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La fresque de Vincent Delerm

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Steve Vai

Ce que tu fais est ce que tu es…

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Steve Vai a deux images. Il est, quelquefois, un fabuleux guitariste, ‘bras droit’ de Frank Zappa (au début des années 80), de Graham Bonnet (ex-Rainbow, MSG) au sein d'Alcatrazz, de David Lee Roth et aussi de David Coverdale (dans Whitesnake). Il y a pire comme parcours. Parallèlement, Steve Ciro Vai (né le 6/6/60 à Carle Place, New Jersey) mène aussi une carrière solo qu'il éloigne des tribulations médiatiques (‘Aucune de mes chansons solo n'a jamais été diffusée à la radio’, affirme-t-il) et des clichés hard-rock poussifs.

Je suis capable de m'adapter aux situations. Et j'ai envie de prendre du plaisir grâce à ce que je fais, de différentes manières. J'aime être un ‘simple’ lead guitariste dans un groupe ; c'est sain et agréable de pouvoir se concentrer sur son jeu et de prendre un méga-plaisir de musicien. Lorsque je gère moi-même un projet, lorsque je compose, que j'écris, j'arrange, et interprète mes propres morceaux, c'est bien sûr sensiblement différent. Là, je suis intégralement moi-même. Ce que je réalise, à travers mes albums solos, est l'expression de ce que je suis. Ma musique me ressemble, elle est moi. C'est normal, j'ai comme philosophie que ce que tu fais est ce que tu es.

Tu te sens parfois à l'étroit lorsque tu bosses comme guitariste pour un groupe ou un leader ?

Non, je sais pourquoi je suis là. Ce qu'on attend de moi. Et je fais le maximum pour que tout aille bien, je donne le meilleur de moi-même comme guitariste. Mais, je n'ai pas envie de me contenter de ce rôle.

"Passion and Warfare" et "Sex and Religion", tes deux plus récents CD solo, expriment un goût évident pour les contrastes. Tu te nourris de conflits?

Justement pas. Je tire simplement certains liens qui me semblent évidents entre des sujets qui peuvent paraître très éloignés les uns des autres. Je pense qu'il existe bien des points communs entre le sexe et la religion. Déjà, à l’origine, ces deux valeurs sont propres, pures. Ce sont les hommes qui les salissent. Les hommes ont inventé les guerres de religions autant que les agressions sexuelles. Intéressant à étudier : l'homme déforme tout. Au début, la religion est une question de foi. La vraie question, la vraie signification de la religion est, selon moi : comment faire pour trouver Dieu en soi ? Toutes les religions partent de ce même principe. Ce sont les hommes qui, au fil du temps, ont inventé les dogmes, les rites, et tout ce qui, finalement, éloigne de l'essentiel.

La religion serait donc un repli sur soi ?

Il faut chercher en soi la force de se détacher de toute une série de choses. Nous serons toujours agressés par la politique, la violence ou le racisme. C'est par la réflexion et par la découverte de certaines vraies valeurs qu'on parvient à s'éloigner de ces saletés. L'autre jour, en rue, j'ai été agressé par un type qui, m'ayant vu de dos et à cause de ma coiffure, m'a pris pour un black. En vivant cette situation, j'ai pu ressentir ce que doivent vivre les victimes de ce racisme idiot.

Tu as besoin d’être dans un état d'esprit particulier pour écrire?

L’inspiration naît naturellement. Je ne force rien. La base d'une composition vient toujours de je ne sais où. Suis-je, alors, dans un état d'esprit spécial ? Possible. Je n'en sais rien. Ce n'est pas très important. Ce qui compte, c'est que le résultat soit bon.

As-tu l'impression que le public comprend toujours bien ce que tu fais?

Ha, non, sûrement pas. Et il n'y a pas que le public. Je lis suffisamment de critiques de mes albums pour être persuadé que pas mal de journalistes n'ont pas pigé non plus.

Ta musique est très visuelle. Tu as déjà envisagé d'adjoindre l'image au son, par le biais d'une vidéo ou d'un film ?

J'adorerais pouvoir réaliser un long métrage. J'ai plein d'idées, plein, plein. Mais bon, un tel projet coûte énormément d'argent et mon audience n'est pas assez nombreuse pour faire naître un intérêt de la part d'investisseurs. Toujours le même problème...

Tes projets en cours?

Hum, hum. J'écris un concerto qui mettra en scène une foule de musiciens et d'instruments. Il y aura des parties de flûte, de clarinette, de corne anglaise, de baryton, de saxo, de trompette, de trombone, de tuba, de guitare, de claviers, de basse, de batterie, de percussions, de harpe, de violons, de contrebasse... Et donc plein de musiciens. C'est un projet imposant qui nécessitera au moins un an de travail pour deux heures et demie de musique. Si tout se passe bien, j'enregistrerai ce projet l'an prochain en compagnie d'un orchestre philharmonique. Je suis content de le réaliser ; j'y pensais depuis longtemps mais il fallait que je me sente prêt. C'est le cas, alors je plonge...

(Article paru dans le n°20 du magazine Mofo de février 1994)

 

 

The Levellers

La prochaine révolution sera écologique…

Écrit par

Positions anti-gouvernementales, croisades contre les oppresseurs, préoccupations écologiques, concerts de charité : les Levellers mêlent rock et fonction sociale. Un combat qui n'est pas sans rappeler celui des Clash. Douze ans de thatchérisme ont assassiné les rêves d'une génération... A l'instar de Manic Street Preachers, les Levellers constatent les dégâts ; mais au nihilisme des Gallois, ils opposent une attitude positive et volontaire. Et les laissés pour compte de la société capitaliste ont trouvé en eux une voix capable de faire entendre la leur : le folk-punk romantique de ces anarcho-hippies dépose une gerbe d'espoir au pied d'une Angleterre meurtrie et met un peu de baume dans le coeur de ses victimes. Pour mieux comprendre leurs protests songs, rien de tel que de tailler une bavette en compagnie du guitariste Simon Friend et du violoniste Jon Sevink…

Il paraît que votre producteur, Marcus Draws, vous imposait une demi-heure de salsa tous les matins, avant d'enregistrer ?

Simon : Ce n'était pas vraiment de la salsa mais plutôt du bruit, histoire de se défouler.
Jon : Tous les matins, vers l0h, après le déjeuner, on prenait son pied en jouant des percussions de toutes sortes. Marcus et moi avons une passion commune pour la salsa et la samba.

Vous avouez piquer des sons à gauche et à droite. Votre originalité est dans la façon dont vous synthétisez vos influences?

S. : Notre principale influence reste l’observation du monde qui nous entoure. Tous les groupes ont des influences, c'est inévitable. Comme au sein des Levellers, nous aimons tous plus ou moins les mêmes musiques ; et notre manière de jouer en porte évidemment les traces.
J. : Sur « Belaruse », par exemple, on a superposé un riff heavy metal et un violon tzigane. Ce qui traduit notre ouverture d'esprit.
S. : Il ne me viendrait jamais à l'esprit de reproduire tel quel un son que j'ai entendu et qui me plaît. Clash, par exemple, est un de nos groupes préférés mais on ne peut pas se contenter de les parodier.

Vous n'aimez pas l'étiquette folk, trop limitative. Jon, tu as même dit que vous n'étiez pas plus folk que les Clash. Etes-vous aussi ‘punk’ qu'eux, alors?

J. : Pas vraiment. Le punk, c'était en 77, un mouvement musical mais aussi et surtout social. Je n'avais que 12 ans à l'époque. Aujourd'hui, en 1993, il n'existe plus de culture punk.
S. : De toute façon, les Clash, même si on les a assimilés au courant punk, étaient avant tout un groupe de rock, avec des influences funk et reggae.

Et la culture hippie, vous a-elle marqués?

J. : Oui. Elle était porteuse de valeurs qui nous tiennent à coeur mais les hippies étaient aussi des fainéants qui passaient leur temps à ne rien faire, si ce n'est à fumer des joints. Notre attitude est plus dynamique. On combat les inégalités qu'on rencontre en Angleterre. Par exemple, depuis quelques années, les autorités y mènent campagne contre les bohémiens, sous prétexte qu'ils perturbent l'ordre public, ce qui est complètement faux. Parmi ceux-ci, il y a des jeunes qui, obligés de quitter les villes parce qu'ils sont sans emploi et sans abri, voyagent à travers le pays. Ils ont formé de petites communautés nomades. On y rencontre aussi des personnes qui, de leur plein gré, ont choisi de vivre en harmonie avec la nature. Parce qu'on a pris leur défense et qu'on mène parfois, nous aussi une vie de bohème, on nous a associés à ce mouvement. Rien que pour nous, la presse musicale a créé le genre ‘crusty’. Ce terme (NDR: sale, pouilleux) est une insulte à la dignité de ces gens. Il fait référence aux vêtements qu'ils portent. Pourtant, leur hygiène de vie est très saine. Ce sont des êtres humains, il faut les respecter. Le plus amusant, c’est qu'actuellement, beaucoup de jeunes issus de la classe moyenne s'habillent comme des vagabonds. Même les grands couturiers s'intéressent aux ‘crusties’. Il y a là un phénomène de récupération, comme pour le grunge. Du même coup, certains journalistes ont retourné leur veste et défendent maintenant la cause de ces nomades, parce que c'est à la mode. Ca me dégoûte.

Le folk est une de vos influences majeures. Cette musique n'est-elle pas en contradiction avec la réalité des années 90 à laquelle vous faites si souvent allusion?

