temps de tendre l’oreille aux sonorités frénétiques de Kölsch, aux hymnes dubstep des Dirtyphonics et, enfin, aux derniers morceaux choisis par la ‘révélation’ Wankelmut. Ce dernier, (trop) sûr de lui, n’hésite pas à balancer un… Sean Paul pour conclure sa prestation au grand étonnement du public…
Drôle de manière d’annoncer Bodzin. Ce dernier embarque directement son audience dans un voyage envoûtant et déconcertant, jouant constamment avec nos sentiments. Visiblement dans une excellente forme, le Teuton passe aisément du coq à l’âne tout en gardant une totale maîtrise de son sujet, sujet d’une cohérence exemplaire.
Le temps défilant à une vitesse impressionnante, il est déjà trop tard pour assister au live de Disclosure (pourtant dantesque, selon les spectateurs qui avaient opéré un crochet via la Sphere Room) et je dois me dépêcher pour rejoindre la talentueuse Maya Jane Coles. A l’image de sa carrière, le set de la jeune anglaise monte en puissance, une deep house qui vous prend aux tripes et force vos membres fatigués à danser, sourire béat flanqués sur les lèvres et paupières mi-closes. Nul doute que cette demoiselle reviendra hanter vos nuits de clubbing durant les prochains mois, il ne peut en être autrement.
Chemin inverse pour la dernière escapade de la nuit, une heure trente en compagnie du fondateur du label Systemic, j’ai nommé Marc Romboy. Il va délivrer une prestation à la hauteur de sa réputation : carrée, cohérente et agrémentée de turbines étonnamment harmonieuse ; un beau pied de nez à tous ceux résumant la techno à un ‘boom boom’ répétitif et chaotique.
Au final, ces Transardentes sont à placer sous le signe de la réussite tant au niveau de la programmation que de l’engouement du public qui, à nouveau, avait répondu présent à hauteur de 12 000 personnes.
On pourrait néanmoins regretter une signalisation approximative, un vestiaire chaotique et le manque de respect généralisé du festivalier lambda, passé une certaine dose d’alcool dans le sang ; mais ce serait alors bouder son plaisir et chicaner sur des détails.
(Organisation Ardentes)

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