Le futur de The Lost Wave

Basé à Anvers, The Lost Wave réunit des musiciens belges, néerlandais et espagnols. Cette identité transfrontalière irrigue une musique ouverte, sincère et fédératrice. Le 28 août 2026, la formation publie Becoming, un premier EP de cinq titres retenus parmi…

Sparks dans la lune

Sparks, éternel laboratoire de la pop, poursuit son exploration de territoires inédits.…

logo_musiczine

Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

The Cure
Ora Cogan
Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

mardi, 01 décembre 2009 18:58

Slow attack

Pour enregistrer son troisième opus solo, l’ex-Suede (NDR: accessoirement ex-Tears) a reçu le concours de Leo Abrahams à la production, un personnage devenu notoire pour avoir mis en forme des œuvres –notamment– de Brian Eno, Brian Ferry, Marianne Faithfull ou encore Starsailor. Et ce disque, Leo le marque de son empreinte. Un peu comme si « Wilderness », le précédent elpee de Brett (NDR : remarquable, par ailleurs), avait bénéficié d’arrangements un peu plus aventureux et sophistiqués. Et pour cause, outre la guitare acoustique, le piano, le violoncelle et les percus rencontrés sur le cd précédent, les compos sont régulièrement soutenues par un quatuor à cordes, quelques chœurs, un zeste de basse, un soupçon de clarinette et un chouia de drums. Pas de quoi la jouer maximaliste, mais un univers sonore manifestement moins dépouillé. Ce qui n’empêche pas les 11 compos de cette œuvre de se révéler aussi mélancoliques et bouleversantes que légères et délicates, la voix falsetto d’Anderson se chargeant de communiquer la charge émotionnelle nécessaire et suffisante pour vous communiquer le spleen, le reste de la journée…

mardi, 01 décembre 2009 18:41

Live at Avo Session Basel (Dvd)

L'Avo Session Basel est un festival qui se déroule d’octobre à novembre à Bâle. L’an prochain, il fêtera d’ailleurs son 25ème anniversaire. La particularité de ce rassemblement procède de l’organisation de concerts intimistes (NDR : tables, chaises, chandelles et proximité des artistes à la clef), ainsi que de nombreuses (re)diffusions en radio et télévision. Sans oublier la confection de Dvds immortalisant ces événements.

Comme celui auquel a participé Jethro Tull, automne de l’année dernière. Pour la circonstance le groupe a privilégié ses classiques, dont de nombreuses chansons, écrites à leurs débuts. Depuis « Serenade to a Cuckoo » à « Living in the past », en passant par « A new day yesterday », « Bourée » (NDR: la célèbre adaptation de Bach), “Nothing is easy” et “My Sunday feeling”. Sans oublier les inévitables “Thick as a brick” (NDR: un extrait), “Aqualung”, “Too old to rock & roll, too young too die” et le tubesque “Locomotive breath”. Bien sûr, l’audience qui assiste au set, n’est plus toute jeune ; et elle ne se lève que lors de ce dernier morceau. Pas très rock & roll tout ça. Mais bon, le public de la bande à Ian Anderson a probablement le même âge que lui. Soit entre 55 et 65 ans (NDR : Ian est né le 10 août 1948). N’empêche, l’Ecossais pète la forme ; et puis à la flûte, il est toujours aussi fantastique. Sa voix a perdu un peu de timbre (NDR : raison pour laquelle il a dû arrêter les clopes), mais heureusement pas ses inflexions si caractéristiques. Et son groupe, constitué de vétérans, étale toute son expérience. Y compris Martin Barre à la guitare. Après presque 40 années de bons et loyaux servies, ce serait un comble pour ce gratteur limité. Mais qui fait quand même partie de la légende. On a même droit à un solo de batterie aussi ridicule que ringard. Anderson souffle un peu dans un harmonica et nous rappelle qu’il excelle à la sèche ; d’ailleurs les sonorités alors libérées par ses cordes vous flanquent des frissons partout, nous rappelant que le Tull a aussi vécu une période folk fort intéressante (NDR : à contrario de son épisode métallique, complètement grotesque). Ce Dvd s’adresse bien évidemment aux sexagénaires et aux quinquas qui ont toujours la nostalgie d’une certaine époque. Personnellement, j’avoue toujours être séduit par le sens mélodique des chansons de cette formation mythique ; mais estime que si Jethro Tull a écrit une des plus belles pages de l’histoire du rock & roll ; en 2009, il est, à l’instar de Marc Ysaye et George Lang, « Living in the past »…