S. : Pas du tout. Le folk a toujours eu une dimension protestataire. Le folk irlandais a toujours eu un côté rebelle. Il s'est soulevé contre la monarchie anglaise et l'Eglise. C'est une musique très forte. Le problème, c'est qu'on l'associe trop souvent à des formations comme les Dubliners, qui passent leur vie au pub.
J. : Le folk nous a essentiellement influencé au niveau mélodique. Je pense que les plus beaux airs, les plus belles mélodies viennent du folk.

Le prix démocratique des CDs et de vos concerts se justifie-t-il par la présence, dans votre public, de nombreux jeunes sur la paille?

S. : On le fait pour eux mais aussi pour les autres. Le but du rock'n'roll n'est pas de ramasser un maximum de fric sur le compte du public. Légalement, il devient de plus en plus difficile parce qu'il y a un cartel, en Angleterre, qui contrôle le prix des disques.

Avez-vous l'intention de renouveler les ‘freakshows’ de vos débuts, quand votre set était inclus dans un spectacle avec danseurs, acrobates et trapézistes?

J. : En Europe, ce n'est pas possible pour le moment : on n'attire pas encore la toute grande foule. Si c'est le cas, on essaiera de reproduire ici les shows qu'on donne en Angleterre. On aime les spectacles interactifs. Ce que crée Perry Farrel chez Porno For Pyros me plaît beaucoup : inclure des numéros visuels, inspirés du cirque, dans un concert rock, c'est une très bonne idée. Les spectateurs en ont pour leur argent. C'est plus intéressant que de réaliser des clips vidéo.

Dans « The Boatman » vous chantez: ‘Si je pouvais choisir la vie qui me plaît, je serais batelier’. Utopie?

S. : Je suis idéaliste, je ne le cache pas. Il est important de se fixer des buts dans l’existence, c'est ce qui nous donne la force de se lever chaque matin. A vrai dire, j'apprécie les plaisirs simples de la vie, au quotidien. Beaucoup de gens ne se rendent pas compte que le bonheur se trouve là, près d'eux.
J. : Dans cette chanson, tu peux remplacer le mot ‘batelier’ par tout ce que tu veux. L'important, c'est que tes rêves deviennent réalités. On pense tous à quelque chose qui nous rendrait heureux pour le reste de notre existence.
S. : On est à l'aube du XXIème siècle, il faut accepter la réalité telle qu'elle est, même si parfois elle fait mal. La vue du béton et des gratte-ciels m'horrifie, c'est mon côté hippie qui refait surface. Je ne me bats pas pour une vie plus saine, j'y crois, c'est tout.

Qu'est-ce que tu entends par vie ‘plus saine’?

S. : Une vie menée en toute simplicité. Ne pas utiliser les ressources naturelles de la terre à des fins destructrices. En Angleterre, il faut se battre mentalement pour acquérir ces droits. Si je décidais d'aller vivre au beau milieu d'une forêt, on aurait vite fait de me virer... Le gaspillage est un mal qui me préoccupe beaucoup, aussi. Quand tu vois la quantité d'eau qui coule dans un pot en tirant la chasse d'un WC! Effrayant. Cette eau ne pourrait-elle pas être utilisée autrement ? Il y a tant de zones désertiques sur la planète! Les gouvernements ne m'inspirent aucune confiance ; trop de responsabilités incombent à un trop petit nombre de personnes. Je ne supporte pas l'idée que des politiciens aient ma destinée entre les mains. La prochaine révolution sera écologique, c'est inévitable.

Peut-on vraiment changer le monde lorsqu'on estime que le paradis, c'est de ‘s'asseoir près d'une rivière, autour d'un feu, en fumant une cigarette’ (cf. « Far From Home ») ?

S. : Oui parce qu’on communique aux gens une expérience positive qui peut susciter chez eux l'envie de faire la même chose. C'est une prise de conscience du bonheur. A quoi aspire le changement si ce n'est au bonheur?

Vous aidez financièrement une organisation comme Greenpeace?

J. : Greenpeace est une grosse machine, dotée de moyens financiers importants. Il existe beaucoup d'associations caritatives qui ne disposent pas de tels moyens ; ce serait dès lors injuste de ne verser de l'argent qu'à Greenpeace.

(Article paru dans le n°15 du magazine Mofo de septembre 1993)

The Presidents Of The United States Of America

L’état de grâce…

On peut vendre deux millions de disques rien qu'aux USA et ne jamais arriver à se produire en Belgique. Les Presidents ont en tout cas raté leur 2 premiers rendez-vous belges, mais ils ont une 3ème chance.

"C'est assez incroyable : les deux fois où un membre du groupe est tombé malade, c'était le jour avant de jouer en Belgique! Il doit y avoir une malédiction. La prochaine, pour être sûrs, on commencera la tournée par la Belgique." Chris Ballew et Dave Dederer sur le flanc, c'est Jason Finn, le batteur du trio qui répond à nos questions.

En dehors des Etats-Unis, c'est en France que le groupe de Seattle a recueilli le plus de lauriers. "Inexplicable, estime Jason. Dave dit toujours que c'est en France que Jerry Lewis a le plus de succès proportionnellement. Peut-être nous comportons-nous comme lui ? Enfin, plus simplement, c'est sans doute parce que les médias français nous ont acceptés tout de suite. Bizarrement, c'est en Allemagne que nous avons suscité le moins d'intérêt."

De toute façon, Jason dit avoir déjà été fort surpris que les gens aient accroché si vite, tant aux Etats-Unis, en Belgique qu’en France. "On a commencé par prendre du bon temps entre nous, et on ne s'est jamais départi de cette conduite. Maintenant le groupe est connu internationalement ; c'est comme s'il n'y avait pas eu de transition entre notre première répète et le fait de vendre des millions de disques. Je me suis dis : ‘Comment est-ce possible que ce genre de truc m'arrive ?’ C'est le genre d’aventure dont on peut rêver, mais personne ne peut s'y attendre."

L’histoire d’un nom...

Ce qui frappe immédiatement, c'est le patronyme des trois Américains. "On l’a choisi comme ça. Rien n'était calculé. Il s'est avéré que c'était un bon nom, à la fois stupide et attrayant, à la fois. Grandiloquent et simple, aussi. Exactement celui qu'il fallait pour décrire notre style de rock qui ne se prend pas au sérieux. Chris et Dave sont depuis longtemps dans les mêmes groupes et ils se sont appelés de différents noms comme les Dynamic Duos, les Pure Frosting... Perso, j'étais dans Love Battery avec qui j'ai enregistré 4 albums. Trois pour Sub Pop et un pour A&M" (NDR : le dernier "Straight Freak Ticket", paru en 95).

"Il n'y a pas la moindre connotation politique", enchaîne Jason. "Dans le contexte musical, s'appeler les Presidents, c'est particulièrement bêta, non ? Bien sûr, nous sommes plutôt démocrates que républicains, mais c'est à titre personnel, individuel. Et rien ne l'indique dans notre musique ou dans nos paroles."

En tout cas, les Presidents n'ont pas rencontré le moindre problème dans leur pays après ce choix. "Sans doute parce que c'est employé au pluriel, qu'on n’a pas choisi le ‘Président des Etats-Unis’. Là, peut-être y aurait-il eu des réactions? En Europe, on utilise l'image présidentielle, et notamment ces photos où nous sommes maquillés, moi en rouge, Chris en blanc et Dave en bleu, les couleurs du drapeau américain. Mais chez nous, on essaie d'éviter ce genre de références pour privilégier l'absurdité du nom."

Le trio provient de Seattle. Ouais, bon, on ne pouvait pas passer la ville sous silence, en rencontrant Jason... "Les projecteurs, depuis l'avènement du grunge, sont braqués sur Seattle. Des événements s’y déroulent ; l'infrastructure est présente, notamment des clubs où se produire et des fantastiques studios de répète. Il y a aussi des stations radio qui sont ouvertes plus que largement aux groupes débutants. Et il n 'y a pas, comme en Angleterre, une stupide compétition entre les formations. Les Presidents sont très Seattle, mais ce n'est pas l'avis de tout le monde. Pour certains, Seattle, c'est Soundgarden ou Nirvana et rien que ça. Je me dis que la ville n'est plus une ville, mais une sorte de concept étrange... En tout cas, à mon avis, il faut pas aller à Seattle pour trouver le prochain Nirvana."

Le côté extrêmement fun des Presidents s'inscrit-il en réaction contre la déprime manifestée par les Nirvana et consorts ? "Je ne crois pas", répond Jason. "Certains groupes grunge sont aussi très fun, très marrants. Nirvana est également responsable de textes très drôles ; ce n'est pas parce que Kurt Cobain s'est suicidé, que tout était noir chez eux. Mais bien sûr, Nirvana, Alice In Chains et Soundgarden privilégient les sons mineurs considérés comme plus tristes..."

Tout le contraire des Presidents. Il semble d’ailleurs que sur leur premier disque, il n’y ait aucun accord mineur. "C'est sujet à caution, tout dépend un peu de l'interprétation. Bref, sur certaines chansons, c'est limite, ça peut être mineur ou majeur selon la façon dont on la joue… Mais en fait, je suis le batteur, c'est le genre de question à laquelle il m’est difficile de répondre."

Jason est le plus jeune des trois, il a 28 balais tandis que Chris et Dave sont respectivement âgés de 30 et 31 ans. Tous, ils sont dans le bizness depuis plusieurs années. "Mais on découvre maintenant un côté des affaires qu'on ne connaissait pas : le côté non musical qui découle naturellement du succès... Mais je ne vais pas commencer à me plaindre, ce serait indécent! Nous avons la possibilité de toucher beaucoup plus de gens. A nous de gérer ce phénomène, de continuer à écrire de bonnes chansons et à réussir de bons concerts."

