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Ardentes 2008 : jeudi 10 juillet

Écrit par - Jérôme Grodek -

Le marathon des Ardentes 2008, c'est parti ! Et Musiczine est bien présent pour en extraire la quintessence. Cette année, la manifestation a franchi un cap d'importance. Elle peut se targuer d'avoir atteint la taille critique d'un poids lourd dans le paysage festivalier wallon et belge. En seulement trois ans d'existence, c'est une gageure de taille. Plus de 50 000 personnes étaient attendues sur le site du Parc Astrid pour assister à plus de 80 concerts. Notons d'emblée un détail qui a son importance dans ce type de manifestation : la propreté. Certes, on réalise difficilement des miracles lors de rassemblements de cette importance, mais un réel effort a été accompli pour maintenir la qualité du site à un niveau acceptable. L'effort, payant à plus d'un égard, mérite d'être salué. Les nombreuses poubelles à tri sélectif et les toilettes qui ne dégagent généralement pas d'odeur pestilentielle ont grandement contribué au bien-être de tous. Si ces conditions n’avaient pas été remplies, le temps épouvantable de cette première journée de festival aurait peut-être réussi à entamer la bonne humeur des Liégeois. Mais établissons un petit état des lieux des concerts auxquels nous avons assisté...

Seules deux des trois scènes sont ouvertes pour cette première journée de festivités. La programmation a été savamment pensée pour nous obliger à courir d'un podium à l'autre ; un concert proposé dans les ‘Halles des Foires’ commençant exactement à la minute où le précédent se terminait à l'‘Open air’. Car longue est la ‘Route des Saveurs’ –allée gastronomique– qui relie les deux tableaux. Aussi, nous avions, à la nuit tombée déjà, quelques kilomètres dans les jambes.

La pluie s'est invitée dès les premières prestations. A notre arrivée, il subsiste encore de l'herbe sur les pelouses du parc, mais devant la scène principale, le sol s'est déjà transformé en fange aux remarquables vertus d’engluement. La prestation de The Do était particulièrement attendue ce jeudi. Evénement de ce début d'année, nous voulions voir si le buzz qui a boosté la sortie de leur premier album était justifié. L’accueil réservé par la foule au couple franco-finlandais est mesuré. Après un début plutôt animé, au cours duquel Olivia Merilahti gratte sa guitare, le set ramollit. En fait, dès que la chanteuse abandonne son instrument. Il retrouvera des couleurs lors des dernières chansons, c’est-à-dire lorsqu’Olivia va reprendre sa six cordes, redynamisant du même coup l’enthousiasme du public. Le groupe nous a cependant gâtés en nous réservant un « On my shoulders » tant espéré et bien sûr, apprécié.

Nos pas nous dirigent ensuite vers les ‘Halles des Foires’, où se déroule le concert d'Empyr. C'est en manifestant une certaine satisfaction que nous retrouvons le jeune groupe sur une scène couverte (NDR : et donc à l'abri des averses !) Le public est encore peu nombreux et très hétéroclite. Quelques égarés se sont plantés là, simplement séduits par la perspective d'un endroit chaud et sec. Ce genre de motivation va croître au fil des heures et de la dégradation du temps. Le quintette présente son premier album « The Peacefull Riot », livrant une musique très rock, lourde et bien bruyante. Benoît Poher s'agite sur scène comme à son habitude. Rôdés à l'exercice, les cinq artistes confirmés accordent un concert d’honnête facture ; mais le jeu plus brutal de Benoît et sa bande ne parvient pas à se départir d'un accent teenager qui parle davantage au jeune public. Le spectre de Kyo hanterait-il toujours Benoît ?

Ecourtant notre crochet, nous repartons vers l'‘Open air’ pour ne pas manquer l'entrée en scène de Yeal Naïm. La pluie s'est remise à tomber et alourdit de plus en plus les pelouses ( ?!?!?). Mais la chanteuse apparaît, et sa voix douce et chaleureuse ramène un peu de soleil dans nos cœurs. La pop teintée de folk servie par la chanteuse franco-israélienne constitue une excellente surprise, après les débuts rock de la journée. La jeune femme s’accompagne d’un tambourin, joue volontiers du piano ou de l’ukulélé. Sa prestation est rafraîchissante et met de bonne humeur. Quand la musique se fait plus soul, elle semble développer un lointain lien de parenté avec Amy Winehouse. Et en finale, elle nous a régalés d’un excellent « New Soul ».