 

mardi, 24 novembre 2009 01:00

The Knot

Wye Oak est un duo issu de Baltimore, dans le Maryland. Et « The Knot » constitue son second elpee. Il fait suite à « If children », gravé en 2007. J’avais eu l’occasion de découvrir cet ensemble, live, en première partie des Dodos, au Botanique ; et je dois avouer que leur set m’avait agréablement surpris. A sein du couple, Jenn Wasner se charge des parties vocales, de la composition et des guitares alors qu’Andy Slack se réserve les drums, les claviers et la production.

Mais venons-en à la musique de Wye Oak. Très électrique, sombre, imprimée sur un rythme plutôt lent, mais sans jamais tomber dans le slowcore, parfois quand même mid tempo, elle évolue dans un univers sis quelque part entre Mazzy Star, le Crazy Horse de Neil Young, les débuts de Wilco et Yo La Tengo. Le tout épicé d’un zeste de shoegazing et de britpop. Suffit pour les références, passons au contenu de cet elpee.

Les lyrics sont sombres, ténébreux, mélancoliques et à la limite sinistres. Probablement autobiographiques, ils reflètent une angoisse existentielle. Même les titres apparemment allègres, reflètent un mal-être. Quant à savoir si c’est celui de Jenn, il serait intéressant de lui poser la question. Elle possède une très belle voix. Atmosphérique, douce, vulnérable, confessionnelle, mais bien timbrée. Et puis entretient une intensité électrique savoureuse, frémissante, venimeuse, de sa six cordes, lorsqu’elle n’éclabousse pas les mélodies d’accès de pedal steel. En studio, les compos ont bénéficié d’une palette instrumentale plus large. Un zeste de piano, de l’orgue, un chouia de cuivres, une pincée de banjo, mais surtout du violon. Un violon languissant, parfois grinçant qui confère alors aux compos un climat épique. Les arrangements ont été ciselés par Andy, responsable, en même temps d’un drumming aussi délicat que souple. De cet opus, on reprochera la longueur excessive de « Mary is Mary » (NDR : encore qu’en live, ce morceau pète des flammes), mais on mettra en exergue le sublime « For prayer », dont l’intensité émotionnelle me rappelle la quintessence du Paisley Underground. 

 

mardi, 17 novembre 2009 20:32

Phantom feat. Lio

Jacques Duvall a écrit pour une quarantaine d’artistes, dont Lio (NDR : c’est lui qui avait notamment composé « Banana split » et « Les brunes ne comptent pas pour des prunes »). Une plume qu’il consacre aux autres (NDR : sous son patronyme on ne lui connaît que quelques singles et trois albums) depuis presque trente ans. Mais en rejoignant l’équipe de Freaksville, on dirait qu’il a retrouvé une nouvelle jeunesse. L’occasion était donc belle de solliciter Lio pour participer au troisième volet de l’aventure Phantom, un projet monté par le leader de Miam Monster Miam, Benjamin Schoos. D’autant plus que Vanda n’a toujours rien perdu de son esprit punk, provocant et provocateur. Qu’elle revendique toujours d’ailleurs. Que ce soit dans ses analyses au sein du jury de la Nouvelle Star ou lorsqu’elle chante et danse, sans petite culotte, dans l’émission de Fogiel. Le premier volume de la série avait été consacré à Duvall. Un elpee sous-titré « Hantises ». Et le deuxième à Marie-France Garcia (NDR : encore une artiste dont il est le parolier).

