Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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La fresque de Vincent Delerm

Six ans après « Panorama », le chanteur cinéaste au cœur battant Vincent Delerm élargit encore son travelling sentimental en gravant « La Fresque ». Un huitième album dont la chanson-titre parlée, sur un arrangement tout en palpitations électroniques et…

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Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

mercredi, 19 août 2015 19:40

Adjust to the light

Fufanu est un quintet islandais. Dont le chanteur (Kaktus) n’est autre que le fils d’Einar Einarsson, ex-membre des Sugarcubes, formation qui a permis à Björk de donner un coup de boost à sa carrière. Le groupe a déjà assuré le supporting act de Damon Albarn et des Vaccines. En outre, Brian Eno est tombé sous le charme de leur musique. De belles références pour commencer…

« Adjust to the light » constitue son premier Ep. Quatre titres, dont une version ‘edit’ pour la promo, de « Will we last », une compo bien post punk. Les guitares sont tranchantes et la basse est syncopée tout au long de cette mélopée lugubre, presque symphonique (Bauhaus ?) Du post punk qui évoque aussi et surtout Joy Division. Surtout lorsque l’atmosphère est  sombre, ténébreuse. Balisé par une ligne de synthé pulsante, « The hours » lorgne vers House of Love. A cause de ses accords de grattes limpides. Et puis de la voix du chanteur, dont le timbre est susceptible de rappeler Guy Chadwick, alors que ses intonations semblent plutôt empruntées à Peter Garrett (Midnight Oil). Et si « Blinking » aurait pu figurer au répertoire de The Sound, « City lights », plus électro, évoque davantage les débuts de New Order. A suivre de très près, c’est une certitude ! Pas pour rien qu’il figurait à l’affiche du dernier Rock Werchter…

 

mercredi, 19 août 2015 19:37

To where the wild things are…

Issu de Malmö, en Suède, Death & Vanilla est un trio (NDR : au départ un duo) réunissant Marleen Nilsson, Anders Anders et Magnus Bodin. Et « To where the wild things are…” constitue son deuxième elpee. Rétro-baroque, sa musique oscille entre la dream pop, la lo fi, le psyché soft, le krautrock, l’électro et la musique de film. Des références ? Elle sont nombreuses et oscillent de Broadcast à Stereolab, en passant par Scott Walker, Steve Reich, Sun Ra, les Zombies, le Floyd circa Syd Barrett, Ennio Morricone, Slowdive, Mazzy Star et le Mercury Rev du début de ce millénaire. Les musicos se servent d’une multitude d’instruments, comme des moogs, de l’orgue (vintage), du mellotron, du vibraphone, du dulcimer, du xylophone, du piano, de la basse, des guitares (acoustique et électrique) et des synthés. La voix de Marleen est enjôleuse, éthérée, pour ne pas dire stratosphérique, parfois disposées en couches par le procédé de l’overdubbing, même si lors des sessions d’enregistrement, le band n’a eu recours qu’à un seul micro. Le climat de l’opus est à la fois paisible, languide, cotonneux et énigmatique. Douces-amères, les mélodies sont propices au spleen, sentiment accentué par des lyrics ténébreux, composés dans l’esprit d’un Nick Cave.

Partagé en 10 pistes, l’LP s’ouvre par l’incantatoire « Necessary distortions », un morceau imprimé sur un beat métronomique, tapissé par un clavier cosmique poussiéreux et parcouru d’accords de gratte en strates. Du krautrock réminiscent de Can. Un style qu’on retrouve sur « The Hidden reverse », mais élégiaque, mystique, spectral, il lorgne davantage vers Tangerine Dream. Et le long playing de s’achever par un instrumental, « Something unknown you need to know », une symphonie épique, cinématique, qui tourne en boucle, un peu comme une boîte à musique, quoique changeant, au fil du parcours de ritournelle. Le reste de l’elpee propose des compos frémissantes, alimentées par des oscillations sonores. Que ce soit à travers des berceuses, des plages pastorales, sombres, mystiques, hypnotiques ou visionnaires. Une invitation à laisser vagabonder votre esprit au gré des pistes tracées par Death & Vanilla…

