Le cœur brisé de Peter Kernel

Le groupe Peter Kernel vient de partager le single « Heartbreak ». Accompagné d’une vidéo, il raconte le chagrin d'amour non comme un événement soudain, mais comme une présence familière et récurrente, une habitude difficile à abandonner, faite de désir, de…

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Dernier concert - festival

Biohazard 8/8/26
L7
Philippe Blackmarquis

Philippe Blackmarquis

 

 

Vous connaissez sans doute WAVES, l'émission de radio qui collabore souvent avec votre webzine favori. Diffusée à Bruxelles sur les ondes FM et partout via internet, elle se consacre à la “wave”, le style héritier de la new-wave qui va de la synth-pop à la dark techno, en passant par la darkwave, l'ebm, le post-punk, etc. 

L'émission vient de célébrer son 500e épisode et, dans ce numéro exceptionnel, les deux animateurs, Fernando Wax et Phil Blackmarquis, ont proposé un festival d'exclusivités, de premières radio, de tracks ultra-rares et de messages de félicitations. On y retrouve, entre autres, Front 242, Position Parallèle, The Horrorist, Simon Jones (And Also The Trees), Adan & Ilse, Automelodi, Martial Canterel, Luminance, Agent Side Grinder, Zanias, etc.

On épinglera un inédit de Front 242: la reprise de “Tainted Love”, le hit new-wave de Soft Cell (NDR: lui même, une reprise d'un morceau de Gloria Jones), proposé en version instrumentale. C'est lors du festival “Euro-Rock”, qui se tenait à Lommel en 2002, qu'a germé l'idée de cette reprise, lorsque le groupe belge a dû remplacer au pied levé Soft Cell. On retiendra également les véritables 'bombes' que sont le titre exclusif accordé par Luminance, 'Passé Décomposé” et la version en français par Position Parallèle du morceau “Insecticide”, de Fad Gadget, sorti à l'origine en 1980. Autre jolie surprise: le petit audio envoyé par Simon Jones, le chanteur d'And Also The Trees (NDR: un des chouchous de musiczine), où il présente le morceau qu'il écoutait en boucle il y a presque 40 ans, quand son groupe traversait la Manche pour venir jouer en Belgique. Un beau moment!

Mais pour découvrir toutes les pépites exclusives, rien de tel que d'écouter le podcast de l'émission:

 L'émission est aussi disponible en anglais, pour les 'followers' du monde entier:

WAVES est diffusée sur Radio Vibration 107.2 FM tous les dimanche à 20h et sur Radio Panik 105.4 FM tous les mardis à 14h.

Pour célébrer cet anniversaire, nous vous offrons des vinyles de la dernière compilation de WAVES: “My Precious Vol. 5”, publiée par Red Maze Records.

Pour participer, c'est ici.

 

Le super-groupe belge Wolvennest frappe fort! Après une décennie d'exploration du monde invisible et plus d'une centaine de concerts à travers l'Europe (dont trois tournées, le Hellfest, le Desertfest et Roadburn), la formation bruxelloise nous revient avec un double album: “Procession”. Les amateurs de musique sombre savent à quoi s'attendre : un étrange mélange de psyché/doom, mâtiné de post-black metal. Guitares massives, synthés et thérémines hypnotiques, atmosphères oppressantes, riffs hyper-mélodiques, le tout enveloppé par la voix envoûtante de Shazzula. WLVNNST, c'est un comme un rituel, un sombre voyage alchimique dans le tréfonds de nos âmes à la recherche de la lumière.

“Procession” marque également la première collaboration entre Wolvennest et le label gantois Consouling Sounds. En grande partie auto-enregistré et mixé/masterisé par le collaborateur de longue date Déhà (Blackout Studios), ce cinquième album présente un superbe 'artwork' d'Arts of Maquenda, également à l'origine de la pochette de “Temple” en 2020.

Fidèle à la tradition, Wolvennest accueille des invités. Cette fois, on retrouve sur l'album Hekte Zaren, la voix énigmatique derrière le secret le mieux gardé du black metal : Adaestuo.

Selon Corvus von Burtle, un des guitaristes-compositeurs, “le groupe a veillé à créer un album où chaque morceau possède sa propre identité.” Un premier titre vient d'être dévoilé, « Décharné ». Tout en étant dans la continuité de précédentes compos, il révèle une nouvelle facette, un chant en français, qui possède un fort potentiel de par son refrain accrocheur: “Si Loin de Toi, J'ai le Coeur Décharné...” Marc De Backer déploie à nouveau de sublimes arabesques à la guitare solo et la basse est assurée avec maestria par Estéban Lebron-Ruiz, alias VaathV (Hispÿn & Hymn of Hoarfrost). Citons également Michel Kirby, à la guitare et Bram Moerenhout à la batterie. “Décharné” est une véritable pépite, et “Procession” devrait sans nul doute permettre au groupe de poursuivre son irrésistible ascension.

Pour écouter “Décharné”, c'est ici. 

“Procession” sera disponible le 17 octobre via Consouling Sounds. 

Le 'release concert' se tiendra au Botanique le 3 décembre prochain. Pour réserver, c'est ici. 

Artwork par Art of Maquenda
Photo du groupe par Void Revelations

 

 

Vous vous souvenez certainement de ce hit imprévu qui avait squatté les ondes en 1985: “What's Your Name?”. Il était l'oeuvre de Zinno, le duo légendaire formé par Frédéric Jannin, alias Fred Balls (Snuls, Bowling Balls, Germain et Nous) et le regretté Jean-Pierre Hautier (RTBF).

