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Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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Dernier concert - festival

The Cure
The Cure
Didier Deroissart

Didier Deroissart

mardi, 09 septembre 2025 18:33

Au-delà d’un simple voyage nostalgique…

Formation emblématique du rock néo-progressif britannique, Pendragon investit ce mardi 9 septembre les planches du Zik-Zak à Ittre pour une soirée attendue par toute la communauté prog. Considérée comme mythique, la formation menée par Nick Barrett attire une foule enthousiaste, le concert affichant complet. Et étonnant, en débarquant devant la salle, le tour bus occupe la moitié du parking.  Pour la seconde fois sur l’estrade du Zik-Zak, le band promet un voyage musical intense, porté par l’énergie renouvelée de Rog Patterson à la guitare à douze cordes. Toujours fidèle à son esprit progressif, le groupe continue de marquer l’histoire du genre, offrant à l’auditoire une expérience inoubliable sous le signe de la passion et de l’excellence.

La première partie est assurée par le guitariste de Pendragon, Rog Patterson, reconnu pour son jeu de guitare à douze cordes et ses textes percutants. Ancien manager de tournée et collaborateur de longue date du combo, il est parvenu à enflammer la foule en dispensant un set folk convaincant avant de retrouver le band sur les planches (page 'Artistes ici).

Setlist : « Ergo Sum », « Gondwanaland », « Vital Signs », « Flightless ».

Depuis trois décennies, Nick Barrett façonne la prog sous l’étendard de Pendragon. Ce quatuor principal — Nick Barrett (chant, guitare), Clive Nolan (claviers), Peter Gee (basse) et Jean-Vincent Velazco (batterie) — accueille Patterson à la guitare et deux choristes, qui enrichissent parfois les arrangements par la flûte et le violon. Chacun imprime sa marque : Barrett séduit par ses solos lyriques et sa voix chaleureuse, Nolan enveloppe l’auditoire de nappes majestueuses, Gee insuffle une basse à la fois mélodique et robuste, tandis que Velazco ancre l’ensemble sous une rythmique précise et dynamique. Les voix et instruments additionnels confèrent une profondeur inattendue à la formation.

La soirée s’ouvre sur une interprétation intégrale de l’opus « The World » (1991), véritable tournant dans la trajectoire du band, comme le souligne Barrett sur le podium. Ce disque marque l’émancipation du combo, qui s’affranchit des premiers espoirs du néo-prog des années 1980 pour s’affirmer par une identité singulière. « Back in the Spotlight » lance le set sous une énergie éclatante, suivi par l’exubérant « The Voyager ». « Shane and Prayer », plus introspectif, installe une atmosphère empreinte d’émotion, tandis que la trilogie « Queen of Hearts » se déploie tel un mini-opéra rock. Le dernier morceau, « And We'll Go Hunting Deer », plonge la fosse dans un silence feutré, illustrant la capacité du sextuor à captiver autant par la subtilité que par la grandeur. Après ce long playing fondateur, la formation explore d’autres facettes de sa discographie.

Un « King of the Castle » acoustique (« Not of This World », 2001) distille une ambiance intimiste, avant que le band ne retrouve toute sa puissance pour offrir « Eternal Light » (« Not Of This World », 2001) et surprendre l’auditoire par un retour à « Kowtow » (« Kowtow », 1988), plus lourd et vibrant sur l’estrade que sur vinyl. « Alaska » (« The Window of Life », 1993) déferle telle une vague d’énergie, suivie de nouveaux joyaux comme « 360 Degrees » et « Explorer of the Infinite » (« Love over Fear », 2020).

Le moment fort survient lorsque la foule plébiscite « Indigo » (« Pure », 2008) au détriment de « Paintbox ». Son intensité sombre envahit la salle, témoignant de la volonté du combo d’adopter la spontanéité et de tisser des liens auprès de ses fans. « Afraid Of Everything » (« Love over Fear », 2020) conclut le set principal sur une note à la fois fragile et enivrante.

En rappel, « Breaking The Spell » (« The Window Of Life », 1993) offre un final majestueux : la guitare s’exprime avec émotion, les claviers luxuriants s’entrelacent à une section rythmique précise, tandis que les voix et instruments additionnels aboutissent à un climax puissant.

Ce que Pendragon a proposé au Zik-Zak dépasse largement le simple voyage nostalgique. La formation rayonne par sa vitalité, son élégance et sa pertinence, déroulant un set qui retrace plus de trente ans de création musicale. Dans une salle quasi comble, à l’acoustique remarquable et à l’ambiance chaleureuse, leur prestation rappelle pourquoi Pendragon demeure l’un des grands survivants — et innovateurs — du rock progressif. Le sextuor a livré une performance magistrale, mettant en lumière son évolution musicale et la virtuosité de ses membres.

