La vingtième édition du Pukkelpop a donc débuté ce jeudi 20 août sous un véritable soleil de plomb. Des milliers de jeunes –60.000 pour cette seule journée– se sont donc réunis pour voir et écouter leurs artistes favoris, mais également découvrir les futures stars de la musique alternative. Parmi la foule, de nombreux mélomanes belges ; mais aussi issus des quatre coins de la planète. Même des Mexicains et des Ukrainiens. Cependant, une majorité d’Européens, quand même… Et le moins que l’on puisse écrire, c’est que cette année encore, les programmateurs se sont surpassés afin de nous offrir ce qui se fait de mieux en matière de musique plus ou moins ‘indie’.
Inhabituelle pour la Belgique, la canicule sévit déjà dès les premières heures de la journée. La plupart des festivaliers ont pris d’assaut la Main Stage, seul site à ciel ouvert, pour découvrir la nouvelle sensation anglaise, The Maccabees ; mais aussi pour essayer de profiter d’un peu d’air frais ( ?!?!?) qui fait cruellement défaut sous les chapiteaux. Manifestement influencé par Arcade Fire et Animal Collective, le groupe de Brighton va accorder une prestation, ma foi, fort correcte ; même si le combo ne parviendra pas à mettre le feu à la plaine ( ?!?!?) En fait, le club était sans doute mieux adapté à son statut. Mais peu importe, cette opportunité a sans doute permis aux Britons de profiter d’un public bien plus nombreux, quelques mois à peine après leur passage au Botanique.
La prestation de The Maccabees à peine achevée, direction le Château afin d’assister à celle de Vetiver. Malheureusement, la chaleur qui règne sous la tente est insupportable. Impossible de résister à cette fournaise, sans devoir sortir pour se réoxygéner. Pas idéal pour juger le folk rock empreint d’une grande sérénité des Américains. Aussi, après avoir quand même pu apprécier quelques titres extraits de leur dernier excellent album, « Tight knit », il faut battre en retraite. Dommage, car Andy Cabic et ses acolytes semblaient pourtant bien en place…
Vers 13h, se produit la dernière ‘sensation’ belge. Elle nous vient tout droit de Louvain et s’appelle Selah Sue. Elle est âgée à peine de 19 ans. Armée de sa guitare, cette jeune fille nous délivre de jolis petits morceaux de soul/pop sous le regard d’un public flamand acquis à sa cause.
Sur la Main Stage, la Belgique est encore à l’honneur. Et pour cause, les Bruxellois de Ghinzu sont venus présenter leur dernier opus « Mirror Mirror ». Mais la notoriété du combo a déjà dépassé les frontières depuis belle lurette. Véritablement déchaînés sur les planches, John Stargasm et son team méritent amplement leur réputation de groupe de scène. Il est rare de voir un public conquis par un set à une telle heure de la journée (NDR : on n’est encore qu’au milieu de l’après-midi !) sur la Main Stage. Ghinzu est probablement le meilleur groupe belge en ‘live’ du moment. Et le spectacle décevant accordé le lendemain, par dEUS, en est probablement la plus belle confirmation.
Place ensuite à une des grandes révélations de l’année 2009 : Bon Iver. Le folk mélancolique et intimiste du natif du Michigan a cependant été, pour la circonstance, adapté pour mieux coller à l’‘ambiance festivalière’. Ses morceaux sont ainsi plus rythmés que d’habitude ; mais sans pour autant perdre leur aspect tourmenté et bouleversant.
Pour continuer à baigner dans l’univers du folk, un détour par le Château s’impose, puisque le combo californien, Port O’Brien est au programme. Héritier naturel de Modest Mouse, voire de Bright Eyes, le band est venu présenter son dernier opus édité l’an dernier. Le quintet yankee maîtrise parfaitement son sujet. Il enfile de véritables perles pop, subjuguant littéralement l’audience. A l’issue de ce concert, on a la conviction que ce combo ne mettra plus très longtemps avant de conquérir le Vieux Continent.
