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Bernard Dagnies

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mardi, 21 juillet 2009 22:01

Sticky Fingers (2009 Remastered)

La bande à Jagger ayant quitté EMI en juillet 2008, tout le catalogue des Stones est donc aujourd’hui regroupé chez Universal. L’occasion était donc belle de rééditer une partie de celui-ci après remasterisation. Soit les disques parus entre 1971 et 2005. Parue le 4 mai, la première série propose ceux concoctés entre 1971 et 1976.

Et tout d’abord un de leurs chefs-d’œuvre : « Sticky fingers ». Oui, oui, celui dont la pochette avait été imaginée par Andy Warhol, montrant le haut d’un jean avec une véritable fermeture-éclair incorporée. Pour enregistrer cet opus, le groupe avait reçu le concours du pianiste Nicky Hopkins, de Ry Cooder (NDR : sur « Sister Morphine », dont une partie des lyrics avait été écrits par Marianne Faithfull) ainsi que de Bobby Keys et Jim Price aux cuivres. Et puis c’est l’elpee sur lequel figure le fameux single « Brown Sugar ». Parmi les autres titres on épinglera la superbe ballade « Wild horses », le très groovy « Bitch », « Dead Flowers » et la cover du bluesman Mississipi Fred Mc Dowell, « You gotta move ». Mick Taylor, le nouveau guitariste, apporte une touche plus blues à certaines compos. Et ce disque va devenir la référence en matière de stoner. A cause de cette fameuse ligne rythmique imaginée par Richards… D’où le qualificatif, vous vous en doutez…

 

mardi, 21 juillet 2009 22:01

Undercover (2009 Remastered)

La bande à Jagger ayant quitté EMI en juillet 2008, tout le catalogue des Stones est donc aujourd’hui regroupé chez Universal. L’occasion était donc belle de rééditer une partie de celui-ci après remasterisation. Soit les disques parus entre 1971 et 2005. Parue le 8 juin, la seconde série propose ceux concoctés entre 1978 et 1982.

De cet album pour lequel les Stones ont reçu le concours de Chuck Leavell et Sly Dunbar, on ne parlera que de du titre maître (« Undercover (of the night) ») dont le clip sera censuré pour ses scènes de violence. A propos de violence, ils auraient mieux fait d’en injecter dans leurs compos qui, hormis le final « It must be hell » (NDR : plus proche de l’esprit stoner), semblent manifestement destinées à la bande FM. Un comble pour un groupe qui a toujours incarné une attitude de rock’n’roll dominée par le défi, la rébellion et l’insoumission. En fait, la séparation est de plus en plus à l’ordre du jour, une impression qui va perdurer de 1983 à 1989 ; et puis Mick Jagger envisage d’enregistrer son premier elpee solo, qui paraîtra en 1985 (« She’s the boss »). Cet échec va donc précipiter les Stones dans l’expectative. Et aussi leurs fans…

mardi, 21 juillet 2009 22:00

Black and Blue (2009 Remastered)

La bande à Jagger ayant quitté EMI en juillet 2008, tout le catalogue des Stones est donc aujourd’hui regroupé chez Universal. L’occasion était donc belle de rééditer une partie de celui-ci après remasterisation. Soit les disques parus entre 1971 et 2005. Parue le 4 mai, la première série propose ceux concoctés entre 1971 et 1976.

Mick Taylor parti, les Stones lui cherchent un remplaçant pour se charger de la rythmique. Ce sera finalement l’ex-Faces Ron Wood qui va décrocher le job. Faut dire qu’au début, il est un peu considéré comme la cinquième roue du char. D’ailleurs, tout au long de cet opus, plusieurs guitaristes le suppléent. Dont Harvey Mandel de Canned Heat. Notamment sur le morceau d’ouverture, le funky "Hot Stuff". Et puis Wayne Perkins. Inévitablement, après le séjour de la bande à Jagger en Jamaïque, il fallait s’attendre à des incursions dans le reggae. C’est le cas lors de la cover du "Cherry Oh Baby" d’Eric Donaldson et plus imperceptiblement sur le voluptueux et très funkysant "Hey Negrita". Un blues, mais cuivré : « Melody ». Et puis un nouveau slow tubesque : « Fool to cry ». Excellent pour la drague, à l’époque, mais vraiment pas transcendant. Et puis en finale, un excellent stoner : « Crazy mama ». Dont on ne parle que trop rarement.