 

mercredi, 19 août 2015 19:34

Hot reckless, Totally insane

Best Friends est un quatuor insulaire qui nous vient de Sheffield ; et « Hot reckless, totally insane » constitue son premier album. Après avoir observé la pochette et en abordant le premier titre, « Fake spirit », on imagine que sa musique trempe dans le psychédélisme à la Spiritualized. Trente secondes plus tard, le ton change, et l’expression sonore passe au pop/rock typiquement insulaire. Un titre bien enlevé, au cours duquel les tonalités de gratte évoquent Johnny Marr époque Smiths. Et ce style, qui baigne l’essentiel de cet opus, est le plus souvent teinté de garage (« If you think too much your brain will fall out » et ses guitares à la Electric Prunes). Parfois imprimé sur un mid tempo. A l’instar de « Cold shapes », dont les refrains euphorisants (chœurs hymniques et envolées shoegaze) lorgnent à la fois vers les Libertines et Slowdive. Les cordes sont savoureusement discordantes tout au long de « Dr Mario » (The Dodos ?). Et tour à tour tintinnabulantes ou croustillantes sur le speed funk « Baba vanga ». Ou encore ‘cornemuses’ (Big Country ?) sur « Shred til you’re dead », dont le refrain pourrait se siffloter sous la douche. Et l’elpee de s’achever par « Orange juice », un titre qui rend hommage à Edwyn Collins, une hymne sincère et tonique. Enfin, si le chanteur (Lewis Charman) n’a pas une voix exceptionnelle, juvénile, elle colle parfaitement au genre. Quant aux mélodies, particulièrement contagieuses, elles s’inscrivent dans la lignée d’Arctic Monkeys, Palma Violets et bien sûr des Libertines. Une bonne surprise !

 

Finaliste du Humo's Rock Rally en 2014, Yawns est un quatuor campinois responsable de ce 45trs. Deux pistes : « Lucid dream » et « Where nobody knows my name » qui trempent dans une forme de néo psychédélisme réminiscent de Spiritualized. Surtout à cause de cette rythmique métronomique et des accès de gratte spatiaux. Encore que les harmonies vocales réverbérées, sinusoïdales, s’inspirent manifestement des Beatles circa « Magical Mystery tour ». Difficile d’en dire davantage. Lors de la sortie d’un Ep ou d’un premier album, l’analyse devrait être plus pertinente…




mercredi, 19 août 2015 19:30

Wasteland

Stray Dogs est le projet d’un duo de producteurs belges réunissant Koenraad Ecker et Frederik Meulyzer. Leur expression sonore s’inspire de l’électronique, du dub ainsi que de la musique contemporaine classique et expérimentale. Pour y parvenir, ils se servent de machines et de synthés analogiques, mais également d’un violoncelle, de la guitare acoustique et électrique, ainsi que d’un éventail particulièrement large de percus. Sans oublier quelques vocaux torturés. Des sessions qui se sont déroulées au sein d’une église désacralisée à Anvers. La presse (très) spécialisée estime qu’elle pratique du drumming rituel (NDR : pourquoi pas ?) Ténébreux, les morceaux de ce disque baignent forcément au sein d’un climat indus, notamment à cause de la désintégration des orchestrations. Propices à la méditation, ils ne s’adressent pas au mélomane lambda. Même les inconditionnels d’Einstürzende Neubauten risquent la prise de tête…

Et pour être complet, sachez que Legoman a apporté sa collaboration à une performance audiovisuelle de l’LP.

