Le futur de The Lost Wave

Basé à Anvers, The Lost Wave réunit des musiciens belges, néerlandais et espagnols. Cette identité transfrontalière irrigue une musique ouverte, sincère et fédératrice. Le 28 août 2026, la formation publie Becoming, un premier EP de cinq titres retenus parmi…

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Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Bernard Dagnies

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lundi, 28 mai 2018 03:00

Un fameux potentiel !

Située à Roubaix, en proche banlieue de Lille, la Cave aux Poètes est une salle de concert qui permet d’accueillir un peu plus de 200 personnes. Située en sous-sol, un peu comme ‘L’os à Moelle’, à Bruxelles, mais en plus sombre, elle est caractérisée par un plafond de plus ou moins 2m20. Impossible donc de pogoter. Et puis de prévoir un podium pour les musicos qui se produisent au même niveau que l’auditoire. Mais l’endroit est assez sympa… Quand on vient de la région de Tournai, il faut entre 35 minutes et 45 minutes, pour accomplir une vingtaine de kilomètres, avant d’arriver à destination. Finalement, la salle est située non loin de la gare. Avantage, un parking est disponible dans une cour, juste devant l’établissement.

Ce soir, deux groupes sont programmés, en supporting act (drôle d’idée !), Beechwood, un trio new-yorkais, et en tête d’affiche, Exploded View, une formation drivée par la chanteuse britannique Annika Henderson (NDR : c’est également une ex-journaliste politique), exilée à Mexico. Au sein de son backing group militent le Suédois Martin Thelin, qui a, notamment bossé pour Crocodiles, également établi dans cette capitale, ainsi que deux musiciens mexicains, une fille et un gars qui a vraiment le profil latino…

Ethérée, glaciale, oscillant quelque part entre la prog, l’indus et le trip hop, la musique d’Exploded View tombe un peu à plat, après un groupe du style de Beechwood. L’absence d’interactivité n’aide, en outre, certainement pas. Il y a des loops, des drones, des sonorités métalliques et synthétiques, dispensées par le drummer, une fille aux synthés ou à la gratte et un guitariste ; et le tout se superpose en nappes, sur lesquelles émerge la voix diaphane d’Annika, responsable de textes sociopolitiques (NDR : fallait s’en douter). Plutôt statique, froide, ignorant presque la foule, Annika est penchée sur son micro, comme la tour de Pise. Les applaudissements sont polis et après une vingtaine de minutes d’ennui, on préfère s’éclipser…

Beechwood publie un nouvel album, ce 6 juin. Plus pop et plus acoustique, il est surtout mieux produit. Les puristes y verront sans doute, une volonté de devenir plus accessible, voire commercial. Mais, manifestement, il démontre surtout la capacité du band américain de briller ailleurs que dans le garage et le punk. Parce qu’en ‘live’, le combo ne fait aucune concession. Dès les premiers accords on est soufflé par la puissance du son. Pas vraiment une bonne idée. Nonobstant ses imposants tatouages, Isa, le drummer est élégamment vêtu et est coiffé d’un stetson (NDR : qu’il ôtera après quelques titres). Mais il frappe sur ses fûts comme un malade ! Sid, le bassiste, porte un pantalon de couleur blanche et est chaussé de pompes de la même teinte. Gordon, le guitariste, a enfilé un sweater partiellement à résilles, notamment sur les bras, largement ouvert en ‘V’ sur le devant, laissant apparaître sa poitrine. Ces deux derniers portent des cheveux longs, dans le style de feu Brian Jones. Après trois ou quatre morceaux, Gordon et Isa troquent leurs instruments, mais dès le premier morceau, la lanière de gratte de ce dernier se détache et le groupe doit tout reprendre à zéro. Précision, après l’intervention de la tour manager qui remet la sangle dans l’encoche de la guitare. Au bout de deux titres, chacun reprend son rôle. Progressivement, on commence à mieux discerner le son, surtout quand on prend du recul. Et manifestement, les harmonies vocales passent de mieux en mieux la rampe. Il y a même une belle osmose entre la voix du chanteur et celle du drummer. Mais paradoxalement, c’est dans le bar, à côté, que ce son est le meilleur. La setlist aligne des titres des deux derniers opus, mais les plus garage/punk, dont la cover du « I’m not like everybody else » des Kinks. Et même celles plus glam ou pop du nouvel opus sont attaquées de manière plus énergique. Extrait du dernier elpee, l’instrumental « Nero » crée le lien manquant entre le Jon Spencer Blues Explosion et les Stooges. Régulièrement, Isa pousse des cris sauvages, comme… Iggy Pop… Les deux gratteurs sont constamment en mouvement, mais on les sent à l’étroit sur l’espace qui leur est réservé. Et pas question de bondir sur place, sans quoi, la tête des deux gratteurs perceraient le plafond. Un spectateur, qui doit largement dépasser les deux mètres de hauteur, a la sienne qui l’effleure. Au bout de 30 minutes, le groupe salue la foule et se retire. Malgré la sensation de trop peu, et les problèmes de balances, manifestement, le groupe a un fameux potentiel. Faudra d’abord penser à engager un ingé-son exigeant et pro (NDR : suffit de demander à Didier, il en connaît quelques uns…) Et puis laisser un peu de temps au trio pour acquérir de l’expérience ; car vu la qualité de ses compos, il ne serait pas étonnant que d’ici deux ou trois ans, il fasse un fameux tabac. On reviendra sur Beechwood, lors de la chronique de son troisième LP, « Inside the flesh hotel », et puis à travers une interview accordée à Musiczine, à l’issue du show…