Inspiré par la musique et l'univers de James Bond, la compo faisait la part belle aux “samples” et s'inscrivait dans la veine de hits comme “19” de Paul Hardcastle. Il a connu un succès international et a été distribué dans de nombreux pays: France, Suisse, Allemagne, etc. Après avoir essayé, sans succès, de réitérer leur 'coup' avec d'autres titres, tels que “Money Is Honey”, “Get Up And Boogie”, ou “Blackaya”, le duo s'est séparé en 1989.

Aujourd'hui, nous vous offrons cette info exclusive! Fred Jannin fête les 40 ans de Zinno et s'associe pour l'occasion à son collègue des Snuls, Kris Debusscher, un des membres historiques d'Allez Allez, autre groupe culte de la scène belge des années '80. Souvenez-vous des hits “She's Stirring Up”, “Allez Allez” et “African Queen”. Olivier Gosseries, le DJ et producteur bruxellois bien connu (Mirano, Who's Who's, TomorrowLand...), est aussi de la partie en tant que co-producteur et directeur artistique.

Pour célébrer cet anniversaire, les compères annoncent la sortie d'un vinyle 'collector' en tirage ultra-limité, “Allez Zinno”, qui proposera:

  • les titres originaux “What's Your Name” (Zinno) et “African Queen” (Allez Allez) en versions remastérisées;

  • des remix / reworks inédits des 2 titres par Fred et Kris, ainsi que par Serge Raemackers, un des producteurs les plus en vue de la période 'new-beat';

  • en bonus, une version “club mix” de “Get Up and Boogie” par Olivier Gosseries.

Pour célébrer cet événement, tout ce beau monde nous donne rendez-vous le samedi 25 octobre, dès 19h30, aux Jeux d’Hiver (Bruxelles), pour une soirée spéciale pleine de surprises.

La sélection musicale sera assurée par Olivier Gosseries, accompagné de So’Lex, ALXS et G Zul. Olivier Gosseries proposera un voyage musical “Best Of” retraçant la période magique allant des débuts d’Allez Allez en 1980 jusqu’à aujourd’hui, dans un mélange des générations et des styles. Une soirée et un événement à ne pas rater! Bientôt, dans votre webzine favori, une interview des protagonistes de ce beau projet!

Pour plus d'infos sur la soirée, c'est ici. Pour acheter des tickets, c'est là. 

samedi, 06 septembre 2025 12:54

Val Synth

Comme une extravagance rétrofuturiste...

Flora Fishbach, la belle rebelle des Ardennes, nous revient ; et elle n'en fait qu'à sa tête... qu'elle a très jolie, au demeurant. Sa dernière lubie ? Les 'arpeggiators' de synthés, à la Georgio Moroder, arrangés comme une techno discoïde, sur laquelle elle vient placer une voix à mi-chemin entre Klaus Nomi et Mylène Farmer. Le tout baigné dans une nostalgie années '80 truffée de nappes synthétiques et de sons hyper-kitsch.

Pourtant, c'est sur une chanson traditionnellement pop, qui rappelle les albums précédents de l'artiste, que s'ouvre “Val Synth”. On déguste ce subtil mélange de mélodies hyperromantiques et d'harmonies sophistiquées qui constitue la marque de fabrique de Flora. Mais, dès la deuxième plage, “Comme Jean Reno”, la chanteuse rebat les cartes et innove.

Cette plongée dans les profondeurs s’ouvre sur une phrase qui résonne tel un mantra : ‘Je plonge dans les abysses comme Jean Reno’. Et, ô merveille, l’acteur français, icône intemporelle du ‘Grand Bleu’, s’invite dans cette aventure sonore pour un 'featuring' aussi inattendu qu’inspiré. Quant à la musique, elle s’élève comme une vague irrépressible, nous ramenant avec délectation aux échos glorieux de la new wave. Les rythmiques pulsantes évoquent les émois électrisants de Bronski Beat, tandis qu’un break audacieux dévoile un hommage subtil, presque clandestin, à Moroder. Là, surgissent les voix, qui semblent murmurer l’écho de “I Feel Love”, portées par des chœurs célestes qui ouvrent une brèche vers un univers mystique, où les étoiles dansent avec les âmes errantes. Une pure merveille !

Dans “Des Bêtises” (‘part 1’), Flora poursuit dans la veine disco-pop, convoquant des accents très ‘myléniens’ et même, à un moment, une guitare acoustique ! La deuxième partie (‘part 2’) de la chanson en est le prolongement cinématographique, principalement instrumental, comme un clin d'œil adressé à Sébastien Tellier. “Meryl Streep libre” prolonge la rêverie dans un style plus ‘ambient’, bande-son mélancolique portée par un bouzouki oriental, des claviers 'dx7' et une mélopée délicieusement onirique.  

Mais ce calme est de courte durée. “La Machiavela” fait exploser le tout dans une extravagance lyrique complètement hystérique. Un beat répétitif, des nuées de notes synthétiques, et au-dessus, planent des vocalises audacieuses au cours desquelles s'entrecroisent l'opéra-bouffe, les folklores loufoques, Rita Mitsouko, Nina Hagen et les Sparks.