En toute logique, ce « Phantom feat. Lio » constitue donc le troisième. Un disque enregistré en 48 heures. Hormis deux titres, Jacques signe neuf plages sur les onze de l’opus. Patrick Eudeline (NDR : c’est un journaliste de Rock & Folk !) a écrit « Lipgloss », caractérisé par sa mélodie en boucle ; et Marie Laure Dagoit le funkysant et déclamatoire « Noir violette ». Plusieurs morceaux sont chargés d’intensité électrique. Garage, si vous préférez ! Et tout d’abord le morceau d’ouverture, « Je ne veux que ton bien ». Noisy punk, chargé de feedback, il entretient un climat fiévreux, qui jamais ne parvient à éclater. « Ta cervelle est en grève, mais ta grande gueule fait des heures sup’ », ensuite. Les riffs de guitare saignants peuvent rappeler les Sex Pistols, mais la mélodie sucrée et contagieuse évoque inévitablement Blondie. Et enfin le nerveux « Mon nouveau Jules marche sur l’eau ». Déchiré entre post punk et new wave, il laisse transparaître quelques accès de claviers 80’s. Parmi les titres les plus lents, on épinglera le slowcore « L’amour ne m’a jamais manqué », une composition tapissée, en toile de fond, de cordes réverbérées. Et puis l’autobiographique « La veille de ma naissance », une ballade mid tempo. Sarcastique et tellement vrai, « Tout le monde m’aime » libère un chouette groove soul/r&b. Jacques et Lio chantent en duo sur « La fidélité, un ‘talking blues’ cocasse. Mais le sommet de l’album nous vient de « Je ne suis pas encore prête ». Un tube en puissance au refrain irrésistible. Plus rien entendu de pareil chez Lio depuis presque 3 décennies. Suffirait d’un déclic et la bande FM est contaminée… Bref, un disque rafraîchissant, qui a bénéficié de la participation de Gilles Martin (Colin Newman, dEUS, Dominique A, etc.), au mixing. Une œuvre qui prélude un nouvel elpee de Lio. Mais en solo, cette fois. Il devrait sortir automne 2010.

 

mardi, 17 novembre 2009 20:19

Paper covers stone

“Papers covers stone” serait le huitième album studio de Willard Grand Conspiracy. Presqu’une compile, puisque l’elpee ne recèle que trois nouvelles compos. Presque, puisque les 10 autres plages ont été retravaillées sous un format lo-fi. Ou minimaliste, si vous préférez. Le plus intéressant procède, cependant, de la présence de musiciens qui ont accepté de revenir à leurs premières amours. Pas de Paul Austin, cependant, mais bien Sean O’Brien et David Michael Curry. Sans oublier le concours du pote de Robert Fisher, Steve Wynn. Robert a en quelque sorte voulu en revenir à une formule plus ‘de chambre’ (NDR : c’est ce qu’il déclare), à contrario de ses dernières œuvres qui tout en se révélant excellentes, embrassaient un concept de plus en plus épique (NDR : et « Pilgrim road » en est certainement la plus belle illustration). De cette nouvelle approche des compos, on relèvera bien sûr l’inévitable baryton profond de Fischer et puis surtout le violon alto de David. Qui se met à grincer lorsque Sean montre enfin des dents sur les morceaux les plus électriques. Et tout particulièrement en seconde partie de l’intense « Preparing for the fall » (NDR : c’est une des trois nouvelles compos). Le psychédélisme tempétueux, halluciné, distordu mais toujours feutré y prépare une rencontre apocalyptique avec le diable… Et le final « The ocean doesn’t want me » (NDR : une cover de Tom Waits) est calqué sur un moule aussi hanté et sinistre. Tirant à nouveau parti de cette rencontre tellement fiévreuse et perturbante entre les cordes du violon et de la six cordes…

mardi, 17 novembre 2009 20:09

The rise & fall of BMX Bandits

BMX Bandits est une formation fondée par le chanteur/compositeur Duglas T. Stewart, en 1986. A l’époque, le projet avait été monté pour se produire lors d’une seule et unique prestation ‘live’. Mais, l’éphémère est devenu durable. Si bien que le combo a commencé à jouir d’une certaine popularité sur la scène locale. Leur longue aventure venait de naître. Longue aventure, puisque si leur histoire s’est provisoirement interrompue en 1996, elle a recommencé vers 2003. Du groupe initial, il ne reste cependant plus que Duglas, une quinzaine de musiciens ayant transité au sein du line up, dont Norman Blake (Teenage Fanclub), Sean Dickson (Soup Dragons) et Eugene Kelly (Vaselines).

“The rise & fall of BMX Bandits” compile l’ensemble de la carrière de la formation. Mais réunit surtout raretés, flips sides, versions alternatives et inédits (comme cette reprise du « I don’t wanna grow up » de Tom Waits, datant de 1997 ainsi que « Disco girl », « The day before tomorrow », « Intermission » et « Love’s sweet music », composés en 2008). Sans oublier « Tugboat », une cover de Galaxie 500 qui figurait sur « Snowstorm », un tribute consacré à Galaxie 500 et pour lequel les Bandits avaient reçu le concours d’Angel Corpus Christi.