Setlist :

The World : « Back in the Spotlight », « The Voyager », « Shane », « Prayer », « Queen of Hearts, Part I », « Queen of Hearts, Part II » : ...A Man Could Die Out Here...

Queen of Hearts, Part III : The Last Waltz

And We'll Go Hunting Deer

Acoustique : « Fall Away », « The King of the Castle ».

Full band :« Not of This World, Part 3 : Green Eyed Angel », « Kowtow »

Rappel : « Water »

(Organisation : Zik-Zak et Rock Nation)

Avant de s’élancer sur les planches européennes pour une tournée automnale reliant la Suède à la Roumanie, la New-Yorkaise Sari Schorr s’est arrêtée au Zik-Zak d’Ittre pour une date unique en Belgique. Soutenue par sa formation, la chanteuse – reconnue parmi les voix majeures du blues-rock contemporain – va électriser l’auditoire par une présence volcanique et une tessiture impressionnante, forgée auprès de figures telles que Popa Chubby ou Joe Louis Walker. Sur le podium, l’alchimie musicale qui l’unit à son guitariste Ash Wilson promet une soirée sans première partie, où la setlist s’annonce mémorable et la fosse, comblée. Après avoir gravé « Joyful Sky » en compagnie de Robin Trower – un elpee couronné par le Billboard Blues –, Sari Schorr dévoilera en exclusivité plusieurs titres inédits issus d’un disque à venir, offrant ainsi à la foule du Zik-Zak un moment rare, sous le signe de l’authenticité et de la passion.

La formation se réunit sans cérémonie avant le premier titre : d’un geste rapide, chacun prend place, ouvrant la voie à Sari Schorr. La batterie de Phil Wilson fusionne à la basse de Chris Cliff, grondant sous les doigts des musiciens, tandis que la Les Paul d’Ash Wilson vibre, surgissant des terres désolées, juste avant l’arrivée de Sari sur les planches. Arborant un large sourire communicatif, elle salue et applaudit la foule du Zik-Zak, manifestant une sincérité rare dans l’univers musical. Le concert s’ouvre sur le rock arénacé de « The New Revolution » (extrait du second opus Never Say Never [2018]), dont les sonorités rauques et envoûtantes captivent instantanément l’auditoire. Ce morceau met en lumière la ferveur du Dr Martin Luther King. D’une simplicité désarmante, la chanteuse désigne sa droite, invitant Ash à un solo de guitare fulgurant, particulièrement inspiré.

Le quatuor enchaîne sans transition : une intro à six cordes, stridente et flamboyante, lance « Ain’t Got No Money », extrait du premier elpee A Force of Nature (2016), produit par le génial Mike Vernon (Peter Green’s Fleetwood Mac, John Mayall & The Bluesbreakers, Eric Clapton, Blue Horizon — que de belles références !). L’auditoire embarque aussitôt, emporté par une énergie d’ouragan. Sari possède une voix d’une puissance incroyable : rauque, musclée, à la texture fascinante, évoquant Beth Hart, Janis Joplin ou Tina Turner. Elle assène ses phrases vocales tel un boxeur décochant des uppercuts, puis métamorphose sa voix pour la rendre presque langoureuse. La soirée se poursuit par une reprise puissante de Mott The Hoople, « Ready For Love », première d’une série.

« Freedom » embraie, morceau le plus honky-tonk, aux accents country des années 1940-1950. Sari y aborde la problématique de la violence armée aux États-Unis. La formation repart sur « Oklahoma », un blues pur et dur où Sari et ses musiciens excellent. Les rythmes incisifs, sublimés par des chœurs précis et dynamiques, s’accordent à la voix cristalline de Sari, qui s’harmonise à merveille avec ce blues raffiné. La soirée se prolonge par un enchaînement : « Cat and Mouse », suivi de « Hit the Road Jack », hommage vibrant à Ray Charles. Enfin, la reprise de T-Bone Walker, « Call It Stormy Monday (But Tuesday Is Just As Bad) », conclut ce segment, rappelant l’importance de ce pionnier de la guitare électrique dans le blues.

Bien qu’elle annonce « Highway 69 », les trois musiciens de Sari restent fidèles à la setlist et entament « Have You Ever Loved Somebody ». Sari, amusée par cette petite confusion, plonge dans le blues sensuel du morceau. À la fin, elle interroge la fosse : ‘Quelqu’un veut entendre un morceau intitulé « Highway 69 » ?’ puis plaisante : ‘Je crois que ça arrive bientôt !’ Ce hard rock dépouillé, inspiré par le bitume noir, dévore l’essence avec l’intensité d’une beuverie ; l’espace d’un instant, tout semble parfait.