"On discute beaucoup tous les aspects du groupe. Mais on n'est plus des teenagers, on a grandi et on sait communiquer ensemble sans gueuler. Parfois, c'est dur, mais heureusement on partage les mêmes goûts, la même esthétique, les mêmes idées sur la musique. Et on est tous les trois également impliqués. "

‘Ca plane pour moi’ en Yankee-yourt

Les Presidents sont connus pour leurs reprises : celle de ‘Kick out the jams’ de MC5 notamment, qui figure sur le premier album ; mais sur scène, le groupe reprend ‘Video killed the radio stars’ et ‘Ca plane pour moi’ en version yankee-yaourt! Si, si... Pourtant, aucune de ces deux covers n’a été retenue pour le prochain opus. "On les réserve pour la scène parce que ce sont des chansons qui s'y prêtent. Cela dit, ‘Ca plane’ vient de sortir sur un single en France, mais je ne sais pas si les Francophones retrouveront les paroles originales. En fait, nous on n'y comprend rien! Quant à ‘Kick out the jams’, c'était juste une chouette respiration en forme de clin d'oeil, un classique dont on s'est dit qu'il collait parfaitement à notre répertoire…"  

Ce prochain LP est quasi terminé : 25 chansons ont été enregistrées en janvier dernier. "On attend la fin de la tournée pour les mixer, ce sera sans doute un peu après septembre. Ne t'attend à rien de très différent de ce que nous avons réalisé sur le premier disque. Il y aura un peu plus de trucs rapides parce que, pour s'adresser aux foules, c'est plus efficace (rires), mais les chansons sont comparables. Ah oui, le son sera meilleur, mais tu t’en doutes certainement ; on a mis plus de moyens à notre disposition" Le premier disque n'aurait coûté que 120 000 FB (NDLR : 3 000€), une paille. "L'album provisoirement devrait s'intituler ‘Two’. On s'arrêtera à ‘4’. C'est là que Led Zep s'est arrêté, alors que Chicago continuait... On a choisi notre camp!"

Les thèmes des chansons du prochain disque ? "Plus de chansons à propos des animaux et des bagnoles (rires). Tu sais, les paroles, on n'y accorde qu'une importance relative, le tout est de s'amuser."

Ah oui, et ‘Lump’, c'est pas une chanson sur le cancer ? C'est pas très léger ça comme thème, hein Jason? C'est aussi ‘pour s'amuser’! "Ouais, Chris l'a écrite effectivement à propos d'une tumeur. Mais on a un peu hésité, parce que le sujet est très grave, très triste. Alors on a utilisé une métaphore. On peut penser que cette chanson parle d'une femme monstrueuse. Une façon de désamorcer la ‘tension’".

Jason n'écrit pas lui-même de texte: "Je suis à peine capable d'écrire des cartes postales, alors..."

(Article paru dans le n° 44 du magazine Mofo de Juin 1996)

Hothouse Flowers

La religion ? Un prétexte pour entretenir la guerre qui sévit en Irlande du nord…

Écrit par

Les Hothouse Flowers sont des lrlandais on ne peut plus ‘roots’. Il est vrai qu'en portant des noms comme O’Maonlai ou O'Braonain, vos origines deviennent vite suspectes. Puisant son inspiration dans le riche héritage de la verte Eirinn, le groupe perpétue, avec fierté et passion, la tradition gaélo-celtique.

A partir de cet instant, les clichés sont faciles : on pourrait parler de la Guinness, des jolies rousses voire du trèfle à 4 feuilles mais dans ce cas-ci, il vaut mieux les éviter. Hothouse Flowers n'est pas une formation folklorique faisant résonner les binious sur les bords du Connemara ou dans la vallée de Cork. Ses inclinations musicales passent par la soul et le rhythm'n'blues. Leurs compositions véhiculent un côté religieux voire mystique, très proche des négro-spirituals et du gospel made in Harlem.

Définitivement black. Pour en parler, avec en toile de fond le 3ème album « Songs From The Rain », le batteur Jerry Fehily et le saxophoniste Leo Barnes.

Quelqu'un a dit un jour que les Irlandais étaient les Noirs d'Europe. Votre point de vue?

Leo Barnes : Exact. Les Irlandais se rattachent toujours à leurs racines, à l'instar des Noirs américains qui n'ont jamais oublié l'Afrique. De plus, la musique irlandaise a influencé la musique américaine et vice-versa. Dès lors, ce n'est pas surprenant qu'il y ait des points communs entre les 2 cultures. Comme les Noirs, les Irlandais ont beaucoup souffert au cours de leur histoire. Aujourd'hui, c'est davantage l'Eglise que l'Angleterre qui nous opprime. Elle est intolérante. La plupart de nos concitoyens ont voté oui à Maastricht, ils espèrent ainsi que l'Europe, et non l'Angleterre, apportera une solution aux problèmes économiques, sociaux et religieux de notre pays bien que la religion, pour en parler, ne soit qu’un prétexte pour entretenir la guerre qui sévit en Irlande du nord…

D'un point de vue musical aussi, Hothouse Flowers affiche un côté black. C'est évident sur votre nouvel album.

Jerry Fehily : Hothouse Flowers n'est pas un groupe folk traditionnel, à vrai dire. Sur le nouvel album, il n'y a ni accordéon, ni violon. Nos influences musicales sont diverses : elles vont du rock pur et dur au rhythm'n'blues, en passant par la soul music. Personnellement, j’aime bien un truc comme Chick Corea... Quant aux textes, ils ne font jamais allusion à l'Irlande. Liam (O'Maonlai) s’inspire d'expériences personnelles, relatives à sa vie et non au pays. Pas de message d'ordre politique ou social.

Ce qui frappe chez vous, c'est aussi votre dimension religieuse voire mystique. L'influence du gospel et du negro-spiritual?

L.B. : Rejoins ma secte, si tu veux. Donne-moi d'abord ton argent puis tu vivras une expérience mystique... (rires) Non, religieux n'est pas le terme adéquat. Je parlerais plutôt de spiritualité. Nos concerts sont des messes où on ne célèbre qu'une chose : le rock'n'roll!
J.F. : Deux morceaux de « Songs From The Rain » ont été enregistrés à Woodstock, dans une ancienne église transformée en studio d'enregistrement. Peut-être qu'inconsciemment, le lieu nous a inspirés.

Apparemment, vous développez votre style sans tenir compte de nouveaux courants musicaux, comme le grunge.

J. F. : J’estime qu'un morceau comme « Spirit Of The Land » est un peu grungy, même s'il n'y a pas de guitares saturées. Si tu t'étais trouvé à proximité des amplis, la 1ère fois où on l'a joué, tu aurais été impressionné par sa force. Dans l'ensemble, il y a davantage de guitares sur le nouvel album que sur « Home », le précédent.

Il y a un titre sur l'album, « One Tongue », qui prône l'emploi d'un langage universel. Le gaélique, par exemple ?

J. F. : Notre langue maternelle, à Léo et à moi, c'est l'anglais, à la différence de Liam et de Fiachna (O'Braonain) qui ont été élevés dans les 2 langues irlandaises : l'anglais et le gaélique. Fiachna parle aussi le français. C'est utopique de croire, bien sûr, que tout le monde puisse un jour parler la même langue, car il y a trop d'ethnies et de cultures différentes sur terre. C'est avant tout un état d'esprit : cette chanson plaide en faveur de la tolérance, de l'acceptation des différences et de la compréhension entre les peuples.

(Article paru dans le n° 12 d’avril 1993 du Magazine Mofo)

Heather Nova

Une étoile qui brille... en toute discrétion

Vous connaissez peut-être Heather Nova. Originaire des Bermudes, cette chanteuse a connu un succès 'mainstream' dans les années '90, grâce à des hits comme "Walk This World" ou "Island". Au cours de sa carrière, elle n'a jamais cédé aux sirènes du 'star system', privilégiant la vie de famille, et en particulier son mari et son petit garçon. Aujourd'hui, après avoir publié 8 albums studio, elle jouit néanmoins d'un véritable culte, que lui vouent un contingent de fans en constante croissance. Actuellement en tournée en Europe, elle nous a accordé une interview à Louvain, peu de temps avant son concert au 'Depot'.

"J'ai été influencée par les 'songwriters' en général. Par quiconque écrit des chansons en puisant dans ses propres expériences, avec son coeur". On le voit : Heather Nova ne s'inscrit pas dans une perspective 'hype' ou 'médias'. C'est une chanteuse dans la grande tradition anglo-saxonne, celle de, par exemple, Joni Mitchell. "Oui, j'ai été influencée par elle quand j'étais jeune". Ou aussi Leonard Cohen, auquel elle porte une sincère admiration. "J'aimais aussi Patti Smith... Et Suzanne Vega! D'ailleurs, j'ai failli voir Suzanne à Hambourg récemment. Je lui ai envoyé des tweets mais comme on jouait au même moment, on n'a pas réussi à se rencontrer..."

Lors de cette tournée, Heather Nova propose des versions acoustiques de chansons issues de l'éventail complet de ses productions. "On crée une atmosphère assez intimiste, avec juste Arnulf Lindner et moi sur scène. Nous utilisons des instruments acoustiques mais nous nous servons également de quelques effets électroniques ; et puis nous changeons d'instruments et de sons régulièrement, pour varier un peu les ambiances."