Mais venons-en à la musique, qui a été à l’origine taxée d’‘anorak’ voire de postcard. Comme celle des Pastels. Ce qui vous donne une petite idée du style pratiqué par BMX Bandits. Il ne faut pas oublier, que le band a transité par quelques labels mythiques. Depuis 53rd and 3rd Years, l’écurie de Stephen Pastel (NDR : tiens, tiens !), en passant par Creation et Vinyl Japan. Et qu’il sévit aujourd’hui chez Elefant. A l’écoute des 4 titres récents, on remarque la présence d’une chanteuse féminine, Rachel Allison. Elle partage les vocaux avec Duglas. Et puis on y décèle des références subrepticement soul (NDR : du philly sound ?). Elles sont cependant subtilement inoculées dans la mélodie. Quant à savoir si c’est la nouvelle direction que BMX Bandit prendra, on verra lors de la réception de leur futur long playing…

 

mardi, 17 novembre 2009 20:05

Landing

Pour mémoire, Githead est le projet monté par le chanteur/ guitariste Colin Newman (Wire) et son épouse Malka Spiegel (ex-Minimal Compact), en compagnie de l’électronicien Robin Rimbaut (Scanner), reconverti pour la circonstance à la deuxième gratte et du drummer Max Franken (également ex-Minimal Compact). « Landing » constitue leur troisième long playing. La charpente constituée par la section rythmique (drums solides, mécaniques, susceptibles d’apporter de la profondeur, de la texture et des ombres aux compos et ligne de basse propulsive, sensuelle) sert à merveille les deux six-cordistes qui s’en donnent à cœur joie pour superposer, couche après couche, leurs impulsions électriques. Parfois on pense à « Doppleganger » de Curve voire au krautrock de Neu ; mais c’est surtout en direction du Wire de « 154 » auquel on se réfère. Seule différence, le timbre vocal limpide, impassionnel de Malka qui se conjugue (NDR : voire même parfois domine) au (le) falsetto de Colin (NDR : encore que circonstanciellement, ce dernier emprunte des intonations déclamatoires, voire gutturales). Une musique qui atteint un niveau de raffinement et de sophistication particulièrement élevé. Bref, il faut admettre que leur avant-pop est ici parfaitement sous contrôle. Et tout en se servant d’une instrumentation organique, leur art à maîtriser la technologie moderne n’y est pas étranger. Ce qui n’empêche pas les mélodies contagieuses, hypnotiques, de faire lentement, mais sûrement leur effet. A un tel point, que parfois on a l’impression de subir une forme d’envoûtement.

 

mardi, 10 novembre 2009 01:00

Crazy rhythms

“Crazy rhythms” constitue le tout premier album de cette formation issue d’Hoboken, dans le New Jersey. Il est paru en 1980 et fait l’objet aujourd’hui d’une réédition. Revendiquant ouvertement l’influence du Velvet Underground et des Modern Lovers, le quatuor avait puisé son patronyme dans « Le meilleur des mondes » d’Aldous Huxley. Anti-groupe absolu affichant un look de nerds, The Feelies privilégiait avant tout la musique. Son mélange de psychédélisme, de pop et de punk est unique en son genre. Balisé sur un tempo krautrock, souvent enlevé, enrichi par de multiples percussions, il met en exergue des mélodies hymniques créées par des guitares duales, hypnotiques, répétitives, obsessionnelles même, tout en privilégiant la ligne claire, alors que les vocaux ne dépassent jamais le volume de l’instrumentation. Ce qui explique pourquoi cet opus deviendra une référence pour des groupes comme Yo La Tengo ou encore Galaxie 500. L’elpee recèle, en outre, une version insolite, mais particulièrement réussie du « Everybody’s got something to hide except me and my monkey » des Beatles. Séparée en 1992, la formation a décidé de se réunir en 2008, pour accorder quelques prestations ‘live’, aux States…

La réédition propose des démos, faces B, enregistrements ‘live’ et raretés, mais via une carte de téléchargement numérique glissée à l’intérieur du boîtier.