 

mardi, 21 juillet 2009 21:59

Dirty work (2009 Remastered)

La bande à Jagger ayant quitté EMI en juillet 2008, tout le catalogue des Stones est donc aujourd’hui regroupé chez Universal. L’occasion était donc belle de rééditer une partie de celui-ci après remasterisation. Soit les disques parus entre 1971 et 2005. Parue le 8 juin, la troisième série propose 5 elpees concoctés entre 1985 et 2005.

En 1986, Mick Jagger et Keith Richards se supportent de moins en moins. Et pourtant, contrat oblige, les Stones entrent en studio. Des parties vocales provisoires sont enregistrées par les chanteurs de rhythm'n'blues Bobby Womack et Don Covay, à l’initiative de Richards. Jagger n’en a rien à cirer et refait les voix définitives. En fait, ces fameuses sessions se déroulent dans un climat détestable. Les deux leaders ne se croisent même plus. Certains titres sont enregistrés par la section rythmique des X-Pensives Winos de Keith Richards, c’est-à-dire Steve Jordan aux drums et Charley Drayton à la basse. Et Jagger vient poser sa voix dessus. Bill Wyman et Charlie Watts sont aux abonnés absents. Pourtant, et c’est incroyable, le disque tient la route. La coproduction réalisée par Steve Lillywhite y est peut-être pour quelque chose. A moins que ce ne soit la tension entretenue entre Mick et Keith. Car plutôt que de les détruire, elle semble les stimuler.

La Télécaster de Richards pète des flammes sur l’intro du furieux « One hit (to the body) ». Sur la cover du « Harlem Shuffle » de Bob & Earl, Jagger semble évacuer toute sa hargne. En fait, cette hargne, il la crache sur presque tous les morceaux qu’il interprète. Depuis « Hold back » à « Fight », en passant par le titre maître. Même sur les deux boogies : le relativement moins impétueux « Winning ugly » et le très impétueux « Hard it with me » (NDR : il n’existe pas encore de version concoctée par l’Experimental Tropic Blues Band ; mais à mon humble avis, elle est très envisageable) ainsi que « Back to zero », une plage sculptée dans le funk blanc. Bref, la plupart des titres de l’elpee baignent dans le même jus. Parce qu’il y a quand même deux morceaux calmes. Une ballade ("Sleep Tonight") et un reggae ("Too Rude"), tous deux chantés et écrits par Richards. L’elpee s’achève par un boogie instrumental de 33 secondes qui rend hommage à Ian Stewart, disparu alors depuis peu.

 

mardi, 21 juillet 2009 21:58

Emotional Rescue (2009 Remastered)

La bande à Jagger ayant quitté EMI en juillet 2008, tout le catalogue des Stones est donc aujourd’hui regroupé chez Universal. L’occasion était donc belle de rééditer une partie de celui-ci après remasterisation. Soit les disques parus entre 1971 et 2005. Parue le 8 juin, la seconde série propose ceux concoctés entre 1978 et 1982.

Pas vraiment le meilleur elpee des Stones. Mick est en instance de divorce. Keith s’enfonce dans l’héroïnomanie. Et ca se ressent sur le disque. Il recèle plusieurs titres funkysants à la limite du disco, dont l’intro « Dance (pt1) », le hit et titre maître « Emotional Rescue » que chante Mick d’un falsetto à la Patrick Juvet et l’insipide « She’s so cold ». Il y a bien « Where the boys go » qui émarge au rock’n roll ; mais la mélodie ne a parvient pas à accrocher. Seul « Down in the hole », slow crapuleux, superbement souligné par un harmonica poussiéreux, sort un peu du lot. En fait, on a l’impression que le groupe a essayé de faire un remake de « Some girls ». Sans jamais y parvenir. Dispensable !