 

FKA Twigs vient de publier un nouvel Ep. Intitulé « M3LL155X », il propose 5 titres audio et 1 vidéo conceptuelle, en quatre actes, traitant de la douleur, la créativité naissante et la libération sexuelle. Figure notamment dans le casting de cette vidéo, Michèle Lamy. Et pour voir la série de clips, c’est ici 

Tracklisting

01 Figure 8
02 I'm Your Doll
03 In
Time
04 Glass & Patron
05 Mothercreep

 

Le nouvel opus des Chills sortira enfin ce 30 octobre chez Fire Records. Martin Phillipps nous en avait parlé l’été dernier (voir interview ici ), dans le cadre du festival Boomtown ; mais c’est officiel, “Silver Bullets” paraîtra donc 19 ans après le précédent elpee studio. Et vu le concert accordé par la formation néo-zélandaise au Handelsbeurs, en juillet 2015, il devrait ravir les aficionados.

Le premier titre « America Says Hello » est en écoute sur Soundcloud, et c’est là 

Prerorders :

http://www.firerecords.com/site/index.php?page=release&releaseid=01155
https://thechillsmusic.bandcamp.com/album/silver-bullets

http://www.softbomb.com/
https://www.facebook.com/thechills

 

samedi, 01 août 2015 14:07

David Gilmour enfermé à double tour…

David Gilmour a dévoilé la vidéo de "Rattle That Lock" (voir ici). Etonnante, l’animation a été réalisée par la boîte de production londonienne, Trunk Animation. "Rattle That Lock" est le titre maître du nouvel opus de Gilmour, dont la sortie est prévue pour le 18 septembre.

www.davidgilmour.com

 

mardi, 28 juillet 2015 17:41

Lou Barlow a le vague à l’âme

Lou Barlow publiera son nouvel album ce 4 septembre. Intitulé “Brace the Wave”, il fait suite à “Goodnight Unknown”, paru en 2009. C’est son troisième en solo. Et il a été enregistré sous la houlette de Justin Pizzoferrato (Dinosaur Jr.n Farm, I Bet on Sky).

En concert

30/9: Sugarfactory, Amsterdam

1/10: Doornroosje, Nijmegen

2/10: Trix, Antwerp

4/10: Paris, FMR

http://www.loobiecore.com/

 

mardi, 21 juillet 2015 01:00

Boomtown 2015 : mardi 21 juillet

Sun Kil Moon, le projet de Mark Kozelek, se produisait dans le cadre du festival Boomtown de Gand, ce 21 juillet. Dans la salle du Handelsbeurs. Ses deux derniers elpees « Benji » (2014) et « Universal Themes » (2015) n’ont guère eu d’écho au sein du Vieux Continent, et tout particulièrement en Belgique. Faut dire qu’ils sont parus sur le propre label de Kozelek, Caldo Verde, qui ne bénéficie apparemment d’aucune distribution officielle. Sans doute faut-il se tourner vers l’import pour se les procurer ou se contenter des plates-formes de téléchargement voire de streaming pour l’écouter… Natif de l’Ohio, le chanteur/compositeur ne jouit pas d’une excellente réputation dans le milieu musical. Plutôt misogyne et dédaigneux aussi bien à l’égard des médias que des attachés de presse, on ne peut pas dire que le personnage soigne sa popularité. Pourtant, il a un talent fou. Et une voix remarquable. Une voix chaude, profonde, un peu rauque, parfois même aussi confessionnelle, gutturale, belliqueuse ou encore vindicative

En 2014, il avait également participé aux sessions d’enregistrement de l’album de Desertshore, « Migrations of class » (NDR : publié par son écurie) et à la tournée destinée à le défendre. Et c’est justement par deux adaptations de cet opus que le set débute. Soit « Mariette » et le tribal voire totémique « Hey you bastards I’m still here ». Sur la seconde, à travers ses lyrics, il prétend avoir rencontré feu Anton Szandor LaVey, le fondateur de l'Église de Satan et l’auteur de l'ouvrage ‘La Bible satanique’. Line up curieux mais impressionant pour Sun Kil Moon ce soir, puisque outre Mark (NDR : qui ne va guère jouer de guitare pour ce concentrer sur le chant, un tom basse et une cymbale), il implique l’ex-Slowdive Neil Halstead (il restera assis tout le show) et Dave Divine (NDR : également préposé aux backing vocaux) aux grattes. Pas de basse, mais deux drummers. Soit le fidèle Mike Stevens, mais également Steve Shelley, l’ex-batteur de Sonic Youth.