L'opus se clôture sur “Mon Copain”, une deuxième chanson pop plus ‘traditionnelle’ et un nouvel OMNI (Objet Musical Non-Identifié), “Dulcimers”, une bombe instrumentale technoïde qui fonce comme un séquenceur à plein régime. Entre synth-wave et bande-son futuriste, la composition laisse présager de prestations ‘live’ carrément orientées ‘clubbing’, au cours desquelles la sombre prêtresse fera résonner les âmes perdues de ses disciples...

On l'a compris, Flora Fishbach aime se remettre en question. Dans “Val Synth”, elle a réussi la gageure de redéfinir son style en lui conférant des tonalités carrément baroques, mais sans jamais se perdre. Un côté ‘larger than life’ fantasque, audacieux et assumé, au risque de tomber dans le surréalisme. Tantôt new wave disco cheesy, tantôt cabaret bastringue, tantôt électro hypnotique, la musique est habitée... Habitée par cette voix, mutante, oscillant entre notes aiguës et graves, une mezzo dramatique, voix d'enfant, de déesse, de sorcière... Pas de doute, cet album est encore une belle ‘Fishclaque’... 

 

"Val Synth", sortira le 12 septembre sur le label Créature et est disponible en pré-commande là

 

La musique a été composée par la chanteuse en collaboration avec AGLE (@agle.music), le musicien basé à Barcelone. Les paroles ont été écrites par Flora en compagnie d'Arthur Navellou et de Casual Melancholia (@casualmelancholia). Le son a été dessiné par Michael Declerck (@michaeldeclerck) au studio La Briche, près de Tours.

 

Tracklist Flora Fishbach "Val Synth" :

Rends-moi ma vie

Comme Jean Reno

Des Bêtises (PART I)

Des Bêtises (PART II)

Meryl Streep libre

La Machiavela

Mon Copain

Dulcimers

 

Pour (re) lire les interviews de Fishbach, cliquez sur le nom de l’artiste, en vert, dans le cadre ‘Informations complémentaires’.

mercredi, 03 septembre 2025 10:45

Arctic Moon

Cet album, on l’a attendu avec impatience ! Et pour cause, il y a 24 ans que ce groupe mancunien légendaire n'avait plus sorti de Long Playing. Un long hiatus au cours duquel seul le chanteur, Mark Burgess, qui se fait appeler aujourd'hui ‘Vox’, avait porté la flamme sous le nom de Chameleons Vox. Aujourd'hui, à la suite du retour de Reg Smithies, un des deux guitaristes originaux, la formation a repris les tournées sous le patronyme ‘The Chameleons’, a enregistré 2 Ep et aujourd'hui, enfin, elle nous délivre un nouvel opus à part entière: “Arctic Moon”.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que le résultat est à la hauteur des attentes. Evidemment, le son a évolué. Il ne baigne plus dans le post-punk puissant et grandiloquent des années '80. L’atmosphère générale se teinte désormais d’une douceur feutrée, tissant des fils de soft-rock aux nuances psychédéliques subtiles, et le tout est enrichi d’une touche raffinée de 'glam'. Les références majeures ne surprendront pas. Et pour cause, ce sont les artistes préférés de Vox : les Beatles, T-Rex et David Bowie.

D'ailleurs, la pièce principale de l'elpee, “David Bowie Takes My Hand”, évoque directement le 'thin white duke'.  Elle s’ouvre sur une rêverie acoustique évoquant “Space Oddity”, et s’épanouit ensuite en un magnum opus de plus de huit minutes. Au cours de l'interview qu'il nous a accordé, Vox a expliqué : ‘C'est probablement le meilleur morceau sur lequel j'ai jamais travaillé, mais il est très différent de ce que les Chameleons ont fait auparavant.’

Une version réenregistrée de “Where Are You ?”, probablement le titre le plus percutant, ouvre l'album, lequel se referme par le single “Saviours Are A Dangerous Thing”, une compo qui allie à la perfection les textures cristallines des guitares à une maîtrise parfaite de la mélodie, tout en dévoilant un message politique sombre. Parmi les autres joyaux, “Magnolia” charme par ses éclats psychédéliques, “Free Me” s’abandonne à un onirisme dream-pop, et “Lady Strange” exerce une fascination irrésistible.

Autre remarquable composition, “Feels Like The End Of The World”, rappelle la grandeur amère de “Bitter Sweet Symphony” de The Verve, illuminée par de superbes arrangements de cordes. Après 4 minutes, le rythme s'interrompt et Vox improvise une déclamation poétique à propos des signes que l'on peut déceler autour de nous. Les autres instruments reviennent et le final est répétitif et hypnotique. Superbe !

Notons au passage l'importante contribution des nouveaux membres de la formation : Stephen Rice à la seconde guitare, Todd Demma à la batterie et surtout Danny Ashberry aux claviers. Vox tient à souligner que cet LP est l’œuvre d’un véritable collectif, les chansons ayant, pour la plupart, germé dans un esprit commun. De surcroît, ils ont invité un ensemble de violons, le Real Strings de Pete Whitfield, à Manchester, lequel insuffle une chaleur orchestrale authentique aux arrangements.

Même si d'aucuns regretteront l'absence de bombes post-punk comme “Don't Fall” ou “Second Skin”, force est de constater que ce long playing se distingue par une véritable élégance, un style racé, coloré et spacieux, un rock rétrofuturiste vibrant qui ravira les fans de REM, The Church, Tears for Fears ou The Verve.