 

mardi, 21 juillet 2009 21:57

Goats head soup (2009 Remastered)

La bande à Jagger ayant quitté EMI en juillet 2008, tout le catalogue des Stones est donc aujourd’hui regroupé chez Universal. L’occasion était donc belle de rééditer une partie de celui-ci après remasterisation. Soit les disques parus entre 1971 et 2005. Parue le 4 mai, la première série propose ceux concoctés entre 1971 et 1976.

Paru en 1973, « Goats heads soup » est considéré comme un album auto-parodique. Disons surtout qu’après « Sticky fingers », il marque une forme de déclin. Keith Richards est alors déjà dépendant à l’héroïne. Les sessions d’enregistrement se déroulent à Kingston en Jamaïque, où Keith s’est acheté une maison. C’est l’époque au cours de laquelle le reggae se popularise en Europe. L’opus recèle quand même plusieurs ballades, dont « Angie », futur slow planétaire. On épinglera quand même les excellents « Dancing with Mr. D » et « Hide your love », un blues sur lequel Mick Taylor étale toutes les facettes de son talent à la rythmique ainsi que l’autre hit « Star, star, star », que je ne suis jamais vraiment parvenu à accrocher.

 

La bande à Jagger ayant quitté EMI en juillet 2008, tout le catalogue des Stones est donc aujourd’hui regroupé chez Universal. L’occasion était donc belle de rééditer une partie de celui-ci après remasterisation. Soit les disques parus entre 1971 et 2005. Parue le 4 mai, la première série propose ceux concoctés entre 1971 et 1976.

Enregistré à Munich, « It's Only Rock'n'Roll » prélude la future orientation des Stones. Elle sera davantage soul. Et la cover « Ain’t too proud to beg » des Temptations ainsi que la remarquable finale (NDR : 6’33 quand même !) « Fingerprint File » en sont les plus belles illustrations. Sinon pour le reste, hormis le titre maître ouvertement ‘glam’ et l’inévitable blues, « Short and curlies », qui bénéficie du concours de Ian Stewart au piano, on reste quand même sur sa faim. A l’issue de l’enregistrement de cet elpee, Mick Taylor quitte le navire, pour retrouver ses racines blues et jazz.

 

mardi, 21 juillet 2009 21:56

Some Girls (2009 Remastered)

La bande à Jagger ayant quitté EMI en juillet 2008, tout le catalogue des Stones est donc aujourd’hui regroupé chez Universal. L’occasion était donc belle de rééditer une partie de celui-ci après remasterisation. Soit les disques parus entre 1971 et 2005. Parue le 8 juin, la seconde série propose ceux concoctés entre 1978 et 1982.

Keith Richards qui vit à New York évite un emprisonnement pour détention d’héroïne, au Canada. Mick est partagé entre NY et Paris, alors que Wood vit à Los Angeles. Ron est enfin totalement intégré dans le line up. On est en plein explosion punk et les Stones veulent montrer qu’ils savent encore jouer du rock’n roll. Du vrai, du tatoué ! Du r’n’r bourré d’énergie, comme ils n’avaient plus consommé depuis longtemps. Bien sûr, il y a quelques ratés. Dont l’adaptation peu convaincante du « Just my imagination (running away with me) » des Temptations, le country "Far Away Eyes", et puis leur nouveau single « Miss You ». Un énorme hit qui va faire danser la planète entière. Mais contaminé par le disco. Chacun ses goûts ! Sugar Blue apporte son concours aux sessions d’enregistrement. Et lorsqu’il souffle dans son harmonica, il faut avouer que ses interventions sont torrides. Le groupe a choisi un blues salace et misogyne pour titre maître ; mais en général leurs morceaux sont trempés dans le rock nerveux, malsain et groovy. Du Rolling Stones comme on l’aime. Que ce soit « When the whip comes down », « Lies », l’ironique « Respectable » ou en finale un « Shattered » au refrain totalement envoûtant. « Beast of burden » constitue cependant, le meilleur morceau de l’œuvre. Un titre mid tempo dont les subtilités sont bien mises en évidence, suite à cette remasterisation. 