Kozelek est de bonne humeur aujourd’hui, et il sort quelques vannes qui ne font pas nécessairement rire ; s’adressant à une fille de petite taille pour lui demander si elle a eu l’autorisation de ses parents pour se rendre au concert. Il s’étonne cependant qu’on le taxe de sexiste. Et puis il envoie une pique aux organisateurs, car lors de son dernier passage au Boomtown, il s’était brisé une dent pendant le repas ; ce qui lui avait causé 3 000 $ de frais chez le dentiste.

Lorsqu’il ne frappe pas sur son tambour, il arpente les planches en tenant son micro en main, soit pour chanter ou donner le tempo. Pendant « Carissa », il demande à l’auditoire de reprendre le refrain en chœur. Résultat des courses, on se croirait au beau milieu d’un office religieux. Lorsqu’il attaque le percussif et sauvage « Richard Ramirez died today of natural causes », sa voix est carrément devenu déclamatoire, presque comme lors d’un slam. Un morceau au cours duquel les deux drummers –qui sont complémentaires, rarement synchros– se réservent une montée en puissance qui va plonger le concert dans une autre dimension. Remarquable ! Sun Kil Moon embraie par une cover du « The Weeping son » de Nick Cave. Mark lui adresse ainsi une pensée émue, suite au décès de son fils, victime d’un accident d’escalade. Il faut attendre « Alesund » pour qu’il empoigne enfin sa guitare dont il joue alors sans onglet. A cet instant les sonorités libérées par les 3 sixcordistes nous propulsent au cœur d’une atmosphère proche de Durutti Column. Il entame « I watched the film the song remains the same » a cappella, avant de s’arrêter net. Puis taquine ses musicos, en leur demandant quand ils vont enfin se décider de jouer. Tout au long de l’hypnotique « Dogs », il gratte ses cordes –en se servant alors d’un médiator– de la main droite tout en gardant son micro de la gauche, pour chanter. Et le set de s’achever par le titre le plus long (NDR : au propre comme au figuré) de la set list, « This is my first day and I’m Indian and I work at a gas station », une chanson mid tempo au ton résolument plus optimiste. Kozelek a viré sa guitare et de nouveau repris son stick, sur cette excellente compo qui baigne dans un climat fort proche du Red House Painters, son ancien groupe. A cet instant, la combinaison des tonalités électriques produites par Neil et Dave touche au sublime. Des cordes bringuebalantes, atmosphériques, chatoyantes ou encore tintinambulantes. Au bout de 70 minutes, la formation se retire. Hormis l’un ou l’autre interlude un peu trop ‘planant’, il faut reconnaître que ce concert a été exceptionnel. Il s’est déroulé dans un Handelsbeurs plein à craquer, et je dois avouer y avoir rarement vu autant de monde.

En sortant de la salle, Unknown Mortal Orchestra a déjà entamé son set. Un quatuor partagé entre Yankees et Néo-Zélandais, dont la presse dit le plus grand bien. La plaine de Kouter est également bondée. Suis resté 20 minutes. Le chanteur/guitariste n’a pas une voix transcendante. Ce sont pourtant d’excellents musiciens. Leur technique est impressionnante. Mais leur expression sonore baigne au sein d’un univers jazz/rock réminiscent de la seconde moitié des seventies, même si elle concède des accents funkysants. Et ce type de revivalisme me pompe l’air. Le sixcordiste, le claviériste et le drummer s’autorisent même des petits solos pour démontrer leur savoir-faire. Le nombrilisme dans toute sa splendeur ! Négligeant ainsi l’aspect mélodique des compos. Non, franchement, ce n’est pas (plus) ma tasse de thé ; alors je préfère tirer ma révérence… Serait dommage de gâcher l’impression laissée par le concert de Sun Kil Moon…

(Organisation : Boomtown)

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