The Chameleons nous donnent rendez-vous le 29 octobre prochain au Wilde Westen à Courtrai, où cette odyssée sonore prendra vie sous nos yeux (plus d’infos ici).

Pour en savoir davantage sur The Chameleons, et notamment lire ou relire l’interview accordée par Vox récemment, cliquez sur le nom du groupe (en vert) dans le cadre informations complémentaires, ci-dessous (page ‘Artistes’). 

Pour écouter l'interview en version audio dans l'émission WAVES, c’est là.

"Arctic Moon" sortira le 12 septembre prochain sur Metropolis Records.

 

 

 

 

 

Flora Fishbach, la muse ardennaise au timbre envoûtant, nous convie à une descente vertigineuse dans les profondeurs avec son nouveau single. Il s’ouvre sur une phrase qui résonne tel un mantra : “Je plonge dans les abysses comme Jean Reno”. Et, ô merveille, l’acteur français, icône intemporelle du Grand Bleu, s’invite dans cette aventure sonore pour un 'featuring' aussi inattendu qu’inspiré. À travers ses murmures graves et réconfortants, Jean Reno guide un oiseau de nuit égaré dans les méandres d’un enfer nocturne, lui soufflant avec tendresse : “Il te faut reprendre ta place… Quoi que tu fasses... N’oublie pas qui tu es…”.

La musique, elle, s’élève comme une vague irrépressible, nous ramenant avec délectation aux échos glorieux de la new wave. Les rythmiques pulsantes évoquent les émois électrisants de Bronski Beat, tandis qu’un break audacieux dévoile un hommage subtil, presque clandestin, à Giorgio Moroder. Là, surgissent les voix, qui semblent murmurer l’écho de “I Feel Love”, portées par des chœurs célestes qui ouvrent une brèche vers un univers mystique, où les étoiles dansent avec les âmes errantes. Un voyage où chaque note semble tissée de profondeur et de nostalgie.

Depuis sa révélation il y a 10 ans, Flora Fishbach, qui a maintenant ajouté son prénom à son nom d'artiste, n’a jamais masqué son amour fervent pour les années 80, sculptant un style rétro-futuriste foncièrement original. Cette esthétique, à la croisée du passé et de la modernité, a inspiré des artistes comme Clara Luciani et Juliette Armanet. Avec ce nouveau titre, porté par la présence magnétique de Jean Reno, on ne peut s’empêcher d’espérer qu’il devienne son “Reno-la Gay”...

Mise à jour du 24 juin 2025:
Le nouvel album, intitulé « Val Synth », sortira le 12 septembre. 
La musique a été composée par la chanteuse en collaboration avec AGLE (@agle.music), le musicien basé à Barcelone, donc on peut s'attendre à une orientation très “synthwave”, inspirée des années '80. Les paroles ont été écrites par Flora en compagnie d'Arthur Navellou et du parolier 'Casual Melancholia'. Le son a été dessiné par Michael Declerck (@michaeldeclerck) au studio La Briche, près de Tours.

Pour écouter le single, c'est ici ou là. Pour lire les interviews de Fishbach, c'est ici. 

 

Mise à jour du 21 août 2025:
Flora Fishbach a divulgué un nouvel extrait de son prochain album: "Machavela", un titre court et ludique, inspiré du style "cabaret" et des extravagances d'artistes comme Klaus Nomi, Kate Bush ou Catherine Ringer. Flora chante de façon lyrique des onomatopées étranges, sur un tempo rapide et un rythme electro. 
Pour écouter le single et regarder la vidéo, c'est ici.

“Nous voulons offrir un panorama de la scène francophone – dont un large contingent d’artistes belges – à un public familial et transgénérationnel, avide de musique et de convivialité.” Le message de Yoann Frédéric, directeur, est on ne peut plus clair. Après une édition anniversaire qui avait tenu toutes ses promesses, l'année passée, le festival trentenaire continuera, du 17 au 20 juillet prochains, de creuser le sillon tracé depuis 1994: être le rendez-vous de toutes les musiques et de tous les publics.

De Véronique Sanson à Luidji, de Kendji Girac à Miki, de Henri PFR à Lamomali, c'est une affiche diversifiée qui animera le cœur de Spa, petite cité thermale bordée de forêts, qui se transforme chaque année en une véritable boîte à musique à ciel ouvert.

Le jeudi 17, pour débuter en force, place à la musique live, à la poésie et à l’engagement ! LAMOMALI accordera un concert exclusif pour la Belgique. Porté par -M- (Matthieu Chédid), et Fatoumata Diawara, le collectif embarque les spectateurs dans un voyage musical vibrant aux couleurs du Mali. Autre temps fort : la présence exceptionnelle de deux légendes du hip-hop français: IAM et MC SOLAAR. Trois retours marquants viendront aussi électriser la journée: BEN L’ONCLE SOUL, SUPERBUS, de retour pour fêter ses 20 ans de carrière et les Belges de HOLLYWOOD PORN STARS. A côté de SAULE, qui a récemment célébré ses 20 ans de carrière au Cirque Royal, on épinglera la lumineuse LUBIANA, avec sa kora, en solo et avec Lamomali. La journée s’ouvrira avec un nouveau duo français prometteur : NOUS ÉTIONS UNE ARMÉE, un duo qui casse les codes, entre voix parlée, musique électronique et guitares électriques.