dimanche, 12 juillet 2009 03:00

Cactus 2009 : dimanche 12 juillet

On le savait depuis le vendredi soir, mais on n’avait pu diffuser l’info que le samedi : malade, Joss Stone avait déclaré forfait. Et une tête d’affiche ne se remplace pas au pied levé. Finalement, le choix du remplaçant s’est porté sur Jamie Lidell. Patrick, l’organisateur du festival, était bien embarrassé lorsqu’il a appris la mauvaise nouvelle. Fallait faire vite ! Et comme Lidell était à l’affiche de plusieurs festivals en Belgique, la solution était toute trouvée. Encore qu’il fallait conclure. Et visiblement, la réputation du Cactus a fait le reste… Le festival était quand même sold out trois jours de suite. Mais pour ce dimanche, les prévisions météo n’étaient guère optimistes. A un tel point que votre serviteur avait emporté parapluie, bottes et kawé. Et qu’en arrivant à destination, il aurait été préférable de prévoir short, t-shirt et casquette.

Cinq kilomètres avant Bruges, on entre dans les inévitables bouchons. Oui, je reconnais, il aurait fallu partir plus tôt. Mais un rédac’ chef est absorbé par des tâches urgentes jusqu’à la dernière minute. Résultat des courses : Mono et Babylon Circus avaient déjà accompli leur set, lorsque je suis arrivé sur le superbe site du Minnewaterpark.

Il est 15 heures 10 pile, lorsque la formation allemande The Notwist monte sur les planches. J’avais été agréablement surpris par leur prestation accordée dans le cadre du festival de Dour en 2007. Depuis la formation a sorti un nouvel opus, « The Devil, You + Me », un disque paru en 2008. Leur set commence en douceur, mais aussi dans un style minimaliste. Pas facile d’accrocher à cette entrée en matière tout en nuances et peu propice au concept ‘live’. A mi-parcours la bande aux frères Acher se lâche enfin et libère enfin un savoureux cocktail d’électonica et de cordes électriques. Le tout dynamisé par des percus hypnotiques. Un zeste de noisy, de krautrock, de dub et de new wave plus loin, on est surpris par la fin du concert. C’est au moment où on commençait à s’y plonger qu’il s’est terminé.

!!! (prononcez chk chk chk !) est orphelin de John Pugh. Le show repose donc aujourd’hui essentiellement sur le vocaliste et danseur Nic Offer. Passé les premiers accords, leur musique évoque la house mancunienne des Happy Mondays et autre Stone Roses. Mais rapidement, on se rend bien compte que la formation yankee émarge au punk funk. New-yorkais ! Le même que celui de Radio 4, The Rapture ou encore LCD Soundsystem. Encore que pour un puriste, on ressent des influences puisées chez Clash (NDR : pour les accès dub) ainsi que chez Gang of Four, lorsque le funk devient fondamentalement blanc ! Offer s’offre un bain de foule, se tortille dans tous les sens pour mettre l’ambiance. Le groove percussif tramé par le groupe commence à contaminer les spectateurs des premiers rangs ; mais manifestement, une partie du public est encore occupée de faire la sieste. Un passage plus tardif aurait sans doute permis à !!! de faire un tabac au Cactus. Encore qu’en proposant huit nouvelles compos dans sa setlsit, morceaux qui devraient figurer sur leur nouvel opus, la surprise était totale.