 

mardi, 10 novembre 2009 01:00

The good earth

Il a fallu six longues années avant de voir sortir le deuxième elpee des Feelies. Si bien que du line up initial, il ne reste plus que Glenn Mercer et Bill Million. C’est-à-dire les chanteurs/guitaristes. Mais le quatuor est passé à un quintet, suite à l’engagement d’un percussionniste. Produit par Peter Buck, le guitariste de REM, cet opus met davantage l’accent sur l’aspect acoustique. Et puis le son est moins brouillon et les compos moins expérimentales. Quoique toujours aussi complexes. Ce qui n’empêche pas l’ensemble de tenir la route. La frénésie semble en apparence moins présente. Mais ce n’est qu’une impression consécutive au soin des arrangements. D’ailleurs, les envolées de rythmes sont toujours aussi tribales. Et on retrouve ce style très caractéristique des échanges de cordes opérés entre Glenn et Bill. Simplement l’acoustique a pris le pas sur l’électrique. Les sèches sont, en outre, tantôt grattées, tantôt jouées en fingerpicking. Et les voix murmurées confèrent à l’ensemble un intimisme presque lo-fi. Pas difficile de comprendre pourquoi tous les artistes néo-folk se sont toujours réclamés des Feelies. Aussi bien Belle & Sebastian que The Dodos…

La réédition propose des démos, faces B, enregistrements ‘live’ et raretés, mais via une carte de téléchargement numérique glissée à l’intérieur du boîtier.

 

La Roux ayant déclaré forfait, c’est vers la formation irlandaise Two Door Cinema Club que les organisateurs s’étaient tournés. Beaucoup plus de monde pour le second jour. Presque 900 personnes. Faut dire que l’affiche était nettement plus alléchante…

Two Door Cinema Club nous vient donc d’Irlande. Mais du Nord. De Bangor, très exactement. Un trio (chant/rythmique + guitare + basse) qui bénéficie du concours d’un quatrième membre en live. Un drummer. Pour donner davantage de relief à la boîte à rythmes. Et ma foi, leur britrock ne manque pas d’allure. Le chanteur possède une superbe voix. Le groove ronflant de la basse est impressionnant. Et les accès de guitare sont souvent tintinnabulants (NDR : dans l’esprit d’un House of Love voire de Big Country). On pense à Franz Ferdinand, aux débuts de Bloc Party voire à ceux de Coldplay, le tout enrichi d’un zeste d’electronica, à la manière de Hot Chip. Et sur les planches, les musicos ont la pêche. Leur set va décrocher une belle salve d’applaudissements. Bien méritée, en plus. Pas pour l’originalité, mais pour la fraîcheur libérée tout au long de leur prestation…

Un top model pour embrayer. Enfin, côté mode. Plutôt mignonne, la mèche lui retombant souvent sur les yeux, la mini-jupe classe (NDR : style ‘Twiggy’), cette Américaine (NDR : elle est née à Washington mais s’est établie à New-York), chante (plutôt bien) en s’accompagnant à la guitare. Enfin en plaquant des accords de guitare. Elle est soutenue par un bassiste, un soliste et un drummer. Bref, un line up fort classique. La musique de Lyssie Trullie est très marquée par la pop des eighties (Blondie, Go Go’s), ne manque pas de charme ni de sens mélodique, mais son minimalisme est trop carré pour donner une quelque impulsion à des compos pourtant bien troussées. Résultat des courses, elles ont beaucoup de mal à se démarquer les unes des autres. On a malgré tout droit à une cover du « Ready for the floor » de Hot Chip. Néanmoins, ce concert ne me laissera pas un souvenir impérissable…