Le vendredi, le festival mettra à l’honneur une nouvelle génération d’artistes — entre chanson et musiques urbaines: LUIDJI, dont le concert à Spa sera l’unique date belge cet été, DADJU et autre première spectaculaire : Michaël Youn, alias FATAL BAZOOKA. Egalement présents: KENDJI GIRAC, en tournée anniversaire, DALI, nouvelle figure montante de la scène urbaine, et YOA, Victoire de la Musique dans la catégorie Révélation scène féminine. La chanson française sera également bien représentée avec AMIR, artiste à la popularité croissante, et avec BARBARA PRAVI, musicienne totale, libre et engagée. Et côté découvertes belges, on ne manquera pas ORLANE, un style affirmé mêlant pop urbaine et électro décomplexée, DIEGO, un jeune talent bruxellois au croisement entre pop, rap et électro, LÉON (de son vrai nom Benoît Léon Leclercq), moitié du duo Delta, et le phénomène MORPHO.

Le samedi, JULIEN DORÉ fera son grand retour sur la scène de Spa après plus de dix ans d’absence. Il sera suivi par HENRI PFR, habitué des grands événements. En prélude à ce feu d’artifice, la journée promet d’être aussi douce et poétique que rythmée et joyeuse, grâce à BEN MAZUÉ, conteur à la sincérité désarmante, à JÉRÉMY FREROT, révélé par Fréro Delavega, à ALIOCHA SCHNEIDER, doublement nommé aux récentes Victoires de la Musique et à NICOLAS MICHAUX, que les Francos suivent depuis ses débuts avec Été 67. À leurs côtés, des valeurs montantes de la scène belge : le duo électro-pop COLT, en showcase lors de la conférence de presse, aura carte blanche pour un concert inédit, mêlant cuivres et percussions, à la croisée des genres; CHARLES présentera son univers sonore résolument moderne et ESSYLA viendra éclairer la scène avec sa pop funky, colorée et dansante, portée par une voix impressionnante.

A noter également deux nouvelles pépites: la Franco-Coréenne MIKI, annoncée comme une des sensations de 2025, et la Belge LOVELACE, sans doute la nouvelle Angèle, qui fut impressionnante lors de son showcase. La touche québécoise sera apportée par ALEX BURGER, qui marie avec brio blues, rock et folk dans des chansons à la fois fines, drôles et touchantes.

Le lineup de dimanche permettra aux festivaliers de retrouver CLARA LUCIANI, qui, depuis sa première participation en 2017, avant « La Grenade », est une fidèle des Francos. Elle présentera son nouvel album sur scène. Juste avant elle, une autre grande dame, VÉRONIQUE SANSON. A côté de l'excentricité touchante de PHILIPPE KATERINE, on plébiscitera le Suisse STEPHAN EICHER, qui continue inlassablement à innover et DARAN, figure rare, rockeur affûté et engagé, qui défend un rock français mélodique, brut et ciselé. La relève sera présente, elle aussi, grâce à STYLETO, influenceuse qui trace une voie singulière entre pop intelligente et storytelling générationnel. Les frères Théo et Raphael Herrerias de TERRENOIRE, marieront la chanson à une électro noire, dense, terriblement contemporaine. En tête d’affiche, MUSTII, icône flamboyante et acteur caméléon, jouera à Spa comme à la maison. Autre électron libre : ÉDOUARD VAN PRAET, qui allie folk rock, glam, synthpop et transe techno. Quant au Bruxellois ISAAC, nouveau venu, il frappe juste. Une proposition dense, radicale, tendue comme un fil entre rock, électro et chanson. De quoi faire vibrer les fondations.

Signalons que le “Piétonnier Musical”, situé en dehors de l'enceinte du festival, dans la rue Dagly, permettra de (re)découvrir des artistes talentueux et ce, gratuitement. Nombre de jeunes talents belges ont trouvé leur public grâce à cette scène, parmi lesquels Suarez, Typh Barrow ou encore Ykons, désormais bien installés. Les amateurs de musique, exigeants et curieux, y retrouveront une programmation particulièrement riche et éclectique. Parmi les têtes d’affiche de cette édition 2025 : Aprile, Marka, Pale Grey et CelenaSophia !

Les Francos Juniors seront proposées au Petit Théâtre, pour le plus grand plaisir des enfants et de leur famille, chaque jour à 11 h. On ne ratera pas, le samedi, ANDRE BORBÉ, auteur-compositeur-interprète belge incontournable du jeune public. Il revient avec "Le Grand Possible", un concert vibrant, engagé et plein d'optimisme. Il sera accompagné, entre autres, par son frère, Hervé, le célèbre claviériste de Machiavel.

Pour plus d'infos et pour réserver ses tickets, c'est ici: https://www.francofolies.be/

mardi, 20 mai 2025 16:56

L’alchimiste des âmes…

Il est de ces artistes qui sculptent des univers, des refuges où les âmes égarées se retrouvent, frémissantes, pour communier dans une transe collective. Chris Corner, l’âme tourmentée d’IAMX, est de ceux-là. Depuis 2002, cet alchimiste tisse une toile sonore singulière, mêlant dark synthpop, électro hypnotique, darkwave envoûtante, burlesque décadent et indus rageur. Enfant prodige, il n’a que quinze ans lorsqu’il intègre Sneaker Pimps, avant de s’émanciper pour donner naissance à IAMX, son projet solo, son laboratoire d’émotions brutes. En 2006, grâce à « Spit It Out », il déchaîne une ‘IAMX-mania’ qui, on s'en souvient encore, a fait trembler les murs de l’auditoire Paul-Émile Janson, à Bruxelles. Mais Corner n’est pas homme à se reposer sur les lauriers d’un succès facile. Il a choisi l’exil volontaire dans un univers autistique, un refuge d’expérimentations audacieuses où il célèbre sa singularité aux côtés d’une tribu fidèle, disséminée aux quatre coins du globe.