Sébastien Tellier débarque ensuite. Dans les ‘Halles des Foires’, bien sûr. Sinon ce ne serait pas drôle ! Nous marchons d'un bon pas pour prendre le concert en cours. Après la douceur soul de Yeal, nous sommes invités à baigner dans de l'electro bien remuante. Le public apprécie, s'anime et danse. Le Français atypique et un brin provocateur n'économise pas ses efforts pour créer une atmosphère électrique et torride, à l’instar de celle qu’il a inoculé tout au long de son dernier album, « Sexuality », un manifeste débridé dont le titre suffit amplement à en exprimer le message.

Camille, pour sa part, nous aura un peu déçus. La chanteuse se lance dans son trip, mais oublie de convier l’audience à la rejoindre. Elle a beau être flanquée d’un chanteur de beat boxing, ses exercices d'imitation de boîtes à rythmes en tous genres font un peu pâle figure. La prestation de Yeal, qui venait de se produire juste avant elle, sur la scène extérieure, explique sans doute la réaction tiède de la foule. Et puis Naïm s’était montré tellement habile pour communiquer aux festivaliers son désir de fête. Bref, Camille nous a servi un numéro très musical, en apparence un peu fou, mais en somme, plutôt froid.

Arsenal est venu ensuite ou plutôt, nous sommes allés vers lui. De retour en intérieur, nous sommes bercés par la chaleur un peu latino de son expression sonore. L'ambiance est très bonne, les jeux de lumières donnent du relief à un style très electro et exotique. Cette nouvelle prestation est une autre rupture dans le fil de la programmation qui, décidément, se veut éclectique. Mais tant que la musique est bonne, qui s'en plaindra ?

Après le départ de nos amis Hendrik Willemyns et John Roan, nous décidons de camper sur place pour attendre Siouxsie. Nous nous asseyons à même le sol, tels des festivaliers chevronnés, méprisant les flaques de bière et autres breuvages collants qui ont été renversés négligemment. Le public est de plus en plus nombreux. Il faut dire que la pluie retombe de plus belle, dehors... Siouxsie Sioux, c'est un poids lourd du rock. Elle fait son entrée. Une apparition qui fait un peu penser à celle d'une star sur le retour. Affublée d'un tailleur digne d’une armure de 'power ranger' –évocation accidentelle vraisemblablement– la chanteuse nous a, avant tout, montré un joli jeu de jambes. Si l'on pouvait émettre quelques réserves sur la souplesse de la star, nous avons été, sur ce point, rassurés. Et comme ‘showwoman’, pas de doute, elle est rompue à l'exercice. Siouxsie et ses musiciens nous ont offert un spectacle de bonne facture, mêlant le rock à la pop, n’oubliant pas de nous dispenser le répertoire de son nouvel elpee, « Mantaray ». Bien sûr, on peut reprocher à ce set un manque de fantaisie. D’ailleurs, si les fans ont apprécié, une bonne partie de l’audience, venue dans les ‘Halles’ à la recherche d’un endroit sec, est restée de marbre.

Trentemoller et Cypress Hill assuraient la fin de soirée. Le premier, malgré une pluie persistante, a réussi le tour de force de faire danser les festivaliers dans la gadoue au son d'une musique inclassable mêlant electro, techno, house et tutti quanti.

Cypress Hill est le dernier groupe du jour que nous avons eu l'occasion de voir et d'écouter. Le groupe de hip hop a sorti la grosse artillerie. Sur scène, un roi squelette géant gonflable (NDR: et gonflé) est assis sur son trône. La salle ‘HF6’ est bondée. Déchaîné, le public jumpe et scande les paroles des chansons. L'atmosphère est étouffante mais on se dépense. Bonne ambiance!

Et déjà il est temps pour nous de prétendre au repos du juste. Au loin, Laurent Garnier termine d'embraser la plaine. Dans l'ensemble la journée a été très bonne : pas de grandes surprises mais pas de grosses déceptions non plus. La pluie, quant à elle, n'aura réussi que très modérément à ternir la fête.

Informations supplémentaires

  • Date: 2008-07-10
  • Festival Name: Ardentes
  • Festival City: Liège
  • Rating: 0
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