L'élément visuel est également important notamment par le biais de la projection d'animations basées sur les peintures de l'artiste italien Alberto Di Fabio. "C'est un personnage que je connais depuis que j'étais étudiante à Rome. Il propose des tableaux inspirés par la microbiologie, les cellules, les neurones et l'ADN. Je me suis toujours sentie très proche de lui car nous sommes tous deux concernés par la nature, mais de façon différente." Une combinaison artistique qui fonctionne en effet à la perfection en ‘live’.

C'est une longue histoire entre Heather Nova et la Belgique. L'artiste y a accordé plus d'une trentaine de concerts au total. "Je me souviens particulièrement du festival 'Marktrock' à Louvain, sur la place. La vue quand on est sur le podium y est impressionnante !" Les tournées ne se limitent d'ailleurs pas aux grandes villes : elle aime visiter celles de province, comme Borgerhout, Heist-Op-Den-Berg, Beveren, etc.

Mais Heather Nova s'interdit néanmoins des périples mondiaux interminables. "Je me concentre sur l'Europe, et ce, depuis que mon fils est né, il y a dix ans maintenant. Je veux pouvoir passer plus de temps chez moi, à la maison. Et il m’accompagne sur la route, car j'estime que ces voyages sont une merveilleuse forme d’éducation. Les Bermudes, c'est très beau mais il n'y a pas de musées, pas beaucoup de culture. Donc, chaque fois que nous partons en tournée en Europe, nous prenons le temps de découvrir, et c'est très chouette!"

La naissance de son fils a tout naturellement causé un impact important sur la vie et sur l'inspiration artistique de Heather Nova. "C'est un changement complet de perspective. Tout devient plus important, plus poignant. On doit penser au-delà de sa propre vie, se projeter dans le futur. On se sent plus concerné par les questions du réchauffement climatique, toutes ces choses-là." Un sujet d'autant plus crucial pour les habitants d'un archipel! "En effet! Nous habitons juste au-dessus du niveau de la mer! Donc, on essaie de faire des petites choses, à notre échelle. Par exemple, notre maison n'est alimentée que par de l'énergie solaire."

L'artiste a d'ailleurs consacré un titre au problème du changement climatique: ‘Save A Little Piece of Tomorrow’, sur son dernier opus. "En général, je n'aime pas traiter de thèmes cruciaux dans mes chansons, parce qu’ils deviennent vite du prêchi-prêcha ou de la politique ; mais ici, j'ai abordé le sujet d'un point de vue émotionnel. Je pensais à mon petit garçon, qui grandit dans cet endroit idyllique et un jour, nous revenons et la maison est sous l'eau... C'est une image très forte."

Parlons d'ailleurs de ce dernier elpee, ‘300 Days At Sea’, paru en 2011. Orienté beaucoup plus pop/rock que les deux précédents, il a permis à l'artiste de retourner au son qui était le sien dans les années '90. "Je voulais revenir à ce sentiment que j'avais, au niveau de la production, quand j'ai réalisé 'Oyster' et 'Siren'. Et j'ai d'ailleurs utilisé une partie de l'équipe de l'époque pour opérer les nouveaux enregistrements. C'est donc une production 100% pop-rock." On se demande si ce retour aux origines n'est pas une manière de montrer que la boucle est bouclée ; mais Nova s'inscrit en faux: "Oh non! Je continue! Ce n'était qu'un cercle. Et j’en entame un nouveau maintenant!" Et il sera comment, ce prochain cercle? "Je ne sais pas encore. J'ai écrit beaucoup de morceaux, mais je n'ai pas encore fixé de choix concernant l'approche, la production. Mais ce sera quelque chose de différent, cette fois..."

Pour regarder l'interview complète en vidéo, c’est ici  

 

The Posies

Il n’y a pas que du grunge à Seattle…

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Pop, les Posies naviguent loin de la vague grunge qui sévit dans leur ville d'origine Seattle. Déjà, leur album précédent, "Dear 23" (produit par John Leckie), révélait un groupe original. Ce qu'est venu confirmer le nouveau cd (NDR : Frosting on the beater »). Par ailleurs, deux membres du groupe ont récemment participé à la reformation de Big Star (NDR : Columbia, live at Missouri University »), groupe légendaire des 70s que tous les groupes actuels ou presque, classent parmi leurs influences déterminantes. Entretien en compagnie de Ken Stringfellow, co-leader des Posies (NDR : l’autre c’est Jon Auer) et bassiste de 1’‘éphémère nouveau’ Big Star…

Vous êtes issus de Seattle. Pourtant, on ne peut pas dire que vous soyez ‘grunge’. Vos origines, un avantage ou un inconvénient?

Aucune idée. On réaliserait peut-être des choses différentes si on venait de Cleveland, mais il y aurait sûrement beaucoup de choses qui seraient rigoureusement pareilles. Sans doute y a-t-il des traits culturels spécifiques à Seattle. Mais, nous n'avons rien à voir avec ces metal-bands des années 90 que sont Alice ln Chains ou Soundgarden. Est-ce que notre musique vient 100% de nous ou est-elle conditionnée par nos origines? Je ne suis même pas sûr de vouloir trouver une réponse à cette question.

On ne vous a quand même jamais collé l'étiquette de ‘grunge-band’?

Encore heureux! On s'est appelé les Posies, on ne voulait surtout pas être considéré comme une groupe arty, intello. On est effrayé par la prétention qui, crois-moi, est omniprésente en rock. En choisissant ce nom qui sonne cul-cul, on a opté pour une certaine forme d'humilité, même s’il fait fuir certains. Notre premier album s'intitulait "Failure", c'était dans la même optique.

Avez-vous une idée de votre public type ?

Incroyable, il y a des gens qui nous apprécient et qui aiment aussi... des trucs merdiques comme Bauhaus! Certains nous ont découverts par MTV, d'autres parce que nous tournons en compagnie de Teenage Fanclub. Ces derniers sont plutôt jeunes. Mais il y a aussi des plus âgés. Ceux qui ont entendu parler de nous comme des espoirs de la ‘pop blanche’, des successeurs de Simon & Garfunkel. Hum... Nous, on est méfiants. Ceux-ci, on ne voulait pas nécessairement les attirer. Notre nature nous incite à attendre le pire en permanence.

C'est quand même agréable d'être appréciés, non?

Je suis toujours surpris qu'on nous aime! Je me demande toujours : ‘Tiens, comment ça se fait? Qu'est-ce qui a bien pu convaincre ces gens que nous sommes valables?’ Aux Etats-Unis pourtant, le public est très heavy metal. Ce n'est pas notre créneau. Nirvana a vendu des millions de CD aux fans de HM. Tu fusionnes le public d'Ozzy Osboume et celui de REM et tu obtiens celui de Nirvana! C'est ainsi qu'on devient énorme aux States, en séduisant d'abord les fans de heavy metal. Pearl Jam, Soundgarden, Nirvana et Alice ln Chains sont les nouveaux metal bands, ceux des années 90.

Tu as participé à la ‘reformation’ de Big Star, une influence qu'on cite un peu à tout propos aujourd'hui…

Oui, j'y jouais de la basse, alors que chez les Posies, je suis guitariste. Jon et moi sommes de grands fans de Big Star. Mais franchement, on ne connaissait pas Alex Chilton. On avait entendu très peu de son parcours en solo, après Big Star. Deux ou trois chansons, pas plus. Ce sont les albums de BS et de Chris Bell qu'on aimait avant tout. Mais, bon, je pense apprécier certains aspects de la carrière solo d'Alex, aujourd'hui après avoir joué avec lui. C'est un grand musicien.

Tu n'as pas hésité à te lancer dans cette aventure?

Non, jamais. On se disait que si quelque chose se passait, on en serait. Jon et moi, on connaissait bien Jody Stephens, le batteur de Big Star. On s'entend bien et on savait que si on en était tous les trois, le résultat ne pourrait pas être totalement nul. Que ça collerait entre nous trois, au moins. Alex est venu se greffer, c'est d'ailleurs ce qu'il voulait: un groupe pour l'accompagner ! On l'a fait parce que c'était cool et qu'on pensait que quelque chose de chouette en résulterait. Voilà.

Vous enregistreriez un disque ensemble?

On a accordé une demi-douzaine de shows. Ce n'était de toute façon pas un vrai groupe. Cela dit, ça me plairait d'accompagner Alex sur un de ses futurs albums solos. Mais j'ignore si ça l'intéresserait, lui! On verra ce qui se passera.

Tu n'es pas fort enthousiaste, dès que tu parles d'Alex Chilton. Je me trompe?

Il a de bonnes chansons, il mérite une reconnaissance. Et qu'on le laisse enregistrer ce qu'il veut.

Vous ouvrez les concerts de Tennage Fanclub, mais vous les suppléez, quand il y a une défection chez eux…

Je vois que la légende est déjà en bonne voie de construction (rires). Pour quelques shows de la tournée, Norman est tombé malade. Jon et moi l'avons remplacé au pied levé. Gery continuait à chanter ses chansons et certaines de Norman. Nous interprétions aussi quelques-unes de leurs chansons. C’était très sauvage, très gai. Les portes sont ouvertes, ce serait chouette de réaliser quelque chose ensemble un jour, pourquoi pas? Si tout le monde est d'accord, pourquoi ne pas sortir un single en commun, un de ces prochains mois? Mais ici, c'était juste pour rendre service, parce que je sais ce que c'est, de ne pas pouvoir se produire un concert, parce qu'on est malade... C'est extrêmement frustrant.

Norman ou Gery vous remplaceraient si vous étiez malades?

Chais pas, mais j'aimerais qu'ils le fassent, si c'était le cas.