Setlist (sous réserve et dans le désordre)

“Melting over you”, “I Don't Wanna Be the One You Love”, “I'm Not Like Everybody Else” (Kinks cover), “Flesh Hotel”, “Heroin Honey”, “Amy”, “Bigot in my bedroom”, “C/F”, “Boy Before”, “This Time Around”, “Nero”

(Organisation : La Cave aux Poètes & Bains De Minuit Productions)

 

 

mardi, 22 mai 2018 03:00

Rain plans

Israel Nash Gripka n’a aucun lien de parenté avec le célèbre Graham, qui a sévi au sein des supergroupes Crosby, Stills, Nash avec ou sans Young. Originaire du Missouri, il s’est établi à New York City, en 2006, avant de se fixer à Austin, dans le Texas. Pourtant sa musique trempe dans le country/folk/rock, dans l’esprit du célèbre trio ou quatuor. Si les harmonies vocales sont parfois dignes du tandem Crosby/Nash, les mélodies rappellent très souvent Neil Young. Ethérée, sa voix est parfaitement soutenue par des cordes de guitare acoustiques, électriques, de steel ainsi que par une solide section rythmique. Nostalgiques, ses textes évoquent la solitude et les paysages qui ont bercé son enfance. Si vous appréciez les quatre mousquetaires susvisés, vous ne pouvez passer à côté d’Israel Nash.

 

vendredi, 25 mai 2018 18:58

Violence

Deux ans plus tôt, Editors avait déjà opéré un tournant majeur, en optant pour un musique plus électro et surtout mainstream, en publiant l’album « In dreams ». Rebelote en 2017 pour un opus dont le climat baigne cependant au sein d’un climat sombre, indus et parfois même sinistre. Si « Hallelujah (so low) » se distingue par quelques accès plus fulgurants, un peu dans l’esprit du « Thought Contagion » de Muse, seul le plus élaboré « Belong », qui clôt le long playing, et « No sound but the wind », nouvelle version d’une compo qui figurait sur la B.O. d’un épisode de la saga ‘Twilight’ et dont le synthé a été remplacé par le piano, tiennent la route. Certaines compos adoptent pourtant un ton susceptible de rappeler… The National ; mais en général, grandiloquent, il finit par agacer. On a même droit à un morceau inspiré par Giorgio Moroder. A force de vouloir tâter de l’électronique pour être dans l’air du temps, les artistes et les groupes pop/rock en oublient ce qui faisait leur spécificité. Pire parfois, en appuyant sur la même gâchette, sans prendre garde, ils finissent par se tirer une balle dans le pied ! Violence mal placée !

 

vendredi, 25 mai 2018 18:58

New shapes of life

Martin Carr, c’était la tête pensante du défunt Boo Radleys, un groupe issu de Wallasey, dans le Merseyside (NDR : c’est près de Liverpool) qui n’a jamais été reconnu à sa juste valeur et s’est séparé en 1999. Après avoir embrassé une carrière solo sous le pseudo de Brave Captain, il décide alors de continuer l’aventure en solitaire, sous son propre nom. Mais depuis, malgré d’excellentes productions, il continue de végéter dans la zone crépusculaire de l’underground. Et ce « New shapes of life » risque fort de ne toujours pas l’en extraire. Pourtant, cette œuvre pop est particulièrement mélodieuse, contagieuse même, sophistiquée, et les arrangements sont particulièrement soignés. Surtout tout au long des deux premier tiers du long playing. Ouvrant la plaque, le titre maître adopte, en début de parcours, un tempo rappelant le « Why can’t we leave together » de Tiny Thomas. Régulièrement, les spectres de Bowie, Todd Rundgren, McCartney ou encore Talk Talk se mettent à planer. Le genre de compos qui mériterait largement d’être diffusées sur la bande FM. Ce qui changerait de ces titres insipides, matraqués tout au long de la journée, pour des raisons sombrement commerciales…  