« Valentina », au rythme entraînant et irrésistible, prolonge la soirée, bercée par le blues du bayou et la technique remarquable d’Ash Wilson à la guitare. Le final s’impose, percutant : la meilleure reprise de Led Zeppelin, « Rock and Roll », le morceau préféré de votre serviteur. La voix de Sari rivalise avec celle de Beth Hart dans cette interprétation. Anecdote : Nicolas Sand, arborant un tee-shirt à l’effigie de « Gallows Pole », lors des balances, avait entendu de la part de Sari : ‘I like Led Zeppelin, my final is Rock And Roll’. Encore une soirée mémorable au Zik-Zak, dont la programmation, toujours plus pointue, ne cesse de surprendre agréablement.

Setlist :

« The New Revolution », « Ain’t Got No Money », « Ready For Love » (Mott The Hoople cover), « Freedom », « Oklahoma », « Cat And Mouse, Hit The Road Jack », «  Call It Stormy Monday But Tuesday Is Just As Bad » (T‐Bone Walker cover), «  Love The One You're With », «  Joyful Sky » (Robin Trower cover), « Highway 69 « , « King of Rock and Roll », « Ordinary Life « , « Damn The Reason », « Black Betty » ([traditional] cover), « Valentina », « Rock and Roll » (Led Zeppelin cover).

(Organisation : Live Nation – Zik-Zak)

 

 

Julie Rens aka Julie Rains dévoile « lentement », un premier EP 7 titres empreint de douceur, de patience et de profondeur. Connue jusqu’ici comme moitié du duo bruxellois Juicy, Julie Rains ouvre ici un chapitre plus intime et contemplatif de sa carrière.

Aux côtés du producteur Rowan Van Hoef, elle explore une zone de rencontre rare entre jazz, soul et electronica, où chaque morceau s’étire dans le temps, porté par la répétition et la lente intensité du minimalisme. Parmi les titres du projet, « Je ne veux pas » illustre parfaitement l’univers de « lentement » : une chanson suspendue entre douceur et tension, où la voix de Julie se fond dans les textures électroniques de Rowan Van Hoef. Elle en livre ici une version intime et immersive, captée par Vinco Zone, qui prolonge visuellement la lente intensité du morceau.

La release party a eu lieu le 29 novembre au Beursschouwburg à Bruxelles Julie Rains a interprété « lentement »  sur scène entourée d’artistes proches de son univers.

 

samedi, 15 novembre 2025 19:51

Un concert généreux…

Seconde soirée à guichets fermés au Cirque Royal pour Piet Hendrik Florent Goddaer, alias Ozark Henry. Face à l’engouement, une date supplémentaire a été ajoutée, attirant un public multigénérationnel. Après huit ans d’absence, l’artiste présente de larges extraits de son dixième album, « August Parker », sorti le 10 octobre 2025. Sur scène, Piet transcende les genres grâce à un spectacle immersif, où la thématique centrale est le changement et la résilience. Le morceau phare, « Light », s’inspire d’une expérience personnelle sur la perception du progrès. Le concert, divisé en deux parties d’une heure, bénéficie d’un univers visuel conçu par le cinéaste Lukas Desmet, inspiré par l’art du Kintsugi : la beauté naît de l’imperfection, chaque fissure raconte une histoire, et la musique rassemble les fragments.

La première partie s’ouvre à 20 heures précises. Les quatre artistes grimpent sur le podium, silhouettes noires se détachant sous les premiers faisceaux. Le batteur s’installe de biais, entouré d’une impressionnante constellation d’instruments : triangle, clochettes, bongos, sistres, cymbales, castagnettes… Piet prend place au centre, derrière ses ivoires, tandis que deux claviéristes — également choristes et multi-instrumentistes — se postent à sa droite, légèrement en retrait. Piet porte une veste de type bomber, constellée de plumes, sans doute d’autruche. Très rapidement, il s’adresse au public, chaleureux et visiblement ému, expliquant combien il est heureux de retrouver la scène après huit ans d’absence. Il vient présenter de larges extraits de son nouvel opus.

Le set s’ouvre par « Don’t Go Jerusalem ». Piet, immense et pourtant si calme, reste assis derrière son clavier. Le morceau est délicat, traversé d’une voix douce et prenante, peut-être inspirée par la guerre entre Israéliens et Palestiniens. Premier titre du nouvel elpee « 1970 » embraie : une voix aérienne, tandis que les deux choristes se balancent en rythme derrière lui, l’accompagnant aux ivoires.