(Article paru dans le n° 18 de décembre 1993 du magazine Mofo)

 

Moby

Une bible dans le sampleur

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Richard Melville Hall aurait-il tout compris? D'où viens-je, où vais-je, dans quel état j'erre? Vous savez, toutes ces angoissantes questions existentielles qu'on se pose le matin en se rasant face à son miroir, en journée coincé du côté de la Drève de Bonne Odeur ou le soir face aux navrantes séries télévisées destinées à combler notre trou noir culturel? S'il n'a pas encore répondu à toutes celles-ci, Moby a néanmoins le mérite de les affronter bien en face dans un album qu'il a intitulé "Everything Is Wrong"!

Moby aurait créché à Nazareth et eu un papa charpentier qu'on ne se serait pas, outre mesure, étonné de son discours. Seulement voilà, son message, ce n'est pas du haut d'un quelconque Mont des Oliviers qu'il le délivre, mais sur CD, disponible dans tout rayon techno un peu garni. Mais oui, derrière les tubes que sont "Go", "Hymn" ou "Feeling So Real", il y a des idées! Le SyQuest au service d'une philosophie chrétienne, c'est tout nouveau! Et le credo de ce jeune Américain de 28 ans, à ses heures perdues toujours DJ et remixeur (des Pet Shop Boys à Michael Jackson en passant par Depeche Mode), c'est pas entre deux vagues de la Mer Rouge qu'on a été vous le pêcher! Et si Moby était...

Un humain bourré de contradictions ?

Je suis un activiste qui défend les droits des animaux, un environnementaliste, un chrétien qui ne va pas à l'église mais qui aime Dieu. J'ai étudié un peu de philosophie quand j'étais encore à l'école, et j'aime m’amuser comme peut le faire un gosse. J'apprécie tous les genres de musique qu'on puisse imaginer, même le country & western et le Top 50. J'ai commencé à gratter de la guitare il y a 20 ans, en jouant de la mauvaise pop au lieu de pièces classiques et de suivre des cours de solfège. J'ai participé aux aventures de groupes punk, new wave, reggae, folk, jazz. J'ai grandi en écoutant ce qu'écoutait ma mère, de Bartok aux Doors. C'est la raison pour laquelle "Everything Is Wrong" est aussi varié. Je n'aime pas les classifications ; au nom de quelle loi ne devrait-on aimer qu'une seule chose?

Un flippe de première ?

Je suis réellement persuadé que tout est faux. La façon dont les humains vivent leur vie, dont ils tombent amoureux, ce que nous faisons... Tout ça n'a pas de sens pour moi. Je me crois sans repères. Les seules choses que je comprenne sont les états émotionnels : plaisir, douleur, souffrance. J'essaie de vivre sans causer de souffrance ; c’est pour cette raison que je me bats pour les droits des animaux. Je ne veux imposer ma volonté à aucun être vivant.

L’Iggy Pop de la techno ?

Oui, j’ai lu ça quelque part. Peut-être m’a-t-on comparé à lui à cause de la façon dont je joue. La plupart des ‘techno acts’ se résume à une bande de types en fond de scène, planqués derrière des machines, la tête penchée sur des claviers, passant leur temps à tourner des boutons. Chiant, donc. C'est comme toute cette vague intitulée ‘Intelligent Techno’, Autechre et compagnie. Beuark! Le premier concert que j'ai vu, c'était Yes ; eh bien, c'était encore plus marrant que tous ces trucs-là. Je sais que c'est à la mode, que tous les gens cool se doivent d'aimer ce genre et je concède que par certains aspects musicaux, c'est parfois agréable. Mais je suis beaucoup plus extrême. Je joue de la guitare, de la batterie, des claviers, des percussions. Je cours partout, je crie, je saute, parfois je démolis mon matériel...

Un fumeur de pétards ?

Certains se droguent pour pouvoir danser pendant de heures... Soit, mais aussi longtemps qu'ils ne se blessent pas eux-mêmes! Je me soucie de gens, pas des drogues. Si quelqu'un se prend de l'ecstasy tous les week-ends, comment sera-t-il à 25, 30 ou 40 ans? Aura-t-il une bonne vie ou cela le détruira-t-il? Si c'est le cas, il faut arrêter ; c'est de cela dont je me soucie. Si de l'ecstasy l'aide à se sentir bien toutes les deux ou trois semaines, c'est une liberté par rapport à son corps. S'il veut se gonfler d'héroïne, se piercer : c'est son choix. S'il détruit son corps, tout ce que je peux faire, c'est lui montrer des gens qui arrivent à se sentir bien sans se détruire et lui dire : ‘Pourquoi n'essaierais-tu pas plutôt de faire comme eux?’

Un type avec du cœur ?

Je fais de la musique qui procure une émotion et qui, heureusement, touche les gens sur le plan de l'émotion. C'est mon but. Composer quelque chose qui puisse captiver l'auditeur et auquel il puisse donner une réponse émotionnelle puissante. Je fais de la musique pour la vie de tous les jours, pour les automobilistes, les piétons, ceux qui travaillent... Si l'on m'écoute, je souhaite qu'on puisse en retirer quelque chose et me répondre.

Un lanceur de pavés ?

Quand je démolis mon matériel, j'attends une réponse tout aussi extrême. Que le public s'amuse dans la salle autant que je le fais en ‘live’. C'est plus facile d'être motivé par quelqu'un qui fait des choses intéressantes en concert. Si je ne m'amuse pas sur scène, je ne peux pas attendre du public qu'il danse et prenne du bon temps. J'essaie d'être moi-même, honnête, un être humain passionné ; de ne pas être détaché des choses que je fais. Je déteste ce qui ne contient ni émotion ni passion. A ce niveau, le punk rock a été bénéfique, arrivant à point pour balayer tous ces groupes dits ‘progressifs’. Aujourd'hui, la ‘dance’ est devenue une sorte de punk rock sans rébellion, elle verse dans le conservatisme. Oui, les kids qui vont danser prennent leur pied, mais les gens qui sont derrière ceux qui font les disques, les vendent ou en parlent dans les médias s'inquiètent encore d'une seule chose : savoir si telle ou telle musique est ou non à la mode. Qu'elle provienne de Detroit, Sheffield ou Düsseldorf, on s'en contrefiche!

Un écolo rusé ?

Je suis une masse de contradictions : je vis à New York, mais je suis un écolo. Cela dit, quelque part, c'est logique : je peux ne pas rouler en voiture, il y a plein de restos végétariens... Quant à la techno... J'ai un problème avec ma carrière : pour l'assumer, je dois voler en avion, rouler en voiture, faire des disques en plastique, des livrets en papier. C'est un problème, et je ne sais pas comment le résoudre. Peut-être en arrêtant de faire de disques? Mais pour l'instant, c'est aussi ma façon de communiquer avec les gens. Oui, je suis impliqué ‘dans une industrie destructive, mais heureusement, je peux parler aux gens’.

Tout simplement Jesus II ?

Je regarde le monde autour de moi. Pas le monde de l'homme, celui de la nature et je vois comme il est beau, phénoménal, complexe. Et je n'ai pas de moyen pour l'exprimer. Regarde mon corps, mes yeux, mes nerfs optiques, tout ça m'indique l'existence d'un dieu. Une belle toile dans un musée renvoie à un peintre remarquable. Le monde naturel, lui, me renvoie à son remarquable créateur. D'une certaine manière, je voudrais voir cette passion se retrouver dans ma musique, qu'elle exprime ce que je ressens, alors que je me trouve au milieu d'un champ en me disant que cette planète existe depuis des milliards d'années. Ou quand je pense à ce procédé que je ne peux saisir et qui fait qu'Adam a été recombiné pour devenir moi.

Un doux rêveur ?

Si un disque ne peut pas changer le monde, il peut au moins fournir de l'information à ceux qui l'écoutent. Celui qui a mon album entre les mains prendra peut-être le temps de lire le livret et de modifier ainsi sa façon d'être : avec les gens, avec le milieu naturel. Il y réfléchira. Si c’est difficile à mettre en musique, je l’exprime en tout cas plus facilement par des sons, par la musique. Les mots sont beaux, je les aime, mais je me sens meilleur compositeur qu'auteur. Et puis, la musique est plus universelle que ce que je pourrais écrire. Mes compos sont des émotions. C'est pourquoi j’accorde des interviews, c'est un peu ma façon de chanter. Quant à faire bouger les choses à l’aide de sons... Si j'écris un tube, je peux toucher 50 millions de personnes. Si 1% de ce public se dit, par exemple, qu'il pourrait devenir végétarien parce qu'il aime les animaux, le chiffre est déjà conséquent. Le disque m'aide ; si je tenais un discours au coin de la rue devant l'hôtel, j'aurais moins d'influence et je serais peut-être même embarqué par les flics.

Un mec remuant ?

Je suis quelqu'un d'engagé. Je crois que c'est normal. Depuis 70 ou 80 ans, la vie aurait pu devenir si belle. Le ciel, les arbres... La vie est phénoménale et malgré tout, l'homme continue à poser des actes qui nient son potentiel. C'est ce qui m'a poussé à agir. Dans une maison qui brûle, l' 'attitude la plus logique est de combattre l'incendie. Aujourd'hui, la plupart des gens restent à l'intérieur et continuent à regarder la télé.