Ce soir, dans l’antre mythique de l’Ancienne Belgique, le prince noir de l’électro-rock opère son retour. Il y a dix ans, votre serviteur a eu l’honneur de fouler cette même scène à l’invitation de l’artiste, un souvenir gravé dans l’éternité. Ce soir, l’AB, en configuration ‘box’, vibre d’une ferveur palpable. Les premiers rangs frémissent, les cris fusent comme des éclairs avant l’orage. La salle, presque comble, retient son souffle.

Le rideau s’ouvre sur « The Ocean », joyau tiré du dernier opus, « Fault Lines² ». La voix éthérée d’Hafdís Huld, la chanteuse islandaise, absente physiquement mais présente grâce à une bande-son, flotte comme un spectre bienveillant, tandis que des images en noir et blanc, d’une beauté austère, dansent sur trois écrans dressés sur l’estrade. La scène s’anime, et Chris Corner surgit, figure chamanique drapée de noir, le visage orné d’un masque surmonté d’une couronne d’épines mystiques, tel un succube post-apocalyptique. À sa gauche, Sarah Pray, dont la voix cristalline et la présence magnétique (connue sous son excellent projet solo Carrellee) captent la lumière. À droite, Janine Gezang, fidèle bassiste et choriste, ancre le son dans une énergie sensuelle. Derrière, Jon Siren, batteur aguerri aux accents heavy metal et indus, martèle le rythme avec une précision féroce, fort de son passé auprès de formations comme FrontLine Assembly ou Psyclon Nine.

À peine le concert s’élance-t-il que l’énergie explose. Sur les planches, c’est une chorégraphie de chaos maîtrisé ; dans la fosse, une marée humaine s’agite, électrisée. Les titres prennent une ampleur nouvelle, transfigurés par une patine électro-indus. Sailor, née en 2004, se mue en un monstre rythmique. Ses pulsations implacables sont accompagnées d’une vidéo aux accents fétichistes délicieusement provocateurs. « Aphrodisiac », réverbérant des échos d’Obsession d’Animotion, révèle la complicité entre Corner et ses deux muses. « After Every Party I Die » embraie, déferlante qui embrase la foule. Corner, possédé, se jette dans un stage diving sauvage, porté par une vague humaine.

L’atmosphère s’apaise un instant, grâce aux mélodies introspectives de « Grass Before The Scythe » et « Break The Chain », mais la machine électro reprend vite ses droits. « I Come With Knives » et « Neurosymphony » électrisent, cette dernière prouvant que les nouvelles compositions d’IAMX passent bien la rampe. Puis arrive l’inévitable « Spit It Out », apogée de la soirée. La foule, emportée par un raz-de-marée électronique, chante à l’unisson : ‘And it breaks my heart…’ Corner, tel un sorcier magnétique, règne sur l’assemblée. Sa présence androgyne, son chant d’une précision tranchante et son charisme brut captivent. ‘Vous êtes magnifiques ! Et très érotiques !’ lance-t-il, malicieux, avant d’enchaîner par « The Great Shipwreck of Life ». La salle se transforme en un dancefloor tribal, où les stroboscopes tailladent l’obscurité, plongeant le public dans une transe collective.

Le rappel, hélas, prive les fidèles de « Kiss + Swallow », mais « The Alternative » et le burlesque « Bernadette » font monter la fièvre d’un cran. « Mercy » conclut la cérémonie, comme un ‘merci’ murmuré par une foule reconnaissante.

Une fois encore, IAMX a conjugué virtuosité musicale, performance scénique et intensité émotionnelle. Si Chris Corner ne soulève plus les foules avec la même frénésie qu’il y a dix ans, il demeure un alchimiste des âmes, capable de tisser une communion presque mystique avec son public. Ce soir, il a prouvé qu’il reste, indéniablement, IAMX-traordinaire.

Setlist :

The Ocean

Disciple

The X ID

Sailor

Aphrodisiac

After Every Party I Die

Grass Before the Scythe

Break the Chain

I Come With Knives

Neurosymphony

Exit

Spit It Out

The Great Shipwreck of Life

Rappel :

The Alternative

No Maker Made Me

Bernadette

Mercy

En première partie, le duo Ductape, originaire de Turquie, a enchanté le public grâce à une darkwave évoquant Siouxsie, Lene Lovitch et Sisters of Mercy. La chanteuse, Çağla Güleray, possède une voix grave et envoûtante, tandis que son acolyte, Furkan, tisse de belles arabesques mélodiques à la guitare électrique. Un projet prometteur, qui sera de retour à Bruxelles le 12 juin prochain (infos ici et page ‘Artistes’ là)

(Organisation : FKP Scorpio)

Photo : Thomas Jansson (Instagram)

C'est le 12 septembre prochain que le groupe légendaire de postpunk les Chameleons sortira son nouvel album tant attendu, « Arctic Moon », sur le label Metropolis Records. Il fera suite aux EP « Where Are You ? » et « Tomorrow Remember Yesterday », sortis l'année dernière.