Pour « In The Wild », Piet demeure derrière ses touches. Sa choriste s’avance et chante à ses côtés, pieds nus — détail habituellement réservé à Piet qui, ce soir, est chaussé de baskets montantes. Leurs voix s’entrelacent dans une parfaite symbiose. Le batteur, attentif, suit chaque nuance des ivoires. Il est d’ailleurs notable qu’aucune guitare ni basse n’est présente : Piet ne saisira sa six-cordes qu’une ou deux fois, pas davantage. « Christmas Eve » installe une atmosphère quasi-sacrée : on se croirait dans une cathédrale tant le recueillement s’impose. Le jeu des lumières, si présent, devient presque un cinquième musicien, suivant pas à pas les mouvements sur les planches. Pendant « Word Up » (« Birthmarks », 2022), un nouveau relief apparaît : la claviériste de gauche saisit un violoncelle, et ses cordes langoureuses transpercent âme et cœur. Le morceau semble réarrangé dans la douceur, moins percutant que sur disque, mais d’une grande finesse. A partir de « Sun Dance », l’énergie monte d’un cran. Piet se lève, abandonne sa veste, et le set vire vers un électro plus vif. Il saute sur place, fidèle à son geste fétiche. La première partie s’achève par « King Kong » : ivoires, cordes du violoncelle, clochettes et mélodica se mêlent, tandis que la choriste soutient Piet à la voix.

Après une courte pause de trente minutes, la seconde partie commence. Ozark revient vêtu d’une djellaba noire ; les trois autres musiciens n’ont pas changé d’apparence. Cette sobriété crée une atmosphère plus dramatique encore, amorçant un crescendo qui traverse toute la suite du concert. Ce second volet se tourne principalement vers des morceaux plus anciens, plus dansants, qui revisitent l’histoire musicale du groupe. Tous les hits sont dispensés.

Une parenthèse spéciale pour « We Can Be Heroes », où il rend hommage à celui qu’il adulait (David Bowie) — et c’était réciproque. Piet accomplira, bien sûr, un tour de salle en allant au contact de la foule. Il n’y a pas de projection d’images sur la toile de fond, mais le light show s’anime au son des percussions et des beats électro. En fin de set, Ozark demande au public de se lever et de danser. Il est clair qu’il était plus réactif pour cette seconde partie plus électro.

Lors du rappel, on aura droit à trois morceaux, dont le magnifique « Martyr ».

Un concert kilométrique d’Ozark Henry qui donne envie de retourner voir l’artiste une autre fois. En attendant, ravi, l’auditoire est reparti, de petites étoiles dans les yeux.

Setlist :

Première Partie : « Don’t Go Jerusalem », « 1970 », « In The Wild », « Christmas Eve », « La Donna E Mobile », « Word Up », « Sun Dance », « Hope Is A Dope », « Plaudite Amici Comedia Finita Est », « Dancer In The Dark », « Eight », « Pharaoh », « King Kong ».

Seconde partie : « Memento », « Intersexual », « Light », « Learn To Love Me », « Out Of This World », « At Sea », « Sweet Instigator », « Indian Summer », « We Can Be Heroes », « This One's For You », « Dreamer », « I’m Your Sacrifice ».

Rappel : « We Will Meet Again », « Martyr », « The End ».

(Organisation : FKP Scorpio)

Thomas Sarrodie & Bi-Polar Blues

Une guitare enracinée dans le blues, qu’il mêle une énergie rock contemporaine et d'échos psychédéliques des années 60, Thomas Sarrodie & Bi-Polar Blues captive par ses slides envoûtants, un accordage baryton, une contrebasse surprenante et un rythme de batterie tourbillonnant. Il se forme il y a douze ans en compagnie de Thomas Sarrodie (guitare, chant) et Sylvain Blanquiot (basse), le Thomas Sarrodie Group qui s’impose sur les scènes d'Occitanie avec divers batteurs, jusqu'à ce que Jérémy Cazorla prenne place derrière les fûts. Influencé par Stevie Ray Vaughan et Jimi Hendrix, Sarrodie y ajoute une touche personnelle, évitant les clichés, comme en témoignent trois albums studio et un enregistrement live vibrant. Désireux d'évoluer, le trio intègre la contrebasse, le slide et des accordages barytons, redessinant son son vers un blues roots tout en conservant une énergie rock. Rebaptisé Thomas Sarrodie & Bi-Polar Blues, le groupe se lance dans une nouvelle tournée et l'enregistrement d'un nouvel opus éponyme. Ce dernier reflète leur ambition de repousser les limites, grâce à des compositions évoquant le Delta ou les Hills, teintées de l'influence de R.L. Burnside, tout en rendant hommage à une tradition des années 60 avec une approche moderne.