(Article paru dans le n°33 du magazine Mofo de mai 1995)

 

The Kitchens of Distinction

La plupart des chanteurs anglais sont ennuyeux…

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‘C'est vraiment passionnant, tout ce qui se passe pour l’instant, en Angleterre. Parce que tout le monde a l'air fatigué! Pour le moment, les grands groupes de guitares sont aux Etats-Unis : Nirvana, Pavement… On a complètement oublié les Ride, les Lush. Ils ne sont pas bons, de toute façon, ce ne sont que des hypes. Nous, on continue à faire ce qu'on veut faire. Et si, soudain, des gens commencent à s'y intéresser, tant mieux, mais on s'en fout! J'ai du mal à percevoir ce qui se passe vraiment. Je ne pense quand même pas que les gens vont changer leur état d'esprit au point de se dire que les Kitchens sont ce qu'il y a de mieux au monde. On a un certain nombre de fans hardcore qui nous suivent dans tout ce qu'on fait et si ce nombre augmente, c'est bien.’

Patrick, le chanteur/bassiste des Kitchens of Distinction –dont le nouvel album, « The Death Of Cool », vient de sortir– explique la situation particulière du rock indépendant en Grande-Bretagne. Normal pour un groupe anglais qui recueille son succès aux Etats-Unis!

Il n’existe qu'une station de radio qui passe du rock indé. Et seulement après 19 heures. C'est la BBC 1 et c'est grâce à John Peel. Mais il n'est présent que deux soirs par semaine. Donc, les auditeurs n'ont pas beaucoup d'occasions d'écouter cette musique. Par conséquent, ils n'y pensent même pas. Quand ils entendent notre nom, ils font la grimace. Mais aux Etats-Unis où on passe beaucoup notre musique à la radio, on vend pas mal de disques. Nous y sommes très populaires, à notre niveau, c'est-à-dire celui des ‘collège radios’. Bien plus qu'en Angleterre! Je ne sais pas quelle sera la suite, maintenant, aux U.S.A. car, entre-temps, le phénomène Nirvana a débarqué. Et les attitudes du public ainsi que de l'industrie du disque vis-à-vis de la musique ont changé. Tout comme celles de ceux qui achètent des disques.

Il est difficile, à la seule écoute de votre musique, de déterminer si vous êtes anglais ou américains. Notamment, à cause de ta manière de chanter qui est très différente des groupes insulaires habituels.

En fait, c’est parce que lorsque j'écoute un disque, j’accorde de l’attention au chanteur. J'aime les artistes qui savent chanter. Je ne chante pas très bien mais j'aime chanter. La plupart des chanteurs anglais sont ennuyeux. J'aime écouter des textes, j'aime entendre de bons textes et j'aime entendre un bon chanteur. Et si c'est démodé, je m'en fous.

Quels sont, pour toi, les grands chanteurs ?

Ian McCulloch, Julian Cope, même Jim Morrison... Patti Smith, grande chanteuse, elle parvient à faire passer une telle émotion. Et puis on arrive aux ‘vrais’ chanteurs: Ella Fitzgerald, Aretha Franklin, Billie Holliday.

Je ne peux m'empêcher de penser à Michael Stipe, de R.E.M., aussi.

(Il imite la manière de chanter de Michael Stipe). Si tu écoutes R.E.M. sur leur premier disque et ensuite, leur dernier, et que tu les mets l'un à côté de l'autre, manifestement sa voix a complètement changé... Et c'est très bien! Maintenant, il sait chanter. Parce qu'en huit ans, il a gagné de la confiance. Peut-être qu'après 8 ans, moi aussi je serai capable de chanter.

Dans le clip de « Drive That Fast » vous semblez tous tourner autour d'un axe invisible. Il correspond bien à la musique et me rappelle certains clips tournés par Siouxsie & The Banshees, notamment pour « Spellbound » et « Wheels On Fire ».

C’est inhérent à la rythmique. Tu tu tu tu tu, tu tu tu tu tu... Et quand tu l'as en stéréo via les haut-parleurs, tu obtiens cet effet circulaire qui permet d'emplir toute la pièce. Julian (le guitariste), s'il avait été là, te l'aurait très bien expliqué. Il faut dire que quand on voit ses doigts sur l'instrument et qu'on entend les sons qui en sortent, c'est incroyable. Je ne comprends pas comment il fait. C'est un garçon intelligent.

Les clips dont les images expriment la musique sont plutôt rares.

MTV veut des clips où le groupe joue live, au cours desquels le public hurle et des machines font du vent. C'est nul, horrible. C'est pourquoi on essaie de créer quelque chose de différent. Et ils nous rétorquent : ‘Non, on ne le passe pas. Il n'y a pas de jolies filles sexy dedans’. En Amérique, MTV ne diffuse que du heavy-rock. Les guitaristes y affichent des poses grotesques, alors que le chanteur est poursuivi par des filles. Alors, on ne veut pas reproduire les mêmes clichés. Jamais. Et c'est difficile. On essaie d'exprimer la musique visuellement. Julian, tout ce qu'il voudrait, lui, c'est mettre en son des nuages, des étoiles, la lune. Rien que la nature. Mais tu n’es pas libre de choisir. Tu dois apparaître dans le clip. Ce qui ne permet guère de créativité. Car, si tu passes six semaines sur un album, tu ne consacres qu'une demi-journée à un clip. C'est un medium formidable, mais on ne nous laisse pas l'occasion de l'exploiter. J'aimerais aussi réaliser un clip en ne me servant que des couleurs qui exprimeraient la musique mais, une fois encore, ce n'est pas possible. Les New Order peuvent se le permettre, parce qu'ils sont énormes et qu'on passera toujours leurs clips ; ou maintenant R.E.M., car c'est R.E.M. Mais à notre niveau, on ne peut pas faire ça. Les Replacements, qui détestent les clips, en ont fait un, où ils filment un haut-parleur dont ils ont enlevé la protection et on le voit bouger au son de la musique. Mais c'est très rare. House Of Love a également osé innover pour « Destroy The Heart ». C'est très lent ; on les voit jouer une chanson totalement différente. Mais sinon, quel est l'intérêt de voir le groupe?

Finalement, la vague acid house, techno aurait pu connaître davantage de débouchés car, la plupart du temps, il n'y avait pas vraiment de figure marquante.

The Orb a réalisé de grandes choses du style. Quand ils sont passés à Top Of The Pops, les deux membres du groupe jouaient aux échecs. C'est tout ce qu'ils faisaient. Ils avaient derrière eux une projection et c'est tout. On aimerait pouvoir faire ça. Mais, concernant le mouvement dans notre musique, il y avait une vague sur la pochette de notre album précédent et elle résume bien ce qu'on veut faire. C'est l'idée du flux et du reflux, de manière constante. Un mouvement circulaire, des mathématiques. Mais ça ne fonctionne pas toujours. Jouer, c'est comme atterrir dans un cercle... je ne peux pas l'expliquer, c'est tellement étrange. On a affaire à des effets circulaires et c'est assez excitant.

Est-il facile d'arrêter un morceau? On ne peut pas arrêter une vague ?

La chanson « Mad As Snow » (sans doute la meilleure de l'album), au départ, durait 15 minutes et on se disait que personne n'allait jamais l'écouter. Alors on l'a réduite à 8 minutes. Mais toujours elle veut continuer. Nous, on pourrait ne jamais cesser de la jouer. C'est comme aller dans un autre monde, vivre une sensation extraordinaire. Live, c'est formidable car on peut la terminer quand on veut. On aimerait, un jour, ne jouer qu'une seule chanson lors d’un concert. On commencerait le morceau et on déciderait de ne pas l'arrêter. Un jour, pendant un rappel, on a interprété une compo pendant 30 minutes, c'était fantastique. On était perdus dans son rythme. C'est le batteur qui a mis un terme au morceau. Il a interrompu son drumming nous signifiant ainsi que la chanson était terminée. Sinon, un bon concert, pour moi, doit alterner les rythmes, lents et rapides, revisiter tout le spectre des émotions, en 45 minutes. Mercury Rev semble y parvenir. Un jour, peut-être, quand on aura accompli de gros progrès, on pourra peut-être interpréter un seul morceau, sans susciter l’ennui. Mais on n'est pas encore prêts pour ça...

(Article paru dans le n°5 du Magazine Mofo de septembre 1992)

 

The Farm

Les Beatles étaient les Jason Donovan de l’époque…

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‘Bienvenue à Liverpool’ est inscrit sur une pancarte, à la sortie de Liverpool Lime Street, la gare principale. Je débarque donc sur une des rives de la Mersey, dans la ville du football, des Beatles et de The Farm. Il est onze heures et demie. J'ai rendez-vous à quatorze heures afin de rencontrer le groupe. Ce qui me laisse un peu de temps. Mais d'abord, il faut partir en repérage afin de localiser la tanière des fermiers. C’est au Palace, à Wood Street. Dix minutes plus tard, j'y suis. Maintenant que je sais où me rendre, je peux flâner un peu. Un bus à l’effigie des ‘Beatles’ écume les lieux qui ont vu défiler les Fab 4. Il rappelle aux visiteurs que la légende est toujours bien vivante. Trop cher, tant pis pour le folklore local. Penny Lane, ce sera pour une autre fois. Je pourrais me rendre à Anfield, le célèbre stade qui tous les samedis résonne au son de ‘Youll Never Walk Alone’. Ou à l'Albert Dock... Trop loin. Restons dans les parages. Destination pub. Une bonne pinte de lager ne peut faire de tort. Dès la première gorgée, il n’y a plus aucun doute : c'est bien l'Angleterre ! Heureusement, la vue de deux charmantes serveuses fait oublier le goût, disons... spécial, du breuvage. Je discute avec quelques indigènes qui bien évidemment me parlent de Lennon et McCartney. Mais pour l'heure, c'est aux rois du groovy qu'il faut songer. Retour à la ferme. L'endroit en lui-même est très intéressant car, outre le management de The Farm et celui des LA's (un étage en dessous), il abrite des locaux de répétition, des studios d'enregistrement, un disquaire spécialisé dans le groove et le siège du label indépendant de la formation, Produce Records. Bel exemple de centralisation. Le manager m’invite à entrer et me présente au band, du moins aux membres présents dans la pièce, c'est-à­dire à Peter Hooton, le chanteur, et Keith Mullen, le lead guitariste. C'est ce dernier que je vais interviewer, Hooton se tapant un journaliste anglais. Keith, enthousiaste, me montre les dates des concerts de The Farm. 
          