Florence & The Machine, c’est la nouvelle coqueluche de la scène pop/rock britannique. Pourtant, les quelques titres écoutés sur le MySpace ne m’avaient pas du tout convaincus. J’ai même eu l’impression de me farcir un clone d’Anne Clark. Mais il ne faut jamais rester sur une mauvaise première impression. Et ce concert va le démontrer (NDR : comme quoi, il ne faut pas de contenter des sites de socialisation pour se faire une bonne idée du potentiel d’un artiste ou d’un groupe, que ce soit au niveau audio ou vidéo ; c’est ici que les critiques émises par les journalistes indépendants –comme celles publiées sur votre Webzine– ont toute leur importance). Avant que le combo ne monte sur les planches, on assiste à la préparation de la déco. Dans le fond, une projection représentant une tapisserie fleurie. Des fleurs, il y en a partout. En plastique. Aussi, on ne sait pas trop si c’est pour fêter un anniversaire ou à la mémoire d’un défunt. Et puis des lampes chinoises (NDR : à moins qu’il ne s’agisse des cages à oiseaux) disséminées, un peu partout sur le podium. A gauche de la scène, une superbe harpe. Les lumières déclinent et les haut-parleurs diffusent un instrumental noisy (NDR : pas pu me rappeler, au moment d’écrire ces lignes, de quel morceau, ni de quel formation ou artiste, il s’agissait). Puis les musiciens montent sur scène. Florence, la dernière. Drapée dans une robe bouffante, on croirait qu’elle sort d’un conte de fées d’Andersen. Mais ce qui frappe d’abord, c’est sa longue chevelure cuivrée. Le set s’ouvre par « Between two lungs ». On est alors immédiatement fasciné par sa voix. A la fois son timbre et ses inflexions. Rappelant à des degrés divers Siouxsie Sioux (les ululements), Heather Nova (les envolées éthérées), Lene Lovitch (l’amplitude du registre) et Grace Slick (la richesse de la tonalité). Pour gouverne, Grace Slick était la vocaliste de Jefferson Airplane, puis du Jefferson Starship. Lorsqu’elle ne chante pas, Florence tourne sur elle-même ou alors frappe sur un tom, placé juste à côté d’elle, au milieu de la scène. Les morceaux défilent : le spirituel « My boy builds coffins », le venimeux « Kiss with a fish », le passionné « Howl », un « Dog days are over », au cours duquel elle invite le public à bondir sur place, le « Cosmic love » qui rend hommage à sa maman, l’épique « Blinding », caractérisé par son envolée de cordes ainsi que la cover du « You got the love » de Candi Staton ». Les arrangements sont soignés, élaborés et délicats. Le tempo versatile. Le climat parfois dramatique. L’instrumentation limpide. Faut dire que les interventions à la harpe apportent ce petit côté rafraîchissant aux compos. Et puis les drums alternent le fluide et le frénétique, alors que les riffs de guitare entretiennent un climat de mauvaise augure. On est totalement subjugué par la prestation et on est surpris lorsqu’elle s’achève par un « Rabbit heart » de toute beauté. Tonnerre d’applaudissements. Remerciements de la jeune Londonienne qui se rend compte, sans doute, d’un état de grâce qui lui a permis de communier avec le public…

Responsable d’un premier album de bonne facture (« Manners »), Passion Pit était donc invité à clôturer le festival. Un quintet issu de Cambridge (NDR : c’est aux States, dans le Massachusetts, pas en Angleterre !) fondé par le chanteur/compositeur Michael Angelakos. Drôle de voix. Sorte de falsetto campant un hybride entre Prince, Paddy McAloon (Prefab Sprout), Lionel Ritchie, George Michael et Green Gartside (Scritti Politti). L’expression sonore baigne dans une forme d’électro-rock bien dans l’air du temps. Principal préposé aux synthés et autres machines, Ayad Al Adhamy semble être le membre catalyseur du quintet. Et probablement l’ingé du son. En début de parcours, il quitte son poste, pour solliciter un meilleur réglage de la console. Le guitariste et le bassiste doublent aussi parfois aux synthés. Si bien qu’il arrive de voir trois électroniciens balisant les compos. Techniquement, le set est bien balancé, très puissant (NDR : oscillant le plus souvent autour des 105db) ; mais j’éprouve de grosses difficultés à rentrer dans cet univers trop synthétique à mon goût (NDR : probablement l’âge !) Et puis, il y a ce manque de passion (NDR : paradoxal pour un groupe répondant au patronyme de Passion Pit), de fièvre et ce zeste de folie qu’on retrouve par exemple, chez Friendly Fires. Acclamations nourries des aficionados de ce style musical. Mais pas de rappel. Un peu trop artificiel à mon goût ! Heureusement, ce soir, il y avait Florence & the Machine…

Two Door Cinema Club + Lissy Trulie + Florence & The Machine + Passion Pit

(voir aussi notre section photos) 

Organisation Aéronef Lille