Ce voyage presque initiatique au cœur du Blues et du Rock enflamme l'énergie et l'âme qui font de cet opus le travail d'un trio inspiré (guitare/chant, contrebasse, batterie), porté par l'expérience considérable du groupe, tout en restant unique et original.

Le vidéo clip de "It All Comes To An End" est disponible ici

 

À l’Ancienne Belgique, ce mercredi 22 novembre, Tom McRae célèbre le 25e anniversaire de son premier album éponyme. Pour l’occasion, il retrouve la scène en compagnie de son groupe au complet, une première depuis plusieurs années. Il proposera l’intégralité de cet opus, enrichie de morceaux marquants issus de ses neuf alpées studio. Tom McRae et ses musiciens mettent en avant l’émotion brute et la narration poétique qui font sa réputation au Royaume-Uni. Son humour teinté d’autodérision et l’intensité de ses concerts promettent une soirée mémorable pour tous les publics. Le concert affiche complet, et Bianca Stack assure le supporting actu.

Bianca Sterck s’installe à droite du podium, entourée de ses guitares, tandis qu’une harpiste prend place à gauche. Le duo propose un set intimiste, où la voix douce et aérienne de Bianca stack se mêle aux sonorités délicates de la harpe. Dès le premier morceau, « Nostalgisai », l’ambiance se veut feutrée, la seconde voix venant renforcer l’émotion.

Le concert se poursuit par « Dragon’s Eyes », titre écrit en collaboration avec la pianiste Hania Rani, qui apporte une touche de douceur supplémentaire. Sur « I Dream of an Island », la sèche accompagne un texte introspectif, explorant la découverte de soi et les influences musicales variées de l’artiste.

Tout au long de la prestation, Bianca Steck présente des extraits de son ong playing « The Joy of Coincidences » et de ses deux Eps, alternant entre folk et pop, et partageant avec le public une sincérité qui marque. La setlist, composée notamment de « Sunshine Palace », « A Site For My Mind » et « The Child », met en exergue la richesse de son univers musical.

La performance, sans excès ni artifices, séduit par sa simplicité et la justesse de l’interprétation, offrant une belle introduction à la soirée (page ‘Artistes’ ici).

Setlist : « Nostalgia », « Sunshine Palace », « Dragon’s Eyes », « A Site For My Mind », « I Dream Of An Island », « The Child »

Tom McRae s’est entouré d’un combo de quatre musiciens. Ce soir, il va réinterpréter son premier elpee, de la première à la douzième chanson. Le décor est planté : des lumières en abondance. Les musicos s’installent sur la même estrade : à droite, un claviériste-guitariste et un bassiste ; au centre, à l’arrière, sur une autre estrade, un drummer avec congas et bongos ; et à droite enfin, une dernière plate-forme où se dresse un autre clavier, utilisé soit par Tom, soit par son contrebassiste, assis juste devant. Tom arrive enfin armé de sa semi-acoustique : il se place au centre, tout en restant très mobile sur les planches, déambulant de gauche à droite vers ses musiciens. Très interactif avec ses fans, il fait rire son public en racontant des vannes, entre les morceaux. Il le fera à de nombreuses reprises et divisera souvent la salle en trois ou quatre parties afin qu’elle participer au chant.

Le set s’ouvre par « You Cut Her Hair », qui saisit l’auditeur d’entrée de jeu grâce à sa tonalité dramatique très osée, le morceau traitant de l’horreur des camps d'extermination sous les pleurs d’un violoncelle et l'émoi d’une guitare cristalline. Le Britannique manifeste une maturité impressionnante dans l’écriture et ses paroles nous transpercent par leur âpreté et leur amertume. Quoi qu'il en soit, Tom et son band sonnent à la perfection. La voix de McRae a toujours été son atout majeur, et elle s'élève avec une puissance incroyable.

Lorsque la formation se lance dans « End of the World News (Dose Me Up) », le second titre du long playing, le morceau s’achève alors que l’auditoire est divisé en deux, chacun se voyant attribuer une partie à chanter en harmonie avec le groupe. Il vient seulement de s’écouler à peine cinq minutes et nous avons déjà vécu un moment magique. L'intro de « Bloodless », l'une des plages les plus appréciées de l'elpee, provoque des exclamations d'admiration dans la foule, même si l’on s’y attend. « Boy with the Bubblegun », caractérisé par son incroyable conclusion rock ’n’roll, fait vibrer la salle. « Hidden Camera Show », qui se termine par un crescendo d'une puissance presque insoutenable, rappelle que le premier opus de McRae est exceptionnel.