« Notre nouvel album est enfin terminé et sa sortie est en préparation », déclare le chanteur et bassiste Vox (alias Mark Burgess) dans un communiqué. « L'écriture de cet album témoigne d'une maturité évidente, et tous ceux qui connaissent nos précédents travaux comprendront qu'il s'agit d'une avancée positive. »

Le groupe sera en tournée parallèlement à la sortie de l'album, avec des concerts en Espagne et au Portugal du 6 au 19 juin, suivis d'un concert au festival Forever Now de Milton Keynes le 22, avant un retour aux États-Unis pour des concerts en tête d'affiche, ainsi qu'une douzaine de concerts avec The Psychedelic Furs à partir du 26.

Une nouvelle tournée en tête d'affiche en Amérique du Nord débutera quinze jours après la sortie d'« Arctic Moon », et des concerts en Europe continentale et au Benelux sont prévus à partir de fin octobre, avant une tournée britannique déjà annoncée en novembre. En Belgique, le groupe se produira au Wilde Westen à Courtrai, le 29 octobre prochain.

« Nous sommes ravis du résultat final de l'album et avons hâte de relever le défi d'interpréter des morceaux de l'album en live lors de la tournée « Arctic Moon », poursuit Vox. Pour la première fois, nous avons pu utiliser un véritable ensemble de violons sur certains morceaux, arrangés et interprétés par Pete Whitfield au Real Strings de Manchester.»

Ayant inspiré des artistes comme (The) Verve, Oasis, Interpol, The Killers, Editors et White Lies, les Chameleons sont réputés pour leurs superbes compositions et leurs performances live intenses et chargées d'émotion, créant un héritage qui va bien au-delà de leurs quatre albums studio à ce jour. Leur premier album, « Script of the Bridge » (1983), largement salué, a été qualifié par beaucoup de chef-d'œuvre très en avance sur son temps, suivi de « What Does Anything Mean? Basically! » (1984), « Strange Times » (1986) et « Why Call It Anything? » (2001).

Avec « Arctic Moon », qui s'ajoutera bientôt à ces titres, le groupe a propulsé sa musique vers l'avant tout en conservant l'essence même qui l'a rendu emblématique. « Si nous sommes fiers de l'héritage du groupe, nous souhaitions vraiment créer quelque chose de nouveau tout en conservant la profondeur et l'imagination qui font notre renommée », explique Vox. « Nous pensons y être parvenus et proposer un album très solide.»

Avec la sortie prochaine de nouveaux morceaux d'« Arctic Moon », Vox et le groupe sont impatients d'entamer ce nouveau chapitre de l'histoire du groupe. « Tous les participants ont donné le meilleur d'eux-mêmes à ce projet et j'ai personnellement hâte que les gens l'écoutent », déclare-t-il. « Je suis sûr que nous pouvons créer une dynamique qui nous propulsera vers l'avant et galvanisera le groupe pour le prochain album.»

Pour lire l'interview de Vox réalisé il y a peu, c'est ici.

Pour écouter le podcast consacré à cette interview, c'est ici.

Photographie: Mick Peek

CHAMELEONS:
Vox (Mark Burgess) - chant, basse
Reg Smithies - guitare
Stephen Rice - guitare
Danny Ashberry - claviers
Todd Demma - batterie

Site officiel: https://chameleonsband.com/

Ce soir, Bruxelles s’illumine sous l’éclat d’une étoile rare : Steven Wilson, souverain incontesté du rock progressif, est de retour au Cirque Royal pour dévoiler “The Overview”, son dernier opus solo, une œuvre aussi ambitieuse qu’astrale. Six ans se sont écoulés depuis sa dernière apparition en Belgique, une absence que la tournée 2023 de Porcupine Tree, cruellement dépourvue de halte belge, n’a fait qu’amplifier. L’attente, presque palpable, des aficionados a transformé ce concert en une célébration à guichets fermés.

Par sa voûte circulaire évoquant un dôme céleste, le Cirque Royal se prête à merveille à l’univers de Wilson. “The Overview”, concept-album inspiré par l’’effet de vue d'ensemble’ – cette sidération contemplative éprouvée par les astronautes face à la Terre vue de l’espace – métamorphose la salle en un planétarium. Les projections stellaires, cascades d’étoiles et de nébuleuses, enveloppent les spectateurs, tandis que la musique, aux accents floydiens, tisse une toile sonore où s’entrelacent méditation et voyage interstellaire. Les deux suites épiques, de 23 et 18 minutes, divisées en mouvements comme autant de constellations (huit pour la première, six pour la seconde), imposent un silence quasi sacré. Ce ne sont pas de simples chansons, mais des fresques mouvantes, des spirales de notes qui oscillent entre introspection et infini.

Un film d’animation de Miles Skarin accompagne cette odyssée : un extraterrestre gris émerge d’un marais primordial, des nébuleuses annulaires palpitent à des années-lumière, des visions cosmiques dansent sous les yeux ébahis. L’effet est envoûtant, une immersion totale où le spectateur, suspendu entre la Terre et l’éther, se perd dans l’immensité.