 

vendredi, 25 mai 2018 18:56

Quiet and peace

Buffalo Tom compte aujourd’hui 30 années d’existence, trois décennies au cours desquelles, il a publié un une pluie d’Eps et de singles, mais surtout dix albums, dont neuf studios et un ‘live’. Et sous un même line up, soit Tom Maginnis à la batterie, Chris Colburn à la basse et Bill Janovitz à la guitare, ces deux derniers se partageant les vocaux. Après avoir pratiqué une forme de pop/rock juvénile et incandescente, dans la lignée de Hüker Dü voire de Dinosaur Jr (NDR : paru en 1990, « Birdman » avait d’ailleurs été produit par J. Mascis), la formation s’est quelque peu égarée dans une forme de folk/rock inoffensive. Avant d’en revenir à un style plus électrique, comme à ses débuts. « Quiet and peace » propose des morceaux qui privilégient ce format, même si certaines plages adoptent un profil plus pop, mais dans l’esprit de Bruce Springsteen voire de REM. L’aspect mélodique est toujours aussi soigné et les harmonies vocales échangées entre Chris et Tom, savoureuses. Sarah Jessica vient même apporter sa collaboration aux vocaux sur « Hemlock », alors que Lucy, la fille de Bill, s’y colle pour la cover de Simon & Garfunkel, « The only living boy in New York ». De ce très long opus, on épinglera néanmoins le flamboyant « All be gone », en ouverture, le nerveux « Least that we can do », un morceau caractérisé par un groove électro-acoustique irrésistible et puis surtout en bonus, une superbe version de « The Seeker » du Who, à la fois respectueuse de l’originale, et particulièrement vivifiante. Une excellente surprise !

 

vendredi, 25 mai 2018 18:56

Under the pines

Fondée en 1991, Bardo Pond est une formation qui pratique une musique atmosphérique agrégeant une multitude de styles : psychédélisme, noisy, shoegaze, prog, space, drone, dream pop et tutti quanti. Si la guitare ‘Gibson’ libère des sonorités parfois proche du Crazy Horse de Neil Young, alors que la ligne de basse se complait dans sa ligne constamment floue, les compos sont imprimées sur un tempo lent ou parfois un mid tempo, des compositions propices à la méditation, envoûtantes, hantées par la voix limpide et étrange d’Isobel Sollenberger (NDR : hormis sur la plage finale instrumentale « Effigy ») et circonstanciellement traversées par des interventions de flûte. Pourtant, elles sont complexes, ondulent, tourbillonnent, avant de pénétrer profondément dans votre subconscient, en vous communiquant alors une forme d’angoisse. A l’instar du ténébreux titre maître. A contrario, plus paisible, « Moment to moment » se distingue par ses cordes lumineuses. Tant électriques qu’acoustiques. Dix minutes réminiscentes du Floyd circa « More »… Bardo Pond se produira au Magasin 4, ce 4 juin 2018.

 

jeudi, 24 mai 2018 03:00

La menace

Pour enregistrer cet album, le trio bruxellois a reçu le concours de Mike Black et Rémy Lebos, à la production, ce dernier se chargeant également de la masterisation. Un disque qui s’intitule « A Supernaut », en référence à « Supernaut », titre d’un album de Black Sabbath, paru en 1972. C’est également une des influences majeures de ce trio bruxellois. Sisters of Mercy, en est une autre. Blues gothico-atmosphérique, « The sword part 2 » en est une parfaite démonstration. Et surtout « The future ». A cause de la voix qui épouse les inflexions d’Andrew Eldritch. Mais également le spectral « Shadow », même si on y décèle des traces de Nine Inch Nails, tout comme sur l’incantatoire « See me ». L’opus s’ouvre par « Ice », un morceau hypnotique et aux chœurs opératiques réminiscents de… Magma. Certaines compos circulent à une cadence effrénée. A l’instar du titre maître et de « Xeption », sortes de danses du scalp (NDR : cette voix aiguë !) débridées. Maléfique, « Deep inside » s’enfonce au cœur d’un univers ténébreux hanté par Marylin Mansun et Sabbath (NDR : le tout premier elpee !) Et le long playing s’achève religieusement par « Fantomas begins », une plage assez brève jouée sur un orgue d’église…

 

lundi, 01 juillet 2019 16:04

Paradox

« Paradox » constitue la bande originale du film du même nom, réalisé par la compagne de Neil Young, l’actrice Darryl Hannah. Un western tourné dans les Rocheuses, au Canada et aux States, au cours duquel le Canadien et les musiciens de Promise of The Real jouent le rôle de cow-boys plongés dans une aventure futuriste et surtout farfelue.