« A & B Song », sans doute la compo la plus sombre de l'album, prend une tout autre dimension en concert. En fait, de nombreux titres bénéficient d'une nouvelle jeunesse grâce aux subtiles touches musicales ajoutées par McRae et son groupe, absentes de l'enregistrement studio. Ces ajouts, conjugués aux interventions du chanteur entre les chansons (‘Ce n'est pas aussi froid que les profondeurs de mon cœur’, lance-t-il à un spectateur moqueur), confèrent à l'ensemble une véritable dimension de performance. Il ne s'agit pas simplement d'un homme reprenant de vieux morceaux, comme en témoigne l'émotion palpable qui pousse McRae à s'asseoir lors d'une interprétation poignante de « Untitled ». Un « Sao Paulo Rain » d'une puissance vertigineuse résonne dans la salle, avant que « I Ain’t Scared of Lightning », le dernier titre de l’opus, n'offre une rare lueur d'espoir. C'est une conclusion parfaite pour une performance incroyable d'un album incroyable. McRae déplore que nombre de ces chansons soient empreintes de cynisme et de désespoir, mais remercie sincèrement le public de lui faire sentir qu’il est moins seul lorsqu'il les chante.

La soirée se termine en apothéose par une interprétation enflammée du titre préféré des fans, « Karaoke Soul », et une version émouvante de « Silent Boulevard », extrait du troisième LP de McRae, « All Maps Welcome ». Votre serviteur avait déjà réalisé il y a longtemps une interview de l’artiste et assisté à plusieurs de ses concerts. Des articles disponibles sur sa page ‘Artistes’, à retrouver en cliquant sur son nom, en vert, dans le cadre ‘informations complémentaires, ci-dessous.

Setlist : « You Cut Her Hair », « End Of The World News (Dose Me Up) », « 2nd Law », « Bloodless », « Draw Down the Stars », « One More Mile », « The Boy With The Bubblegun », « Hidden Camera Show », « A & B Song », « Language Of Fools », « Untitled », « Sao Paulo Rain », « I Ain't Scared Of Lightning », « Karaoke Soul », « Hoping Against Hope ».

Rappel : « My Vampire Heart », « Silent Boulevard ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

Mardi 31 mars 2026 – Aries Spears - La madeleine, Bruxelles

Mardi 28 avril 2026 – Skye Newman - La Madeleine, Bruxelles

Jeudi 24 mai 2026 – Dermot Kennedy - Forest National, Bruxelles

Lundi 22 juin 2026 – The Streets - Ancienne Belgique, Bruxelles

Jeudi 02 juillet 2026 – Prodigy - Rock Werchter, Werchter

Dimanche 5 juillet 2026 – Moby - Rock Werchter, Werchter

Vendredi 23 octobre 2026 – Deep Purple - Lotto Aréna, Anvers

Vendredi 11 décembre 2026 – Brad Williams - La madeleine, Bruxelles

http://www.livenation.be/

 

 

 John Butler & Band

Ce mercredi 5 novembre, le Ballroom de l’Ancienne Belgique reçoit John Butler, guitariste australien, venu défendre son nouvel elpee, « Prism », paru en septembre 2025 et co-produit par James Ireland. Figure majeure de la scène indépendante australienne, John Butler s’illustre par son engagement environnemental, mais surtout pour sa maîtrise des instruments à cordes. Depuis près de trente ans, il évolue entre projets solo et collaborations, explorant un mélange de blues, reggae, country, folk, funk et rock. « Prism » s’inscrit dans la série « Four Seasons », amorcée en 2024 par deux albums instrumentaux, et marque une nouvelle étape dans sa carrière, poursuivant son évolution en dehors du cadre de son trio.

Il revient à Noah Dillon, jeune artiste australien, d’assurer le supporting act. Seul sur les planches pour sa première apparition en Belgique, il s’accompagne de deux guitares, une semi-acoustique et une électrique, qu’il alterne à chaque morceau. Il présente des extraits de son long playing « Kill The Dove », paru en 2022, ainsi que quelques singles récents.