Vêtu de noir, pieds nus et arborant un look d'éternel étudiant, Steven Wilson orchestre ce voyage avec aisance. Passant de la guitare aux claviers, il guide une formation d’exception : Adam Holzman, sorcier des synthétiseurs, Randy McStine, prodige des six cordes, Nick Beggs, ancre rythmique à la basse, et Craig Blundell, maître des percussions. McStine, benjamin de la troupe, brille malgré une entrée légèrement ternie par un réglage maladroit. Ses solos, échos vibrants de David Gilmour, s’élèvent en arabesques stratosphériques, mêlant virtuosité et émotion. Blundell, en revanche, pèche par excès de puissance : son jeu, parfois trop massif, écrase la délicatesse des autres instruments. N'est pas Gavin Harrison qui veut...

Dans "Objects Outlive Us", un riff hypnotique de 19 notes, porté par une rythmique asynchrone, évoque les spirales envoûtantes de Happy The Man (“Carousel”). Pas étonnant, quand on sait qu'Adam Holzman est un grand fan du groupe américain, comme il nous l'avait confié dans les coulisses du Trix, à Anvers, il y a quelques années.  Mais Wilson ne se contente pas de rendre hommage au passé. "No Monkey’s Paw" s’ouvre sur des textures 'ambient' dignes de Brian Eno, avant que "The Cicerones" n’ose des dissonances électroniques aux accents d’Aphex Twin. Cette fusion audacieuse entre progressif et avant-garde atteint ici une cohérence rare, un équilibre entre héritage et exploration.

La seconde pièce, "The Overview", invite à la contemplation. "Perspective" s’élève comme une aube fragile, portée par des synthétiseurs éthérés, avant que "Borrowed Atoms" ne déploie une mélancolie toute romantique. Le final, "Permanence", s’évanouit dans un murmure ambient, un écho suspendu qui semble flotter dans l’infini, abandonnant l’auditeur à la solitude majestueuse de l’univers.

Après une pause, le groupe revient pour un second acte, une plongée dans le très riche répertoire solo de Wilson. Par son aspect cosmique, “The Harmony Codex” permet de faire le lien avec la première partie mais dès les premières notes de “Luminol”, le contraste est total : fini les bidouillages électroniques et retour au bon vieux rock progressif. Les musiciens semblent apprécier ce moment, et interagissent comme s'ils étaient en pleine répétition. Le riff de basse, parfaitement interprété par un Nicky Beggs au sommet de son art, fait exploser de bonheur l'auditoire, qui manifeste son enthousiasme en tapant dans les mains. “What Life Brings” prouve, comme le dit Steven en introduction, que ses morceaux ne sont pas tous des épopées de 9 minutes et qu'il est capable d'écrire des chansons 'indie-pop' courtes et simples. Un défi largement réussi et dans le solo qui clôture la composition, Wilson prouve à tout un chacun qu'il est aussi un remarquable guitariste. Et sa PRS Singlecut Trem dorée produit un son d'une pureté hallucinante. Un grand moment.

Comme on pouvait s'y attendre, c'est la reprise de Porcupine Tree, “Dislocated Day”, qui remporte le plus franc succès. Son côté plus ‘metal’ envoie le public au 7ème ciel, la majorité des fans ondulant doucement dans un lent mouvement de 'headbanging’.

‘La prochaine chanson est la plus difficile’, annonce d'emblée Wilson... ‘So, guys, don't f*ck up!’ C'est en effet une ‘impossible corde raide’ (“Impossible Tightrope”) que les musiciens franchissent avec maestria. On aurait peut-être préféré un autre titre que celui-là, vu qu'il présente des redites par rapport à “The Overview” (la vidéo) et qu'il manque de véritables mélodies. Heureusement, Wilson se rattrape, et de merveilleuse façon, grâce à “Harmony Korine”, une composition issue de son premier opus solo, “Insurgentes”: ‘Un album très important pour moi’, précise l'artiste. Le concert s’achève par "Vermillioncore", un instrumental jubilatoire, une apothéose incandescente.

Au moment du rappel, Wilson souligne qu'il ne possède pas de véritables hits, mais introduit quand même “Pariah” comme une chanson qui ‘aurait pu devenir un hit dans un univers parallèle’. Il faut dire que tout prédisposait la compo à faire mouche dans les charts. Car elle est basée sur la même série d'accords que “Purple Rain” et lorgne efficacement sur le “Don't Give Up” de Peter Gabriel, la chanteuse israélienne Ninet Tayeb apparaissant sur l'écran pour le 'contre-chant'. "Ancestral" clôture la soirée, bien que certains auraient préféré l’éclat tragique de "The Raven That Refused to Sing", que Wilson lui-même considère comme sa plus belle composition.

Finalement, ce qui frappe dans ce concert, c’est la capacité de Wilson à condenser les différentes périodes de la carrière en une encyclopédie sonore. On y retrouve les crescendos dramatiques de Porcupine Tree, des échos spatiaux, une touche d’indie-pop, mais jamais l’ombre du passéisme. Wilson ne regarde pas en arrière ; il projette sa musique vers un futur incertain, où le rock progressif devient un miroir de notre place dans l’univers, un chant fragile face à l’immensité cosmique…

Setlist :

Set 1 - The Overview :

Objects Outlive Us

The Overview

Set 2 :

The Harmony Codex

King Ghost

Luminol

What Life Brings

No Part of Me

Dislocated Day (Porcupine Tree song)

Impossible Tightrope

Harmony Korine

Vermillioncore

Encore :

Pariah

Ancestral

(Organisation : Live Nation - Accréditation: Cirque Royal)

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