Quatuor britannique, The Magic Numbers réunit deux couples de frères et sœurs. Romeo en est le chanteur principal, mais il est remarquablement soutenu par les backing vocaux de Michele et Angela. Imaginez les harmonies vocales ! Leurs chansons pop sont hyper-mélodiques et sont régulièrement reprises en chœur par la foule. Fleetwood Mac et Supertramp ne sont pas loin. Pas pour rien qu’ils portent tous de longues chevelures, comme au tout début des 70’s. Un set rafraîchissant, mais un peu trop revivaliste à mon goût…

J’ai toujours en mémoire le fantastique concert accordé par Calexico au Pukkelpop, flanqué d’un orchestre mexicain, le Mariachi Luz de Luna. C’était déjà en 2000. Depuis la formation texane n’a plus renouvelé cette expérience inoubliable ; mais elle en a conservé un goût très prononcé pour les racines latinos. Faut dire que le duo Burns/Convertino (NDR : des ex-Giant Sand) est originaire de Tucson, en Arizona ; pas loin de la frontière mexicaine. Mais venons-en au show. Un collectif de sept musiciens se présente sur les planches : le guitariste/chanteur Burns, le drummer Convertino, le multi-instrumentiste Marin Wenk (accordéon, claviers, vibraphone, guitare, melodica, trompette), Paul Niehaus à la pedal steel, le trompettiste Jacob Valenzuela qui double au chant dans la langue de Cervantes, le bassiste Volker Zander et un musicien de tournée circonstanciellement préposé à la trompette. Non seulement ce sont tous d’excellent musiciens, mais ils communiquent une passion exaltante dans leur expression sonre. Si leur dernier opus, « Carried to dust » est d’excellente facture, son raffinement émousse son punch ; mais la transposition en ‘live’ est d’une toute autre trempe. Tout comme les autres compos interprétées ce soir, d’ailleurs. Et lorsque la section de cuivres (NDR : parfois ils agitent en même temps des maracas) entre en action, on est sous l’envoûtement ; alors que lorsque les 3 guitares entrent en action, l’intensité nous renvoie tantôt au Paisley Underground, tantôt à la cold wave des Chameleons. La formation s’autorise même une cover du « Love again or » de Love et puis accorde un rappel de deux morceaux, avant de se retirer sous une salve d’acclamations bien méritée. La magie de Calexico avait encore frappé. Et pour que votre info soit complète, sachez que la formation envisage d’enregistrer son nouvel opus, en compagnie d’un orchestre cubain…

Cinq ans que Lamb ne s’était plus produit en public. Et la formation mancunienne avait choisi le Cactus pour célébrer son retour. J’avoue ne pas être trop branché par l’électro et encore moins par le drum’n bas ; mais leur mélange de jungle, d’ambient et d’électro-jazz a toujours eu quelque chose de fascinant. D’autant plus qu’il est enrichi par la superbe voix de Louise Rhodes. Mais bon, depuis 5 ans, beaucoup d’eau avait coulé sous les ponts, et je me demandais si le combo n’allait pas nous servir un plat réchauffé. Ben je dois dire que j’ai été époustouflé par leur prestation. D’abord, il y a Andrew Barlow derrière ses machines. Non seulement il ne se prend pas au sérieux, invitant régulièrement le public à lever les bras, mais outre ses aptitudes de show man, c’est un véritable musicien. Il le démontre en jouant du piano, et puis en inoculant ses beats et ses bidouillages dans la mélodie, sans les froisser. Des mélodies raffinées par le timbre clair, diaphane de Louise (NDR : elle empoigne également circonstanciellement une guitare) ; un timbre parfois proche d’une Björk, mais sans les inflexions suraigües de l’Islandaise. Plus de percussionniste (NDR : Andrew et Louise, s’en chargent régulièrement), mais toujours ce préposé à la double basse (NDR : il en joue également parfois d’un archet !) Derrière le trio les projections arty proposent des images au ralenti, en apesanteur, et même des corps enlacés. En fin de parcours, Lamb s’autorise une incursion dans le psychédélisme, auquel un Animal Collective aurait peut-être intérêt de s’inspirer, s’il en veut pas devoir aller se rhabiller. Deux titres en rappel plus tard, on n’avait pas vu le temps passer. Vous savez donc ce que cela veut dire…