Le show des Deftones commence à 20 heures sur la Main Stage. Plutôt fans à leurs débuts, on craint quand même de vivre une grosse déception. Il est parfois préférable de conserver un bon souvenir d’idoles du passé que de devoir être confronté à la dure réalité de l’état des lieux des groupes vieillissants… Une situation tellement courante chez les formations qui émargent au néo métal. En 2008, victime d’un grave accident de la circulation, Chi Cheng a entamé une très longue convalescence. En mai dernier, il est enfin sorti de revalidation. Il a été remplacé par un nouveau bassiste. Affichant un look proche des rappeurs de Cypress Hill, il se montre déjà très à l’aise dans sa fonction. Et bonne nouvelle, le groupe va livrer un set d’honorable facture, mais surtout bourré d’énergie. Seule la voix de Chino Moreno semble avoir perdu de sa superbe. Mais l’arrivée soudaine d’un orage impressionnant rafraîchit l’atmosphère… et la foule aussi. Une perturbation qui va conférer une allure apocalyptique, mais bienvenue au show. De quoi laisser une bonne impression finale. Deftones est bien le seul groupe de l’horrible scène néo-métal à s’en sortir honorablement…
Il est malheureusement temps d’abandonner le spectacle des Deftones, qui se déroule sous les trombes d’eau, pour nous rendre au Club afin d’assister à la prestation des prodiges de Grizzly Bear. Le changement est radical. C’est qu’entre le metal des Deftones et la pop des New-yorkais, il y a un gouffre. Quelques chansons sont quand même nécessaires avant de pénétrer dans l’univers complexe du groupe. Mais une fois cette étape passée, le bonheur est au rendez-vous. Leur concert et leur énergie positive donnent alors vraiment l’envie de découvrir leur dernier album, tant acclamé par la presse.
Direction le Marquee pour le concert surprise. En fait les rumeurs allaient déjà bon train ; et on se doutait qu’il s’agissait bien de Them Crooked Vulture, le nouveau supergroupe monté par Dave Grohl, Josh Homme et John Paul Jones. Le rock proposé par les stars du rock américain est convaincant et proche de celui de Queen Of The Stone Age. La foule est au rendez-vous pour cette surprise de qualité. Et puis quelle joie de revoir Dave Grohl à la batterie !
Devotchka est déjà sur le podium du Marquee, lorsque nous débarquons. Them Crooked Vulture nous a mis quelque peu en retard. Mais pas question de manquer les Texans. Leur concert consenti à l’AB en juin 2008 avait fortement impressionné. Mais apparemment le groupe jouit d’un succès conséquent en Flandre depuis la sortie de la B.O. de ‘Little Miss Sunshine’, car il nous faut plus de 15 minutes avant de pouvoir entrer dans le chapiteau. Résultat des courses, nous ne pourrons entendre que quatre chansons. Et déjà de se confondre en regrets, car la fin du spectacle de Devotchka est tout bonnement remarquable. On assiste même à une très jolie chorégraphie, au cours de laquelle des danseuses s’enroulent les pieds dans des rubans accrochés depuis le plafond. De quoi accentuer l’aspect manouche et déambuler sur le fil des émotions de la musique. La bande à Nick Urata mérite assurément son succès !
Le concert le plus attendu de la soirée était bien entendu celui de Faith No More. Après plus de 10 années d’absence, le gang de San Francisco revient pour le plus grand bonheur de ses nombreux fans. Nous sommes très sceptiques à l’égard du come-back des légendes. Le plus souvent, elles ne renaissent que pour des raisons bassement lucratives. Mais pas chez Faith No More ! En effet, Mike Patton n’a cessé de multiplier les expériences depuis le split du groupe, en 1998. Des projets baptisés Tomahawk, Peeping Tom, Mr. Bungle et j’en passe ; mais surtout des aventures toutes plus audacieuses les unes que les autres. Et le reste du groupe n’est pas resté inactif. A l’instar de Roddy Bottum, impliqué au sein d’Imperial Teen. Dès les premières notes, le public sent qu’il va vivre un événement exceptionnel. Elégant dans son costard, les cheveux gominés, la chaîne en argent, Mike Patton possède un charisme rarement vu en ‘live’. Son aura est même proche d’un Johnny Depp rock n’roll… Les tubes s’enchainent : « Epic », « Digging the Grave », « Easy » ou encore « Midlife Crisis ». Mais aucun temps mort. Le concert dure plus d’une heure ; mais absorbés par le set d’un des groupes les plus importants des 90’s, on ne voit pas le temps passer. Un grand moment du festival ! Et rien de tel que d’achever la journée sur une aussi bonne note. A demain !

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