Pour sa quatrième édition, le Micro Festival proposait une affiche particulièrement alléchante, malgré le désistement de dernière minute des Suédois d'Holograms, remplacés au pied levé par Mujeres. Et en dépit de quelques problèmes techniques, de sets pour la plupart un peu trop courts et d'un désastreux bouquet final, on a beaucoup apprécié ce festival à taille humaine, réputé pour son atmosphère familiale et décontractée.
Les hostilités s’ouvrent, alors qu'une chaleur accablante a transformé le Belge moyen en forme molle, rouge et suintante. Pas la température idéale pour s'exciter sur du rock. La majorité de barbus présents se demandent si c'était vraiment une bonne idée de suivre cette mode en été. Les premiers festivaliers rampent donc jusqu'au podium où malgré une première coupure de courant, Scrap Dealers fait son job en balançant son garage-rock à la Ty Segall. Rien de très original mais efficace et bien en place.
Prix de la patience à Shannon & The Clams qui après deux interruptions attendra une grosse heure que les organisateurs trouvent une solution aux problèmes d'électricité avant de reprendre son set en manifestant la même bonne humeur et la même énergie. L'imposante Shannon Shaw fait le show. Elle donne de sa personne mais la chaleur est définitivement trop accablante pour se remuer et la longue pause a un peu tétanisé l'assistance. La pop sixties aux relents garage de ces citoyens de San Francisco fait donc moyennement recette.
Metz est bien plus attendu par le public. La tente se remplit et l'atmosphère est suffocante. Alex Edkins, chemise roulée au dessus des biceps et tronche de nerd, hurle tant et plus, monte sur la batterie, dégouline de sueur et donne des grands coups de gratte rageurs. Un pogo se constitue. Il sent la testostérone. Le trio cherche avant tout l'efficacité et les quelques mélodies post-punk sont noyées sous une déferlante rageuse hardcore.
Les oreilles décapées, nous sommes prêts à accueillir Moon Duo. Ce sera un des grands moments du festival. Le concert démarre telle une séance d'hypnose qui contraste évidemment avec le shoot d'énergie que Metz vient de nous asséner. La voix chamanique de Ripley Jonhson suscitant fatalement plus la transe et la rêverie que le quasi screamo d’Edkins ; un climat sonore entretenu par une batterie kraut métronomique et ses tambourins très Spacemen 3. Mais progressivement, le groove de la basse du moog de Sanae Yamada nous rappelle que le plaisir n'est pas que mental. « Circles » et « I Been Gone » nous entraînent dans le space boogie qui a fait la réputation de ces cow-boys lunaires. La foule commence à dodeliner. Pas pour longtemps malheureusement. La formation, vu le retard accumulé en début de festival et la peur du gendarme, doit cesser après une petite quarantaine de minutes. Frustration du public, frustration des musiciens habitués à des shows bien plus longs. Mais à quoi bon râler ? On a passé un bon moment, les commentaires autour de nous sont élogieux et il est de toute façon grand temps de prendre une douche (NDR : on vous a dit qu'il faisait chaud ?)
Organisation : Jaune Orange
(Voir aussi notre section photos ici)

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