Jamie Lidell, un Anglais à Berlin, a donc dû remplacer Joss Stone au pied levé. Elle s’était fait porter pâle le vendredi soir. Heureusement l’artiste était déjà chez nous. Non seulement il est programmé à l’affiche du prochain Gent Jazz et au festival de Dour, mais il avait également accordé un concert gratuit au Depot de Louvain. Il ne lui était donc pas trop difficile d’ajouter une date à son agenda, d’autant plus qu’il bénéficiait de la tête d’affiche. Et finalement, personne ne s’est plaint de cette jolie finale au cours de laquelle le crooner-électronicien a proposé un subtil cocktail de funk, de soul, de pop et de swing. Vu les circonstances, on peut dire que les organisateurs sont bien retombés sur leurs pattes. Il a proposé un éventail bien équilibré entre les compos électro-dansantes et accessibles de son « Multiply » et celles plus funky soul du récent « Jim ». Une setlist énergique, excitante et pétillante pour un artiste qui affiche une présence scénique bien huilée. Ses cabrioles vocales, un grain de folie et son humour ont fait le reste. Sans oublier son inévitable numéro de human beat-box, lorsqu’il passe derrière son attirail électronique. Le spectacle s’achèvera par deux ballades ‘P-funk’ passionnées, sensuelles et contagieuses. Manifestement, l’édition 2009 du festival cactus était réussie ! (Johan Meurisse; adaptation B. Dagnies)

 

mardi, 14 juillet 2009 23:24

21st century breakdown

On aura tout vu : Green Day vient d’enregistrer un concept album. Soit l’antithèse de l’esprit punk ! En trois chapitres et dix-huit plages, ce « 21st Century Breakdown » nous raconte l’histoire d’un couple confronté aux joies et aux épreuves de l’existence. On se croirait revenu à l’époque de « Tommy » du Who et du « S.F. Sorrow » des Pretty Things. D’ailleurs si les textes sont engagés (NDR : à travers ce récit, ils dénoncent les dégâts causés par notre société de consommation, la manipulation politique, les conflits religieux, la pollution ainsi que les méfaits causés par l’alcool et les drogues), ils ne traduisent plus le nihilisme de leurs débuts. Il leur aura cependant trois ans pour terminer cet elpee sous la houlette de Butch Vig (NDR : le drummer de Garbage jouit d’une énorme réputation dans l’univers de la production ; et s’il a notamment bossé pour Sonic Youth et Smashing Pumpkins, on lui doit surtout la mise en en forme du « Nevermind » de Nirvana).

« 21st century breakdown » est donc un opus ambitieux. L’emballage sonore est plus que parfait et les arrangements particulièrement soignés (NDR : en engageant Butch, c’était prévisible). Les chansons sont très mélodiques, même lorsqu’elles s’énervent. Elles sont aussi souvent hymniques, contagieuses, dans l’esprit de Green Day, of course. Les harmonies vocales impeccables. Parmi les points forts de cet elpee, on épinglera le single « Know your enemy », une plage qui lorgne manifestement vers le Clash, « Christian’s inferno » et « Horseshoes and handgrenades » deux morceaux qui trahissent des relents Sex Pistols très prononcés (NDR : ce timbre à la John Lydon !), malgré son final tramé en forme de clin d’œil au « Gloria » de Them, « Before the lobotomy », ballade qui se mue en compo bien pêchue à mi-parcours, le décapant « East Jesus nowhere » et le final « See the light », probablement inspiré du Who. L’elpee recèle deux ballades ‘beatlenesques’, « Last night on earth » et « Restless heart syndrome », deux plages dont la sonorité des accords de piano peut rappeler « Let it be ». Le reste ressemble à du Green Day bien propre, très agréable à l’écoute et qui pourrait même être diffusé en journée sur la bande FM…