Son indie rock aussie, sincère et authentique, capte rapidement l’attention du public. Les textes, portés par une présence scénique à la fois simple et décalée, plongent l’auditoire dans son univers. L’énergie positive qui se dégage de ses chansons, inspirées par ses expériences et relations quotidiennes, donne le ton à cette première partie. La prestation, sans artifice, séduit par sa justesse et sa spontanéité, offrant une introduction efficace avant l’entrée en scène de la tête d’affiche… (Page ‘Artistes’ ici)

John Butler grimpe sur le podium, guitare électro-acoustique en main, et salue le public. Il change d’instrument à chaque morceau, passant de l’électro-acoustique à l’électrique, du banjo à la cithare lap steel. Il se place à gauche, près de son ampli Marshall et de ses pédales d’effets, qui lui permettent d’explorer différents sons, parfois très métalliques. La formation s’organise en carré : percussionniste à l’arrière gauche, batteur à droite, claviériste/bassiste devant, aligné avec John. La toile de fond affiche l’icône du dernier album, « Prism », épinglant cactus, lune, drapeau arc-en-ciel et squelette tenant une cymbalette. Les éclairages LED et stroboscopiques encadrent les musiciens.

Le concert débute par « Going Solo », joué sur une guitare douze cordes, au riff énergique. Le finger picking complexe et l’utilisation des pédales montrent la virtuosité de Butler.

John aime bavarder et le fera entre chaque chanson, en interagissant et en plaisantant avec l’auditoire. Chaleureux, attentionné et jovial, il lance : ‘Même vous, vous trouverez un peu de répit’. Il évoque, entre autres, son envie de fuir la société et de partir à la campagne pour ‘faire un peu de fracturation hydraulique’ - une remarque ironique, bien sûr. Il confie ensuite à la foule : ‘Vous allez tout avoir !’. Et toutes ses réflexions créent une ambiance conviviale.

Après « So Sorry », il nous réserve « Used to Get High » et « Hoe Down », deux titres du John Butler Trio.

John s’assied pour se concentrer sur une cithare lap steel, soutenu par des percussions dynamiques. Les musiciens échangent parfois leurs instruments, ajoutant de la variété à la prestation. L’artiste sollicite le public pour des vocalises, renforçant l’interaction.

Tout au long de « Pickapart », la technique du looping est bien mise en exergue. « Zebra » est particulièrement apprécié pour son riff accrocheur et les chœurs qui soutiennent le refrain.

Après le set principal, le rappel propose « Peaches & Cream », « Leave The Rest To Earth » et « Funky Tonight ».

Le concert a duré plus de deux heures, porté par une formation complète : percussionniste, batteur, claviériste/bassiste, tous participant aux chœurs. Et le public, attentif et multigénérationnel, est resté suspendu aux notes et aux échanges entre les morceaux. On en redemanderait bien encore pendant deux heures, car Butler a offert à ses fans une soirée magique, faite de musique, de partage et de souvenirs, livrant un concert chargé d’émotion qui restera gravé dans les mémoires.

Setlist : « Going Solo », « So Sorry », « Used to Get High » (John Butler Trio song), « Hoe Down » (John Butler Trio song), « Better Than » (John Butler Trio song), « Gets No Better », « The Way Back », « Wade In The Water » (John Butler Trio song), « Doing Just Fine », « Ocean », « King Of California », « Pickapart » (John Butler Trio song), » Outta My Head », « Trippin On You », « Zebra » (John Butler Trio song).

Rappel : « Peaches & Cream » (John Butler Trio song), « Leave The Rest To Earth », « Funky Tonight » (John Butler Trio song)

(Organisation : Live Nation)

 

 

 

Le Harlem Gospel Choir se produisait ce mardi 11 novembre, au Cirque Royal, devant une salle comble, dans le cadre de sa tournée ‘Magic Of Motown’. Fondée en 1986 à Harlem, la chorale s’est imposée comme une référence du gospel moderne, mêlant à son répertoire traditionnel des influences jazz et blues. Sur scène, les neuf chanteurs et chanteuses rendent hommage aux grandes figures de la Motown tout en perpétuant l’énergie et la ferveur qui caractérisent leurs prestations, reconnues à l’international. Le collectif, habitué des collaborations prestigieuses et des scènes du monde entier, continue de faire vivre l’esprit du gospel auprès d’un large public.

Le décor reste minimaliste : une tenture en toile de fond, un claviériste à gauche, un batteur-percussionniste à droite, protégé par un paravent en plexiglas. Neuf pieds de micro attendent les chanteurs et chanteuses, sept femmes et deux hommes. Chacun interprète un morceau en solo, en duo ou soutenu par le chœur. Le programme se compose exclusivement de reprises des grands noms de la Motown.