On sait que The Farm possède un gros son et est toujours à l’affût de la dernière nouveauté technologique. Mais n'est-ce pas difficile de reproduire live ce que vous gravez sur disque ? Lors de votre dernier concert accordé à l'Ancienne Belgique, vous n’aviez pu utiliser votre matériel, et le son ne me semblait pas aussi bon que d'habitude…                       

Généralement on y arrive. Sur scène, on utilise beaucoup de sequencers, de computers mais on libère beaucoup d'énergie. Il faut aller de l'avant. Ce n'est plus comme il y a 30 ou 40 ans où pour faire du rock, il fallait que tout soit naturel. De toute façon, il faut du talent pour utiliser cette technologie, les gens ne s'en rendent pas toujours compte. C'est difficile à manipuler, surtout en concert. On utilise, entre autres, une basse-sequencer et des claviers-sequencers. La technologie nous intéresse mais on essaie de ne pas en être esclaves. Il faut atteindre un équilibre entre la musique live et cette technologie.

The Farm existe depuis 7 ans et incarne, en quelque sorte, l'instigateur de cette musique sauvagement dansante. Le groupe a bien sûr bénéficié de l'explosion dance en Angleterre. Son album et plusieurs singles (« All Together Now », « Don’let Me Down », ...) ont été propulsés au sommet des hit-parades. Contrairement à ce que prétendent certains critiques, The Farm n'a pas pris le ‘groovy’ train en marche, il est la locomotive du mouvement. Quel regard Keith Mullen porte-t-il sur cette fusion entre le rock et la dance-musique ?                                                 

On a vécu une explosion de la musique de danse en Angleterre, à travers les raves et le reste. Les gens ont éprouvé le besoin de faire la fête, d'aller dans les clubs. La musique de danse a évolué au cours des 10 dernières années. Elle a changé, pris d'autres formes et influencé beaucoup de groupes de rock. Les raves n'ont rien de violent. On s'y rend pour s'amuser. Pour la jeunesse de ce pays, c'est comme si un dieu avait été envoyé sur terre. Il s’agit d’un des seuls moyens qui lui reste pour oublier ses soucis.                                              

On en profite pour demander au guitariste ce que signifient exactement les termes ‘baggy’ et ‘scally’.                                                                                  

‘Baggy’ ne veut rien dire du tout. C'est un mot fabriqué par les journalistes. Ils veulent coller une étiquette sur toutes les formes de musique. Quant à ‘scally’, c'est un terme issu de Liverpool. Il est synonyme de mauvais garçon, de voyou.

Liverpool et Manchester

On peut parler de véritable renaissance pop à Liverpool. Le phénoménal succès commercial de The Farm et des LA's a de nouveau attiré l’attention sur sa scène et a servi de détonateur pour les autres. On recense aujourd’hui près de 200 formations en activité à Liverpool, parmi lesquels The Real People, The Hoovers, Top, Rain, Stairs et 25th of May. Cependant, ce qui se déroule actuellement n’est pas comparable à ce qui s’est produit au début des années 80 dans cette même ville. Souvenez-vous d’Echo & The Bunnymen, entre autres. Keith corrobore mon point de vue…

Au début des années 80, la plupart des ensembles de Liverpool étaient issus de classes sociales assez aisées, composés d’étudiants ou d’anciens étudiants. C’était très ‘arty’, assez prétentieux. Les Beatles aussi d'ailleurs appartenaient aux classes moyennes. Aujourd'hui, il y a beaucoup plus de groupes à succès issus des classes sociales plus modestes. Les années 90 sont différentes des années 80, de ce point de vue. ‘Working class bands’ ? ‘People’s band’ (groupe du peuple, des gens), je dirai plutôt. L'expression est un peu dépassée mais c'est ce qu'on est.

Liverpool serait-elle en train d'éclipser Manchester, ville des Stones Roses, Happy Mondays et autres Charlatans ?

En fait les groupes de Manchester ont bénéficié de beaucoup de publicité. Trop même. Et c'est ce qui a causé la perte de plusieurs d'entre eux. A Liverpool, il existe de bons clubs, des bons groupes. La plupart sont présents depuis 4 ou 5 ans ; nous, il y a 7 ans qu’on fait de la musique. Il a fallu attendre que la presse nous découvre. On a des contacts avec d’autres formations. Les LA's sont ici, un étage plus bas.                                                                                       

Et il y a une rivalité entre Manchester et Liverpool ?

Il y a toujours eu une rivalité à propos du football, mais en ce qui concerne la musique, on est les meilleurs au monde. Il existe une petite concurrence, mais elle est amicale. Il n’y a rien de mesquin ou de violent. Avant, lorsque Liverpool se déplaçait à Manchester pour un match de football, on avait l’impression que les supporters partaient à la guerre ; et c’était la même chose lorsque Manchester venait ici. Maintenant ce n’est plus tout à fait le cas. Je pense que la musique a beaucoup contribué à l’amélioration des relations entre les 2 villes.

Musicalement, on ne peut pas dire qu’il y ait une scène homogène à Liverpool, contrairement à Manchester. Le fait que la ville ne dispose pas de beaucoup de salles de concert n’est pas étranger au phénomène. Il y a bien le ‘Royal court’ –généralement réservé aux méga-groupes– et le ‘Picket’ –mis sur pied il y a quelques années grâce au soutien financier de Paul McCartney, Pete Townshend et Ringo Starrr– mais c’est tout. Keith analyse les avantages et les inconvénients du manque d’infrastructure…

Disposer de davantage de salles de concert à Liverpool est un avantage dans la mesure où cette situation permet d’éviter la création d’une scène locale, ce qui peut être néfaste ; c’est ce qui a tué Manchester. Mais c’est aussi un désavantage car peu d’artistes ont l’occasion de se faire entendre ici. La presse ne vient pas ici pour voir ce qui se passe musicalement. Ainsi, les groupes doivent se produire à l’extérieur. C’est ce qu’on fait.

Esclaves.

Il y a 600 000 habitants à Liverpool. La Cité s’est développée à partir du 18ème siècle grâce au commerce des esclaves et à l’industrie cotonnière. De nos jours, comme bien d’autres villes britanniques, elle est confrontée à une réalité économique peu réjouissante. « Tell the story », la tendre ballade qui figure sur l’album « Spartacus » relate avec beaucoup d’émotion sa grandeur et sa déchéance.

Le développement de Liverpool est en effet lié au commerce triangulaire. C’était un grand port. Le plus proche pour traverser l’Atlantique. Aujourd’hui, il est mort. Les chantiers navals aussi. Depuis toujours, les ouvriers ont dû se battre pour acquérir des garanties, mais le gouvernement aussi bien que les organismes privés n’ont jamais tenu leurs promesses. Beaucoup d’ouvriers perçoivent des salaires de misère et s’ils revendiquent une augmentation, on leur dit d’aller voir ailleurs, qu’ils peuvent déjà être contents d’avoir un job. Quand une compagnie dépose son bilan, la faute est rejetée sur les ouvriers parce qu’ils ont exigé de meilleures conditions de travail. Les multinationales peuvent faire plus de profit à Taiwan qu’à Liverpool ; là-bas, les gens ne revendiquent pas. Mais ce n’est pas arrivé qu’ici, des politiciens, des sociétés, ont appliqué le même régime ailleurs. Les multinationales détruisent tout.

C’est clair, les membres de The Farm ne portent pas les politiciens dans leur cœur…

Ce sont tous des menteurs. Les politiciens locaux sont nos gangsters. Terry Fields est une exception. Il se bat pour imposer ses idées. Beaucoup de politiciens condamnent la poll-tax (NDR : taxe d'habitation) mais peu accepteraient d’aller en prison en refusant de la payer (NDR : Terry Fields membre du Labour Party y est allé pour ne pas avoir acquitté sa poll-tax). En outre, les politiciens sont responsables de beaucoup de morts. Les clochards, par exemple, qui meurent d'hypothermie, en hiver. Les politiciens connaissent la situation. Ils déclarent qu’ils vont agir ; mais dès que Noël est passé, c’est déjà oublié.

Le Nord et le Sud.

Parlons du Liverpool de 1991. Comment décrirais-tu ta ville, Keith ?

J’aime bien ma ville, mais parfois aussi elle m’énerve. Elle est assez sale, on s'en rend bien compte ; surtout quand on vient en Belgique, par exemple. Les rues sont si propres là-bas, les gens se soucient de l'écologie. Il y a peu, on s'est rendu en Allemagne de l'Est pour s'y produire et on s'attendait à découvrir un pays horrible, sale, en noir et blanc ; c'est ce qu'on nous avait raconté en Allemagne de l'Ouest. En fait, on a découvert des endroits très beaux, très propres. C'est un paradis comparé à Liverpool. Néanmoins, j'aime ma ville, c'est un gros centre industriel mais c'est ici que je suis né, que j'ai grandi ; tous mes amis vivent à Liverpool. Elle peut être très dangereuse aussi. On peut se faire agresser dans la rue, comme on peut aussi y marcher sans le moindre problème. Ce n'est pas pire qu'ailleurs. Et puis, il y a une atmosphère familiale ici.                                                                                                                    

Liverpool serait-elle un pays dans le pays ?