Il s’agit cependant du troisième LP pour lequel le Canadien a reçu le concours de cette formation, au sein de laquelle figurent les fils de Willie Nelson. Sur les 21 plages de ce long playing, figurent de nombreux interludes, parfois de quelques secondes, qui ont également servi à la B.O. de ce moyen métrage (NDR : 1h13). L’opus alterne morceaux acoustiques et électriques. Il y a même un extrait de 46’, réservé au « Happy together » des Turtles, chanté quasi-a cappella, si on ne tient pas compte des sifflotements et des quelques accords de banjo. D’ailleurs, de nombreux titres semblent avoir été enregistrés atour d’un feu de camp.

On va donc ce pencher sur la quintessence de cet opus. Côté ‘unplugged’, on épinglera une version épurée de « Show me », une plage issue de « Peace trail », qui aurait pu figurer sur l’album « Harvest ». Puis le titre maître de cet opus susvisé, interprété à l’orgue à soufflets. Tout comme le crépusculaire « Pocahontas ». Lukas, le fils de Willie, se consacre au micro sur quelques morceaux, dont le blues « How long » et « Diggin’ in the dirt » composé par Neil et les deux fistons du légendaire octogénaire. Face électrique, l’elpee recèle une adaptation de « Cowgirl in the sand » (« Everybody knows this is nowhere ») rebaptisée pour la circonstance « Cowgirl jam ». Dix minutes instrumentales, chargées d’intensité crazyhorsienne. Dommage, que la voix du Canadien soit totalement absente. Puis deux pistes imprimées sur un tempo tribal, amérindien, soit « Hey » et encore un blues intitulé « Running to the silver eagle ».

Bref, en tirant dans toutes le directions, Neil et sa bande n’ont blessé personne. C’était du cinéma ! D’ailleurs en final, caractérisé par sa jolie mélodie et ses arrangements à la Walt Disney, « Tumblewood » pourrait servir à la bande originale d’un dessin animé pour enfants. Un autre paradoxe !

 

vendredi, 25 mai 2018 18:53

Scream Above the Sounds

« Scream Above the Sounds » constitue le 10ème elpee de Stereophonics. Un disque paru dans le cadre de son 25ème anniversaire d’existence. Première constatation, le chanteur, Kelly Jones, a toujours cette voix savoureusement écorchée, qui rappelle tour à tour Rod Stewart ou Mike Scott. Et curieusement, hymnique, le premier titre, aurait pu figurer au répertoire des  Waterboys. L’opus recèle plusieurs ballades, souvent émouvantes, parfois mid tempo, dont la finale, « Elevators », est bercée par les sonorités tintinnabulantes de la guitare, un peu comme chez REM, des sonorités pimentées par les gémissements de la slide. Mais la plus réussie est sans doute « What’s all the fuss about ». Soulignée de chœurs, elle est sublimée par des interventions de trompette bouchée, dispensées en filigrane. Les musiciens de Radiohead devraient apprécier. Un saxophone jazzyfiant colore également l’allègre et spasmodique « Geronimo », une piste qui s’appuie sur les accords du piano. Entraînants et offensifs, « Cryin’ in your beer » et « Chances are » sont deux excellents rock’n’roll ; le premier est traversé, en milieu de parcours, par une intervention frénétique au sax, et le second concède des accents blues/rock ‘zztopiens’. Malgré quelques plages qui trempent dans le mélo FM, l’album est, dans son ensemble, plutôt agréable à écouter…

 

Lenny Kravitz vient de publier « It’s enough », un single qui figurera sur son nouvel album, dont la sortie est prévue pour le 7 septembre. Intitulé « Raise Vibration », ce sera son 11ème opus. Doublé d’un clip vidéo engagé (voir ici ) Le single constitue une réflexion tendue et déterminante sur le cours actuel des événements. Il y raconte : ‘J'en ai assez du racisme. J'en ai assez de la guerre. J'en ai assez de la destruction de l'environnement et de la cupidité et de la malhonnêteté des dirigeants du monde. Nous devons nous remettre sur la bonne voie pour aller vers une meilleure compréhension…’

Le New-yorkais se produira ce 15 juin au Sportpaleis d’Anvers.