Le Harlem Gospel Choir ouvre le concert par des standards de la Motown et des classiques du gospel. Les voix se mêlent, a cappella, les harmonies sont précises, les crescendos marquent l’émotion. La tradition gospel s’exprime dans la ferveur et la maîtrise vocale du groupe. Le batteur et le claviériste lancent le rythme. La première chanson, « Stop in the Name of Love » des Supremes, est portée par Dermel, dont la voix navigue aisément entre les graves et les aigus. Elle porte une robe noire traversée d’une ligne orange et une collerette jaune à motifs tribaux. À la fin du morceau, le reste du groupe la rejoint et le titre se termine en gospel.

Tous arborent la même tenue, les deux chanteurs est vêtu d’un pantalon à bande orange. Le concert se poursuit par « Ain’t No Mountain High Enough », enrichi d’accents jazz et blues, puis « I’ve Been Looking for You » et « Superstition » de Stevie Wonder. Le clavier s’anime, la chorale donne de la voix, tout en respectant l’esprit de l’original. L’ambiance dans la salle est chaleureuse, le public réagit, applaudit, sourit. Le Cirque Royal, grâce à son architecture, offre à la fois intimité et ampleur. Les musiciens et choristes partagent leur énergie. Entre les morceaux, le chef de chœur rappelle le message de paix, d’amour et d’espérance du gospel.

La première partie s’achève sur « Do You Know Him », « Baby Love », « Total Praise » et « What’s Going On » de Marvin Gaye. Une pause de trente minutes permet aux artistes de souffler.

La seconde se signale par le retour de la chorale et des musiciens, les collerettes changées. Les chants gospel et de Noël s’enchaînent, « Celebrate » de Kool & The Gang, puis « Can’t You Feel It » des Jacksons. Certains choristes s’expriment en solo ou en petits groupes, l’émotion s’intensifie. Des improvisations de piano et de percussions ponctuent les morceaux, apportant une touche jazz/blues. Les solistes partagent leur foi, leur joie, leur gratitude. Le chœur invite le public à participer, à frapper des mains, à fredonner, à se lever. Le concert se termine sur un morceau entraînant, peut-être un « Hallelujah » revisité ou une reprise soul, qui laisse la salle sur une note euphorique.

Ce concert a proposé une immersion dans l’histoire de la soul Motown, tout en préservant l’esprit du gospel. L’expérience reste marquante, entre beauté vocale, émotion et célébration musicale.

Setlist :

Première partie : « Stop In The Name Of Love », « Ain ’T No Mountain Nigh Enough », « I ’Ve Been Looking For You », « Superstition », « Do You Know Him «, « Baby Love », « Total Praise », « What’S Going On ».

Deuxième partie : « Amazing Grace », « Higher Ground », « O Come All Ye Faithful », « Jingle Bell Rock », « We Wish You A Merry Christmas », « Happy Day », « Celebrate », « Can’T You Feel It »

Rappel : « Some Day We’Ll Be Together ».

(Organisation : Greenhouse Talent)     

mardi, 11 novembre 2025 19:21

Le tout grand sourire de Fragile

Deux ans après un premier Ep et plus de 70 concerts (Inouïs du Printemps de Bourges, Festival Chorus, Lévitation France, Black Bass Festival…), Fragile sort son premier album, « Big Big Smile », ce 7/11/2025.

Il comprend 10 titres portés par une énergie neuve et lumineuse, sans renier la tension du groupe angevin. On pense à Touché Amoré sur « Santander », à Basement sur « For Later », à Militarie Gun sur « Tiny Ghosts and Disco Lights ». Le répertoire s’élargit encore pour « A Reason Why », entre la nostalgie des Strokes et l’urgence de Fontaines D.C.

La participation d’Adé apporte un contrepoint subtil à la voix de Baptiste sur « Celebrate » et « Wide Awake », qui clôt l’album avec douceur et mélodie. Enregistré à Angers par Camille Belin (Daria) et masterisé par Jay Maas (Defeater, Title Fight), « Big Big Smile » affirme une production aboutie et un propos fort : un appel à la résilience, traversé de doutes, reflet de la psyché du groupe. Fragile revendique enfin des influences plurielles, entre la lumière inquiète d’Edward Hopper, la poésie de Leonard Cohen et l’humanité brute de Ken Loach.

La vidéo du premier single, « Celebrate », est disponible là  

En concert pour 3 dates en Belgique :

20 novembre 2025 - The Pit’s, Courtrai

21 novembre 2025 - Witloof Bar, Bruxelles

22 novembre 2025 - L’Entrepôt, Arlon

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