A cause d'une famine liée à la pénurie de pommes de terre, 80 % voire 90 % des Liverpuldiens sont d'origine irlandaise et ne sont pas très nationalistes. Il y a une attitude anti-anglaise qui est réelle ; je ne considère pas que je suis Anglais. Je ne pourrais jamais m'identifier à l'équipe nationale de foot. Je hais l'Angleterre, je suis de Liverpool, je ne suis pas un putain d'Anglais. On s'entend bien avec les Ecossais et les Irlandais, par contre. Si tu vas en Irlande et que tu es de Londres, on te traite de Britannique mais si tu viens de Liverpool, on te serre la main et on te demande comment ça va. On n’a pas le même mode de vie ici que dans le Sud de l’Angleterre. 

Existe-t-il réellement un fossé entre le Nord et le Sud ?

Il y a plus d’argent dans le Sud. Il y a des prolétaires dans le Sud également, mais c’est là qu’on trouve les plus de riches. Il n’y a pas de mur à travers le pays, mais des différences de classes sociales entre les deux parties.

Il est bien évidemment difficile de parler de Liverpool sans évoquer les Fab 4.

Les Beatles ont plus touché mes parents que moi. J'étais trop jeune pour les Beatles. Mais, il est évident qu'on ne peut pas les éviter, le public associe inévitablement Liverpool aux Beatles. Ils ont été le premier grand groupe parce que le marketing autour d’eux était énorme. Ils étaient les Jason Donovan de l'époque. C'est ainsi qu’ils sont devenus légendaires.

Football

Chapitre foot. Liverpool FC est une des plus grandes équipes du monde. Au sein duquel ont milité Keegan, Dalgish, Souness… ?  Les joyeux fermiers sont effectivement de grands sportifs ; ils organisent régulièrement des tournois de Subbuteo. Parlons un peu de ballon rond. Keith avoue être un fan d’Everton FC, l’autre équipe de Liverpool et avoir été ébloui par Duncan Mc Kenzie (NDR : ce dernier a joué à Anderlecht en 1976-77). Le football est une véritable religion outre-Manche et comme toute religion, elle engendre passions et excès. Peter Hooton était présent au Heysel en mai 85.

Peter et Roy étaient là, en effet. Ils ont des souvenirs terribles. Le match n'aurait jamais dû se jouer dans un stade pareil. En plus, il ne fallait pas mélanger les supporters de Liverpool et ceux de la Juventus. La catastrophe était prévisible. Ce stade n'était pas sûr, comme à Hillsborough. Mais il n'y a pas qu'ici qu'il y a des hooligans. Il y en a partout, en Allemagne, en Hollande. La presse anglaise a profité du drame du Heysel pour enfoncer Liverpool, une fois de plus ; elle a lié ce drame aux grèves de mineurs.                                                                        

Spartacus

The Farm se veut le porte-parole de la conscience collective de Liverpool. Hooton, Mullen et les autres se défendent néanmoins d'être des militants. Leur combat est sincère et dénué de toute démagogie, ils sont les Spartacus des temps modernes.

Avant, personne ne voulait de nous. On a intitulé notre premier album « Spartacus », car c'est un symbole de révolution. On a entrepris une révolution contre les maisons de disques multinationales. En 8 mois, 4 singles et l album ont atteint le Top 40. Et ils sont sortis sur notre label indépendant. On se débrouille bien. Maintenant on essaie de rester à l'écart des majors. Pour la Grande-Bretagne, Produce Records s'occupe de tout. Pour l'étranger, on a des licences avec différentes firmes. En ce qui concerne les USA, on a signé directement chez Sire. Le marché est énorme là-bas, on est obligés de passer par le biais d'une major pour la distribution, mais on contrôle très attentivement le travail qu'elle accomplit. Notre contrôle artistique est total.

(Article paru dans le n°1 du Magazine Mofo de février 1992)                                                     

Marie Davidson et Essaie Pas

La bande-son électronique et sensuelle d'un film imaginaire

Etablis à Montréal, Marie Davidson et Pierre Guérineau forment un couple qui est responsable, depuis 2010, d’une musique électronique très novatrice, sublimée par une prose déclamée ou chantée. Essaie Pas, leur duo, et Marie Davidson, le projet solo de Marie, ont accordé deux prestations magiques dans le cadre de la ‘release party’ consacrée au nouvel elpee d'Essaie Pas, ‘Nuit De Noce’. Nous étions présents lors de celle qui s’est déroulée le 21 novembre dernier au London Calling de Bruxelles. Nous en avons profité pour discuter en compagnie des deux musiciens. Le lien vers la vidéo de l'interview figure au bas de la page.

Essaie Pas est un patronyme qui intrigue. "En fait, c'est la traduction de 'Don't Try', l'épitaphe gravé sur la tombe de Charles Bukowski", précise Marie. "Sa perception est négative ; mais en fait, elle signifie 'Just do it! Have no fear!'." Un message d'encouragement adressé à tous les artistes! Pour définir la musique d'Essaie Pas et de Marie Davidson, il faut s'imaginer la bande-son électronique d'un film imaginaire des années '70, inspirée par les soundtracks de John Carpenter (surtout la plage légendaire "Assault On Precinct 13"). Au-dessus des séquences et des boîtes à rythmes, éclosent des couleurs ambient, kraut, psyche, minimal, italo-disco et même du blues. Pour couronner le tout, il y a la voix de Marie, à la fois sensuelle et ingénue, qui clame ou chante des textes poétiques écrits dans la langue de Molière ou de Shakespeare. Un discours sobre, humble, violent et tellement sensible à la fois. Malgré le côté froid des synthétiseurs, on sent dans chacun des titres une pulsation humaine, presque physique.

A Montréal, Marie a été très tôt baignée dans la musique. Elle a d’abord suivi des cours de violon classique, qu'elle a abandonné à 16 ans pour se consacrer à l'exploration intuitive de la musique électronique. "Je me considère comme une autodidacte. Je ne maîtrise pas la théorie donc, je tâtonne beaucoup, en pratiquant le 'trial and error’, par essais et erreurs." Pierre ajoute : "Ce qui est bien avec cette méthode, c'est qu'on tombe parfois sur des surprises, des sons ou des séquences qu'on n'imaginait pas au départ." Pierre, quant à lui, est d'origine bretonne mais vit à Montréal depuis 8 ans.

Le duo vient de publier le premier opus d'Essaie Pas, ‘Nuit de Noce’. Il bénéficie d'une double édition, l'une via le label français Malditos et l'autre, l’écurie franco-belge Teenage Menopause, à laquelle nous devons les albums brûlots de Scorpion Violente (voir leur interview ici), Jessica 93 et Catholic Spray. ‘Nuit de Noce’ compile des titres parus auparavant sur cassettes, plus une nouvelle compo: ‘Devotion’. "Pour la première fois, c'est Pierre qui assure les parties vocales sur ce titre", souligne Marie. "Et l'ambiance est ici plus sale, plus 'noisy'. La tension est permanente, un peu comme dans la musique d'Ike Yard, le groupe new-yorkais de no-wave." Mais votre serviteur est frappé par la ressemblance qui existe entre ce titre et le "Bite of God" du duo français Die Form ; une similitude tout à fait fortuite vu que ni Marie ni Pierre ne connaissait Die Form avant que je ne leur en parle. Correspondances...

Précisément, parlons des influences : en écoutant Essaie Pas, on ne peut s'empêcher de penser à Suicide. "Oui, on adore Suicide, surtout le côté hypnotique et minimal, mais je ne dirais pas qu’il s’agit d’une influence majeure", rectifie Marie. "A la maison, j'écoute plutôt de l'ambient ou du kraut, comme Klaus Schulze ou alors de la musique classique. Par exemple, Scelsi, Nono, Ligeti, Ravel, Debussy, Messiaen et Terry Reiley. Les B.O. de films également ; John Carpenter bien sûr, mais aussi italiens du genre ‘Giallo’ comme ceux de Dario Argento, par exemple." Et Pierre d’ajouter : "J'aime aussi le blues et l'italo-disco de Georgio Moroder".

L'actualité du projet solo de Marie Davidson, c'est le single ‘Je ne t'aime pas’, publié récemment sur Bandcamp et transcendé par une superbe vidéo diffusée sur YouTube. C'est, à mon avis, le titre qui possède le plus de potentiel. Il libère en effet une atmosphère fiévreuse, dominée par la voix fragile et touchante de Marie, mais affiche aussi un côté 'french pop', 'nouvelle vague' très attachant. Un morceau très prometteur qui figurera sur le premier LP vinyle de Marie Davidson, ‘Perte d'Identité’, à paraître en février prochain chez Weyrd Son Records. Ce jeune label belge dirigé par Michael Thiel, le fils du légendaire Micky Mike (Snowy Red), confirme ainsi qu'il a très bon goût!

"L'album est prêt", précise Marie. "Nous travaillons déjà sur le prochain! Il continuera dans la même direction musicale mais proposera des titres plus longs et baignera au sein d’une ambiance encore plus cinématique. Comme des ‘fake soundtracks’ d'un film imaginaire..."

Regardez la vidéo de l'interview

Découvrez le clip de "Je ne t'aime pas" ici

Album "Nuit de Noce": http://teenagemenopause.bandcamp.com/album/nuit-de-noce

Weyrd Son Records: http://weyrdsonrecords.com

Facebook Weyrd Son Records : https://facebook.com/WeyrdSonRecords

(Photo 'live' par Xavier Marquis)

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